00:05Il a 50 ans aujourd'hui et d'une chanson à l'autre, d'une ride à l'autre, c
00:10'est notre histoire qu'il chante en même temps que la sienne.
00:13Johnny Hallyday, la légende du rock à la française, l'idole des jeunes, de leurs parents et de leurs grands
00:18-parents,
00:19fête son anniversaire au Parc des Princes dans une série de concerts géants.
00:23Pourquoi tant d'amour ? Les explications d'une groupie de toujours.
00:27Catherine Fancol, écrivain journaliste, pourquoi un tel succès et une telle longévité ?
00:32Les réponses de Philippe Labreau, romancier journaliste qui a écrit pour Johnny beaucoup de chansons.
00:40Le feu d'artifice s'éclatera vendredi soir vers 21h au Parc des Princes à Paris.
00:45Mais déjà, les fusées sont en place et rien ne vous est épargné.
00:49Depuis quelques jours, dans la presse, à la radio, à la télévision,
00:52rien ne vous permet d'ignorer que Johnny fête cette semaine son anniversaire.
00:57Johnny, Johnny Hallyday bien sûr, il a 50 ans aujourd'hui.
01:01Bon anniversaire Johnny.
01:02Et le week-end prochain à Paris, il réussira ce qu'aucune star française ou étrangère n'a jamais tenté.
01:09Ni Madonna, ni Les Stones, ni Michael Jackson.
01:12Il remplira trois soirs de suite le Parc des Princes.
01:14Depuis 30 ans, en France, Johnny Hallyday marque la chanson comme il marque nos mœurs
01:19et qu'on l'aime ou non, qu'on aime ou non son talent, sa musique, ses excès, ses chutes
01:25libres
01:25et ses moments de bonheur quand il plisse ses yeux bleus, qu'on l'aime ou qu'on ne l
01:29'aime pas,
01:30Johnny, c'est notre histoire.
01:32Michel Vial.
01:33Il n'avait pas 20 ans cette année-là lorsqu'il interprétait la chanson
01:37dont les paroles à elle seule symbolisaient un phénomène et résumait déjà sa vie.
01:41Les gens m'appellent l'idole des jeunes et n'en est même qui m'en dit.
01:50Cela fait donc trois décennies et trois générations qu'il prodigue son énergie légendaire de bête de scène.
01:55Tour à tour, rocker, yéyé, contestataire et hippie, Hamlet et Mad Max avec la même sincérité naïve et la même
02:00fidélité.
02:01À ses origines modestes d'abord, à son amour pour l'horizomen blues,
02:05sans oublier à son public qui ne cesse de se renouveler.
02:09Je n'ai pas vu le temps passer. J'ai l'impression que j'ai commencé il y a deux
02:13ans.
02:14Johnny a l'idée, au fond, aujourd'hui, vous n'avez plus rien à prouver.
02:18Non, mais je m'amuse.
02:20Johnny est avant tout un interprète, un chanteur et pas le représentant d'une génération.
02:25Les quinquains, je ne sais pas si on dit ça comme ça,
02:27Paul McCartney, ancien Beatles, Eddie Mitchell, Jacques Dutronc, Catherine Deneuve, qu'est-ce qu'elle est belle,
02:34tous, Mick Jagger, bien sûr, le chanteur des Rolling Stones,
02:37ils ont tous conservé cette qualité de la jeunesse
02:40qui est finalement d'apporter de l'espoir et des illusions au public.
02:45Malgré des passages à vide, au milieu des années 60 et au début des années 70 notamment,
02:50et bien qu'il ait vendu plus de 100 millions de disques,
02:52Johnny Hallyday demeure à 50 ans l'auteur unique et écorché du roman
02:56d'une vie brûlée au feu des projecteurs et au regard impudique des spectateurs.
02:59Un roman brillant, mais parfois chaotique,
03:02à la démesure des intempérances d'un homme qui ne se sent bien sans doute que sur scène.
03:06Ce roman pourrait sûrement composer la bande-son de notre propre vie
03:10en réunissant beaucoup de moments de bonheur.
03:12Je n'ai pas besoin de toi, des gars !
03:17Tu vois, je vois ce qu'elle veut dire !
03:24Il n'y a moyen de la garder, je vais la trouver !
03:28Sans personne, mais des gars !
03:33Ah que, je l'aime ! Catherine Pancol, vous êtes écrivain, journaliste,
03:37vous aimez Johnny depuis toujours, je vous observais,
03:39on vient de vous apercevoir, le regardant.
03:42Votre premier souvenir de lui, c'est quoi ?
03:44Le premier souvenir où je l'ai approché pour de vrai ?
03:47En quelque sorte ?
03:47J'ai perdu la parole, je ne pouvais pas parler.
03:49Je n'en revenais pas que la personne...
03:51Depuis que j'ai 10 ans, je collectionne ses disques,
03:53les affiches, les articles de Salut les Copains,
03:56et la première fois que je suis interviewée, je n'ai pas pu parler.
03:59Et lui ?
04:00Et lui a été très très gentil et très attendri,
04:03et donc je pense que je suis une vraie groupie.
04:07Pourquoi ? Pourquoi tant d'amour ?
04:10Parce que je suis la génération,
04:11on n'a pas eu les Américains directement en France.
04:13On avait des Français qui nous chantaient les tubes américains.
04:17Donc moi, je n'ai pas connu Elvis Presley,
04:19j'ai connu Johnny,
04:20et j'avais toutes les traductions en français
04:22par Johnny, par Sylvie, par Claude François,
04:26par tous les chanteurs français.
04:28Et pour moi, Johnny était le meilleur,
04:29et il les écrasait tous.
04:31Et c'est vrai que Johnny, il suffit de le voir sur scène,
04:33et je pense qu'on ne peut pas parler de lui si on ne l'a pas vu sur scène.
04:35Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il dégage sur scène ?
04:36Parce que c'est une vraie bête sur scène.
04:38C'est quelqu'un...
04:39Il se sent chez lui sur scène physiquement,
04:41il l'est lui sur scène.
04:43Je le voyais encore à Bercy en septembre,
04:45c'est quelqu'un qui sait occuper la scène,
04:47qui se promène sur la scène sans aucun problème,
04:49et qui est physiquement bien sur scène.
04:52C'est comme un Albatros,
04:53il n'est pas bien dans la vie,
04:55il est très maladroit dans la vie,
04:56mais sur scène, tout d'un coup,
04:57on a l'impression qu'il s'installe,
04:58qu'il est là,
04:59et qu'il va donner tout ce qu'il a de meilleur,
05:01et tous les gens qui viennent l'écouter
05:03savent que ça va être à chaque fois formidable.
05:05Philippe Labrault,
05:06Philippe, on connaît vos multiples talents,
05:08vous êtes romancier à succès,
05:10journaliste,
05:10vous êtes le vice-président de RTL.
05:12Ce que l'on sait moins,
05:13c'est que vous avez écrit,
05:15pour Johnny Hallyday,
05:16une quarantaine de chansons.
05:18Quelle est, pour vous,
05:20sa différence ?
05:22Faculté d'adaptation extraordinaire
05:24à toutes les époques.
05:25Après tout,
05:25c'est 50 ans qu'on vient de balayer,
05:27il s'est passé beaucoup de choses,
05:29et les mœurs sont changées,
05:31les tendances culturelles, sociales,
05:32se sont transformées.
05:33La jeunesse a suivi un certain nombre de modes,
05:36elle a évolué.
05:37Et Johnny a réussi
05:38à toujours être,
05:40pas complètement en avance,
05:41mais jamais en retard,
05:42sur cette jeunesse,
05:43sur son époque.
05:44Donc en réalité,
05:45c'est peut-être pour ça
05:46qu'on s'est très bien entendu,
05:47je dirais,
05:48même si ça paraît paradoxal,
05:49qu'il a quelque chose
05:50d'un journaliste.
05:52Il saisit l'air du temps,
05:54il est contemporain de son temps,
05:55et il le restitue.
05:57En 30 ans de carrière,
05:58pourtant,
05:59la musique a changé.
06:00Il a eu, lui,
06:01des hauts et des bas.
06:02Il a toujours survécu,
06:03il a toujours rebondi
06:04au sommet.
06:06Pourquoi ?
06:06D'abord parce qu'il a toujours
06:08su choisir,
06:09au moment où il fallait,
06:10les hommes,
06:11les paroliers,
06:12et les compositeurs de musique,
06:13qui lui permettraient
06:14de rebondir.
06:15Les plus grands et les meilleurs,
06:17au bon moment.
06:18Oui,
06:18quand il était dans un creux,
06:19à un moment donné,
06:20c'est Michel Berger,
06:21qui avait le talent fou
06:23comme il connaissait,
06:24c'est Jean-Jacques Goldman,
06:25qui est une merveille
06:26de compositeur,
06:27de chanteur et de parolier.
06:28Ce sont un certain nombre
06:29de gens qu'il a,
06:30donc,
06:31avec l'attraction qu'il avait,
06:32il a suscité le meilleur
06:34d'eux-mêmes
06:34et il l'a exploité.
06:36Et deuxièmement,
06:37encore une fois,
06:37j'y reviens,
06:38malgré ses allures
06:39comme ça,
06:40d'oiseau blessé,
06:41comme disait Catherine Pancol,
06:42malgré cette sincérité naïve
06:45dont parlait votre commentateur,
06:47sincérité, oui,
06:47mais naïve,
06:48certainement pas,
06:49c'est pas un naïf,
06:49Johnny,
06:50il est tout à fait conscient
06:51de son époque.
06:52Il sait très bien
06:53ce qui se passe.
06:54Il reçoit les misères du monde
06:56et en même temps,
06:57l'exaltation du monde.
06:59Je crois qu'il sait très bien
07:00restituer ce qui se passe.
07:02Le Parc des Princes,
07:04vendredi, samedi, dimanche prochain,
07:06c'est un défi sans précédent
07:07dans le showbiz français.
07:09C'est aussi un énorme enjeu financier.
07:11Johnny, à lui tout seul,
07:13est une industrie,
07:14une industrie nationale.
07:16Pierre Fredenreich
07:16et Christophe Hérault
07:17ont exploré
07:18la mine d'or
07:20greffée Johnny Hallyday.
07:25Concerts,
07:26spectacles,
07:27films,
07:28disques,
07:29livres,
07:29vidéos,
07:30parfums,
07:30bottes,
07:31jeans,
07:31blousons,
07:31briquets,
07:32lunettes,
07:32café
07:32et tant d'autres objets cultes.
07:35Johnny fait vendre
07:35passionnément,
07:37énormément.
07:38Tellement qu'en 1993,
07:40c'est 450 millions de francs
07:42de chiffre d'affaires
07:42qu'il devrait générer
07:43pour 8 petits millions
07:45de francs de promotion.
07:46Aucune vedette française
07:48n'a cette force de prescription
07:50dû probablement à une stratification
07:52en trois couches
07:53de public,
07:55car il y a au moins
07:56trois générations
07:57de publics différentes
07:57qui,
07:58chacune,
07:59a ses propres désirs,
08:01chacune,
08:01a sa propre capacité
08:03à consommer
08:04soit du concert,
08:05soit du t-shirt,
08:07soit du sweatshirt,
08:09soit des casquettes,
08:10soit des livres.
08:10Et c'est pour ça
08:11que les inconditionnels
08:12de Johnny
08:12sont de véritables vaches à lait ?
08:14C'est un terme
08:15totalement inadéquat,
08:16mais on peut dire
08:17qu'il y a
08:18un public captif,
08:21passionné,
08:21amoureux de Johnny.
08:23Pochette en jean
08:24et couverture en tôle.
08:25Johnny,
08:26le livre.
08:27Album officiel
08:28du 50e anniversaire,
08:2930 000 ont été prévendus,
08:3140 000 sont commandés,
08:32le retirage est déjà prévu,
08:3432 millions de francs
08:35de prévisionnel.
08:36Johnny,
08:37le concert.
08:38180 000 fans
08:39en trois jours
08:39l'applaudiront
08:40au Parc des Princes,
08:41comme l'ont fait auparavant
08:42cette saison
08:43près de 600 000 personnes.
08:45Les spectacles en 93
08:47engendreront
08:47plus de 115 millions
08:48de francs
08:48de chiffre d'affaires.
08:49Il ne s'est pas
08:50un produit marketing,
08:50Johnny a toujours
08:52évolué au feeling.
08:53Je crois que
08:54s'il est aussi grand,
08:55aussi fort
08:57avec les trois générations
08:58maintenant,
08:59c'est qu'il n'a jamais
09:00trompé,
09:01jamais déçu son public.
09:0230 ans de carrière
09:03et le double d'album.
09:05Habituellement,
09:06Johnny,
09:06tous les ans,
09:06se vante à 600 000 exemplaires.
09:08En cette année anniversaire,
09:09les lancements vont fleurir
09:10et l'ont table raisonnablement
09:12sur le million de disques.
09:13En 93,
09:14Johnny,
09:15le disque,
09:15rapportera plus de 120 millions
09:17de francs.
09:18Jean-Pierre Papin,
09:18pour lequel j'ai beaucoup
09:19de respect en tant que footballeur,
09:21mais la part de rêve,
09:22à mon avis,
09:23s'arrête à la fin
09:24d'un match.
09:25Johnny a l'idée,
09:26vous pouvez continuer le rêve
09:28avec l'ensemble
09:28de ces produits-là.
09:30Et ça,
09:30ça vaut de l'argent ?
09:31Je pense que oui.
09:32Et ça en rapporte beaucoup ?
09:33Aussi.
09:35Comme un certain café
09:36qui,
09:37grâce à Johnny,
09:38a gagné 1%
09:39de part de marché,
09:40soit à peu près
09:4045 millions de francs.
09:42Johnny a du nez
09:43et ça se sent.
09:44La preuve,
09:45comme ses disques
09:46ou ses places de concert,
09:47ses parfums s'arrachent.
09:48Chiffre d'affaires,
09:49en deux ans de cosmétiques
09:51à l'idée,
09:5125 millions de francs.
09:53Cette année,
09:53ce chiffre devrait
09:54pratiquement doubler.
09:56Parfum Johnny à l'idée.
09:58Reste la confection
09:59et les accessoires.
10:00Deux collections par an,
10:01plus de 300 000 pièces vendues.
10:03Là encore,
10:04les prévisions sont
10:05des plus optimistes.
10:06On parlerait de plus
10:06de 100 millions de francs
10:07de chiffre d'affaires.
10:09Ça vous rapporte
10:10beaucoup d'argent ?
10:10Est-ce que ça rapporte
10:11de l'argent à Johnny ?
10:15Il y a la question.
10:17Johnny toucherait
10:18de 3 à 12%
10:20de royalties
10:20en fonction des licences.
10:22Le label Hallyday,
10:23c'est donc au total
10:24450 millions de francs.
10:25Et comme le dit
10:26l'un de ses proches,
10:27Johnny,
10:28c'est pas de blues
10:28et un max de flouze.
10:31Philippe Labreau,
10:33Johnny,
10:34on l'a toujours connu,
10:35flambeur,
10:36flambeur de sa propre vie,
10:37flambeur d'argent.
10:38En même temps,
10:39il gère une industrie.
10:42Les industriels
10:42la gèrent pour lui.
10:43On ne peut pas dire
10:44que c'est un gestionnaire,
10:45Johnny.
10:46Il est vraiment
10:47au-dessus de ça.
10:48Il a toujours été
10:49effectivement incapable
10:50d'organiser les choses.
10:52Il y a besoin de gens
10:53autour de lui
10:53pour le faire.
10:55Mais en même temps,
10:56ne pas le prendre
10:57pour un illuminé
10:59un peu fou
10:59et qui,
11:00comme ça,
11:01vit la nuit.
11:03Il y a un sens,
11:05une méthode
11:06dans ce qu'il fait.
11:07Il sait planifier.
11:09Simplement,
11:10la partie
11:11de fête
11:13et de folie
11:14qui est en lui
11:14apparaît beaucoup plus
11:16que l'autre partie.
11:17Il y a une partie cachée
11:18chez Hallyday,
11:18qui n'est pas seulement
11:19dans son sens
11:20de l'organisation,
11:21dans ses méthodes,
11:21qui est aussi
11:22dans sa psychologie
11:24et dans son intelligence.
11:25Autrement dit,
11:27Catherine Brancol,
11:27la caricature
11:28du Johnny Hacke,
11:30des guignols
11:31de l'info,
11:35cela masquerait
11:36en quelque sorte
11:37un formidable
11:38palpeur
11:38de nos propres humeurs
11:40et avec cet instinct
11:41de...
11:42Ah oui,
11:42moi,
11:42je trouve qu'ils ont été
11:44très très durs
11:45avec lui
11:45et très injustes.
11:46Vous savez,
11:47en France,
11:47on veut toujours
11:48que les gens
11:48parlent sur tout
11:49et on a voulu
11:51que tout d'un coup
11:52Hallyday
11:53fasse des émissions
11:54de télé
11:54où il dit
11:54ce qu'il pense
11:55de l'actualité
11:56et des avis sur tout.
11:58Ce n'est pas vrai.
11:58Il le dit lui-même.
11:59Il dit
12:00je suis un rockeur
12:01et un rockeur,
12:01ça ne parle pas.
12:02Il est bien sur scène
12:03et c'est quelqu'un
12:04qu'il faut voir sur scène.
12:06Alors,
12:07on essaie de lui faire
12:08répondre à des tas de questions.
12:10Après,
12:10on le caricature.
12:11Je trouve ça
12:11très très injuste.
12:12On n'a jamais demandé
12:12à un rockeur
12:13de parler de politique.
12:14C'est imbécile.
12:15Il faut reconnaître
12:16là où il est très très bon.
12:20Il y a quelque chose
12:21que je voudrais ajouter.
12:23C'est que je trouve
12:24qu'il est aussi
12:24très très fort à l'idée
12:25parce qu'il ne s'est pas
12:26construit une image unique.
12:29C'est quelqu'un
12:29qu'on a envie d'aimer,
12:31qu'on a envie de consoler,
12:32qu'on a envie d'accompagner.
12:34Et dans ses textes
12:35de chansons,
12:35il se montre
12:36à la fois blessé,
12:38triomphant,
12:39macho,
12:39petit garçon.
12:40Il a bien su exploiter
12:42toutes ses facettes
12:43justement de l'amour.
12:44C'est pour ça aussi
12:45qu'il a un public
12:46aussi large
12:46parce qu'à tous les âges
12:48on s'y retrouve
12:48quand on a 15 ans
12:49on peut rêver
12:49à l'idée
12:50et à l'idole.
12:51Quand on a 25 ans
12:53on peut rêver
12:54au fiancé
12:54et à l'amant.
12:55Quand on a 35 ans
12:56on peut rêver
12:56au mari.
12:57Quand on a 45 ans
12:58on peut rêver
12:59aux copains.
12:59Quand on a 55 ans
13:00on peut rêver
13:01aux gendres.
13:01Et je trouve
13:02qu'il est pour ça
13:02très très fort.
13:03Il a su capter
13:04comme ça
13:04tous les désirs
13:05des femmes
13:07en tous les cas.
13:07Mais il y a quand même
13:08une limite
13:09à ce dit tirant.
13:10L'idée n'a jamais réussi
13:12à l'exportation
13:13ni la chanson
13:13ni le reste.
13:14Pourquoi ?
13:15Je crois que c'est parce
13:15qu'il est devenu
13:17trop fort
13:18du rock'n'roll américain
13:19et que ça
13:20c'est sa limite.
13:21En effet
13:22il ne peut pas s'exporter.
13:23Philippe Labron
13:24c'est votre avis ?
13:24Oui enfin
13:25il ne peut pas s'exporter
13:26en anglo-saxonie.
13:27C'est vrai que
13:27là où il est allé
13:28chercher ses modèles
13:29aux Etats-Unis
13:30essentiellement
13:31et en Angleterre
13:31on n'a pas besoin
13:32d'Haliday.
13:33En revanche
13:34il ne faut pas oublier
13:35qu'il fait des salles
13:36triomphales
13:37dans toute l'Amérique du Sud
13:38qu'en Afrique
13:39il est aussi célèbre
13:40que Pelé, Platini
13:42ou Mick Jagger
13:43et qu'au Moyen-Orient aussi
13:45en Italie
13:46n'en parlons pas
13:46en Europe
13:48Johnny a fait des concerts
13:49dans ce qu'on appelait
13:50l'Europe de l'Est
13:51sous le régime communiste
13:52où il a littéralement
13:53subjugué des foules.
13:55Donc le territoire américain
13:56lui est d'une certaine façon
13:57interdit
13:57puisqu'il n'est qu'une sorte
13:58Anglo-saxon
13:59Oui
13:59anglo-saxon
14:00une sorte de clone
14:01n'est-ce pas
14:02de grand
14:03C'est peut-être pour ça
14:03d'ailleurs que c'est là
14:04où son fils essaye de réussir
14:06Son fils réussit très bien
14:08Le fils chante en anglais
14:09le fils fait sa musique
14:10le fils s'est situé
14:11dans un autre registre
14:13Je crois qu'il souffre de ça
14:15il souffre d'avoir quand même
14:16traduit normalement
14:17de standard américain
14:18D'ailleurs les purs du rock'n'roll
14:20vous disent toujours
14:20mais attends
14:21tu ne connais pas Elvis Presley
14:22tu ne connaissais pas Elvis Presley
14:24il y a quand même Elvis avant
14:25et c'est vrai
14:26James Dean
14:26Elvis Presley
14:27ça a quand même
14:28beaucoup beaucoup nourri
14:29sa mythologie
14:29il a beaucoup copié
14:31donc c'est vrai que c'est
14:32Oui mais enfin pardon
14:33mais en même temps
14:34vous demandez à n'importe quel
14:36professionnel américain
14:36du spectacle
14:37et je sais
14:37qui ne sont pas charitables
14:39et qui sont très isolationnistes
14:40pour eux il y a l'Amérique
14:41il n'y a rien d'autre
14:42vous leur dites
14:42Johnny Hallyday
14:43ils savent tout de suite
14:44qui c'est
14:44et ils n'éclatent pas de rire
14:46lorsqu'on leur parle de Hallyday
14:48ils savent très bien
14:49qu'effectivement
14:50c'est un
14:50entre guillemets
14:51très grand professionnel
14:52qui a extrêmement bien réussi
14:55à l'étranger
14:55d'ailleurs c'est pratiquement
14:56le seul
14:57non américain
14:58qui est un tel rocker
14:59universel
15:00Qu'est-ce qui pourrait démoder
15:01Johnny ?
15:03Rien
15:04Bah non mais elle a raison
15:05elle a raison
15:06il n'y a pas
15:07il n'y a pas de raison
15:08qui ne continue pas
15:10de s'adapter
15:10comme je vous l'ai dit
15:11aux époques et aux tendances
15:13qui vont venir
15:14non non il est éternel
15:15non en plus
15:16il ne se voit pas vieillir
15:17il le dit très bien
15:18il ne comprend pas
15:19qu'il a 50 ans
15:20et grâce à lui
15:21nous non plus
15:22et vous irez au Parc des Princes
15:24et vous Philippe Labreau
15:26évidemment
15:27bien sûr
15:28d'abord j'y vais à Cartel
15:30merci
15:31merci à tous deux
15:32je rappelle le titre
15:33de vos deux romans
15:34deux romans à succès
15:36Catherine Pancol
15:36vue de l'extérieur
15:38c'est au seuil
15:39et vous Philippe Labreau
15:4015 ans
15:41aux éditions
15:43Gallimard
15:44souvenir souvenir
15:45c'est le temps de l'amour
15:46c'est le temps de Johnny
15:47c'est aussi le temps du bac
15:48c'est le temps de l'amour
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