00:00Nous sommes dans cette boulangerie de Pessac ce matin avec vous, Julia, bonjour.
00:04Bonjour.
00:05Merci d'être avec nous en direct sur BFM TV à 6h30 passé désormais.
00:09On vous l'aie votre impression parce que vous, vous êtes évidemment au contact des clients toute la journée, vous
00:15leur parlez.
00:16Ici à Pessac, cette ville n'est pas encore évacuée, en tout cas ce n'est pas prévu, mais nous
00:20on ressent quand même beaucoup d'inquiétudes
00:23dans les ressentis, dans les discussions qu'on peut avoir.
00:26Est-ce que vous aussi vous ressentez ça lorsque les clients viennent vous voir pour acheter par exemple des baguettes
00:30ou des pâtisseries ?
00:31Ça va être souvent des gens qui vont se demander si demain ils seront encore là.
00:34Quand ils nous disent au revoir, c'est surtout, bon ben peut-être à demain.
00:39C'est des gens aussi, par exemple on a des collègues qui vivent juste à côté, ça fait trois jours
00:42qu'ils ne dorment pas.
00:44Quand ils ont entendu l'alerte de Cestas, l'alerte pour dire qu'il faut partir.
00:48Est-ce qu'on va rappeler que Cestas c'est à quelques centaines de mètres d'ici, au bout de
00:52la route on y est ?
00:53C'est ça. Ils ont enregistré l'alerte tellement ils ont été tétanisés.
00:58Et ça fait trois jours qu'ils ne dorment pas, ils ont déjà leurs affaires de fête dans les voitures
01:03et ils viennent comme ça.
01:04C'est-à-dire que tout est dans leur voiture et ils ne savent pas si à la fin de
01:07la journée ils rentrent chez eux ou s'ils partent ailleurs.
01:10Donc ils prévoient des plans B, des plans C et ils voient au fur et à mesure.
01:14Mais c'est vrai que les gens commencent à avoir de plus en plus peur.
01:17Ils commencent déjà, certains tout à l'heure, ils commencent déjà à partir alors qu'on n'est pas encore
01:21évacués.
01:21C'est-à-dire racontez-nous ?
01:23Tout à l'heure on a croisé un client là qui avec sa femme partait avec leurs quatre enfants parce
01:27que justement ils veulent faire sa propre partir maintenant
01:31qu'être évacués et tétanisés tous les enfants.
01:34Donc ils vont dire bon ben voilà les enfants vont partir en vacances alors que ce n'était pas du
01:37tout prévu dans leur programme.
01:39Il y a en ce moment pour les personnes qui nous regardent sur BFM TV ces images sur la droite
01:43de l'écran.
01:44C'est à Blagon, à une heure et quelques d'ici à peu près, des images de feu, de quelques
01:51reprises de feu que l'on observe avec nos reporters aussi.
01:54C'est-à-dire que le feu il n'est pas si loin en fait, il est même assez proche.
01:57Il est assez proche mais en termes d'odeur, vu qu'il n'y a plus d'odeur, on commence
02:02vraiment, nous en tant que salarié, on se dit voilà on est quand même en sécurité.
02:06On sait que notre patron est quand même très bienveillant, on sait qu'il a fermé l'une des boutiques
02:11parce que certains collègues ne pouvaient plus y aller parce qu'ils étaient évacués.
02:14On a rapatrié tous les collègues qui voulaient travailler et qui pouvaient travailler pour continuer à avoir une vie normale.
02:20Et puis mine de rien on aide les pompiers, on sait qu'ils viennent, ils se nourrissent.
02:24On essaye de continuer à avoir une vie normale pour tout le monde qui essaye de canaliser cette peur et
02:31justement d'essayer d'avancer.
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