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  • il y a 1 jour
Plongez au cœur d'une immersion exclusive et saisissante dans les coulisses des prisons de haute sécurité en Libye. Ce reportage exceptionnel vous emmène là où peu de caméras ont pu pénétrer, à la rencontre des détenus, des gardiens et des autorités locales. Entre témoignages poignants, conditions de détention strictes et enjeux de sécurité nationale, découvrez la réalité complexe d'un système carcéral sous haute tension au lendemain des conflits. Une plongée inédite et sans concession dans l'ombre du pouvoir libyen.

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00:00...
00:08Benghazi, la deuxième ville de Libye.
00:12C'est ici que la révolution a démarré en 2011.
00:17Mais les années qui ont suivi la chute de Muammar Kadhafi ont été sanglantes.
00:23Des milliers de personnes sont mortes dans les affrontements
00:26qui ont opposé les hommes du maréchal Haftar, l'homme fort de l'Est libyen,
00:31et des milices islamistes.
00:36Aujourd'hui, les djihadistes ont perdu la guerre.
00:43Beaucoup ont été enfermés à Kouefia, une prison de haute sécurité.
00:49C'est la première fois qu'une caméra peut y entrer.
00:53Mais notre tournage se fait sous condition.
00:55Nous ne pourrons filmer que certaines zones du bâtiment
00:58et parler uniquement avec les détenus choisis par l'administration.
01:02C'est le général Khaled Majoub qui est chargé de la gestion des prisonniers.
01:06Il veut nous montrer sa méthode pour les déradicaliser,
01:09des cours de morale, par petits groupes.
01:14Assalamu alaikum.
01:19Asseyez-vous.
01:23Tout va bien ?
01:27On s'est déjà vus, non ?
01:30Je vous ai manqué.
01:33On va évoquer quelques vérités pour que ce soit bien clair dans vos têtes.
01:38Les mouvements terroristes recrutent surtout des jeunes
01:41qui ne s'y connaissent pas vraiment en religion.
01:43Ils leur font sentir qu'ils peuvent devenir des héros et des combattants.
01:48Ces mouvements islamistes vont à contre-courant de la religion musulmane.
01:52Elle n'a jamais affirmé qu'il fallait tuer des gens.
01:55Ça, ça n'existe pas.
01:57Certains prisonniers sont encore convaincus
01:59et affirment que quand ils sortiront, ils recommenceront.
02:03Ces gens-là, on ne peut rien pour eux.
02:11Merci.
02:20Cela paraît bien peu de choses face à des prisonniers radicalisés.
02:24Mais le général veut y croire.
02:29On les réhabilite pour qu'ils reviennent dans la société.
02:33C'est mieux que de les perdre.
02:35Quand on sent qu'ils peuvent être à nouveau de bons citoyens,
02:38qu'ils peuvent s'intégrer,
02:39alors ils peuvent sortir.
02:43Ils doivent dépasser toutes ces années passées en prison
02:45pour redevenir productifs.
02:50Difficile de savoir quelles sont les réelles intentions des autorités.
02:53Pour l'instant, les djihadistes ne sortent pas de cette prison.
03:16Garde à vous.
03:17Bonjour.
03:19L'information est confidentielle.
03:21Nous ne saurons pas combien de détenus compte la prison.
03:24En 2015, elle a été mise en cause par l'ONG Human Rights Watch
03:29pour ses mauvais traitements.
03:30Mais pendant notre tournage,
03:32l'administration va tout faire pour nous en présenter un visage idéal.
03:36Le capitaine Bachir al-Jani nous sert de guide.
03:44Ça va, le repas ?
03:47C'est bon, le couscous ?
03:48Vous en lavez souvent ?
03:50Parfois, il y a du couscous.
03:52Parfois, il y a du riz.
03:53Ça change.
03:54Chaque jour, il y a quelque chose de nouveau.
03:56C'est bien.
03:58Ça cale.
04:00Nous sommes dans la seule cellule que nous pourrons filmer.
04:04Ils sont une quinzaine à y être enfermés.
04:06Des hommes, de tous âges, arrêtés entre 2014 et 2018.
04:11Ils sont soupçonnés d'avoir commis de nombreux crimes terroristes.
04:20Ils ne quittent pas leur cellule, ni cette petite cour attenante.
04:23Ils font du sport ici, ils lavent leurs vêtements.
04:26Ils y prennent tout leur repas.
04:28C'est là qu'ils passent le plus clair de leur temps.
04:32Amid a 25 ans.
04:34Il a été arrêté en 2015 dans le centre de Benghazi.
04:37Il est désigné pour nous parler.
04:41Ici, tu vis une vie normale.
04:44Tu apprends à lire, tu apprends le Coran.
04:48Tu vas chercher ta nourriture, ton eau potable.
04:53Tous les jours se ressemblent.
04:55On nous parle de religion, on nous donne des conseils.
05:00On nous dit d'être patient.
05:01Alors moi, je patiente.
05:03Et avec l'aide de Dieu, je vais aller au tribunal et je vais enfin pouvoir partir.
05:10Après 5 ans de détention, Amid n'a toujours pas été jugé.
05:14Mais son procès doit enfin se tenir dans deux jours.
05:18Il est accusé d'avoir été un cadre d'Ansar et Sharia, un groupe terroriste.
05:23Ce qu'il conteste.
05:26Moi, je travaillais au marché, dans une boutique de matériel électrique.
05:29J'étais vendeur.
05:30Et puis un jour, on m'a accusé de terrorisme.
05:32Alors je me suis rendu.
05:34Coupable ou innocent.
05:38Les organisations humanitaires déplorent de nombreuses arrestations arbitraires
05:42lors de la reconquête de l'est du pays par l'armée nationale libyenne.
05:48Les autorités affirment mener des enquêtes fouillées sur chaque individu.
06:01On nous présente un autre prisonnier, Mohamed.
06:08Lui a déjà été condamné à 10 ans de prison pour avoir été membre de Daesh, ce qu'il reconnaît.
06:14Devant la caméra, et surtout devant ses geôliers, il se félicite presque d'être ici.
06:21J'étudie le droit.
06:22J'apprends des choses sur la cour criminelle internationale.
06:26Quand on m'a attrapé, j'étais sur le point d'avoir mon diplôme.
06:29De toute façon, ici, tu dois purger ta peine.
06:32Soit tu dépéris, soit tu en profites pour apprendre des choses.
06:34Et moi, si je peux, plus tard, je ferai un doctorat.
06:37Et j'enseignerai à l'université.
06:39Et je deviendrai procureur.
06:59Une fois par mois, les prisonniers ont droit à une visite.
07:03Pas de parloir, quelques minutes, pas plus, sous l'étroite surveillance d'un gardien.
07:10Aujourd'hui, Mohamed retrouve son père.
07:17Comment ça va ?
07:18Bien.
07:19Et la santé ?
07:20Oui, ça va.
07:24Nasser n'est pas venu les mains vides.
07:27Voilà tes livres pour ton prochain semestre.
07:32Et voilà les résultats de tes examens.
07:38Des résultats encourageants.
07:40Le père de Mohamed est fier de lui, malgré tout.
07:44Il a encore un moment à passer ici.
07:46Et quand il sortira, il pourra faire quelque chose de sa vie.
07:50Il a déjà mémorisé le Coran en prison.
07:52Et là, il étudie encore.
07:53J'espère qu'il aura son diplôme.
07:55Et même un doctorat en droit international.
07:57Ça, c'est mon programme de cours pour le prochain semestre.
08:01C'est sur quoi les livres qu'il t'a apporté ?
08:05Le droit des nationalités, anglais, droit de l'homme, droit commercial.
08:17Toutes ces matières.
08:20La parenthèse n'a pas duré longtemps.
08:22La vie carcérale reprend vite.
08:27Allez, au revoir.
08:29Prends tes affaires, passe à la fouille et retourne en cellule.
08:33La réalité de la prison est sans doute bien plus dure que ce que nous avons pu filmer.
08:37Mais les conditions de vie des détenus ne sont pas une priorité pour les autorités.
08:42Car Benghazi a été ravagé par la guerre.
08:49Les traces des combats sont partout.
08:53Après la révolution de 2011, une partie du pays tombe aux mains de milices islamistes.
09:00Le maréchal Haftar, ancien officier de Kadhafi qui a fait défection, décide de les combattre.
09:10La guerre durera quatre ans.
09:30Le général Khaled Majoub, l'homme chargé de la déradicalisation des prisonniers, a combattu à ses côtés.
09:38Cette zone était pleine de snipers.
09:40Ils choisissaient ces immeubles aux angles des rues pour pouvoir contrôler facilement tous les axes.
09:46Ils se cachaient là et ils ouvraient le feu sur nous.
09:50Tous ces immeubles étaient piégés.
09:52Ils ont été détruits.
10:02Le général a perdu beaucoup d'hommes.
10:04Il en a gardé une haine profonde contre les djihadistes.
10:17C'était ici le dernier réduit de Daech.
10:20Et c'est ici qu'on a proclamé la fin des opérations militaires et la libération de Benghazi.
10:27C'est là qu'on a écrasé les dernières milices.
10:32Beaucoup de leurs combattants sont morts et les autres ont été arrêtés et sont en prison.
10:38Ils ont été arrêtés et ont été arrêtés et ont été arrêtés.
10:42Retour à la prison de Kouéfiya.
10:5116 prisonniers sont rassemblés dans la cour.
10:54Après l'appel, ils sont menottés, deux par deux.
11:07Direction le tribunal militaire, situé dans une autre aile du bâtiment.
11:12Pour certains, c'est la première fois qu'ils vont être présentés à un juge après des années d'emprisonnement.
11:19Les prisonniers sont placés dans des cages, face aux juges.
11:24Parmi eux, Hamid, qui clame son innocence depuis cinq ans.
11:38Cas numéro 170, année 2019.
11:43Ils n'ont droit qu'à quelques mots après des années de silence imposés.
11:47C'est la première fois et peut-être la dernière qu'ils peuvent dénoncer les mauvais traitements dont ils se
11:52disent victimes.
11:56Quand ils nous ont fait entrer dans le commissariat, ils nous ont insultés, ils nous ont frappés et ils nous
12:02ont torturés.
12:05On a été accusés de tout et n'importe quoi.
12:09Après, monsieur le président, ils ont dit que mes voisins m'accusaient de faire partie d'une organisation terroriste.
12:18Autour d'Hamibe.
12:23C'est son avocate, commise d'office, qui prend la parole.
12:26Même ligne de défense que les autres.
12:28Des aveux obtenus sous la torture n'ont aucune valeur.
12:32L'accusé, monsieur le président, a été soumis à de la torture physique et morale, de la violence.
12:41Quand l'accusation lui a demandé, et j'insiste sur ça,
12:46« Avez-vous été torturé ? »
12:48Il a répondu « Oui, j'ai été torturé ».
12:51Il a été torturé pour lui faire dire des choses qui sont contraires à la vérité.
12:57L'accusé est clairement revenu sur ses aveux.
13:03Nous demandons donc qu'il soit innocenté de toutes ces accusations.
13:09Mais la plaidoirie ne semble pas convaincre les juges.
13:15Le civil Hamid, avez-vous pris connaissance de l'acte d'accusation ?
13:20« Oui, reconnaissez-vous les faits ? »
13:22« Non, je les nie. »
13:23« Accusation ? »
13:27L'accusation demande que soit appliquée la sanction maximale.
13:33Et ici en Libye, la sanction maximale, c'est la mort.
13:38Le verdict est attendu dans quelques mois.
13:41Malgré tout, l'avocate Damid veut retenir les points positifs.
13:45« On se bat pour que la justice soit respectée
13:51et pour établir un état de droit, ici, en Libye.
13:57Même si on marchait en boitant au début,
13:59aujourd'hui, il y a une vraie dynamique.
14:05Ce qui nous encourage à plaider avec force, sans peur, sans intimidation.
14:13Et même des parents de victimes
14:15exigent désormais la vérité.
14:21Une justice fragile,
14:23mais comment juger équitablement
14:25quand la rue réclame la tête des djihadistes ?
14:44Dans le centre de Benghazi,
14:46chaque vendredi, après la grande prière,
14:48des centaines d'habitants défilent.
14:51Ils brandissent les portraits de leurs proches,
14:54tués par les milices islamistes,
14:55et ils crient vengeance.
15:04Aïman ne rate pas une manifestation.
15:07Son meilleur ami, Ihab,
15:08est mort dans une embuscade,
15:10après avoir rejoint les forces du maréchal Haftar.
15:27Je ne suis pas d'accord pour qu'on les mette en prison,
15:30tous ces terroristes, à les engraisser.
15:32Ce sont des combattants de Daesh,
15:33des chiens, des traîtres.
15:34Il faut les exécuter sur la place publique.
15:37Ils ont assassiné notre jeunesse.
15:39Il ne faut pas dialoguer avec eux.
15:40C'est clair ce qu'ils ont fait.
15:42Il faut les abattre devant le peuple
15:44pour que les mères des martyrs puissent arrêter de souffrir.
15:50Les blessures n'ont pas cicatrisé en Libye,
15:52loin de là.
15:56Si les armes se sont tuées à Benghazi,
15:58elles continuent de faire des morts à Tripoli,
16:00la capitale,
16:02où les milices s'affrontent toujours.
16:13Le lendemain, nous retrouvons Ayman.
16:17Il rend visite à la famille de son ami.
16:20Devant la maison,
16:22un panneau qui rappelle son nom et son âge
16:24au moment de sa mort,
16:2623 ans.
16:28Ici, les murs sont remplis
16:30de portraits des martyrs de la guerre.
16:35Mon Dieu, accueille-le parmi les justes.
16:50Ayman retrouve les trois frères de Ihab
16:52et Rajab, son père.
16:55Quand je viens leur rendre visite,
16:57c'est comme si j'étais dans ma deuxième maison.
16:59J'ai deux maisons,
17:00la mienne et celle-ci.
17:02Quand je viens ici, ça me repose.
17:04C'est comme si Ihab était encore avec nous.
17:09Rajab, le père de famille,
17:10ne s'est pas remis de la mort de son fils.
17:16Je suis toujours en colère
17:18contre ceux qui l'ont tué,
17:20au-delà de ce qu'on peut imaginer.
17:22Je me dis que la justice
17:23doit suivre son cours, c'est vrai,
17:25mais si j'étais juge,
17:27je ferais ce qui plaît à Dieu.
17:29Et comme l'a dit le Coran,
17:30le tueur doit être tué.
17:39Des équations impossibles à résoudre
17:41pour les autorités.
17:42Que faire des détenus libyens
17:43haïs de la population ?
17:46Mais que faire aussi des détenus étrangers
17:47venus faire le djihad dans le pays ?
17:50Ils sont nombreux dans la prison.
17:52La plupart sont originaires des pays voisins,
17:54Égypte, Tunisie, Algérie, Soudan ou Tchad.
17:58Il y a aussi quelques Européens.
18:00L'administration se trouve démunie.
18:06Les gens qu'on combat
18:08viennent du monde entier.
18:09Ils sont recherchés partout.
18:11Ils sont venus s'installer chez nous
18:13pour prendre part à des activités terroristes.
18:17Tués, kidnappés, rançonnés.
18:19On voudrait en finir
18:20avec le terrorisme en Libye
18:21avant qu'ils ne se répandent à nouveau
18:23dans d'autres pays de la région
18:25et notamment en Europe.
18:30Parmi ces détenus étrangers,
18:31une trentaine de femmes.
18:33Souvent des épouses de djihadistes.
18:35Nous pouvons filmer l'interrogatoire
18:37de l'une d'entre elles.
18:38Elle est égyptienne
18:39et aurait été mariée
18:41à l'un des responsables d'Al-Qaïda au Maghreb,
18:43toujours en fuite.
18:44Les enquêteurs la soupçonnent
18:45d'avoir rencontré en personne
18:47le successeur d'Oussama Ben Laden,
18:50Ayman al-Zawairi.
18:57Ce jour-là, ils interrogent la jeune femme
18:59sur le parcours d'un djihadiste
19:01qu'elle a bien connu.
19:03Est-ce que tu peux nous parler
19:04de la trajectoire d'Ali
19:05quand il est sorti de prison ?
19:09Quand il est sorti de prison,
19:10il est parti pour le Mali.
19:12Puis il est arrivé en Libye,
19:13à Derna,
19:14et de là,
19:15il est allé en Turquie,
19:16en Irak et en Syrie.
19:19actuellement, il est où ?
19:21En Afghanistan ?
19:23Je ne sais pas.
19:27Quelle est la relation entre Ali
19:29et Ayman al-Zawairi ?
19:31Je ne sais pas non plus.
19:33Et Bel Murtar ?
19:35Bel Murtar ?
19:39Il fait partie d'Al-Qaïda, lui aussi.
19:44Il voulait envoyer un message
19:46à Ayman al-Zawairi
19:49pour lui demander
19:49de pousser les jeunes
19:50à partir combattre au Mali.
19:53Fin de l'interrogatoire.
19:54Nous n'en apprendrons pas plus.
19:57La détenue retourne
19:58dans le quartier
19:59réservé aux femmes.
20:05Le capitaine nous emmène
20:06dans une salle d'interrogatoire
20:08où attendent
20:09d'autres prisonniers étrangers.
20:10La plupart sont tunisiens.
20:16Ces quatre-là
20:17ont rejoint des groupes terroristes
20:19sur la frontière tuniso-libyenne.
20:22Et le cinquième, Yassine,
20:23est un franco-algérien.
20:25Lui aussi
20:26a rejoint
20:26une organisation terroriste.
20:33Un Français
20:34dans la prison des djihadistes.
20:38J'étais incarcéré
20:39dans une prison en France
20:41dans une affaire
20:44dans le cadre
20:44de ce trafic de stupéfiants.
20:48J'avais une seconde affaire.
20:50J'ai été déféré au parquet
20:52et je me suis évadé
20:54du tribunal
20:55avec un passeport algérien.
20:57Je suis passé par l'Allemagne,
21:01la Suisse
21:02et l'Italie.
21:04J'ai pris le bateau en Italie.
21:06Ensuite, je suis rentré en Tunisie
21:08et j'ai gagné la frontière algérienne
21:10par la Tunisie.
21:11Ensuite,
21:12je suis rentré en Libye.
21:16Yassine reconnaît avoir voulu
21:18rejoindre les djihadistes,
21:19mais selon lui,
21:20il a été arrêté
21:21avant de pouvoir combattre.
21:23Il n'en dit pas trop
21:24devant la caméra,
21:25mais il veut absolument
21:26quitter cette prison.
21:28Donc on vous a dit
21:28combien de temps
21:29vous alliez rester ici ?
21:30Non, on ne m'a pas dit.
21:42Vous savez ?
21:44On ne m'a pas dit.
21:45c'est difficile ici aussi.
21:46C'est quand même difficile ici.
21:48On voit des conditions
21:50qu'on a dans les pays
21:51des droits de l'homme.
21:59Les Tunisiens non plus
22:00ne s'attardent pas
22:01sur leurs conditions
22:02de détention.
22:06J'ai été arrêté
22:07à la frontière
22:08entre la Libye
22:09et le Soudan
22:09avec ce groupe
22:11de trois autres Tunisiens.
22:19On a été transporté
22:20dans cette prison
22:21à Benghazi
22:21depuis le sud libyen.
22:24Quelle était l'accusation ?
22:26On a été accusé
22:27de faire partie d'Aqmi.
22:28Et vous faisiez réellement
22:29partie d'Al-Qaïda ?
22:30Oui.
22:33Jusqu'ici,
22:34on n'a pas été jugés.
22:37On ne sait pas
22:38ce qui va nous arriver.
22:43Il y a juste eu une enquête.
22:49On voudrait rentrer
22:50chez nous en Tunisie
22:51pour revoir nos familles,
22:53recevoir des visites.
22:55Ça fait trois ans
22:56qu'on est enfermés ici
22:57et nos familles
22:59n'en savent rien.
23:03Les autorités libyennes
23:04affirment avoir prévenu
23:05les pays concernés,
23:06notamment la France,
23:08sans avoir obtenu
23:09de réponse.
23:10Pour l'instant,
23:11les prisonniers étrangers
23:12ne sont pas prêts
23:13d'être transférés.
23:20Après toutes ces années
23:21de guerre,
23:22les habitants de Benghazi
23:24ont retrouvé
23:24un peu d'insouciance.
23:26Une partie de la ville
23:27a été reconstruite.
23:29les parcs fermés
23:30par les islamistes
23:31ont rouvert.
23:33Autrefois livrés
23:34aux militaires,
23:35les rues offrent
23:35un autre visage,
23:37comme lors
23:37de ces rassemblements
23:38automobiles
23:39organisés dans le centre-ville.
23:46Mais avec des cellules
23:47djihadistes
23:47encore solidement implantées
23:49dans le pays
23:49et ces milliers
23:50de prisonniers
23:51à l'avenir incertains,
23:52la Libye
23:53est encore loin
23:53d'en avoir terminé
23:54avec le terrorisme.
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