00:01Ici Gare Lozère, le réveil 100% local, ici Matin.
00:06Quasiment 8h moins le quart, nous sommes mercredi.
00:09Marianne Bernet, je vous souhaite la bienvenue.
00:10Merci d'avoir accepté notre invitation ici Gare Lozère.
00:13Vous êtes adjointe à l'égalité et à la lutte contre les discriminations.
00:17Et nous vous recevons ce matin sur Ici Gare Lozère pour parler de cette enquête en ligne
00:21lancée par la mairie de Nîmes avant-hier sur le harcèlement de rue.
00:25L'idée de récolter des témoignages des Nîmoises, que leur est-il arrivé ou quand,
00:28si cela a modifié leurs habitudes.
00:30On vient de vérifier, juste avant de faire cette interview,
00:32il y a 695 participations en deux jours.
00:35Vous vous attendiez à autant ?
00:38Non, mais moi je m'attendais à ce qu'il y ait du succès.
00:41Déjà bonjour et merci de votre invitation.
00:43Et puis je m'attendais à ce que ça réponde à une attente.
00:48Parce que les Nîmoises, comme toutes les femmes du pays,
00:52attention ce n'est pas que les Nîmoises qui sont concernées par ce problème,
00:56je crois qu'elles ont envie d'en parler et de s'exprimer, de témoigner sur ce quotidien.
01:04Parce que c'est ce qui se passe au quotidien.
01:05Ce quotidien, est-ce qu'il est encore plus prégnant l'été ?
01:08Pourquoi lancer ça maintenant ?
01:09Est-ce que les lourds sont encore plus de sorties dans les rues à cette saison-là ?
01:14Exactement, vous avez tout compris.
01:15En fait l'été, ça ne vous aura pas échappé que les femmes ont chaud comme les hommes.
01:20Donc elles mettent des robes légères, des t-shirts sans manche, des shorts.
01:25Et donc visiblement ces messieurs, ça leur donne des ailes, si on peut dire.
01:29Voilà, donc effectivement il y a une étude nationale qui a montré il y a quelques semaines
01:34qu'il y avait 30% d'augmentation du harcèlement de rue en période estivale.
01:38Et là ça a commencé au mois de mai, les chaleurs.
01:40Donc c'est vrai que ça dure depuis déjà un certain temps.
01:43Alors c'est quoi pour vous le harcèlement de rue ?
01:44Dans les témoignages que nous avons diffusés ce matin,
01:47des nimoises nous parlent de sifflements, de coups de klaxon, parfois de voitures.
01:51Elles nous disent que certaines ont déjà été suivies.
01:53C'est ce genre de choses-là ?
01:55Tout à fait.
01:55Des remarques sur le physique, des insultes, des remarques dégradantes.
02:00Mais ça peut aussi être des compliments.
02:01Enfin ce que les hommes pensent être des compliments.
02:04Quand une dame en short ou en jupe se promène et qu'on lui dit
02:08« Ah, t'as de jolies jambes » et que ça arrive une fois, deux fois, trois fois, cinq fois,
02:12six fois dans la journée,
02:14eh bien ça devient vraiment pénible et ça perturbe vraiment le quotidien.
02:17Il y a donc près de 700 témoignages pour le moment.
02:19L'enquête va jusqu'à la fin du mois de septembre.
02:22Vous allez en faire quoi de ces témoignages après ?
02:24C'est quoi le but derrière tout ça ?
02:25Alors le but, c'est déjà de documenter ce qui se passe à Nîmes
02:30parce qu'on sait que ça existe partout.
02:32Donc on veut savoir si effectivement, on se doute bien que le phénomène il existe,
02:36mais quelle est l'ampleur du phénomène à Nîmes ?
02:39Et puis surtout, le but, c'est ensuite de construire des actions
02:43pour essayer, non pas, j'ai pas une baguette magique,
02:46je suis pas ma sorcière bien-aimée et je vais pas faire disparaître les lourdeaux,
02:51ou pire d'ailleurs, parce que quelquefois c'est pire que des lourdeaux,
02:54mais effectivement de faire en sorte que les femmes se sentent à l'aise dans l'espace public,
03:00qu'elles se sentent libres de se déplacer,
03:02qu'elles se sentent libres de faire ce qu'elles veulent
03:04sans avoir une crainte d'être effectivement alpagaie, accostée, insultée,
03:10et essayer de diminuer en tout cas ce phénomène.
03:13Pour diminuer ce phénomène, on passe par quoi ?
03:15Est-ce qu'on fait encore plus de prévention ?
03:17Est-ce que ça veut dire qu'on dit à la police municipale peut-être
03:19d'aller plus souvent à telle ou telle rue
03:21où vous avez repéré le plus de harcèlement de rue ?
03:24Exactement, je sais pas, je dis n'importe quoi,
03:26mais par exemple si dans l'enquête on nous dit
03:29avenue Feuchère, ça arrive très souvent,
03:31pourquoi pas effectivement travailler avec la police municipale
03:34pour que la police municipale soit plus présente à cet endroit-là par exemple.
03:39Et puis mettre en place, moi je veux mettre en place des actions
03:43de sensibilisation, de pédagogie envers les hommes
03:46parce que c'est aussi les hommes qu'il faut sensibiliser
03:50et qu'il faut toucher, pas seulement les femmes pour leur dire de se protéger,
03:54elles ont à se protéger de rien, elles doivent vivre normalement,
03:57mais c'est les hommes qu'il faut toucher, il faut sensibiliser,
04:00faire des, pourquoi pas des campagnes de communication.
04:02On va réfléchir ensuite effectivement aux actions qu'on voudrait mener.
04:06Est-ce que vous avez suivi Marianne Bernet de l'affaire de ces t-shirts à Galicien ?
04:10Il y a quelques jours, je le rappelle pour nos auditeurs
04:13pendant les fêtes bautises, des jeunes hommes se sont crus intelligents
04:17en portant un t-shirt avec écrit, je vais quand même le dire,
04:20une femme c'est un peu comme une prise jack,
04:22si tu l'enfonces correctement, t'as le son qui va avec.
04:24Ça vous inspire quoi ?
04:26C'est ignoble, j'ai été absolument effarée de voir ça.
04:30Une enquête est ouverte d'ailleurs.
04:31Oui, la procureure a ouvert une enquête.
04:34C'est ignoble et je ne comprends pas que personne n'ait rien dit
04:38que ces jeunes hommes aient pu se promener comme ça visiblement
04:41pendant la fête avec ces t-shirts, ils étaient visiblement nombreux.
04:45Et puis j'ai noté aussi la réaction du maire de Vauvert
04:48qui dit que c'est une blague potache.
04:50Donc je ne vois pas où est la blague.
04:53Franchement, c'est quelque chose d'absolument dégradant envers les femmes
04:58et ça ne devrait pas exister en 2026.
05:01S'il y a des t-shirts comme ça à l'affaire des vendanges, il se passe quoi à Nîmes
05:03?
05:04J'espère bien qu'on va s'en rendre compte rapidement
05:08et qu'effectivement on agira pour ne pas laisser faire tout simplement.
05:15Merci beaucoup Marianne Berned, adjointe en charge de l'égalité
05:18et de la lutte contre les discriminations à la ville de Nîmes.
05:21Qu'est-ce que ça vous a fait de reprendre le micro, Marianne ?
05:23Vous qui l'avez connue avant.
05:25J'aime beaucoup la radio, c'est mon média préféré.
05:28J'adore la radio.
05:29Et c'est Gare Lozère de préférence, évidemment.
05:31Évidemment.
05:32Merci Marianne.
05:34Ici Gare Lozère, le réveil 100% local.
05:38Ici Matin.
05:39Sous-titrage Société Radio-Canada