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  • il y a 18 heures
Le 15 juin 1993, l'émission Mardi Soir sur FR3 célèbre les 50 ans de Johnny Hallyday. Les écrivains Katherine Pancol et Philippe Labro reviennent sur son parcours exceptionnel et lui rendent un hommage particulièrement émouvant. L'émission propose également une rétrospective de sa carrière, illustrée par des images d'archives retraçant les grands moments de l'idole du rock français.

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Musique
Transcription
00:05Il a 50 ans aujourd'hui et d'une chanson à l'autre, d'une ride à l'autre, c
00:10'est notre histoire qu'il chante en même temps que la sienne.
00:13Johnny Hallyday, la légende du rock à la française, l'idole des jeunes, de leurs parents et de leurs grands
00:18-parents,
00:19fête son anniversaire au Parc des Princes dans une série de concerts géants.
00:23Pourquoi tant d'amour ? Les explications d'une groupie de toujours.
00:27Catherine Fancol, écrivain journaliste, pourquoi un tel succès et une telle longévité ?
00:32Les réponses de Philippe Labreau, romancier journaliste qui a écrit pour Johnny beaucoup de chansons.
00:40Le feu d'artifice s'éclatera vendredi soir vers 21h au Parc des Princes à Paris.
00:45Mais déjà, les fusées sont en place et rien ne vous est épargné.
00:49Depuis quelques jours, dans la presse, à la radio, à la télévision,
00:52rien ne vous permet d'ignorer que Johnny fête cette semaine son anniversaire.
00:57Johnny, Johnny Hallyday bien sûr, il a 50 ans aujourd'hui.
01:01Bon anniversaire Johnny.
01:02Et le week-end prochain à Paris, il réussira ce qu'aucune star française ou étrangère n'a jamais tenté.
01:09Ni Madonna, ni Les Stones, ni Michael Jackson.
01:12Il remplira trois soirs de suite le Parc des Princes.
01:14Depuis 30 ans, en France, Johnny Hallyday marque la chanson comme il marque nos mœurs
01:19et qu'on l'aime ou non, qu'on aime ou non son talent, sa musique, ses excès, ses chutes
01:25libres
01:25et ses moments de bonheur quand il plisse ses yeux bleus, qu'on l'aime ou qu'on ne l
01:29'aime pas,
01:30Johnny, c'est notre histoire.
01:32Michel Vial.
01:33Il n'avait pas 20 ans cette année-là lorsqu'il interprétait la chanson
01:37dont les paroles à elle seule symbolisaient un phénomène et résumait déjà sa vie.
01:41Les gens m'appellent l'idole des jeunes et n'en est même qui m'en dit.
01:50Cela fait donc trois décennies et trois générations qu'il prodigue son énergie légendaire de bête de scène.
01:55Tour à tour, rocker, yéyé, contestataire et hippie, Hamlet et Mad Max avec la même sincérité naïve et la même
02:00fidélité.
02:01À ses origines modestes d'abord, à son amour pour l'horizomen blues,
02:05sans oublier à son public qui ne cesse de se renouveler.
02:09Je n'ai pas vu le temps passer. J'ai l'impression que j'ai commencé il y a deux
02:13ans.
02:14Johnny a l'idée, au fond, aujourd'hui, vous n'avez plus rien à prouver.
02:18Non, mais je m'amuse.
02:20Johnny est avant tout un interprète, un chanteur et pas le représentant d'une génération.
02:25Les quinquains, je ne sais pas si on dit ça comme ça,
02:27Paul McCartney, ancien Beatles, Eddie Mitchell, Jacques Dutronc, Catherine Deneuve, qu'est-ce qu'elle est belle,
02:34tous, Mick Jagger, bien sûr, le chanteur des Rolling Stones,
02:37ils ont tous conservé cette qualité de la jeunesse
02:40qui est finalement d'apporter de l'espoir et des illusions au public.
02:45Malgré des passages à vide, au milieu des années 60 et au début des années 70 notamment,
02:50et bien qu'il ait vendu plus de 100 millions de disques,
02:52Johnny Hallyday demeure à 50 ans l'auteur unique et écorché du roman
02:56d'une vie brûlée au feu des projecteurs et au regard impudique des spectateurs.
02:59Un roman brillant, mais parfois chaotique,
03:02à la démesure des intempérances d'un homme qui ne se sent bien sans doute que sur scène.
03:06Ce roman pourrait sûrement composer la bande-son de notre propre vie
03:10en réunissant beaucoup de moments de bonheur.
03:12Je n'ai pas besoin de toi, des gars !
03:17Tu vois, je vois ce qu'elle veut dire !
03:24Il n'y a moyen de la garder, je vais la trouver !
03:28Sans personne, mais des gars !
03:33Ah que, je l'aime ! Catherine Pancol, vous êtes écrivain, journaliste,
03:37vous aimez Johnny depuis toujours, je vous observais,
03:39on vient de vous apercevoir, le regardant.
03:42Votre premier souvenir de lui, c'est quoi ?
03:44Le premier souvenir où je l'ai approché pour de vrai ?
03:47En quelque sorte ?
03:47J'ai perdu la parole, je ne pouvais pas parler.
03:49Je n'en revenais pas que la personne...
03:51Depuis que j'ai 10 ans, je collectionne ses disques,
03:53les affiches, les articles de Salut les Copains,
03:56et la première fois que je suis interviewée, je n'ai pas pu parler.
03:59Et lui ?
04:00Et lui a été très très gentil et très attendri,
04:03et donc je pense que je suis une vraie groupie.
04:07Pourquoi ? Pourquoi tant d'amour ?
04:10Parce que je suis la génération,
04:11on n'a pas eu les Américains directement en France.
04:13On avait des Français qui nous chantaient les tubes américains.
04:17Donc moi, je n'ai pas connu Elvis Presley,
04:19j'ai connu Johnny,
04:20et j'avais toutes les traductions en français
04:22par Johnny, par Sylvie, par Claude François,
04:26par tous les chanteurs français.
04:28Et pour moi, Johnny était le meilleur,
04:29et il les écrasait tous.
04:31Et c'est vrai que Johnny, il suffit de le voir sur scène,
04:33et je pense qu'on ne peut pas parler de lui si on ne l'a pas vu sur scène.
04:35Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il dégage sur scène ?
04:36Parce que c'est une vraie bête sur scène.
04:38C'est quelqu'un...
04:39Il se sent chez lui sur scène physiquement,
04:41il l'est lui sur scène.
04:43Je le voyais encore à Bercy en septembre,
04:45c'est quelqu'un qui sait occuper la scène,
04:47qui se promène sur la scène sans aucun problème,
04:49et qui est physiquement bien sur scène.
04:52C'est comme un Albatros,
04:53il n'est pas bien dans la vie,
04:55il est très maladroit dans la vie,
04:56mais sur scène, tout d'un coup,
04:57on a l'impression qu'il s'installe,
04:58qu'il est là,
04:59et qu'il va donner tout ce qu'il a de meilleur,
05:01et tous les gens qui viennent l'écouter
05:03savent que ça va être à chaque fois formidable.
05:05Philippe Labrault,
05:06Philippe, on connaît vos multiples talents,
05:08vous êtes romancier à succès,
05:10journaliste,
05:10vous êtes le vice-président de RTL.
05:12Ce que l'on sait moins,
05:13c'est que vous avez écrit,
05:15pour Johnny Hallyday,
05:16une quarantaine de chansons.
05:18Quelle est, pour vous,
05:20sa différence ?
05:22Faculté d'adaptation extraordinaire
05:24à toutes les époques.
05:25Après tout,
05:25c'est 50 ans qu'on vient de balayer,
05:27il s'est passé beaucoup de choses,
05:29et les mœurs sont changées,
05:31les tendances culturelles, sociales,
05:32se sont transformées.
05:33La jeunesse a suivi un certain nombre de modes,
05:36elle a évolué.
05:37Et Johnny a réussi
05:38à toujours être,
05:40pas complètement en avance,
05:41mais jamais en retard,
05:42sur cette jeunesse,
05:43sur son époque.
05:44Donc en réalité,
05:45c'est peut-être pour ça
05:46qu'on s'est très bien entendu,
05:47je dirais,
05:48même si ça paraît paradoxal,
05:49qu'il a quelque chose
05:50d'un journaliste.
05:52Il saisit l'air du temps,
05:54il est contemporain de son temps,
05:55et il le restitue.
05:57En 30 ans de carrière,
05:58pourtant,
05:59la musique a changé.
06:00Il a eu, lui,
06:01des hauts et des bas.
06:02Il a toujours survécu,
06:03il a toujours rebondi
06:04au sommet.
06:06Pourquoi ?
06:06D'abord parce qu'il a toujours
06:08su choisir,
06:09au moment où il fallait,
06:10les hommes,
06:11les paroliers,
06:12et les compositeurs de musique,
06:13qui lui permettraient
06:14de rebondir.
06:15Les plus grands et les meilleurs,
06:17au bon moment.
06:18Oui,
06:18quand il était dans un creux,
06:19à un moment donné,
06:20c'est Michel Berger,
06:21qui avait le talent fou
06:23comme il connaissait,
06:24c'est Jean-Jacques Goldman,
06:25qui est une merveille
06:26de compositeur,
06:27de chanteur et de parolier.
06:28Ce sont un certain nombre
06:29de gens qu'il a,
06:30donc,
06:31avec l'attraction qu'il avait,
06:32il a suscité le meilleur
06:34d'eux-mêmes
06:34et il l'a exploité.
06:36Et deuxièmement,
06:37encore une fois,
06:37j'y reviens,
06:38malgré ses allures
06:39comme ça,
06:40d'oiseau blessé,
06:41comme disait Catherine Pancol,
06:42malgré cette sincérité naïve
06:45dont parlait votre commentateur,
06:47sincérité, oui,
06:47mais naïve,
06:48certainement pas,
06:49c'est pas un naïf,
06:49Johnny,
06:50il est tout à fait conscient
06:51de son époque.
06:52Il sait très bien
06:53ce qui se passe.
06:54Il reçoit les misères du monde
06:56et en même temps,
06:57l'exaltation du monde.
06:59Je crois qu'il sait très bien
07:00restituer ce qui se passe.
07:02Le Parc des Princes,
07:04vendredi, samedi, dimanche prochain,
07:06c'est un défi sans précédent
07:07dans le showbiz français.
07:09C'est aussi un énorme enjeu financier.
07:11Johnny, à lui tout seul,
07:13est une industrie,
07:14une industrie nationale.
07:16Pierre Fredenreich
07:16et Christophe Hérault
07:17ont exploré
07:18la mine d'or
07:20greffée Johnny Hallyday.
07:25Concerts,
07:26spectacles,
07:27films,
07:28disques,
07:29livres,
07:29vidéos,
07:30parfums,
07:30bottes,
07:31jeans,
07:31blousons,
07:31briquets,
07:32lunettes,
07:32café
07:32et tant d'autres objets cultes.
07:35Johnny fait vendre
07:35passionnément,
07:37énormément.
07:38Tellement qu'en 1993,
07:40c'est 450 millions de francs
07:42de chiffre d'affaires
07:42qu'il devrait générer
07:43pour 8 petits millions
07:45de francs de promotion.
07:46Aucune vedette française
07:48n'a cette force de prescription
07:50dû probablement à une stratification
07:52en trois couches
07:53de public,
07:55car il y a au moins
07:56trois générations
07:57de publics différentes
07:57qui,
07:58chacune,
07:59a ses propres désirs,
08:01chacune,
08:01a sa propre capacité
08:03à consommer
08:04soit du concert,
08:05soit du t-shirt,
08:07soit du sweatshirt,
08:09soit des casquettes,
08:10soit des livres.
08:10Et c'est pour ça
08:11que les inconditionnels
08:12de Johnny
08:12sont de véritables vaches à lait ?
08:14C'est un terme
08:15totalement inadéquat,
08:16mais on peut dire
08:17qu'il y a
08:18un public captif,
08:21passionné,
08:21amoureux de Johnny.
08:23Pochette en jean
08:24et couverture en tôle.
08:25Johnny,
08:26le livre.
08:27Album officiel
08:28du 50e anniversaire,
08:2930 000 ont été prévendus,
08:3140 000 sont commandés,
08:32le retirage est déjà prévu,
08:3432 millions de francs
08:35de prévisionnel.
08:36Johnny,
08:37le concert.
08:38180 000 fans
08:39en trois jours
08:39l'applaudiront
08:40au Parc des Princes,
08:41comme l'ont fait auparavant
08:42cette saison
08:43près de 600 000 personnes.
08:45Les spectacles en 93
08:47engendreront
08:47plus de 115 millions
08:48de francs
08:48de chiffre d'affaires.
08:49Il ne s'est pas
08:50un produit marketing,
08:50Johnny a toujours
08:52évolué au feeling.
08:53Je crois que
08:54s'il est aussi grand,
08:55aussi fort
08:57avec les trois générations
08:58maintenant,
08:59c'est qu'il n'a jamais
09:00trompé,
09:01jamais déçu son public.
09:0230 ans de carrière
09:03et le double d'album.
09:05Habituellement,
09:06Johnny,
09:06tous les ans,
09:06se vante à 600 000 exemplaires.
09:08En cette année anniversaire,
09:09les lancements vont fleurir
09:10et l'ont table raisonnablement
09:12sur le million de disques.
09:13En 93,
09:14Johnny,
09:15le disque,
09:15rapportera plus de 120 millions
09:17de francs.
09:18Jean-Pierre Papin,
09:18pour lequel j'ai beaucoup
09:19de respect en tant que footballeur,
09:21mais la part de rêve,
09:22à mon avis,
09:23s'arrête à la fin
09:24d'un match.
09:25Johnny a l'idée,
09:26vous pouvez continuer le rêve
09:28avec l'ensemble
09:28de ces produits-là.
09:30Et ça,
09:30ça vaut de l'argent ?
09:31Je pense que oui.
09:32Et ça en rapporte beaucoup ?
09:33Aussi.
09:35Comme un certain café
09:36qui,
09:37grâce à Johnny,
09:38a gagné 1%
09:39de part de marché,
09:40soit à peu près
09:4045 millions de francs.
09:42Johnny a du nez
09:43et ça se sent.
09:44La preuve,
09:45comme ses disques
09:46ou ses places de concert,
09:47ses parfums s'arrachent.
09:48Chiffre d'affaires,
09:49en deux ans de cosmétiques
09:51à l'idée,
09:5125 millions de francs.
09:53Cette année,
09:53ce chiffre devrait
09:54pratiquement doubler.
09:56Parfum Johnny à l'idée.
09:58Reste la confection
09:59et les accessoires.
10:00Deux collections par an,
10:01plus de 300 000 pièces vendues.
10:03Là encore,
10:04les prévisions sont
10:05des plus optimistes.
10:06On parlerait de plus
10:06de 100 millions de francs
10:07de chiffre d'affaires.
10:09Ça vous rapporte
10:10beaucoup d'argent ?
10:10Est-ce que ça rapporte
10:11de l'argent à Johnny ?
10:15Il y a la question.
10:17Johnny toucherait
10:18de 3 à 12%
10:20de royalties
10:20en fonction des licences.
10:22Le label Hallyday,
10:23c'est donc au total
10:24450 millions de francs.
10:25Et comme le dit
10:26l'un de ses proches,
10:27Johnny,
10:28c'est pas de blues
10:28et un max de flouze.
10:31Philippe Labreau,
10:33Johnny,
10:34on l'a toujours connu,
10:35flambeur,
10:36flambeur de sa propre vie,
10:37flambeur d'argent.
10:38En même temps,
10:39il gère une industrie.
10:42Les industriels
10:42la gèrent pour lui.
10:43On ne peut pas dire
10:44que c'est un gestionnaire,
10:45Johnny.
10:46Il est vraiment
10:47au-dessus de ça.
10:48Il a toujours été
10:49effectivement incapable
10:50d'organiser les choses.
10:52Il y a besoin de gens
10:53autour de lui
10:53pour le faire.
10:55Mais en même temps,
10:56ne pas le prendre
10:57pour un illuminé
10:59un peu fou
10:59et qui,
11:00comme ça,
11:01vit la nuit.
11:03Il y a un sens,
11:05une méthode
11:06dans ce qu'il fait.
11:07Il sait planifier.
11:09Simplement,
11:10la partie
11:11de fête
11:13et de folie
11:14qui est en lui
11:14apparaît beaucoup plus
11:16que l'autre partie.
11:17Il y a une partie cachée
11:18chez Hallyday,
11:18qui n'est pas seulement
11:19dans son sens
11:20de l'organisation,
11:21dans ses méthodes,
11:21qui est aussi
11:22dans sa psychologie
11:24et dans son intelligence.
11:25Autrement dit,
11:27Catherine Brancol,
11:27la caricature
11:28du Johnny Hacke,
11:30des guignols
11:31de l'info,
11:35cela masquerait
11:36en quelque sorte
11:37un formidable
11:38palpeur
11:38de nos propres humeurs
11:40et avec cet instinct
11:41de...
11:42Ah oui,
11:42moi,
11:42je trouve qu'ils ont été
11:44très très durs
11:45avec lui
11:45et très injustes.
11:46Vous savez,
11:47en France,
11:47on veut toujours
11:48que les gens
11:48parlent sur tout
11:49et on a voulu
11:51que tout d'un coup
11:52Hallyday
11:53fasse des émissions
11:54de télé
11:54où il dit
11:54ce qu'il pense
11:55de l'actualité
11:56et des avis sur tout.
11:58Ce n'est pas vrai.
11:58Il le dit lui-même.
11:59Il dit
12:00je suis un rockeur
12:01et un rockeur,
12:01ça ne parle pas.
12:02Il est bien sur scène
12:03et c'est quelqu'un
12:04qu'il faut voir sur scène.
12:06Alors,
12:07on essaie de lui faire
12:08répondre à des tas de questions.
12:10Après,
12:10on le caricature.
12:11Je trouve ça
12:11très très injuste.
12:12On n'a jamais demandé
12:12à un rockeur
12:13de parler de politique.
12:14C'est imbécile.
12:15Il faut reconnaître
12:16là où il est très très bon.
12:20Il y a quelque chose
12:21que je voudrais ajouter.
12:23C'est que je trouve
12:24qu'il est aussi
12:24très très fort à l'idée
12:25parce qu'il ne s'est pas
12:26construit une image unique.
12:29C'est quelqu'un
12:29qu'on a envie d'aimer,
12:31qu'on a envie de consoler,
12:32qu'on a envie d'accompagner.
12:34Et dans ses textes
12:35de chansons,
12:35il se montre
12:36à la fois blessé,
12:38triomphant,
12:39macho,
12:39petit garçon.
12:40Il a bien su exploiter
12:42toutes ses facettes
12:43justement de l'amour.
12:44C'est pour ça aussi
12:45qu'il a un public
12:46aussi large
12:46parce qu'à tous les âges
12:48on s'y retrouve
12:48quand on a 15 ans
12:49on peut rêver
12:49à l'idée
12:50et à l'idole.
12:51Quand on a 25 ans
12:53on peut rêver
12:54au fiancé
12:54et à l'amant.
12:55Quand on a 35 ans
12:56on peut rêver
12:56au mari.
12:57Quand on a 45 ans
12:58on peut rêver
12:59aux copains.
12:59Quand on a 55 ans
13:00on peut rêver
13:01aux gendres.
13:01Et je trouve
13:02qu'il est pour ça
13:02très très fort.
13:03Il a su capter
13:04comme ça
13:04tous les désirs
13:05des femmes
13:07en tous les cas.
13:07Mais il y a quand même
13:08une limite
13:09à ce dit tirant.
13:10L'idée n'a jamais réussi
13:12à l'exportation
13:13ni la chanson
13:13ni le reste.
13:14Pourquoi ?
13:15Je crois que c'est parce
13:15qu'il est devenu
13:17trop fort
13:18du rock'n'roll américain
13:19et que ça
13:20c'est sa limite.
13:21En effet
13:22il ne peut pas s'exporter.
13:23Philippe Labron
13:24c'est votre avis ?
13:24Oui enfin
13:25il ne peut pas s'exporter
13:26en anglo-saxonie.
13:27C'est vrai que
13:27là où il est allé
13:28chercher ses modèles
13:29aux Etats-Unis
13:30essentiellement
13:31et en Angleterre
13:31on n'a pas besoin
13:32d'Haliday.
13:33En revanche
13:34il ne faut pas oublier
13:35qu'il fait des salles
13:36triomphales
13:37dans toute l'Amérique du Sud
13:38qu'en Afrique
13:39il est aussi célèbre
13:40que Pelé, Platini
13:42ou Mick Jagger
13:43et qu'au Moyen-Orient aussi
13:45en Italie
13:46n'en parlons pas
13:46en Europe
13:48Johnny a fait des concerts
13:49dans ce qu'on appelait
13:50l'Europe de l'Est
13:51sous le régime communiste
13:52où il a littéralement
13:53subjugué des foules.
13:55Donc le territoire américain
13:56lui est d'une certaine façon
13:57interdit
13:57puisqu'il n'est qu'une sorte
13:58Anglo-saxon
13:59Oui
13:59anglo-saxon
14:00une sorte de clone
14:01n'est-ce pas
14:02de grand
14:03C'est peut-être pour ça
14:03d'ailleurs que c'est là
14:04où son fils essaye de réussir
14:06Son fils réussit très bien
14:08Le fils chante en anglais
14:09le fils fait sa musique
14:10le fils s'est situé
14:11dans un autre registre
14:13Je crois qu'il souffre de ça
14:15il souffre d'avoir quand même
14:16traduit normalement
14:17de standard américain
14:18D'ailleurs les purs du rock'n'roll
14:20vous disent toujours
14:20mais attends
14:21tu ne connais pas Elvis Presley
14:22tu ne connaissais pas Elvis Presley
14:24il y a quand même Elvis avant
14:25et c'est vrai
14:26James Dean
14:26Elvis Presley
14:27ça a quand même
14:28beaucoup beaucoup nourri
14:29sa mythologie
14:29il a beaucoup copié
14:31donc c'est vrai que c'est
14:32Oui mais enfin pardon
14:33mais en même temps
14:34vous demandez à n'importe quel
14:36professionnel américain
14:36du spectacle
14:37et je sais
14:37qui ne sont pas charitables
14:39et qui sont très isolationnistes
14:40pour eux il y a l'Amérique
14:41il n'y a rien d'autre
14:42vous leur dites
14:42Johnny Hallyday
14:43ils savent tout de suite
14:44qui c'est
14:44et ils n'éclatent pas de rire
14:46lorsqu'on leur parle de Hallyday
14:48ils savent très bien
14:49qu'effectivement
14:50c'est un
14:50entre guillemets
14:51très grand professionnel
14:52qui a extrêmement bien réussi
14:55à l'étranger
14:55d'ailleurs c'est pratiquement
14:56le seul
14:57non américain
14:58qui est un tel rocker
14:59universel
15:00Qu'est-ce qui pourrait démoder
15:01Johnny ?
15:03Rien
15:04Bah non mais elle a raison
15:05elle a raison
15:06il n'y a pas
15:07il n'y a pas de raison
15:08qui ne continue pas
15:10de s'adapter
15:10comme je vous l'ai dit
15:11aux époques et aux tendances
15:13qui vont venir
15:14non non il est éternel
15:15non en plus
15:16il ne se voit pas vieillir
15:17il le dit très bien
15:18il ne comprend pas
15:19qu'il a 50 ans
15:20et grâce à lui
15:21nous non plus
15:22et vous irez au Parc des Princes
15:24et vous Philippe Labreau
15:26évidemment
15:27bien sûr
15:28d'abord j'y vais à Cartel
15:30merci
15:31merci à tous deux
15:32je rappelle le titre
15:33de vos deux romans
15:34deux romans à succès
15:36Catherine Pancol
15:36vue de l'extérieur
15:38c'est au seuil
15:39et vous Philippe Labreau
15:4015 ans
15:41aux éditions
15:43Gallimard
15:44souvenir souvenir
15:45c'est le temps de l'amour
15:46c'est le temps de Johnny
15:47c'est aussi le temps du bac
15:48c'est le temps de l'amour
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