Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
⚠️ Cette chaine est une chaîne proposant des histoires d’horreur et donc n’est pas adaptée pour les enfants.

Abonne-toi pour ne rien manquer si tu aimes frissonner, ressentir l’inquiétude monter, et plonger dans des univers troublants, inspirés du réel comme de l’imaginaire 💜

Source musique 🎶 :

@myuu : https://www.youtube.com/channel/UCiSKnkKCKAQVxMUWpZQobuQ

« Music by Karl Casey », « Music by White Bat Audio » ‪@whitebataudio

Kevin MacLeod (incompetech.com)
est diffusée sous licence Creative Commons Attribution 3.0
(http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ ).
Musique proposée par https://www.chosic.com/free-music/all/

Sinister Dark Ambient Background Music - Dark Rage - CO.AG Music

https://youtu.be/zXZsUCwRkPs?si=HSXRISt0dmqd2Muj

- Envato

Animation réalisée par Mort / morthorror

histoires vraies animées - animation horreur - histoires d’horreur vraies - compilation horreur animée - thread horreur reddit
Transcription
00:02Musique
00:17Aujourd'hui, nous remontons jusqu'à l'automne et l'hiver 1976.
00:22Je sais, je suis vieux.
00:23Il est vrai que c'est une vieille histoire, mais je vous promets qu'elle va vous plaire.
00:27L'été 1976, je décidais comme un idiot de partir vivre en Californie.
00:33C'était une aventure pleine de bonnes attentions, je vous assure,
00:36mais un échec dans tous les aspects inimaginables.
00:40Moins d'un an plus tard après mon arrivée, je retournerai vivre en Arkansas,
00:44sûrement pour me sentir chez moi,
00:46mais peut-être aussi à cause du colocataire que j'avais à Sacramento.
00:49J'étais un peu en retard sur les mouvements hippies,
00:52trop jeune pour l'été de l'amour ou les manifestations du Vietnam,
00:55mais c'était terrible de voir ce que la guerre avait fait à mon oncle.
00:59J'étais jeune, très jeune lorsqu'il est revenu,
01:01mais je me rappelle comme il avait changé,
01:04comme si un petit morceau de lui s'était perdu quelque part là-bas.
01:07Alors c'est seulement au milieu des années 70
01:10que j'ai eu l'envie pressante de déménager à San Francisco.
01:14Mon vieux me raconta qu'il me donnerait 100 dollars et de l'argent pour le bus
01:17si je finissais le lycée et obtenais mon diplôme.
01:20Alors c'est ce que j'ai fait.
01:21Et le même été, je suis partie pour San Francisco dans un bus Greyhound.
01:26Mais je ne suis pas tout à fait arrivée.
01:28Je me suis arrêtée rendre visite à un gars avec qui j'avais l'habitude de camper à Sacramento.
01:33Et puis, j'y suis restée.
01:35Ses parents m'ont proposé de rester dans leur chambre d'amis
01:38jusqu'à ce que j'ai suffisamment d'argent pour continuer ma route.
01:41Mais j'avais l'impression d'être une bombe à retardement là-bas.
01:45Alors, après avoir mis de côté mes deux premiers salaires,
01:48j'ai décidé de faire une colocation avec deux inconnus.
01:51Je suis allée rencontrer le propriétaire à la maison en question.
01:54Il m'a fait visiter et m'a montré ma chambre.
01:57La maison était vraiment sympa.
01:59Trois chambres, deux salles de bain
02:01et tous les équipements de rez-de-chaussée que je pouvais imaginer.
02:04Cuisine, buanderie, salon, garage.
02:07Et le prix était relativement bas pour un si bel endroit.
02:10Les deux gars qui y vivaient étaient au travail à ce moment-là.
02:13Alors, je n'ai pas pu les rencontrer en avance.
02:16Et bien sûr, je n'avais pas le droit de fouiner dans leur chambre
02:18alors je n'avais aucune idée de leur personnalité.
02:21Mais cela allait très vite changer.
02:23J'emménageais dans la chambre libre une semaine plus tard
02:26et rencontrais mes deux colocataires.
02:29L'un s'appelait Richard, l'autre Brad.
02:31Richard semblait un peu bizarre et négligé
02:34mais il semblait rester de son côté
02:36alors que Brad était bien plus aimable et sociable.
02:39Le truc, c'était que Brad devait déménager à un moment dans les semaines qui suivaient.
02:43Et il voulait me donner des infos sur Richard avant de partir.
02:46En gros, il me demanda si j'avais vraiment besoin de cette chambre
02:49et je lui répondis que oui, vraiment.
02:52C'était ça ou être à la rue.
02:54C'est à ce moment-là qu'il me raconta que Richard pouvait être sympa quand il le voulait
02:58mais qu'il lui manquait sans aucun doute quelques cases.
03:01Je lui demandais ce qu'il entendait par là
03:03et il me répondit seulement
03:05« Tu verras. »
03:06Mais continue de chercher un autre appartement.
03:09Ce bille a généralement de bonnes annonces.
03:12Au début, je pensais que je m'étais immiscée dans une rivalité
03:15ou une politique amère entre colocataires
03:17et je ne voulais rien avoir à faire là-dedans.
03:19Je n'allais pas choisir un camp cinq minutes après mon arrivée
03:22alors j'ai décidé d'agir avec diplomatie.
03:25Mais Brad avait raison.
03:27Richard était vraiment étrange
03:29et pas dans un côté hippie sympa.
03:31Il ne faisait pas qu'agiter son drapeau de fou.
03:34Il était le drapeau de fou à lui tout seul.
03:37La première fois que je l'ai remarqué
03:38c'est lorsque je suis rentré dans la cuisine
03:41et que Richard était assis à la table
03:43en train de lire le journal avec une orange posée au sommet de son crâne.
03:46Je lui demandais ce qu'il faisait
03:48et il répondit quelque chose comme
03:50« J'absorbe de la vitamine C. »
03:52Je rigolais en pensant qu'il faisait juste l'idiot
03:55mais quand je me retournais vers lui impassible
03:57je me rendis compte qu'il était totalement sérieux.
04:01Je commençais à lui expliquer
04:02que l'alimentation ne fonctionnait pas comme ça
04:04et il me demanda de ne pas lui faire de leçons
04:07sur ce qu'il se passait dans son corps
04:08parce que c'était son corps
04:10et qu'il savait mieux que moi quoi faire.
04:13Naturellement je lui répondis genre
04:14« Ok mec, comme tu veux »
04:16en essayant d'être le moins agressif possible.
04:19Mais à la seconde où je vis Brad
04:20je reconnus qu'il avait raison.
04:22Richard était fou
04:23mais je ne savais pas à quel point
04:25et j'allais vite le découvrir.
04:27Le comportement de Richard était curieusement étrange
04:30jusqu'à ce que Brad déménage.
04:32Ce n'était rien de très effrayant
04:34simplement des choses qui me faisaient rouler les yeux
04:36ou secouer la tête.
04:38Comme le jour où alors qu'on dînait devant la télévision
04:40Richard s'était levé
04:42en regardant dans le vide pendant un moment
04:44avant de vérifier son pouls
04:45et de dire
04:46« Mon cœur vient d'arrêter de battre. »
04:49Brad semblait s'être habitué à son comportement
04:51parce qu'il fit semblant de s'inquiéter
04:53avant de lui suggérer d'aller faire une sieste.
04:55Ce qu'il fit.
04:56Il finit son dîner tel un enfant hypochondriaque
04:59et partit faire une sieste pour soulager son...
05:02son cœur mort ?
05:04Je ne sais pas.
05:05Comme je l'ai dit, ça ne me faisait pas peur.
05:07C'était juste ennuyant.
05:08Tout le côté effrayant n'arriva qu'après le départ de Brad.
05:12En fait, je crois que Brad était la seule chose
05:15qui contrôlait le comportement de Richard.
05:18Parce que le jour où Brad est parti,
05:20Richard est devenu terrible.
05:23Comme je l'ai dit, je travaillais à mi-temps à Sacramento,
05:26cinq heures par jour et quatre heures par semaine
05:28à l'épicerie du coin.
05:29Un jour, en revenant du boulot,
05:31je trouvais Richard debout devant le lavabo de la salle de bain,
05:35regardant un bout de miroir cassé
05:36qu'il avait posé contre le comptoir
05:38pour se raser la tête avec un rasoir.
05:40Je me rappelle lui avoir demandé...
05:42Nouvelle coupe, mon pote ?
05:45Et il avait répondu...
05:47Non, c'est mon crâne.
05:48Je crois qu'il est fracturé.
05:51Faudrait peut-être aller à l'hôpital,
05:52il paraît que ça peut être grave.
05:54J'avais carrément adopté l'approche de Brad à ce moment-là.
05:57Gentiment reconnaître, puis se retirer.
06:00Mais Richard me répondit que non.
06:02Seulement son crâne était fracturé.
06:03Mais qu'il pouvait aussi sentir quelque chose bouger sous sa peau.
06:07Non, je ne suis pas docteur.
06:09Mais j'étais sûre à 99% que c'était impossible.
06:12En y jetant un oeil,
06:14je ne vis ni bleu, ni sang, ni rien du tout.
06:16C'était juste une autre de ces crises d'hypochondrie.
06:20Un jour, pendant qu'on dînait,
06:22Richard me complimenta sur mon jus de viande.
06:25C'était comme un double compliment
06:26parce que c'était aussi la recette secrète de ma mère.
06:29Il s'avéra que Brad avait raison.
06:31Richard pouvait être gentil quand il le voulait.
06:34Mais il ruina ensuite le moment en disant quelque chose comme
06:38« Ouais, tu cuisines super bien.
06:40Bien mieux que ma mère.
06:42Elle essayait toujours de m'empoisonner. »
06:45Encore une fois,
06:46comme avec le coup de l'orange,
06:47je croyais qu'il rigolait.
06:49Alors j'ai ri.
06:50Mais comme avec le coup de l'orange,
06:52il m'avait fixé.
06:54Impassible.
06:55Et j'ai compris que ce n'était pas une blague.
06:58Mais cette fois,
06:59il sembla réellement vexé que je ne l'ai pas pris au sérieux.
07:02Et c'est la première fois que je vis le côté méchant de Richard ressortir.
07:06Il me fixa
07:07en tenant ses couverts si fort que ses poings tremblaient.
07:12Pendant un moment,
07:12j'ai vraiment cru qu'il se jetterait brusquement sur moi.
07:16Mais au lieu de ça,
07:18il a pris son assiette,
07:19la nettoyé,
07:21puis a marché jusqu'à sa chambre.
07:23Quelques heures plus tard,
07:24il s'est excusé d'avoir été aussi impoli.
07:27Je lui pardonnais
07:28et ainsi le cycle recommença.
07:31Il agissait comme quelqu'un de normal,
07:33puis des comportements étranges
07:35me faisaient reconsidérer la suggestion de Brad
07:37de continuer de chercher un nouvel appartement.
07:40Mais tant que je ne travaillais pas plus
07:42au boulot,
07:43partir n'était pas une option pour moi.
07:45Si vous vous rappelez bien,
07:47j'ai emménagé en automne
07:48et le comportement de Richard
07:50était tout au pire drôlement bizarre
07:52pendant la plupart de mon séjour.
07:54Mais plus on s'approchait de Noël,
07:57plus il semblait s'enfoncer
07:58dans une spirale infernale.
08:00Et il s'avéra qu'il ne s'en remettrait jamais totalement.
08:03Et notre consommation de drogue douce
08:06ne fit qu'aggraver les choses.
08:08Comme je l'ai dit,
08:09j'étais un hippie en retard.
08:11Alors, quand Richard me proposa
08:13de choper de l'herbe et du LSD,
08:15je me suis simplement dit
08:16« Stylé ! »
08:18Vous voyez ?
08:19Je ne me suis pas dit
08:20que ça pouvait être une très mauvaise idée
08:22compte tenu de ses problèmes psychologiques.
08:24Je me suis même dit
08:25que la drogue pourrait peut-être l'aider.
08:27Mais je n'aurais pas pu être plus naïve que ça.
08:31Donc, je pensais qu'un trip ou deux
08:33pourrait aider Richard,
08:34le faire relativiser un petit peu.
08:37Mais la drogue alluma une sorte de feu en lui.
08:40Il n'en prenait pas de temps en temps,
08:42comme mes amis et moi le faisions à Little Rock.
08:45Il en prenait régulièrement.
08:47Il tripa tous les soirs pendant une semaine
08:50jusqu'à ce que je doive cacher
08:51le petit compte-gouttes d'acide
08:53que je nous avais acheté.
08:54Quand il s'en remit enfin,
08:56il était dans un sale état.
08:59Un jour après avoir dégrisé,
09:01je l'entendis descendre pour déjeuner
09:03et l'aperçus nu comme en verre.
09:06Évidemment, je hurlais
09:07« Richard, mais habille-toi, nom de Dieu ! »
09:10Ce à quoi il répondit simplement
09:11« Pourquoi ? »
09:13Attrapa des céréales qu'il versa dans un bol,
09:16puis s'assit pour manger.
09:17J'étais de plus en plus mal à l'aise
09:19et je ne pouvais pas me résoudre à manger
09:21devant un homme nu comme ça.
09:22Alors, je me levais
09:24et est parti.
09:26Grosse erreur.
09:28Je ne m'occupais pas vraiment
09:29de cette histoire de nudité.
09:31Alors, il le prit comme un laissé-passer.
09:33Et mon colocataire commença alors
09:35de plus en plus souvent
09:36à se balader dans la maison
09:38totalement nue
09:38et, de manière exaspérante,
09:41perché sur sa bouteille de Jack Daniels.
09:44La plupart des gens
09:45à qui j'ai raconté cette histoire
09:47disent qu'il serait parti
09:48au moment même
09:49où le truc de nudité aurait commencé.
09:51Mais qu'est-ce que je peux dire ?
09:53C'était les années 70.
09:55Moi aussi, j'étais un mec un peu bizarre.
09:58Alors, si je ne pouvais pas gérer
10:00un gars bizarre de Sacramento,
10:02comment est-ce que j'aurais pu supporter
10:04de me frotter au hippie de San Francisco
10:06une fois là-bas ?
10:07Non.
10:08Mais la goutte d'eau
10:09qui a fait déborder le vase,
10:11c'est le jour où je rentrais
10:12pour le trouver
10:13en train de faire des cocktails.
10:15Donc, comme je le disais,
10:17je rentrais un jour à la maison
10:19et j'entendais le blender
10:20ronronner dans la cuisine.
10:22J'attendais qu'il s'arrête
10:23pour l'interpeller
10:24alors que j'entrais dans le salon.
10:26Il fallait passer par là
10:27pour entrer dans la cuisine.
10:28Puis, il lui demandait
10:29ce qu'il faisait.
10:31Ce à quoi il répondit seulement
10:32des cocktails
10:34avec ce ton plat et étouffé
10:36qui indiquait qu'il était saoul.
10:38Mais en entrant dans la cuisine,
10:40je sentis une forte odeur de whisky
10:42mélangé à quelque chose d'autre.
10:44En suivant ce qu'il avait fait,
10:47Béchar avait de toute évidence
10:48essayé de nettoyer son bazar,
10:50ce qui ne lui ressemblait pas.
10:52Mais il n'avait pas été
10:53tout à fait minutieux
10:55puisque sur le plan de travail
10:56blanc uni,
10:57je pouvais distinguer des traces
10:58d'un liquide rouge épais.
11:00Je m'en approchais,
11:01passer mon doigt
11:02sur l'une des traces
11:03et distinguer une texture
11:05clairement collante
11:06en la faisant glisser
11:07entre mes doigts.
11:08« Richard ? »
11:09dis-je.
11:10« Est-ce que c'est du sang ? »
11:12« Non, » répondit-il.
11:14Je ressentis soudain
11:15le besoin de soulever
11:16le couvercle de la poubelle,
11:17mais je me sentis
11:18en même temps terrorisé.
11:20Peu importe à quoi
11:21ou à qui ce sang appartenait,
11:23il y avait forcément
11:24des restes dans la poubelle.
11:26En fait,
11:27en voyant une petite empreinte digitale
11:29ensanglantée
11:30sur le couvercle de la poubelle,
11:32j'étais sûre
11:33que j'allais y trouver
11:33les restes.
11:35Puis, bien sûr,
11:36j'ouvris la poubelle
11:37pour y trouver
11:38un sac en papier ensanglanté,
11:39dont une queue
11:40de raton laveur rayé
11:41ressortait clairement.
11:43Pendant la dispute
11:44qui suivit,
11:45lorsque je lui demandais
11:46ce qu'il foutait,
11:47il essaya de m'adoucir
11:48avec une excuse
11:49que je n'oublierai jamais.
11:51Il stoppa brièvement
11:52le ronronnement
11:53du blender et dit
11:54« C'est pour empêcher
11:55mon cœur de rétrécir. »
11:57Puis,
11:58il continua
11:58à broyer son mélange
11:59brunâtre de soda,
12:00de glace
12:01et de ce que je supposais être
12:03de la viande
12:03de raton laveur.
12:05Ce fou furieux
12:06pensait avoir
12:06une rare pathologie.
12:08Il croyait
12:09que son cœur
12:09était en train
12:10de dépérir
12:10et que le remède
12:12était de mixer
12:12de la viande organique
12:13d'animaux capturés
12:14avec du Jack Daniel
12:15et bien sûr
12:16du Coca-Cola.
12:17Comme je l'ai dit,
12:19c'était la goutte d'eau
12:20qui fit déborder le vase.
12:21Et à ce moment-là,
12:23un autre gars
12:23avait emménagé avec nous.
12:25On discuta
12:26de poser un genre
12:27d'ultimatum à Richard,
12:28se ressaisir
12:29ou partir.
12:31Mais puisque sa folie
12:32avait atteint
12:33le stade d'abattre
12:33des animaux
12:34et de les manger crus,
12:35on décida
12:36que la meilleure chose
12:37à faire
12:37était de partir d'ici.
12:39J'appelais
12:40mon vieux pote
12:41de camping
12:41ce soir-là
12:42et le suppliait
12:43de me laisser revenir
12:44dans la chambre
12:45d'amis de ses parents.
12:46Je continuais
12:47à travailler
12:48au Safeway
12:48pendant un moment,
12:49fis quelques heures
12:50de plus
12:51et puisque je ne payais
12:52pas de loyer
12:53dans la chambre d'amis,
12:54il était bien plus simple
12:55de mettre de côté
12:56pour pouvoir payer le bus.
12:58Je n'entendis plus
12:59jamais parler de Richard
13:00et lorsque je quittais
13:02finalement San Francisco
13:03en janvier 1977,
13:05je n'y repensais même plus.
13:07À peine plus de deux ans
13:08plus tard,
13:09en mars 1979,
13:11je suis de retour
13:12chez mes parents
13:13à Little Rock.
13:14Je me suis repris en main
13:16et je travaille
13:17dans une autre épicerie
13:17avec l'intention
13:18de m'inscrire
13:19à l'université.
13:20Je me levais parfois
13:22très tôt
13:22et allais à l'épicerie
13:23vers 6h30
13:24pour aider le propriétaire
13:25à préparer l'ouverture,
13:27notamment en déballant
13:28et en rangeant les journaux
13:29près du petit comptoir
13:30à l'entrée.
13:31J'avais l'habitude
13:32de prendre mon temps
13:33pour le faire,
13:34en buvant mon café
13:35pendant que je feuilletais
13:37les pages sportives.
13:38Très loin des yeux
13:39indiscrets du propriétaire
13:40qui comptait l'argent
13:41ou quelque chose
13:42du genre
13:43dans son bureau.
13:44Mais un matin,
13:45j'aperçus un gros titre
13:47dans le National Enquirer,
13:48je crois,
13:49qui disait quelque chose
13:51comme
13:51« Date du procès
13:53du tueur cannibale
13:54fixé ».
13:55Bien sûr,
13:56ce n'était pas
13:56le genre de gros titre
13:57qu'on lisait tous les jours.
13:59Alors,
14:00je commençais à lire l'article
14:01pour avoir plus de détails
14:02et devinez quel nom
14:04je vis
14:04après quelques lignes seulement.
14:07Bingo !
14:08Celui de mon ancien
14:09colocataire fou furieux
14:10Richard Chase.
14:12Il y avait même
14:13une petite photo de lui
14:14dans la marge
14:15et aucun doute,
14:16c'était bien lui.
14:17Le gars avec qui
14:18j'avais vécu
14:19cinq mois entiers.
14:20Ce ne sont que des souvenirs,
14:22alors vous devriez regarder
14:23sur Internet
14:24pour avoir plus de détails.
14:26Mais voilà
14:26ce dont je me souviens.
14:28Après avoir quitté
14:29la maison dans laquelle
14:30je vivais avec Richard,
14:31son état ne fit qu'empirer
14:33tout au long de l'année
14:34jusqu'à ce que finalement,
14:36en hiver 1977,
14:38il commît son premier meurtre
14:40en tuant un gars
14:41au hasard dans la rue.
14:42Quelques semaines plus tard,
14:44il tenta une violation
14:45de domicile,
14:46mais comme la famille
14:47n'était pas chez elle,
14:48il ne put faire de mal
14:49à personne.
14:50Alors il décida d'attendre.
14:52Mais lorsqu'ils rentrèrent enfin,
14:54il eut les jetons
14:55et partit en courant.
14:56La famille arriva alors
14:58chez elle
14:58et découvrit que Richard
15:00était entré dans la chambre
15:01de leur bébé
15:01avant d'aller dans la salle de bain
15:03avec les affaires de l'enfant.
15:05Il était complètement dérangé.
15:07Peu après,
15:08il tenta une autre
15:09violation de domicile
15:11et cette fois,
15:12tu as une femme enceinte.
15:14Mais voilà la partie
15:15vraiment perturbante.
15:17Avant de faire l'amour
15:18à son corps,
15:19j'ai lu qu'il avait aussi
15:20mis des excréments de chien
15:21dans la bouche
15:22de la pauvre fille.
15:23On se demande
15:24ce qu'il se passe
15:25dans la tête d'un homme
15:25pour faire quelque chose
15:26d'aussi dément que ça.
15:28Je continuais de suivre
15:29l'affaire pendant un moment
15:30et j'étais content
15:32d'apprendre
15:32qu'il avait été condamné
15:33à mort pour les choses
15:34qu'il avait faites.
15:35Mais il se suicida
15:36avant d'être emmené
15:37dans la chambre à gaz.
15:39Je pense qu'il voulait partir
15:40selon ses propres conditions.
15:42La seule chose
15:43qui me dérange
15:45est que certaines personnes
15:46disent qu'il n'était pas fou,
15:48qu'il savait ce qu'il faisait
15:49quand il tuait ses femmes
15:50et leur faisait
15:51ces choses atroces.
15:53Je ne dis pas
15:53qu'il ne méritait pas
15:54de mourir.
15:55Pas du tout.
15:57Mince,
15:57j'aurais même fait tomber
15:58la chaise en une minute
15:59si j'en avais eu la chance.
16:00Mais ce qui est vraiment fou,
16:03c'est de dire
16:03qu'il ne l'était pas.
16:04Vous comprenez ?
16:06J'ai habité avec cet homme.
16:08J'ai mangé avec lui.
16:09J'ai plané avec lui.
16:11Je connais Richard Chase
16:12et il avait perdu les pédales
16:14bien avant
16:15de commencer à tuer.
16:16Il a toujours été
16:17complètement dément
16:18tout le temps
16:19que j'ai passé avec lui.
16:21Et bien que ce qu'il a fait
16:22soit tragique,
16:24je n'étais pas
16:24totalement étonnée.
16:26Je me sens chanceux
16:27d'être partie.
16:28Si j'étais restée
16:29une année de plus,
16:31c'est peut-être sur moi
16:32qu'il aurait tiré
16:33au bord de la route.
16:34Mais le truc
16:35sur lequel je bloque
16:36vraiment
16:37n'était pas
16:38le syndrome du survivant
16:39ou peu importe
16:40comment les gens
16:40appellent ça.
16:42Mais c'est de me demander
16:43comment il est possible
16:44de devenir si mauvais.
16:48J'ai habité
16:49avec le plus gros idiot
16:50sur Terre.
16:52Hector était un gars
16:53d'un mètre 80
16:54afro-latino
16:55qui venait du New Jersey
16:56et qui avait deux façons
16:57d'être très distinctes.
16:59Soit c'était
17:00une tornade de colère,
17:01soit il rigolait
17:02frénétiquement.
17:03Il n'y avait pas
17:04souvent d'entre-deux.
17:05Quand vous le trouviez
17:06dans son humeur rieuse,
17:07il était tolérable.
17:08Mais il était
17:09totalement insupportable
17:10quand il était
17:11dans une de ses humeurs
17:12coléreuses.
17:13C'était un rôdi
17:14pour un genre
17:15de groupe post-hardcore
17:16qui faisait beaucoup
17:17de tourner sur la côte Est,
17:18ce qui était
17:19l'un des rares avantages
17:20à être son colocataire.
17:22Il passait
17:23des semaines
17:23hors de l'appartement
17:24mais continuait
17:25à payer le loyer.
17:26Mais dès qu'il était là,
17:28eh bien,
17:29voilà un exemple.
17:30On est en juillet
17:31à East Harlem.
17:33Les fenêtres sont ouvertes,
17:34de la musique latine
17:35provient d'autres fenêtres ouvertes
17:37et je sirote
17:38une limonade de pêche du sud
17:39genre
17:39la vie est belle.
17:41Puis d'un coup,
17:42Hector émerge
17:43dans l'appartement
17:43recouvert de poussière
17:44de briques
17:45en disant
17:45« J'ai besoin de briques,
17:47mec,
17:47t'as des briques ? »
17:48J'étais juste
17:49un coursier Uber
17:50en attendant
17:50de le faire décoller
17:51ma carrière de comédien.
17:53Alors non,
17:53je n'avais pas de briques.
17:55Et même si ça avait été le cas,
17:56je ne les aurais pas
17:57partagées avec Hector.
17:59Alors,
18:00soudainement,
18:00il est sorti.
18:01Il y a des briques
18:02sur le toit.
18:03Et alors qu'il sort
18:04rapidement de l'appartement
18:05et se dirige
18:06vers la cage d'escalier
18:07de l'immeuble,
18:07j'entends des gamins
18:08hurler en bas
18:09de la fenêtre.
18:10Alors je me penche
18:11pour voir le groupe
18:12de gamins,
18:13genre que des gamins
18:14de 11 ans
18:14criaient des trucs espagnols
18:16devant notre immeuble.
18:17Ils me voient
18:18et commencent
18:18à me faire des doigts
18:19d'honneur et autres
18:20avant de se disperser
18:21dans tous les sens.
18:22Puis boum,
18:23une brique atterrit
18:24pile à l'endroit
18:25où ils étaient
18:25avant de se disperser.
18:27Vous voyez,
18:28c'est le genre de gars
18:29qu'était Hector.
18:30Il pouvait sortir
18:31s'acheter un paquet
18:32de chips
18:32et se retrouver
18:33dans une bataille
18:34de briques
18:34avec des gamins
18:35portoricains
18:36sur le chemin du retour.
18:38Pas une seule fois
18:39dans ma vie,
18:39je ne me suis battue
18:40avec un pré-adolescent.
18:41Encore moins
18:42avec des projectiles.
18:44Mais avec Hector,
18:45ça arrivait tous les jours.
18:46Alors,
18:47arriva ce mois d'octobre.
18:49Hector sort
18:49avec l'un de ses groupes
18:50pour une tournée d'Halloween
18:52et me dit
18:52qu'il ne reviendra pas
18:53avant la deuxième semaine
18:55de novembre.
18:55Ce qui signifiait
18:56que je devais payer
18:57la moitié du loyer
18:58jusque-là.
18:59Ce que je ne pouvais pas faire
19:00sans emprunter
19:01de l'argent à quelqu'un.
19:02Cela causa alors
19:03une grosse dispute.
19:05Et pour la première fois
19:06depuis mon emménagement,
19:07je crus
19:08qu'Hector
19:08allait me frapper.
19:10Et il était
19:10le genre de gars
19:11qu'il était.
19:12Je savais que
19:13si on arrivait
19:13à la violence,
19:14il ne me frapperait
19:15pas qu'une seule fois.
19:17Alors,
19:17lorsqu'il partit
19:18enfin en tournée,
19:19l'atmosphère
19:20dans l'appartement
19:21n'était pas juste
19:21au plus bas.
19:22Mais j'avais aussi
19:23honnêtement peur
19:24pour ma sécurité physique.
19:26Il partit
19:27et je cherchais
19:28un nouvel appartement.
19:29Et la vie
19:30n'était plus aussi belle
19:31qu'avant.
19:32Alors,
19:32quelques nuits plus tard,
19:33la nuit avant Halloween
19:34en fait,
19:35je suis assis
19:36dans la petite cuisine
19:37en train de manger
19:38un sandwich
19:39et de chercher
19:40un autre appartement
19:40lorsque quelqu'un
19:42sonne à l'appartement.
19:43Alors,
19:44je vais voir qui c'est.
19:45C'était à l'époque
19:46des interphones.
19:47Ils étaient pourris
19:48et fonctionnaient
19:49une fois sur deux.
19:50Alors lorsque j'entendis
19:51un gars avec un accent
19:52dire quelque chose
19:53comme
19:53« Je dois aller
19:55à l'appartement
19:55numéro 3
19:56mais l'interphone
19:57ne fonctionne pas. »
19:58J'ouvrais simplement
19:59la porte au gars
19:59sans réfléchir.
20:01New York est une ville
20:02construite autour
20:02des repas à emporter
20:04et de la nourriture
20:05vendue dans la rue.
20:06Alors je ne me suis pas
20:07vraiment méfiée
20:08d'un livreur.
20:08Mais j'aurais dû
20:09et cela a failli
20:10me coûter la vie.
20:12Ces gars ont défoncé
20:13notre porte
20:13comme si ce n'était rien
20:14en fracassant
20:15le verrou
20:16avec une masse.
20:17Je crus d'abord
20:18que c'était la police
20:19parce qu'ils s'entassèrent
20:20armes à feu
20:21au bout du bras
20:21en hurlant
20:22« Allongez-vous au sol ! »
20:24Mais à la manière
20:25dont ils se parlaient
20:25pendant que mon visage
20:26faisait face aux lignos,
20:28je compris
20:28qu'ils étaient
20:29en fait des braqueurs.
20:30Mais que faisait-il
20:31dans mon appartement ?
20:33Ma première pensée
20:34fut
20:35« Mon Dieu, Hector,
20:37tu marches sur les pieds
20:38de qui maintenant ? »
20:39Mais l'un des gars
20:40me coupa dans ma pensée
20:41en me demandant
20:42« Il est où ? »
20:44« Il est où ? »
20:45Alors je répondis
20:46« De quoi ? »
20:47Mais cela les énerva.
20:49Je reçus une rafale
20:50de coups de pied
20:50et je me roulais
20:51en position fétale.
20:53Puis ils demandèrent
20:54à nouveau
20:54« Je ne pouvais rien
20:56leur dire d'autre
20:56alors je dis simplement
20:57« Je ne sais pas
20:59de quoi vous parler.
21:00Il y a 20 dollars
21:01dans mon portefeuille,
21:01c'est tout ce que j'ai sur moi.
21:03Cette offre les agaça
21:04et ils me frappèrent encore
21:06avant de foulier l'appartement
21:07comme s'ils cherchaient
21:08quelque chose.
21:09Ils le retournèrent
21:10complètement.
21:11Et quand je dis
21:12« Retourner »,
21:13je veux dire
21:14vraiment saccagés.
21:15Ils cassèrent
21:16délibérément des choses
21:17en démontant les tiroirs
21:18et en les jetant
21:19sur d'autres choses.
21:20C'était juste
21:21de la destruction
21:22dans tous les sens du terme.
21:24Et c'est à ce moment-là
21:25que j'eus le temps
21:26d'observer
21:26quelques-uns des gars.
21:28Ils étaient tous amochés
21:29ou avaient des trucs
21:30sur le visage.
21:31Ils étaient habillés
21:32tout en noir,
21:33portaient des gants,
21:34la totale.
21:35C'était des braqueurs
21:36professionnels.
21:37Ils volaient probablement
21:38des dealers de drogue
21:39pour gagner leur vie.
21:40Mais Hector n'était pas
21:42un dealer.
21:42Enfin,
21:43je pense que je l'aurais remarqué.
21:45j'avais vu beaucoup de guitares
21:46et d'emplis cassés
21:47dans l'appartement.
21:48Mais pas tant
21:49de piles de coq
21:50ou d'argent.
21:51Et alors qu'ils étaient
21:52sur le point de le penser,
21:53l'un d'autre le dit
21:54« T'es sûr que c'est
21:55le bon appartement, mec ? »
21:57Je ne sais pas,
21:58il m'a juste dit
21:59qu'il le gardait
21:59derrière la baignoire
22:00des fois.
22:01Mais il n'y a qu'une douche ici.
22:03Je sentis une vague
22:04de soulagement
22:04me traverser le corps.
22:06Ils s'étaient trompés
22:07d'endroit.
22:08Alors,
22:08ils allaient juste partir,
22:10n'est-ce pas ?
22:10Peut-être prendre mon portable
22:12pour que je n'appelle pas
22:13la police.
22:14Alors je leur dis
22:14que mon portable
22:15était sur la table,
22:16à côté de mon assiette.
22:18Et que je n'appellerai pas
22:19la police s'ils partaient.
22:21Peut-être pas la meilleure idée.
22:23Mais c'est fou
22:23comme on devient zen
22:24au sujet des possessions matérielles
22:26quand quelqu'un
22:26tient un glock dans sa main.
22:28Les braqueurs s'arrêtèrent
22:29et se regardèrent.
22:30Et au moment même
22:31où je me dis
22:32qu'ils allaient partir,
22:33l'un d'eux dit
22:34« Je crois qu'il a vu mon visage,
22:36mec,
22:36quand on est entré.
22:37J'ai pas le choix. »
22:39L'un d'entre eux
22:40avait le flingue
22:40et celui qui voulait me tuer
22:42essaya de le prendre
22:43des mains de celui
22:44qui l'avait.
22:44Mais ce dernier
22:45ne voulait pas le lâcher.
22:47C'était le signal
22:48pour commencer à me salir
22:49en les suppliant
22:50de me laisser vivre.
22:51Je n'étais pas très fière
22:52et me faire dessus
22:53n'était pas métaphorique.
22:55Mais c'est comme ça.
22:56Ils se disputaient ma mort,
22:58je les suppliais
22:58de ne pas me tuer,
22:59mais c'était juste le chaos.
23:01Ils hurlaient
23:02et j'étais étonnée
23:02que personne n'ait encore
23:03appelé la police.
23:04Mais boum,
23:05la porte de l'immeuble claqua
23:07et j'entendis une voix
23:08très familière monter
23:09les escaliers.
23:09Je ne vais même pas raconter
23:11ce que disait Hector.
23:13Je serai supprimé
23:14et éliminé d'internet
23:15quelques secondes seulement
23:16après avoir publié.
23:18Disons simplement
23:18que quelqu'un avait annulé
23:20sa tournée au bout
23:20de trois jours
23:21et qu'il était furieux.
23:23Les traitants
23:23de tous les noms,
23:24râlants et délirants
23:25alors qu'ils montaient
23:26violemment les escaliers
23:27et entraient dans l'appartement,
23:29les braqueurs et moi
23:30étions figés
23:30par l'anticipation.
23:32Alors au moment
23:33où Hector s'apprêta
23:34à entrer dans l'appartement,
23:35il dit quelque chose comme
23:36« Hé, j'ai ton argent
23:38espèce de gros pleurnicheur.
23:39Qu'est-ce que... »
23:41Le gars pointa son arme
23:42sur Hector
23:42alors qu'il pénétrait
23:43dans l'appartement.
23:45Observant la destruction
23:46dans laquelle il venait d'entrer,
23:47Hector cria
23:48« Mais vous êtes qui ? »
23:50Le gars armé cria
23:51« Toi, t'es qui ? »
23:52Hector était déjà loin
23:53à ce moment-là.
23:54Il bavait
23:55et on aurait dit
23:56que l'un de ses yeux
23:57allait sortir de son orbite.
23:59« Je vis ici ! »
24:01Puis je vous le jure,
24:02j'observais Hector
24:03se transformer en Jason Bourne
24:05sous et légèrement en surpoids.
24:07Il fit glisser
24:07son sac à dos
24:08de ses épaules
24:09et le jeta sur le tueur.
24:11Loupa sa cible
24:12mais le temps
24:12qu'il se réorganise,
24:14Hector tacla
24:14le gars sur le tapis
24:15et commença
24:16à lui hurler dessus.
24:17Les deux autres gars
24:19se joignirent à eux
24:19et je me dis
24:20« Mon Dieu,
24:21quelqu'un va prendre une balle ! »
24:23Mais tout à coup,
24:24Hector se releva
24:25et envoya des coups de poing
24:26aux deux gars
24:26jusqu'à retourner au sol.
24:28Immédiatement,
24:29les deux gars
24:29commencèrent à reculer,
24:31les mains en l'air
24:31alors qu'Hector
24:32tenait l'arme
24:33qui avait failli le tuer
24:34en hurlant aux deux gars
24:35de reculer.
24:36Son visage saigné
24:37et il était complètement bourré.
24:39Mais il était là
24:40et il venait de gagner
24:41une putain de bataille
24:42contre trois gars
24:43dont un armé.
24:44Il s'assit alors
24:45sur le dos du tireur KO,
24:47dit aux autres gars
24:48de sortir de son appartement
24:49et me demanda
24:50d'appeler les urgences.
24:51C'est seulement
24:52lorsque la police
24:53arriva pour arrêter
24:54le gars qu'Hector avait retenu
24:56qu'il réalisa
24:57qu'il avait été poignardé
24:58à l'épaule.
24:59Ce soir-là,
25:00alors qu'il se faisait
25:01recoudre à l'hôpital,
25:03je triais toutes les choses
25:04cassées ou non,
25:05balayais le verre
25:06et la céramique brisées
25:07et essayais dans l'ensemble
25:08de remettre de l'ordre
25:09dans l'appartement.
25:11Il rentra vers une heure
25:12du matin,
25:13toujours sous,
25:14même après que le médecin
25:15lui dise de ne pas boire
25:16avec ses antidouleurs
25:17et commença directement
25:19à se plaindre du braquage.
25:20Je continuais simplement
25:21à nettoyer,
25:22m'arrêtant uniquement
25:23pour dire quelque chose
25:24de profondément sincère.
25:26Hector,
25:27mec,
25:28je voulais juste te dire
25:29que je crois
25:29que tu m'as sauvé
25:30la vie aujourd'hui,
25:31mec.
25:31Je voulais juste te remercier.
25:33Je sentis ma gorge
25:34se serrer en le disant,
25:36un peu comme elle le fait
25:37maintenant alors que
25:38je l'écris.
25:39Hector leva les yeux
25:40vers moi avec ce regard
25:41qui donnait presque
25:42l'impression que je l'avais
25:43touché.
25:44Jusqu'à ce qu'il réponde,
25:45je m'en fous,
25:47t'aurais pu intervenir
25:47à n'importe quel moment.
25:49Ah,
25:50je m'en fichais.
25:51Je connaissais suffisamment
25:53Hector pour savoir
25:53qu'il n'était pas tout à fait
25:54en contact avec ses sentiments.
25:57Mais alors que la dose
25:58inconfortable d'émotions
25:59qu'il y avait dans l'air
26:00était si haute
26:01qu'il voulut quitter la pièce,
26:02il se retourna pour dire
26:03« T'as vu la tête de Sega
26:05n'empêche ?
26:06C'était hilarant, mec. »
26:08Puis il repartit
26:09vers sa chambre,
26:10riant avec ce rire
26:11d'enfant malfaisant
26:12qui me donne encore
26:13la chair de poule
26:13aujourd'hui.
26:14« Voyez-vous,
26:15pendant à peine plus d'un an,
26:17j'ai partagé un appartement
26:18avec le plus gros idiot
26:19du monde
26:20et je dois ma vie
26:21à cet idiot.
26:21S'il te plaît, New York,
26:23ne change jamais. »
26:27Après avoir déménagé à Londres,
26:29mon colocataire
26:30essaya légitimement
26:31de me tuer.
26:32Je crois qu'il était
26:33simplement heureux
26:34que j'emménage
26:34pour couvrir tout le loyer
26:36qu'il ne payait pas.
26:37Et après un certain temps,
26:38de petites disputes
26:40à propos de ménage
26:41et de la gestion de l'argent
26:42devinrent plutôt
26:43dangereuses
26:44et je fus obligée
26:45de trouver un nouveau logement.
26:47J'en trouvais un
26:48mais je devais attendre
26:49deux semaines
26:50avant de pouvoir emménager.
26:51Et bien que ce ne fut
26:53pas la meilleure décision,
26:54j'attendis la dernière minute
26:56pour prévenir
26:57mon colocataire
26:58parce qu'il pouvait bien
26:59aller se faire foutre.
27:00Et au lieu d'attendre
27:02la veille,
27:02je finis par lâcher
27:04le morceau
27:04pendant une dispute
27:05une semaine
27:06avant mon déménagement.
27:07Il commença
27:08à jouer la victime
27:09en me disant
27:10que je le condamnais
27:11à devenir un sans-abri.
27:13Mais si ce n'était pas
27:14pour son attitude
27:15de gros snob concernant
27:16le travail,
27:17j'aurais peut-être eu
27:18un peu plus d'empathie
27:19pour lui.
27:20On fumait tous les deux
27:21dans l'appartement.
27:22Alors le lendemain
27:23de notre dispute,
27:24je me réveillais,
27:26me retournais
27:26et attrapais mes cigarettes
27:28pour m'en griller une
27:28avant de commencer la journée.
27:30Pas l'habitude
27:31dont je suis le plus fier,
27:32je l'avoue.
27:33Mais fumer dans ma chambre
27:34restait mieux
27:35que lui faire face
27:36dès le matin.
27:37Je glissais la cigarette
27:38entre mes lèvres,
27:39attrapais mon briquet,
27:41mais la foutue pierre à feu
27:42sur le truc pourri
27:43était pétée.
27:44J'essayais encore
27:45et encore,
27:46mais non,
27:47elle était foutue.
27:48Alors je sortis du lit,
27:50marchais vers la cuisine
27:51toujours désespérément
27:52à la recherche
27:53d'un briquet.
27:54Puis soudainement,
27:55alors que je flânais
27:56dans la cuisine,
27:57une puanteur absolue
27:58de gaz m'atteignit.
27:59Et sous le ronflement
28:00du trafic dehors,
28:02j'entendis du gaz
28:03s'échapper
28:03de la gazinière.
28:04Ce foutu psychopathe
28:06avait allumé
28:06tous les feux de cuisine,
28:07sachant que j'allumerais
28:08ma clope,
28:09faisant alors exploser
28:10l'appartement
28:11dans le ciel.
28:12Je m'empressais
28:13de les éteindre,
28:14d'ouvrir toutes les fenêtres
28:15de l'appartement,
28:16courus en bas
28:17et appelés les pompiers.
28:18Mon colocataire
28:19fut interrogé
28:20avec prudence,
28:21mais parce qu'elle n'avait
28:22aucune preuve,
28:23la police fut obligée
28:24de le libérer.
28:25Le propriétaire
28:26fut bien plus compréhensif
28:27et nous passâmes
28:28un accord pour le retirer
28:29du bail
28:30en attendant que les serrures
28:31soient changées.
28:32apparemment,
28:33il essayait
28:33de se débarrasser
28:34de lui depuis
28:34un petit moment déjà.
28:36Alors,
28:37je finis par rester
28:37à l'appartement.
28:39Ma seule crainte
28:39était mon ancien
28:41colocataire.
28:42Mais puisqu'il était
28:43suspecté
28:43de ce qu'ils appelaient
28:44sûrement un accident,
28:46je pense qu'il craignait
28:47trop de suivre l'affaire
28:48et d'essayer
28:49de se venger.
28:51Pourtant,
28:51cela m'a perturbée
28:52pendant un moment
28:53de penser que quelqu'un
28:54pouvait être aussi vindicatif
28:56alors que je voulais
28:57juste déménager.
28:58Faites-vous des recherches
29:00sur les gens
29:00avec qui vous allez vivre ?
29:01Vous savez,
29:03cela pourrait bien
29:03vous sauver la vie.
29:04Merci.
Commentaires

Recommandations