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  • il y a 12 heures
Une enquête à destination des femmes, pour tenter d'estimer le harcèlement dont elles sont victimes dans les rues de Nîmes (Gard). C'est un questionnaire que vient de mettre la ville en ligne, sur Internet.

La Ville de Nîmes lance une enquête pour mieux comprendre les situations de harcèlement de rue vécues dans l'espace public. Alors que les signalements augmentent durant la période estivale, vos réponses permettront d'orienter les futures actions de prévention et d'accompagnement.

Marianne Bernède, adjointe à l’Égalité et à la Lutte contre les discriminations, était ce mercredi l'invitée du 7h45 d'ICI Gard Lozère.

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Transcription
00:01Ici Gare Lozère, le réveil 100% local, ici Matin.
00:06Quasiment 8h moins le quart, nous sommes mercredi.
00:09Marianne Bernet, je vous souhaite la bienvenue.
00:10Merci d'avoir accepté notre invitation ici Gare Lozère.
00:13Vous êtes adjointe à l'égalité et à la lutte contre les discriminations.
00:17Et nous vous recevons ce matin sur Ici Gare Lozère pour parler de cette enquête en ligne
00:21lancée par la mairie de Nîmes avant-hier sur le harcèlement de rue.
00:25L'idée de récolter des témoignages des Nîmoises, que leur est-il arrivé ou quand,
00:28si cela a modifié leurs habitudes.
00:30On vient de vérifier, juste avant de faire cette interview,
00:32il y a 695 participations en deux jours.
00:35Vous vous attendiez à autant ?
00:38Non, mais moi je m'attendais à ce qu'il y ait du succès.
00:41Déjà bonjour et merci de votre invitation.
00:43Et puis je m'attendais à ce que ça réponde à une attente.
00:48Parce que les Nîmoises, comme toutes les femmes du pays,
00:52attention ce n'est pas que les Nîmoises qui sont concernées par ce problème,
00:56je crois qu'elles ont envie d'en parler et de s'exprimer, de témoigner sur ce quotidien.
01:04Parce que c'est ce qui se passe au quotidien.
01:05Ce quotidien, est-ce qu'il est encore plus prégnant l'été ?
01:08Pourquoi lancer ça maintenant ?
01:09Est-ce que les lourds sont encore plus de sorties dans les rues à cette saison-là ?
01:14Exactement, vous avez tout compris.
01:15En fait l'été, ça ne vous aura pas échappé que les femmes ont chaud comme les hommes.
01:20Donc elles mettent des robes légères, des t-shirts sans manche, des shorts.
01:25Et donc visiblement ces messieurs, ça leur donne des ailes, si on peut dire.
01:29Voilà, donc effectivement il y a une étude nationale qui a montré il y a quelques semaines
01:34qu'il y avait 30% d'augmentation du harcèlement de rue en période estivale.
01:38Et là ça a commencé au mois de mai, les chaleurs.
01:40Donc c'est vrai que ça dure depuis déjà un certain temps.
01:43Alors c'est quoi pour vous le harcèlement de rue ?
01:44Dans les témoignages que nous avons diffusés ce matin,
01:47des nimoises nous parlent de sifflements, de coups de klaxon, parfois de voitures.
01:51Elles nous disent que certaines ont déjà été suivies.
01:53C'est ce genre de choses-là ?
01:55Tout à fait.
01:55Des remarques sur le physique, des insultes, des remarques dégradantes.
02:00Mais ça peut aussi être des compliments.
02:01Enfin ce que les hommes pensent être des compliments.
02:04Quand une dame en short ou en jupe se promène et qu'on lui dit
02:08« Ah, t'as de jolies jambes » et que ça arrive une fois, deux fois, trois fois, cinq fois,
02:12six fois dans la journée,
02:14eh bien ça devient vraiment pénible et ça perturbe vraiment le quotidien.
02:17Il y a donc près de 700 témoignages pour le moment.
02:19L'enquête va jusqu'à la fin du mois de septembre.
02:22Vous allez en faire quoi de ces témoignages après ?
02:24C'est quoi le but derrière tout ça ?
02:25Alors le but, c'est déjà de documenter ce qui se passe à Nîmes
02:30parce qu'on sait que ça existe partout.
02:32Donc on veut savoir si effectivement, on se doute bien que le phénomène il existe,
02:36mais quelle est l'ampleur du phénomène à Nîmes ?
02:39Et puis surtout, le but, c'est ensuite de construire des actions
02:43pour essayer, non pas, j'ai pas une baguette magique,
02:46je suis pas ma sorcière bien-aimée et je vais pas faire disparaître les lourdeaux,
02:51ou pire d'ailleurs, parce que quelquefois c'est pire que des lourdeaux,
02:54mais effectivement de faire en sorte que les femmes se sentent à l'aise dans l'espace public,
03:00qu'elles se sentent libres de se déplacer,
03:02qu'elles se sentent libres de faire ce qu'elles veulent
03:04sans avoir une crainte d'être effectivement alpagaie, accostée, insultée,
03:10et essayer de diminuer en tout cas ce phénomène.
03:13Pour diminuer ce phénomène, on passe par quoi ?
03:15Est-ce qu'on fait encore plus de prévention ?
03:17Est-ce que ça veut dire qu'on dit à la police municipale peut-être
03:19d'aller plus souvent à telle ou telle rue
03:21où vous avez repéré le plus de harcèlement de rue ?
03:24Exactement, je sais pas, je dis n'importe quoi,
03:26mais par exemple si dans l'enquête on nous dit
03:29avenue Feuchère, ça arrive très souvent,
03:31pourquoi pas effectivement travailler avec la police municipale
03:34pour que la police municipale soit plus présente à cet endroit-là par exemple.
03:39Et puis mettre en place, moi je veux mettre en place des actions
03:43de sensibilisation, de pédagogie envers les hommes
03:46parce que c'est aussi les hommes qu'il faut sensibiliser
03:50et qu'il faut toucher, pas seulement les femmes pour leur dire de se protéger,
03:54elles ont à se protéger de rien, elles doivent vivre normalement,
03:57mais c'est les hommes qu'il faut toucher, il faut sensibiliser,
04:00faire des, pourquoi pas des campagnes de communication.
04:02On va réfléchir ensuite effectivement aux actions qu'on voudrait mener.
04:06Est-ce que vous avez suivi Marianne Bernet de l'affaire de ces t-shirts à Galicien ?
04:10Il y a quelques jours, je le rappelle pour nos auditeurs
04:13pendant les fêtes bautises, des jeunes hommes se sont crus intelligents
04:17en portant un t-shirt avec écrit, je vais quand même le dire,
04:20une femme c'est un peu comme une prise jack,
04:22si tu l'enfonces correctement, t'as le son qui va avec.
04:24Ça vous inspire quoi ?
04:26C'est ignoble, j'ai été absolument effarée de voir ça.
04:30Une enquête est ouverte d'ailleurs.
04:31Oui, la procureure a ouvert une enquête.
04:34C'est ignoble et je ne comprends pas que personne n'ait rien dit
04:38que ces jeunes hommes aient pu se promener comme ça visiblement
04:41pendant la fête avec ces t-shirts, ils étaient visiblement nombreux.
04:45Et puis j'ai noté aussi la réaction du maire de Vauvert
04:48qui dit que c'est une blague potache.
04:50Donc je ne vois pas où est la blague.
04:53Franchement, c'est quelque chose d'absolument dégradant envers les femmes
04:58et ça ne devrait pas exister en 2026.
05:01S'il y a des t-shirts comme ça à l'affaire des vendanges, il se passe quoi à Nîmes
05:03?
05:04J'espère bien qu'on va s'en rendre compte rapidement
05:08et qu'effectivement on agira pour ne pas laisser faire tout simplement.
05:15Merci beaucoup Marianne Berned, adjointe en charge de l'égalité
05:18et de la lutte contre les discriminations à la ville de Nîmes.
05:21Qu'est-ce que ça vous a fait de reprendre le micro, Marianne ?
05:23Vous qui l'avez connue avant.
05:25J'aime beaucoup la radio, c'est mon média préféré.
05:28J'adore la radio.
05:29Et c'est Gare Lozère de préférence, évidemment.
05:31Évidemment.
05:32Merci Marianne.
05:34Ici Gare Lozère, le réveil 100% local.
05:38Ici Matin.
05:39Sous-titrage Société Radio-Canada

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