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  • il y a 22 heures
Canicule, coupes budgétaires, démocratie en crise… Cette 80ᵉ édition du Festival d'Avignon a rarement autant semblé dialoguer avec l'époque.

Entre spectacles politiques, élans poétiques et une scène portée par une nouvelle génération d'artistes, le théâtre s'est imposé comme le miroir des inquiétudes contemporaines, sans jamais renoncer à inventer de nouvelles formes. Retour sur un festival aussi créatif que profondément traversé par le fracas du monde.

🎥Jean-Marie Durand
Transcription
00:00Le 80e Festival d'Avignon s'achève le 25 juillet, l'occasion de faire un petit bilan de cette édition
00:05qui était extrêmement impressionnante
00:07et qui était à la fois revigorante et un peu inquiétante.
00:10Deux événements extérieurs, périphériques, sont venus percuter ce festival.
00:13D'abord la canicule, qui a marqué beaucoup cette édition et qui a posé une question sur la possibilité ou
00:19pas à l'avenir de garder le festival durant le mois de juillet.
00:23C'est une vraie question.
00:23L'autre grand événement important structurant était l'annonce au début du festival de la baisse des subventions du ministère
00:30de la Culture et du ministère de l'Économie au théâtre public.
00:33Énormément de lieux sont touchés, des compagnies, des centres dramatiques nationaux, des scènes nationales.
00:39Ça a mobilisé tout le spectacle vivant tous les jours à travers des pétitions, des rassemblements, des tribunes.
00:45Sinon sur le festival lui-même, sur les spectacles, on peut retenir plusieurs choses.
00:49D'abord, beaucoup de spectacles avaient une dimension très politique et qui posaient la question du mal, de la démocratie.
00:55Je pense à Julien Gosselin, à Rebecca Chaillon, à Carolina Bianchi, à Christiane Jatahi avec son spectacle « Un procès
01:00après une minute du peuple » qui était vraiment très fort.
01:03Beaucoup de ces spectacles étaient hantés par comment vivre ensemble, comment vivre aujourd'hui dans des sociétés attaquées de tous
01:08côtés.
01:09Donc des spectacles politiques, mais aussi très poétiques.
01:11Je pensais bien sûr à des lectures de Laura Vasquez, à des lectures de Isabelle Huppert qui lisait le roman
01:17de Han Kang, « Impossible des adieux dans la cour d'honneur ».
01:19Je pense évidemment aussi au magnifique spectacle joué par Valérie Révy dans une mise en scène de Guy Cassier adaptant
01:25le livre de Camino Toledo au TV « Théser sa vie nouvelle », un des grands moments de ce festival.
01:30Donc politique, poétique, mais tous ces spectacles posaient la question du chaos du monde.
01:34On est vraiment dans une tragédie, pas Shakespearean, mais vraiment une tragédie contemporaine où l'inquiétude, la colère, la peur
01:40vraiment hantent toutes les salles du festival.
01:43Cette matière assez âpre et désespérée a été aussi compensée parfois par des spectacles plus légers, plus drôles, plus peut
01:49-être inventifs.
01:50Je pense notamment aux Anglais avec les spectacles de Team Hikers, Everything Must Go ou Ben Duke, The Last Hamlet.
01:55Beaucoup de danses aussi évidemment très présentes avec Mathilde Monnier, Boris Charmas, le collectif XY et beaucoup d'artistes femmes
02:01très présentes dans tout ce festival.
02:03de Jeanne Crandel, à Marion Seffer, à Abelie Drévy, à Christian Thaï, à Rebecca Chaillon, à Julie Duliquet.
02:09On n'a pas arrêté de voir beaucoup de spectacles de femmes.
02:11Donc pour résumer, on peut dire que le Festival d'Avignon cette année a été une chambre d'écho du
02:15fracas du monde,
02:16mais également un paysage en mouvement, un paysage très créatif où beaucoup de formes s'inventent, à la fois éclectiques
02:23et en même temps très vivantes.
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