00:00On comprend que ça inquiète les familles, ça inquiète aussi tous nos collègues, que je félicite encore une fois pour
00:05le travail, l'investissement et le courage qu'ils ont aussi de travailler avec de moins en moins de moyens
00:10humains et de moins en moins de moyens matériels.
00:13Quand on se retrouve en tant qu'enquêteur dans son bureau avec 600, 700, 800 dossiers, on ne peut pas
00:20tout traiter, on ne peut pas se dédoubler.
00:23D'autant plus qu'il y a des dossiers qui sont ouverts, pour lesquels les collègues travaillent, c'est du
00:27continu, on convoque, on entend des témoins, c'est une procédure en cours.
00:32On a aussi du flagrant délit qui intervient et qui peut aussi couper un enquêteur qui est sur un dossier
00:37en train de travailler.
00:39S'il y a un flag qui rentre, je suis désolée, mais on va lui dire qu'il faut que
00:42tu ailles traiter ton flag, tu ne vas pas rester dans ton bureau à faire tes procédures préliminaires.
00:47Mais sans remettre en cause évidemment le travail de la police, le travail des gendarmes aussi dans ces affaires qui
00:51est évidemment très complexe,
00:53mais est-ce que le manque de moyens peut tout expliquer ? Parce que Gérald Darmanin évoque aussi un investissement
00:58professionnel parfois insuffisant, y compris dans certaines unités spécialisées.
01:05Alors, honnêtement, moi en tout cas de ce que je vois, de ce que nous on voit, et c'est
01:10une réalité, il suffit juste de regarder les compteurs d'heures de nos collègues.
01:13Et quand on a des collègues qui sont censés faire 8h midi, 14h, 18h, et que tous les soirs ils
01:17rentrent chez eux à 21h30,
01:19non, ça c'est de l'investissement. Si ça c'est pas de l'investissement, je sais pas ce que
01:22c'est.
01:23Après, oui, il n'y a pas que la problématique du nombre de procédures, il y a aussi un problème
01:30de prise de plainte.
01:31D'où, c'est l'une des revendications d'Alliance Police Nationale aujourd'hui, revoir la charte Marianne.
01:36On a énormément de plaintes qui sont prises aujourd'hui, pour lesquelles, il y a 20 ans, on aurait juste
01:41fait une déclaration.
01:43Un vol de paillassons d'une valeur de 3,50 euros, est-ce que ça nécessite vraiment d'encombrer les
01:47dossiers d'un enquêteur ?
01:49Pas certaine.
01:50Donc oui, il y a plein de choses pour lesquelles on pourrait peut-être faciliter des plaintes, peut-être préfaites,
01:55où les victimes n'auraient qu'à cocher des cases, simplifier la procédure.
01:59Il y a une défaillance systémique qui, à un moment donné, conduit à ce qu'on observe aujourd'hui,
02:06finalement, au fait qu'on laisse pourrir, par demande du terme, des dossiers qui sont très importants
02:13et sur lesquels il faudrait se pencher plus sérieusement.
02:17Alors, ce n'est pas qu'on laisse pourrir des dossiers, c'est qu'on est tellement submergé, tout est
02:21prioritaire.
02:22On nous demande toujours plus, avec toujours moins de moyens.
02:24Comme je l'ai dit, que ce soit des moyens matériels ou des moyens même humains.
02:28Alors, l'investigation est en souffrance et depuis longtemps, Allianz ne cesse de le dire.
02:33Ça fait un moment que l'État a été mis en alerte sur la souffrance qui est subie en investigation.
02:41On n'a pas eu de solution qui nous ait été apportée.
02:44Alors, on doit être reçu par le ministre de l'Intérieur.
02:47On attend d'être reçu.
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