00:04Là, on emprunte la route qui a été conçue par les déportés.
00:08Et 200 mètres plus loin, on arrive à la carrière de Strodorf.
00:11Elle est juste au-dessus du camp de Strodorf.
00:14Et vous vous souvenez d'avoir vu les déportés qui passaient?
00:17C'était des longs lacets de gens qui traînaient les pieds.
00:22Et ça monte, ça monte, ça monte.
00:25Je sais quand on rentrait le foie là-bas, ils montaient à pied les chiens,
00:29les bergers allemands qui tournaient autour.
00:34Il y a eu longtemps, je pense, beaucoup de questionnements,
00:37mais pas de réponses sur ce qui se passait véritablement ici.
00:40Il y avait des odeurs.
00:41Il y avait aussi le comportement des animaux,
00:43les chevaux qui refusaient de passer un certain cap.
00:47C'est dans cette carrière que ton père donnait des casse-croûtes aux prisonniers, c'est ça?
00:51Oui, oui, oui, je n'étais pas le seul.
00:53Il y a tout le monde qui pouvait leur amener quelque chose,
00:56il leur amener quelque chose.
00:56Et souvent, les prisonniers, ils jetaient par terre des petits papiers avec les adresses.
01:03Ma mère allait les ramasser et elle écrivait aux familles pour dire qu'ils étaient là.
01:10Natzweiler, le 14 août 1944.
01:13Chère demoiselle, je vous remercie pour tout, car ici, le moral, c'est tout.
01:19Je vous demanderai, si vous le consentez, sans courir de trop grands risques,
01:23d'écrire à ma mère, qui est sans nouvelles de moi depuis 28 mois.
01:27Dans les traces écrites et dans les témoignages et dans la mémoire,
01:30la carrière, elle avait complètement disparu.
01:32Surtout que ça s'éloigne de plus en plus et que les derniers témoins, ils vont décéder.
01:37Finalement, c'est une autre manière d'aborder le sujet et de prouver que ça existait.
01:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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