00:00Le 80e Festival d'Avignon s'achève le 25 juillet, l'occasion de faire un petit bilan de cette édition
00:05qui était extrêmement impressionnante
00:07et qui était à la fois revigorante et un peu inquiétante.
00:10Deux événements extérieurs, périphériques, sont venus percuter ce festival.
00:13D'abord la canicule, qui a marqué beaucoup cette édition et qui a posé une question sur la possibilité ou
00:19pas à l'avenir de garder le festival durant le mois de juillet.
00:23C'est une vraie question.
00:23L'autre grand événement important structurant était l'annonce au début du festival de la baisse des subventions du ministère
00:30de la Culture et du ministère de l'Économie au théâtre public.
00:33Énormément de lieux sont touchés, des compagnies, des centres dramatiques nationaux, des scènes nationales.
00:39Ça a mobilisé tout le spectacle vivant tous les jours à travers des pétitions, des rassemblements, des tribunes.
00:45Sinon sur le festival lui-même, sur les spectacles, on peut retenir plusieurs choses.
00:49D'abord, beaucoup de spectacles avaient une dimension très politique et qui posaient la question du mal, de la démocratie.
00:55Je pense à Julien Gosselin, à Rebecca Chaillon, à Carolina Bianchi, à Christiane Jatahi avec son spectacle « Un procès
01:00après une minute du peuple » qui était vraiment très fort.
01:03Beaucoup de ces spectacles étaient hantés par comment vivre ensemble, comment vivre aujourd'hui dans des sociétés attaquées de tous
01:08côtés.
01:09Donc des spectacles politiques, mais aussi très poétiques.
01:11Je pensais bien sûr à des lectures de Laura Vasquez, à des lectures de Isabelle Huppert qui lisait le roman
01:17de Han Kang, « Impossible des adieux dans la cour d'honneur ».
01:19Je pense évidemment aussi au magnifique spectacle joué par Valérie Révy dans une mise en scène de Guy Cassier adaptant
01:25le livre de Camino Toledo au TV « Théser sa vie nouvelle », un des grands moments de ce festival.
01:30Donc politique, poétique, mais tous ces spectacles posaient la question du chaos du monde.
01:34On est vraiment dans une tragédie, pas Shakespearean, mais vraiment une tragédie contemporaine où l'inquiétude, la colère, la peur
01:40vraiment hantent toutes les salles du festival.
01:43Cette matière assez âpre et désespérée a été aussi compensée parfois par des spectacles plus légers, plus drôles, plus peut
01:49-être inventifs.
01:50Je pense notamment aux Anglais avec les spectacles de Team Hikers, Everything Must Go ou Ben Duke, The Last Hamlet.
01:55Beaucoup de danses aussi évidemment très présentes avec Mathilde Monnier, Boris Charmas, le collectif XY et beaucoup d'artistes femmes
02:01très présentes dans tout ce festival.
02:03de Jeanne Crandel, à Marion Seffer, à Abelie Drévy, à Christian Thaï, à Rebecca Chaillon, à Julie Duliquet.
02:09On n'a pas arrêté de voir beaucoup de spectacles de femmes.
02:11Donc pour résumer, on peut dire que le Festival d'Avignon cette année a été une chambre d'écho du
02:15fracas du monde,
02:16mais également un paysage en mouvement, un paysage très créatif où beaucoup de formes s'inventent, à la fois éclectiques
02:23et en même temps très vivantes.
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