00:00Le public va être un peu sur le cul de ce qui est écrit dans cet album.
00:04La première bonne raison d'aller écouter le nouvel album d'Estrokes, Reality Awaits,
00:07c'est que c'est un disque collectif dans la lignée du précédent, The New Am Normal.
00:11Il faut savoir que pendant très longtemps, c'est Julian Casablanca, le leader,
00:15qui se coltinaient la composition, l'écriture.
00:18C'est quelque chose qui avait failli faire péter le groupe, en fait, quand même.
00:22Mais depuis le dernier album, et l'arrivée au poste de producteur de Rick Rubin,
00:27le barbu Rick Rubin, les choses ont vachement changé.
00:29C'est-à-dire qu'en gros, maintenant, le groupe se retrouve ensemble.
00:31Et donc, en fait, ça ressort vachement.
00:33Ça donne une sorte de disque assez fou qui fourmille d'idées, qui fourmille de fausses routes,
00:38qui ne prend pas trop de raccourcis, qui est plus en rupture.
00:41Surtout, en fait, ça fait plaisir de voir un groupe qui joue ensemble.
00:43La deuxième bonne raison d'aller écouter ce disque, un rapport comme ça,
00:47très fort à l'époque et à la perception de la réalité,
00:50ça s'entend vachement dans le disque, ça s'entend vachement dans les sonorités synthétiques,
00:53ça s'entend vachement dans l'usage de l'autotune de Julian Casablanca.
00:56C'est un disque qui sonne comme la suite directe, en fait, de The New Home Normal.
01:01C'est un disque, en fait, qui pourrait être, finalement, la phase C et D d'un double album.
01:07Ce qui en fait, finalement, deux disques assez jumeaux et assez complémentaires.
01:12C'est-à-dire que je pense qu'il faudrait peut-être même se faire une session d'écoute des
01:16deux d'affilée.
01:17Une certaine grande idée, en fait, de ce que c'est qu'un disque, en fait.
01:19Ils ont réhabilité un peu ce format de l'album et de voir qu'en gros, à quelques années d
01:24'intervalle,
01:26ils travaillent la même matière, sous la même forme, avec une sorte de cohérence.
01:30Je trouve que ça en fait une bonne raison d'aller écouter ce disque.
01:33Et la troisième et dernière bonne raison, c'est l'écriture de Julian Casablanca.
01:36Les strokes, en fait, ont toujours écrit un petit peu des images contradictoires, des images surréalistes,
01:40l'expression comme ça de sentiments à brûle pour poing, comme ça et tout ça.
01:44Là, en fait, on a une écriture qui est un peu plus personnelle.
01:48Ce qui est quand même assez cool dans le cadre d'un album d'autant plus collectif, en fait.
01:51Donc ça, c'est quelque chose qui est un point à souligner.
01:54Mais on dirait qu'en fait, il reconstitue des scènes.
01:57Il passe son temps à reconstituer des scènes, des scènes de lointaine, des scènes de son enfance,
02:02des scènes du monde d'avant, Internet, un petit peu.
02:05Et ça va vachement bien avec la tendance un peu, qui a toujours été la sienne,
02:09d'être dans une forme de critique sociale.
02:11On a l'impression qu'il a envie de les rejouer, de les comprendre, d'en tirer quelque chose
02:15à l'aune du monde d'aujourd'hui qu'il critique.
02:17Et ça va aussi vachement avec son usage de l'autotune, qui est ici, partout,
02:22et qui est, à mon avis, un usage qui va faire date.
02:24Il est critiqué pour ça.
02:25Et moi, je pense vraiment que son usage de l'autotune aujourd'hui,
02:28elle a atteint une forme de génie.
02:32Je pense qu'il a trouvé le moyen d'aller dans les recoins, dans les interstices
02:36de certains sentiments, de certaines images qu'il n'aurait jamais pu mettre en chanson,
02:42mettre en musique, mettre en harmonie, s'il n'avait pas eu usage de ça.
02:46Et ça va parfaitement avec les textes, en fait.
02:48Le public va être un peu sur le cul de ce qui est écrit dans cet album.
02:52Merci.
Commentaires