00:00Le gouvernement a bouclé, le 30 juillet 2026, une nouvelle opération sur le marché international de la dette enlevant 920
00:08millions de dollars, soit environ 524 milliards de francs CFA.
00:13Supérieure de 22,7% aux 750 millions de dollars initialement recherchés, cet rebond à 7 ans est assorti d
00:21'un coupon de 9,375% et de trois années de différé.
00:26Si Libreville obtient de meilleures conditions qu'en février 2025 et se félicite d'une demande soutenue des investisseurs, le
00:33niveau du taux rappelle une réalité moins confortable.
00:36La signature gabonaise demeure considérée comme risquée et se finance encore à prix fort.
00:42L'opération constitue incontestablement un succès en matière de mobilisation de ressources.
00:47Alors que l'État recherchait initialement 750 millions de dollars, les souscriptions auraient dépassé le milliard, permettant au gouvernement d
00:56'arrêter finalement l'émission à 920 millions.
00:59Le règlement devrait intervenir autour du 5 août 2026 et les obligations arriveront à échéance en 2033.
01:07Pendant les trois premières années, le Gabon acquittera les intérêts sans commencer à amortir le principal, offrant ainsi au Trésor
01:14une respiration immédiate.
01:15Mais derrière le volume levé se trouve la question essentielle du prix de cet argent.
01:20Avec un coupon annuel de 9,375 %, chaque milliard emprunté génère mécaniquement une charge d'intérêt substantielle.
01:29Sur 920 millions de dollars, le coupon représente environ 86,25 millions de dollars d'intérêt par an, soit autour
01:37de 49 milliards de francs CFA,
01:39avant prise en compte du remboursement du capital et sans préjugé du coût effectif de l'opération.
01:44Autrement dit, la réussite de la levée ne saurait être appréciée uniquement à l'une de la sursouscription.
01:51Comparativement à février 2025, certains indicateurs évoluent néanmoins favorablement.
01:57Le Gabon avait alors mobilisé 570 millions de dollars avec un coupon de 9,5 % et une échéance en
02:052029.
02:0617 mois plus tard, le montant emprunté augmente de 61,4 %, la maturité s'allonge jusqu'à 7 ans
02:14et le coupon diminue légèrement de 12,5 points de base.
02:18Cette capacité à emprunter davantage sur une durée supérieure constitue un signal que le gouvernement peut légitimement mettre en avant.
02:26Il serait toutefois prématuré d'en conclure que le coût de financement du Gabon s'est considérablement amélioré.
02:33Le coupon n'est qu'un élément de l'équation.
02:35En 2025, les titres avaient notamment été placés sous leur valeur nominale, faisant grimper leur rendement initial à 12,7
02:43%.
02:44Pour établir une comparaison rigoureuse, il faudra donc connaître le prix d'émission, le rendement effectif ainsi que l'ensemble
02:51des commissions et frais associés à l'opération de juillet 2026.
02:55A défaut, le 9,375 % constitue un indicateur important mais incomplet.
03:02C'est désormais sur l'utilisation des fonds que l'exécutif sera particulièrement attendu.
03:08Le gouvernement indique que le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d'investissement de l
03:15'État ainsi qu'au remboursement d'arriérés,
03:17une formulation qui nécessite une transparence accrue, d'autant que les engagements concernés seraient notamment des créances commerciales extérieures et
03:25multilatérales
03:26et non exclusivement les arriérés dues aux entreprises installées au Gabon.
03:31L'enjeu est majeur.
03:33Emprunter à 9,375 % pour financer une infrastructure productive capable de générer de la croissance,
03:40des recettes fiscales ou des économies d'importation n'a pas la même portée économique que recourir au même financement
03:46pour couvrir des dépenses courantes ou simplement repousser des échéances.
03:50À ce niveau de rémunération, chaque franc emprunté devrait être orienté vers des investissements
03:55dont l'utilité économique et sociale peut être mesurée.
03:59La question n'est donc plus seulement de savoir combien le Gabon peut emprunter,
04:03mais ce que chaque milliard emprunté rapportera durablement au pays.
04:07Le gouvernement voit dans la sursouscription une manifestation de la confiance renouvelée des investisseurs
04:14dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagées par le Gabon.
04:19L'argument peut s'entendre.
04:20Obtenir 920 millions de dollars dans un environnement financier international sélectif
04:26signifie que le pays conserve un accès au marché.
04:29Les discussions engagées avec le Fonds monétaire international,
04:32avec une nouvelle mission annoncée à Libreville en septembre,
04:36peuvent également contribuer à améliorer la lisibilité de la trajectoire budgétaire gabonaise.
04:41Mais la véritable performance ne se mesurera pas le 5 août au moment où les ressources seront encaissées.
04:48Elle se mesurera dans quelques années,
04:50lorsque viendra l'heure d'en évaluer l'utilisation et d'en rembourser le principal.
04:55Routes, énergie, eau, infrastructures productives, diversification économique.
05:01Si les 524 milliards de francs CFA contribuent effectivement à renforcer la capacité productive du pays,
05:07cette dette pourra être défendue comme un levier d'investissement.
05:12Dans le cas contraire, elle viendra simplement grossir une charge financière déjà importante.
05:17Le Gabon vient donc de réussir une levée de fonds.
05:20Il lui reste à réussir l'essentiel,
05:23transformer une dette coûteuse en investissement suffisamment productif
05:26pour que les générations appelées à la rembourser puissent également en percevoir les bénéfices.
05:32Sous-titrage Société Radio-Canada
05:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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