Passer au playerPasser au contenu principal
[#Reportage] Petits métiers réservés aux Gabonais : onze mois après, une réforme toujours introuvable

́
📲066441717 📞011775663

📬
contact@gabonmediatime.com

̂ :

🔗 https://lc.cx/9dgPhl

🇬🇦 — ’ ’

#GMT
#Gabon
#10ansGMT

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Annoncée le 12 août 2025 comme une mesure phare de lutte contre le chômage et de reconquête de la souveraineté
00:06économique.
00:07La décision de réserver cette catégorie de petits métiers aux seuls gamonnais devait marquer un tournant dans la politique nationale
00:14de l'emploi.
00:15Près d'un an plus tard, le constat est sans appel, faute de cadre juridique, de contrôle et d'accompagnement.
00:20Cette réforme peine à produire le moindre effet tangible sur le terrain.
00:24Le gouvernement avait pourtant affiché une ambition claire.
00:27Le commerce de proximité, les transferts d'argent non agréés, la réparation de téléphones, la coiffure de rue, l'orpaillage
00:34artisanal non autorisé,
00:35l'intermédiation dans l'achat des récoltes ainsi que l'exploitation de petits ateliers ou de machines de jeu devaient
00:41désormais être réservées aux nationaux.
00:44L'objectif était double, offrir davantage d'opportunités aux jeunes gabonais et réduire progressivement la domination des travailleurs étrangers dans
00:51ces secteurs d'activité.
00:52Près de 11 mois après cette annonce, les résultats attendus ne sont toujours pas au rendez-vous.
00:58L'espoir suscité par cette mesure s'est progressivement transformé en interrogation, voire en scepticisme,
01:04tant son application reste difficilement perceptible dans le quotidien des populations.
01:09Il suffit de parcourir les marchés de Montbouet, Cambo, Charbonnage, Nzayon ou encore les quartiers populaires de Libreville
01:16pour constater que l'organisation des activités concernées est demeurée quasiment identique.
01:21Les étals de fruits et légumes, les boutiques de réparation de téléphones, les salons de coiffure de rue
01:26ou encore de nombreuses activités commerciales restent dans leur grande majorité,
01:31exploitées par des ressortissants étrangers, installés parfois depuis plusieurs décennies.
01:36Pour de nombreux commerçants gabonais, la mesure n'a jamais dépassé le stade de l'annonce politique.
01:40On nous avait expliqué que les Gabonais allaient reprendre leur marché.
01:43Depuis, personne n'est venu nous expliquer comment cela allait se faire, ni contrôler quoi que ce soit.
01:49Et puis, reprendre un commerce suppose d'avoir un capital que beaucoup d'entre nous n'ont pas,
01:54confie Sylvie, vendeuse de condiments installés depuis deux ans au Carrefour Carnaval, dans le quartier Charbonnage.
02:00L'une des principales faiblesses de cette décision réside dans l'absence de mécanismes nécessaires à sa mise en œuvre.
02:06Si le Conseil des ministres avait officiellement adopté le principe de la réservation de ses activités,
02:10celui-ci n'a jamais été suivi d'un décret d'application précisant les modalités pratiques,
02:16les délais de mise en conformité, les conditions de contrôle ou encore les sanctions encourues en cas de non-respect.
02:22Le porte-parole du gouvernement avait également annoncé la production de rapports réguliers
02:26destinés à suivre l'évolution de cette réforme.
02:29À ce jour, aucun document public ne permet pourtant d'apprécier son niveau d'exécution.
02:33Le nombre d'activités effectivement transférées à des opérateurs gabonais
02:37ou les éventuelles difficultés rencontrées par les administrations chargées de son application.
02:43Au-delà du volet réglementaire, cette réforme s'est rapidement heurtée aux contraintes économiques
02:47auxquelles font face de nombreux jeunes gabonais.
02:50Accéder à ces métiers suppose de disposer d'un minimum de capital,
02:54d'une formation, d'un réseau de fournisseurs, d'une clientèle fidèle,
02:57ainsi que d'une bonne connaissance des circuits commerciaux.
02:59On ne devient pas commerçant du jour au lendemain,
03:03ce qui exerce aujourd'hui en parfois mis 20 ans à construire leur activité.
03:06Sans accompagnement financier ni formation, il est difficile d'imaginer un remplacement massif,
03:11explique Sylvain, coiffeur à libre-huile.
03:14À cela s'ajoute une réalité sociologique souvent évoquée,
03:17une partie de la jeunesse diplômée continue de considérer ses activités
03:20comme insuffisamment valorisantes au regard de son niveau d'études,
03:24malgré les revenus parfois significatifs qu'elles peuvent générer.
03:27Avec le recul, plusieurs observateurs estiment que cette annonce répondait avant tout
03:32à un contexte politique particulier,
03:34marqué notamment par les tensions autour du marché de l'Embarénée
03:37et par une montée des revendications en faveur d'une plus grande place des nationaux
03:41dans l'économie informelle.
03:43La crise diplomatique qui avait suivi avec le Bénin,
03:46ainsi que les accusations de xénophobie,
03:48ont par la suite contribué à reléguer le dossier au second plan.
03:51Pour autant, la question de la souveraineté économique demeure entière.
03:56Réserver certains métiers aux nationaux peut constituer un levier de politique publique,
03:59à condition que cette orientation s'accompagne d'un véritable dispositif d'accompagnement,
04:04accès au financement, formation qualifiante,
04:08accompagnement à la création d'entreprises,
04:10facilitation de l'accès aux espaces commerciaux et contrôle effectif des activités concernées.
04:15Sans ces préalables, la réforme risque de demeurer une annonce en lendemain,
04:19car si la souveraineté économique constitue un objectif légitime,
04:23elle ne peut se construire sur des déclarations d'intention.
04:26Elle exige une stratégie cohérente, des moyens adaptés
04:29et une volonté constante de transformer les annonces politiques
04:33en résultats concrets pour les Gabonais.
Commentaires

Recommandations