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Commission des affaires sociales : M. Étienne Pot, proposé aux fonctions de directeur général de l’Agence nationale de santé publique

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00:21:40ne souhaite pas jeter un voile pudique dessus, je veux au contraire pouvoir en discuter avec
00:21:44l'ensemble des acteurs concernés pour trouver des solutions qui nous rendront plus précis,
00:21:48plus réactifs. Vient bien sûr le sujet des maladies chroniques, ces maladies non transmissibles
00:21:54qui représentent aujourd'hui le poids sanitaire le plus important dans le monde et en France,
00:21:59à savoir le cancer, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques, le
00:22:03diabète, les troubles psychiatriques, les troubles musculosquelettiques, ces sujets
00:22:08qui concernent les hommes comme les femmes, mais qui concernent aussi particulièrement
00:22:12les femmes en France et je tiens à le souligner pour une raison très simple, il faut que nous
00:22:16arrivions à comprendre pourquoi il peut y avoir une perte de chance pour les femmes de
00:22:20notre pays par rapport à ces grands enjeux de santé publique. Il s'agit aussi de s'intéresser
00:22:26à ce qui se passe sur le lieu de travail des Français, exposition aux substances chimiques,
00:22:30travaux que nous partageons avec l'ANSES, là encore l'enjeu des systèmes d'information
00:22:35et de leur interopérabilité est centrale. Nous savons concevoir des systèmes d'information
00:22:41rapides et efficaces pour faire remonter les données. Nous l'avons vécu avec un dispositif
00:22:45de remontée des résultats de laboratoire pendant le Covid. Nous devons nous en inspirer
00:22:49en mobilisant, n'ayons pas peur de le dire, l'intelligence artificielle. Celle-ci ne doit
00:22:53pas être cosmétique, elle doit pouvoir contribuer à la surveillance épidémiologique sans
00:22:58remplacer, bien évidemment, les humains qui la soutiennent et dans le respect de la
00:23:02souveraineté numérique de l'État français. Je souhaitais bien sûr aborder très brièvement
00:23:07la santé mentale également des Français. Vous savez que Santé publique France porte
00:23:10un chantier majeur avec l'enquête Enabi qui permet par exemple de constater que 13%
00:23:15des enfants de 6 à 11 ans présentent un trouble de santé mentale, une étude menée en lien
00:23:20avec l'éducation nationale, indispensable pour mieux comprendre nos enfants. Je ne veux pas
00:23:25non plus oublier les départements et territoires d'outre-mer dont j'ai mesuré les enjeux dans
00:23:29mes fonctions actuelles. Et plus particulièrement l'exposition à la Chlordécone en Guadeloupe
00:23:34et en Martinique qui nécessite un suivi très important et sur lequel je sais que Santé
00:23:38publique France est très impliqué, tout comme l'exposition en métaux lourds et je pense
00:23:41particulièrement aussi à la Guyane, territoire que j'ai visité à cette occasion. Plus largement
00:23:48je pense à toutes les expositions environnementales sur lesquelles nous devons nous pencher.
00:23:53Très concrètement, si je suis nommé directeur général de l'Agence nationale de santé
00:23:56publique, j'examinerai dès mon arrivée le fonctionnement de la gouvernance afin de rendre
00:24:00l'action de l'Agence toujours plus efficace et toujours plus lisible, bien évidemment dans
00:24:04la continuité de ce qu'a porté ma prédécesseur. Le pilotage doit être cohérent, les actions de
00:24:10l'Agence doivent convaincre ceux de nos concitoyens qui ne le sont pas encore et non
00:24:14ceux qui ne le sont pas déjà. C'est un très gros enjeu de santé publique, c'est-à-dire
00:24:18on peut se contenter
00:24:19les uns et les autres de se dire qu'on va continuer à se convaincre que tout ce que nous
00:24:22faisons est très bien dans le champ de la prévention et de la promotion de la santé et je suis
00:24:25convaincu que notre rôle
00:24:27il est plutôt de s'adresser à ceux qui ne sont pas convaincus. Ça paraît évident et assez
00:24:31intuitif et je crois qu'il est nécessaire de le rappeler, je suis convaincu que l'ensemble des équipes de
00:24:34l'Agence
00:24:34nationale de santé publique sont tout à fait alignées sur cette priorité. Je n'ai pas peur de le dire,
00:24:40il s'agira aussi d'incarner cette agence, y compris personnellement, avec pour unique objectif de servir la
00:24:46lisibilité de son action et une façon de faire toujours plus efficace. Je conçois la fonction de
00:24:51directeur général comme celle d'un dirigeant qui reste en lien avec l'ensemble des citoyens que
00:24:54sert l'Agence évidemment, mais aussi les professionnels en ville, à l'hôpital, dans les établissements et
00:25:00services sociaux et médico-sociaux et aussi, et c'est particulièrement important ces dernières
00:25:04semaines, à domicile sur l'ensemble du territoire national. C'est fondamental, je le dis donc d'ores et
00:25:11déjà, si je suis nommé dans ces fonctions, je souhaite me déplacer à la rencontre des Français
00:25:16qui agissent, comme je l'ai toujours fait, ou qui parfois, et c'est tout l'enjeu de cette agence,
00:25:21subissent ces problématiques de santé publique dans leur vie quotidienne. Ainsi, la prévention doit
00:25:26déboucher sur l'action, c'est pour ça que je souhaite préciser que les objectifs stratégiques de
00:25:32santé publique France doivent nous permettre, doivent être établis, doivent être correctement pilotés,
00:25:38mais ce aussi au travers de tableaux, de bords, récapitulatifs, plus succincts. La question n'est
00:25:43pas de savoir si santé publique France en fait assez, santé publique France en fait beaucoup,
00:25:48c'est indiscutable. La question est de savoir si elle peut mieux expliquer son action de façon plus
00:25:52concise et explicite pour s'adresser au plus grand monde. Ainsi, nous sanctuariserons l'indépendance
00:25:58scientifique, nous continuerons à mesurer l'efficacité de nos actions sur la santé des enfants, des jeunes,
00:26:03la politique des mille premiers jours, le développement des compétences psychosociales,
00:26:06la réduction des risques suicidaires avec le dispositif vigilance, mais aussi bien évidemment
00:26:12toutes les grandes composantes de santé publique sur lesquelles nous devons pencher, mais que nous
00:26:16devons aussi prioriser dans notre action. Voilà donc ce que je souhaitais partager. Tout ça ne pourra
00:26:22pas se faire sans réaffirmer, rediscuter la place de santé publique France face aux autres opérateurs.
00:26:28Je pense notamment à nos collègues de l'Institut national du cancer, l'INCA, l'Agence nationale de
00:26:32sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail, l'ANSES, l'Agence nationale de
00:26:37sécurité du médicament, la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites
00:26:41addictives. Nous avons des opérateurs thématiques dans notre pays. Ma conviction est que l'Agence
00:26:47nationale de santé publique peut jouer un rôle de carrefour, d'animateur de la politique de santé
00:26:52publique en lien avec ses opérateurs tout autour et nous devons fluidifier ces relations. Ainsi, par exemple,
00:26:59quand il s'agit de suivre les cancers tout en regardant ce qui se passe aux urgences pour les
00:27:04patients concernés par un cancer, vous vous doutez qu'il faut faire un certain nombre de partages de
00:27:08bases de données tout à fait utiles entre l'INCA et Santé publique France. Quand on mobilise le
00:27:12mois sans tabac, c'est un sujet qui concerne la mission interministérielle de lutte contre les
00:27:15drogues tout autant que la DGS, tout autant que l'INCA et bien évidemment Santé publique France.
00:27:22Bien sûr, des missions d'inspection et de contrôle ont regardé de près ce qui se passait à Santé publique
00:27:28France. Je pense notamment à des missions portées par l'IGAS. Celles-ci ont mis en évidence un certain
00:27:32nombre de difficultés que peut traverser l'Agence. A mes yeux, elles ne sont pas
00:27:37surmontables et ne minimisent en rien l'efficacité de l'Agence et sa capacité à s'inscrire dans une
00:27:42approche qu'on utilise, un mot qu'on utilise beaucoup, One Health, santé humaine, santé
00:27:46animale, santé environnementale, mais qui en fait traduit très clairement cette relation de grande
00:27:51proximité que Santé publique France doit pouvoir développer avec les autres opérateurs que j'ai cités pour
00:27:55qu'on aille beaucoup plus vite sur tous ces sujets. Pour finir et je voulais conclure ainsi,
00:28:00je rappelle que le réseau Sentinelle que vous connaissez, il existe depuis 1984. La preuve
00:28:05que la France n'a pas à rougir de son ancienneté et de son expertise dans le champ de la
00:28:09surveillance
00:28:09sanitaire et que l'Agence nationale de santé publique peut continuer à être présente pour
00:28:14l'innovation, pour le rayonnement et pour donner à chaque Français les réponses à ses besoins de santé
00:28:19publique, tout comme à chaque salarié de l'Agence nationale une envie de travailler au quotidien. Merci à tous.
00:28:25Merci Monsieur Pau pour la clarté de votre présentation. Je vais passer la parole à Monsieur
00:28:32Muller pour le groupe Rassemblement national. Excusez-moi, pardon, chers collègues, je vais d'abord
00:28:39passer la parole à Monsieur Davy qui supplée Monsieur Pétavie qui est référent Santé publique France.
00:28:48Merci Madame la Présidente. Bonjour Monsieur Pote. Votre audition intervient dans un contexte
00:28:57extrêmement préoccupant pour Santé publique France dont vous êtes appelé à assurer la direction.
00:29:01Depuis plusieurs mois, le gouvernement organise une restructuration de l'Agence appuyée sur des
00:29:06missions IGAS avec l'objectif de déléguer ses missions au ministère, ce qui aura pour conséquence
00:29:11d'affaiblir son autonomie et de réduire son indépendance scientifique. Je n'ai cessé
00:29:16d'alerter en tant qu'administrateur de Santé publique France, puisque vous le savez, je suis
00:29:19au membre du conseil d'administration de Santé publique France en tant que député. Je n'ai
00:29:23cessé donc d'alerter sur les conséquences désastreuses d'un démantèlement de Santé
00:29:26publique France. En effet, je le rappelle, nous faisons face à des enjeux de santé publique
00:29:31majeurs. Les maladies chroniques augmentent avec le vieillissement de la population. Les addictions
00:29:35comme l'alcool, le tabac, une alimentation trop sucrée ou trop salée, le manque d'activité
00:29:40physique sont les principales causes de mortalité évitable. Le changement climatique, la déforestation
00:29:45en zone tropicale et l'élevage intensif multiplient les risques de maladies émergentes,
00:29:50grippe aviaire, Covid, dengue, chikungunya, Ebola. La pollution globale de l'air que nous
00:29:55respirons, l'eau de l'eau que nous consommons ou des sols qui contaminent les plantes soumet
00:30:02les travailleurs mais aussi les consommateurs à un exposome de plus en plus vaste de produits
00:30:06chimiques. On ne compte plus d'ailleurs les scandales environnementaux liés à ce
00:30:09mode de développement. L'amiante dans nos bureaux, pour prendre le plus ancien, mais
00:30:12il ne faut pas l'oublier quand même, le cadmium, l'épiphase dans nos assiettes, les 40 000
00:30:16décès et l'épidémie d'allergie liée à la pollution de l'air. Pour prévenir
00:30:21ces risques, nous avons donc besoin de plus en plus de savoirs scientifiques et de moyens
00:30:24dédiés à la recherche mais aussi d'organismes publics qui organisent la surveillance et mettent
00:30:28en oeuvre des campagnes de prévention. Or, il a été décidé de retirer à Santé
00:30:33Publique France une grande partie de ses missions. D'abord la réserve sanitaire, qui est une
00:30:37communauté de professionnels de santé volontaires et mobilisable par l'Etat en cas de crise,
00:30:41mais ensuite aussi l'établissement pharmaceutique qui gère les stocks stratégiques de médicaments.
00:30:46Ça, ça a été acté déjà par la loi. Ensuite, il y a deux autres missions IGAS qui se penchent
00:30:52pour retirer d'autres missions à Santé Publique France, notamment les campagnes de prévention,
00:30:56mais aussi la surveillance épidémiologique. Alors là, on a encore un débat finalement sur
00:31:00la surveillance, peut-être que ça ne serait pas le cas, peut-être vous pourrez répondre.
00:31:03Mais retirer ces missions à l'agence menace à cohérence et l'indépendance des politiques
00:31:08menées concernant les risques sanitaires et les politiques de prévention. L'indépendance
00:31:12de Santé Publique France est précieuse. Elle est la condition d'une politique de santé
00:31:15publique à la fois crédible et acceptée. Parce qu'en matière de prévention contre le tabac,
00:31:20l'alcool, en matière d'alimentation, de santé environnementale, de vaccination,
00:31:24ou de pesticides, les données scientifiques dérangent souvent des intérêts économiques.
00:31:28C'est précisément pour cela qu'il faut une agence capable de produire, d'analyser,
00:31:32de diffuser des connaissances à distance des arbitrages du pouvoir et en capacité
00:31:36à résister au lobby. Quand l'expertise dépend trop étroitement du politique, la tentation
00:31:41devient grande de censurer, de retarder ou d'édulcorer ceux qui gênent. Les exemples des
00:31:46trois campagnes sur l'alcool annulées par le pouvoir macroniste depuis 2017 montrent que
00:31:50ce risque n'a rien de théorique. Il n'est pas raisonnable de démanteler Santé publique
00:31:55France donc en plus en pleine canicule, quand les enjeux de prévention n'ont jamais été
00:31:58aussi importants. Alors, juste un point de polémique, il faut reconnaître que le gouvernement
00:32:03a une certaine cohérence. Je peux lui reconnaître ça, c'est-à-dire supprimer Santé publique
00:32:06France et en même temps faire voter le retour de l'acétamipride dans la loi agricole,
00:32:13c'est très cohérent. Je vous le reconnais, je vous le concède. Et ce n'est pas de votre
00:32:19liberté la Commission. Cet acharnement contre Santé publique France n'est pas isolé.
00:32:23L'IRSN a été supprimée en 2024, l'ADEME a été menacée cette année et l'IRD sera
00:32:29visiblement menacée, un institut de recherche sur le développement qui fait aussi des expertises
00:32:32sur un certain nombre de sujets. Pour protéger les lobbies du tabac, de l'alcool, des énergies
00:32:36fossiles ou des produits phytosanitaires, on s'attaque aux scientifiques qui produisent
00:32:39la science et aux agences publiques qui mettent en œuvre les politiques publiques. En tant
00:32:42que scientifique et en tant que membre de cette commission des affaires sociales, je suis extrêmement
00:32:46inquiet du fond de l'air actuellement sur la science et sur notamment la santé publique.
00:32:51Donc j'ai cinq questions, très rapidement. Défendrez-vous la science et l'indépendance
00:32:54des scientifiques de l'agence face au lobby ? J'attends de vous un engagement ferme.
00:32:58Défendrez-vous vos agents et le périmètre actuel de l'agence, notamment le continuum de
00:33:02surveillance, alertes, préventions et interventions qui fait toute la cohérence et la force de Santé
00:33:06publique France ? Dans un contexte marqué par la multiplication des crises sanitaires,
00:33:10environnementales et climatiques, quelles sont selon vous les priorités, vous en avez déjà
00:33:13donné un certain nombre, que doit porter Santé publique France ? Comment comptez-vous
00:33:17enfin, après des mois de mobilisation et dans un contexte de forte incertitude, restaurer
00:33:23un climat de confiance avec les agents de Santé publique France et les associer aux
00:33:26évolutions de l'agence ? Puisque vous avez d'ailleurs travaillé sur les ressources
00:33:29humaines. Enfin, vous êtes ancien PDG d'Epcare. Quel lien avez-vous conservé avec le secteur
00:33:34globalement du privé, ce qui part un mal en soi, et quelles garanties donnez-vous quant au
00:33:38possible conflit d'intérêts ? Je conclurai là-dessus. Santé publique France doit être renforcée,
00:33:42pas affaiblie, et nous attendons donc de vous un engagement clair. Et tous les agents
00:33:46nous écoutent aujourd'hui, je le sais, ils attendent de vous un engagement clair pour
00:33:49défendre l'agence, son indépendance et l'ensemble de ses missions. Je vous remercie.
00:33:55Je vais vous proposer de répondre à M. David. Nous prendrons après les questions
00:33:59des orateurs de groupe. M. le député, merci beaucoup pour vos questions. Je vais y répondre
00:34:07dans l'ordre et de façon habituelle, sans phare et de façon très cachée directe. Défendez-vous
00:34:12la science ? Évidemment, oui. Et y compris dans mes fonctions actuelles de délégué interministériel,
00:34:17j'ai été confronté du fait notamment de défendre les recommandations de
00:34:21bonnes pratiques professionnelles de la Haute Autorité de Santé, confronté à certains
00:34:24vents contraires dont j'ai littéralement senti le souffle au travers des différents
00:34:29courriers que j'ai pu recevoir visant notamment à défendre une approche dans
00:34:33l'accompagnement des enfants parfaitement conforme aux recommandations des experts
00:34:37scientifiques. Donc évidemment, c'est tout le sens de ma fonction et de mes missions
00:34:41successives défendent la science. Défendez-vous les agents de santé publique
00:34:46de l'Agence Nationale de Santé Publique. Évidemment que si je me suis porté candidat
00:34:50pour la direction générale de cette agence, et c'est pour ça que je l'ai dit
00:34:53dans mon discours introductif, c'est que je ne viens pas postuler pour une agence
00:34:57que je pense voir disparaître. Je viens dans une agence, très clairement,
00:35:03où je pense voir sanctuariser ces missions que vous avez décrites de
00:35:07surveillance sanitaire et aussi de prévention et de promotion de la santé.
00:35:10Car comme vous, j'ai été assez surpris de voir, y compris dans la presse,
00:35:13quand mon nom est sorti comme une évocation pour la Direction Générale de Santé
00:35:18Publique France, de voir que la prévention et la promotion de la santé
00:35:21ne seraient finalement plus dans le périmètre de l'Agence Nationale de Santé
00:35:24Publique. Je le redis ici et je l'affirme très clairement, je souhaite être
00:35:28à la tête d'une agence qui conserve tout à fait ce périmètre, avec des
00:35:33ajustements qui sont, je crois, plutôt liés à ce qu'a connu l'Agence Nationale de
00:35:36Santé Publique ces derniers temps. Qui porte quoi ? En quel nom ?
00:35:40Je suis convaincu que l'Agence Nationale de Santé Publique est une agence
00:35:43nationale d'expertise qui doit évidemment amener la science au cœur du
00:35:48déploiement des politiques de prévention et de promotion de la
00:35:50santé. Concernant les priorités, j'en ai en effet donné un certain nombre.
00:35:55Vous l'avez compris, il y a une priorité dans notre pays sur les maladies
00:35:58dites non transmissibles, qui intègrent un certain nombre de maladies que vous
00:36:01avez pu évoquer, mais aussi de troubles. Je pense plus particulièrement à la
00:36:05santé mentale sur laquelle il faut que, je crois, on ait un regard précis,
00:36:10lucide. Je le dis même si je l'ai porté aux côtés de mes collègues.
00:36:14Parler de santé mentale, c'est très important, mais je crois qu'il y a des
00:36:18enjeux qui dépassent largement le simple cadre de la prévention dite
00:36:22primaire en santé mentale et notamment pour des personnes qui sont
00:36:25concernées. Ce sont des personnes que je connais bien pour les avoir
00:36:29accompagnées en tant que médecins, des personnes qui présentent des
00:36:31troubles psychiques ou des troubles psychiatriques d'intensité très
00:36:34sévère et qui doivent avoir un accompagnement tout à fait à la
00:36:38hauteur de ces enjeux pour leur permettre d'avoir la vie la plus
00:36:40confortable possible, la plus autonome possible. C'est aussi un combat que
00:36:43j'ai porté en tant que délégué interministériel dans le champ des
00:36:46troubles du neurodéveloppement. Concernant ce que vous avez évoqué,
00:36:50n'y voyez pas ma liste, j'ai souri quand vous aviez évoqué que j'étais
00:36:53PDG d'Epcare parce que j'étais à mon compte, donc il n'y avait pas une
00:36:56Kyrielle de personnes autour de moi, donc je n'avais pas pour
00:36:58habitude de dire que j'étais PDG d'une entreprise où j'étais le
00:37:03seul opérateur. Oui, mais je pense que ça a été un peu grandit.
00:37:08On pourrait en être très fiers, mais ce n'est pas comme ça que je le
00:37:10présente. En tout cas, c'est une activité de conseil que j'ai eue et
00:37:13par ailleurs, quand j'ai été nommé délégué interministériel, j'ai
00:37:16immédiatement 10 sous cette société avant même qu'on me le demande.
00:37:21considérant que je passais à une autre étape de ma vie professionnelle
00:37:25et chose avec laquelle je suis parfaitement à l'aise. Par ailleurs,
00:37:29les entreprises que j'ai conseillées étaient des grandes entreprises
00:37:31qui étaient sur différents champs et qui demandaient des conseils
00:37:35assez précis sur le Covid. Ce n'était pas ma seule activité,
00:37:38mais en tout cas, je n'ai pas du tout de sujet pour en parler
00:37:41de façon très libre. Et évidemment, par rapport à cette question des
00:37:44liens d'intérêt que vous mentionnez, je crois que je pourrais faire
00:37:47une liste sans problème en dehors de cette commission pour dire
00:37:49auprès de qui j'ai conseillé. Je ne suis vraiment pas inquiet.
00:37:53mais en tout cas, voilà, j'ai un devoir de transparence et je vous le
00:37:56transmets.
00:37:59Merci. Je passe donc désormais la parole à M.
00:38:02Serge Muller pour le Rassemblement National.
00:38:06Merci Madame la Présidente. J'ai le micro, oui. Merci Madame la Présidente,
00:38:11M. Étienne Pau, mes chers collègues. La prévention n'est pas une option,
00:38:15c'est une nécessité humaine et économique. Elle sauve des vies,
00:38:17évite des souffrances et réduit les coûts pour notre système de santé.
00:38:21Pourtant, la France investit seulement 2,6% de ses dépenses de santé
00:38:25dans la prévention, contre 3,7% en moyenne dans l'Union Européenne.
00:38:30La stratégie nationale de santé avait fixé des objectifs clairs,
00:38:34prévenir les maladies chroniques, améliorer la santé mentale
00:38:37et permettre à nos concitoyens de vivre plus longtemps en bonne santé.
00:38:41Les résultats concrets se font attendre, tandis que des acteurs essentiels
00:38:46comme l'association Aide, acteurs majeurs et historiques de la prévention
00:38:50du sida, subissent des réductions budgétaires régulières.
00:38:54M. Pau, votre expérience à la fondation John Bost, institution emblématique
00:38:58de la force dans ma circonscription, montre que la prévention repose
00:39:02sur une vision exigeante et humaine. Quelles sont vos intentions pour combler ce retard ?
00:39:08La prévention ne peut être l'affaire d'une seule administration.
00:39:12Elle doit fédérer tous les acteurs, s'appuyer sur des données objectives
00:39:16et donner des moyens concrets à ceux qui luttent contre les inégalités d'accès à la santé.
00:39:22Quel engagement comptez-vous prendre pour aligner la France sur les standards européens ?
00:39:27Comment comptez-vous traduire les promesses de la stratégie nationale de santé en actions concrètes ?
00:39:33La prévention n'est pas un luxe, c'est un devoir, un devoir envers ceux qui compteront sur nous
00:39:38pour avoir évité l'évitable. Je vous remercie.
00:39:42M. Adrien Clouet pour la France Insoumise.
00:39:46Merci Mme la Présidente, M. Pau.
00:39:50Cette audition est bienvenue au lendemain d'un des pires votes de la Macronie,
00:39:55celui au cours duquel la ministre Gennevar, jouant l'agent infiltré de Bayer Monsanto,
00:39:59a décidé un empoisonnement de masse via des pesticides neurotoxiques
00:40:04comme l'acétamipride, empoisonnement qui cible essentiellement les enfants.
00:40:08Or, nous disposons encore, à l'heure où nous parlons dans notre pays,
00:40:11d'une agence de surveillance sanitaire de la population, Santé Publique France,
00:40:15que vous aspirez à diriger.
00:40:17Mais cette agence est elle aussi victime des manœuvres du gouvernement
00:40:20qui lui appliquent ces remèdes sanitaires tout à fait douteux, en l'espèce la saignée budgétaire.
00:40:25Puisque, faute d'argent, la veille de la canicule,
00:40:27toutes les campagnes de prévention de Santé Publique France sur les fortes chaleurs
00:40:31ont été bloquées, empêchant des millions de personnes, par exemple,
00:40:34de connaître les bons réflexes à avoir lorsqu'on est coincé dans un îlot de chaleur.
00:40:37Puisque les ministres ont la clim, apparemment tous les autres peuvent cuire.
00:40:40Et le pouvoir macroniste, enfin la passoire à lobby qui en fait office aujourd'hui,
00:40:44tente de mettre au pas l'agence.
00:40:47Pour la première fois cette année, aucune campagne de prévention
00:40:50lors de la journée mondiale sans tabac.
00:40:52Au grand bonheur, bien sûr, de la multinationale de la cigarette.
00:40:55Le gouvernement a par ailleurs retardé de un mois la campagne de sensibilisation
00:40:58aux dangers sanitaires des paris sportifs, histoire de bien y plonger les gens
00:41:02durant la Coupe du Monde.
00:41:03Les experts de l'agent aujourd'hui fournissent pourtant les outils de prévention les plus avancés du pays.
00:41:09Et la Macronie balance absolument tout à la poubelle après deux rendez-vous
00:41:13avec des représentants d'intérêt à la buvette.
00:41:15Alors, le 2 juillet dernier, les salariés de Santé Publique France étaient massivement en grève,
00:41:21d'ailleurs à côté de l'Assemblée nationale.
00:41:23Elles étaient avec une quinzaine d'autres agences menacées.
00:41:25Une grève pour défendre une expertise indépendante du pouvoir, une santé indépendante des lobbys
00:41:30et des savoirs indépendants des officines privées.
00:41:34Dès lors, question très simple.
00:41:36Comment imaginez-vous assurer l'indépendance scientifique de l'organisme face au pouvoir ?
00:41:40Vous avez parlé de différents tableaux de bord ou d'indicateurs.
00:41:44Moi, là, ce qui m'importe, c'est les métiers et la liberté professionnelle des agents de pouvoir contribuer,
00:41:50de pouvoir publier, de pouvoir diffuser leurs savoirs sans être mis sous tutelle d'un ministre
00:41:55ou d'une ministre qui, généralement, on est là pour quelques semaines
00:41:58et travaille de manière très douteuse en lien avec l'intérêt général.
00:42:06Monsieur Jérôme Gatch pour le groupe socialiste.
00:42:09Merci, Madame la Présidente. Je partage les questions centrées vraiment sur le sujet de l'indépendance.
00:42:15C'est le grand défi auquel vous allez être confronté avec les inquiétudes
00:42:18que les salariés de Santé publique France, mais au-delà de tous les acteurs de la Santé publique,
00:42:22n'ont pas manqué de déployer dans la période les questions d'indépendance sur les campagnes de prévention.
00:42:30L'exemple de l'alcool a été redonné.
00:42:33Et là, l'indépendance, elle s'atteste, elle se vérifie dans le quotidien.
00:42:37Il faut que vous nous redisiez comment vous pouvez le garantir.
00:42:40Je veux du coup me cibler sur un sujet qui est parfois un peu sous les radars.
00:42:46Dans cette réorientation des missions de l'Agence, il y a le transfert annoncé de la réserve sanitaire
00:42:53et des stocks stratégiques vers le ministère de la Santé.
00:42:57Et du coup, le périmètre de l'Agence que vous vous préparez à diriger va être profondément remanié.
00:43:01Comment comptez-vous gérer cette phase de transition logistique et humaine sans créer de trou dans la raquette sanitaire ?
00:43:08Quel est votre positionnement, votre vision du positionnement de Santé publique France une fois délesté de ces bras armés opérationnels
00:43:18?
00:43:18Derrière ça, je le dis très sincèrement, ce sont les inquiétudes que nous pouvons avoir.
00:43:25Vous êtes héritier des missions de l'EPRUS.
00:43:29Vous avez la mémoire logistique, l'expertise pharmaceutique, le maillage opérationnel de ces stocks et de la réserve.
00:43:35Comment allez-vous accompagner ce transfert sans qu'on perde ce savoir-faire critique
00:43:39ni sans désorganiser la capacité de réaction immédiate de la France en cas d'urgence sanitaire ?
00:43:46Et évidemment, il y a derrière ça, et si c'est votre vision, parce que d'une manière ou d
00:43:49'une autre, j'espère que vous serez associé à ces décisions,
00:43:53il y a l'épineuse question de la gestion de ces stocks, même si ce n'est plus vous qui
00:43:58en aurez directement la responsabilité,
00:44:01mais votre vision peut être utile.
00:44:03Comment pensez-vous qu'il faille passer d'une logique de stockage statique, sujette aux péremptions et aux surcoûts,
00:44:10à un modèle dynamique de rotation avec le réseau hospitalier qui soutienne incidemment et directement la souveraineté industrielle française ?
00:44:18Merci.
00:44:20Monsieur Jérôme Hende pour la droite républicaine.
00:44:23Oui, merci Madame la Présidente, Monsieur Étienne Pau, mes chers collègues.
00:44:26Au vu des fonctions que vous avez occupées, délégués interministériels aux troubles du neurodéveloppement et médecins addictologues,
00:44:33notamment, je souhaitais aborder avec vous plusieurs sujets qui devraient nous relier.
00:44:38Concernant les addictions, un récent baromètre Ipsos révèle une importante dégradation de la santé mentale et comportementale des jeunes français
00:44:46en lien avec une intensification des pratiques addictives.
00:44:4977% des jeunes déclarent avoir déjà souffert de troubles liés à leur consommation d'alcool ou de drogue.
00:44:56Accidents, isolement, échecs scolaires, problèmes financiers ou pensées suicidaires, soit plus 8 points depuis 2021.
00:45:02Et un jeune sur 5 a déjà eu un accident de la route lié à sa consommation de substances, soit
00:45:07plus 4 points depuis 2024.
00:45:10On assiste notamment dans notre pays à une explosion de l'usage récréatif du protoxyde d'azote,
00:45:14particulièrement dangereux pour la santé puisqu'il peut aller jusqu'à provoquer des complications cardiovasculaires et des troubles neurologiques et
00:45:20moteurs sévères.
00:45:20Pour ma part, j'ai souhaité dans le cadre du projet de loi Riposte inscrire ce produit sur la liste
00:45:25des stupéfiants.
00:45:26Pensez-vous qu'on puisse le qualifier ainsi et quelles seraient vos recommandations pour mieux sensibiliser les jeunes à ces
00:45:31dangers et mieux lutter contre sa consommation ?
00:45:33De manière générale, vis-à-vis des drogues, trouvez-vous que nos modèles de prévention sont pertinents et efficaces ?
00:45:39Envisagez-vous de proposer de nouvelles mesures sur ce sujet ?
00:45:42Concernant les troubles du neurodéveloppement chez les enfants et les jeunes,
00:45:45le rapport sur les écrans remis au gouvernement en 2024 indique une relation entre le temps passé devant les écrans
00:45:50et divers problèmes de santé,
00:45:52anxiété, dépression, surpoids mais aussi altération des capacités d'attention et d'interaction sociale.
00:45:58Les experts indiquent aussi que les écrans amplifient les symptômes liés aux troubles du neurodéveloppement
00:46:02et appellent à une sensibilisation accrue des parents et des éducateurs sur les enjeux liés à l'usage des écrans.
00:46:08Pensez-vous que l'on en fasse suffisamment sur ce sujet en termes d'alerte et de prévention ?
00:46:14Quel est votre avis sur la proposition de loi, également sur l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15
00:46:20ans portés à notre vote aujourd'hui ?
00:46:22Enfin, je voulais évoquer un dernier sujet, celui de la recherche sur les cancers pédiatriques.
00:46:26Nous avons récemment voté à l'Assemblée une proposition de loi visant à mettre en place un programme de soutien
00:46:30à l'innovation thérapeutique contre les cancers,
00:46:33les maladies rares et les maladies orphelines de l'enfant.
00:46:36Avec le ministère de la Santé, ferez-vous de ce sujet si sensible une priorité ?
00:46:40Je vous remercie.
00:46:42Madame Sandrine Rousseau pour le groupe écologiste et social.
00:46:48Merci Madame la Présidente.
00:46:52Merci Madame la Présidente.
00:46:54Alors pardon, parce que je n'avais pas prévu d'intervenir tout de suite, mais je vais prendre la parole
00:46:57maintenant.
00:46:57Donc ce sera une prise de parole moins préparée.
00:47:00Mais je me permets d'insister sur plusieurs prises de parole de mes collègues précédentes.
00:47:06La force des agences comme Santé publique France, c'est la confiance que les citoyens accordent à votre agence.
00:47:12En fait, c'est ça son capital principal.
00:47:15C'est-à-dire que si les citoyens doutent des productions scientifiques que vous publiez, de la manière dont vous
00:47:22publiez, du calendrier dans lequel vous les publiez,
00:47:25alors c'est au-delà de votre agence, toutes les agences indépendantes qui vont susciter le doute parmi la population.
00:47:32Et à la fin, c'est l'indépendance même de l'expertise qui sera questionnée.
00:47:36Et donc pour moi, c'est la question essentielle que je souhaite vous poser.
00:47:39Vous savez qu'il y a des inquiétudes extrêmement importantes là-dessus.
00:47:43Donc la question, ça n'est pas tant comment vous allez produire vos données, comment vous allez exploiter ces données
00:47:49ou quelles sont vos priorités, même si j'aimerais vous entendre là-dessus.
00:47:53La question, c'est plus à l'heure du complotisme, à l'heure des fake news, à l'heure aussi
00:47:58où il y a eu plusieurs fois des rapports qui n'ont pas été publiés dans les temps,
00:48:02dont la publication a été retardée, dans la publication desquelles le gouvernement est intervenu pour faire en sorte que ça
00:48:10ne sorte pas tout de suite,
00:48:12et notamment sur des questions de santé, et je pense évidemment par exemple aux effets des pesticides.
00:48:17J'aimerais vraiment beaucoup savoir que ferez-vous, et ce sera ma seule question, si le gouvernement vous demande de
00:48:22retarder ou de ne pas publier un rapport.
00:48:26Merci. Nous avons quatre questions des collègues, donc je vous propose de prendre les quatre questions, de faire une suspension,
00:48:33excusez-nous, mais nous avons un vote d'une motion de rejet à aller faire, donc nous vous abandonnerons quelques
00:48:40moments,
00:48:41et puis nous reviendrons pour écouter vos réponses.
00:48:44Donc, Madame Karen Hérodit, si ça convient à tout le monde, nous procédons comme ça.
00:48:49Merci Madame la Présidente.
00:48:50Monsieur Pau, merci d'être présente devant nous aujourd'hui.
00:48:53Je voudrais vous parler d'une chose toute simple, mais qui me tient à cœur, la confiance.
00:48:57Santé publique France, c'est l'agence qui veille sur nous.
00:48:59Elle surveille les épidémies, elle nous prévient quand arrive une canicule.
00:49:03Ce sont des campagnes qui ont fait reculer la consommation de tabac dans notre pays,
00:49:07en disant, à peine l'agence est devenue une référence,
00:49:09et je crois que beaucoup de Français y sont attachés, souvent sans même le savoir.
00:49:13Et pourtant, aujourd'hui, le gouvernement la démonte.
00:49:16Il lui a déjà retiré la gestion des stocks sanitaires.
00:49:19Il veut lui retirer dès 2027 ses campagnes de prévention pour les confies au ministère et à l'assurance maladie.
00:49:24Son budget, lui, a chuté de 40% cette année.
00:49:26Mais regardez ce qui se passe déjà.
00:49:28Pour le drive januari, rien.
00:49:31Et pour la première fois, aucune campagne pour la journée sans tabac.
00:49:34Et cinq jours de retard pour alerter sur la canicule.
00:49:37A chaque fois, c'est la même histoire.
00:49:38La prévention recule et les lobbies avancent.
00:49:40On nous explique que tout cela vise à clarifier la parole publique.
00:49:45Franchement, je n'y crois pas une seule seconde.
00:49:48Le vrai but, ce sont les économies.
00:49:49Le gouvernement veut supprimer un tiers de ses agences pour économiser 2 à 3 milliards d'euros.
00:49:54Voilà la réalité.
00:49:55Alors, je vais vous poser trois questions.
00:49:57Vous savez mieux que personne qu'une campagne de prévention ne fonctionne que si les gens y croient.
00:50:01Or, 80% des Français ne font plus confiance au gouvernement.
00:50:04Comment une prévention pilotée par ce même gouvernement pourrait-elle encore convaincre qui que ce soit ?
00:50:09Trois inspections de l'EGAS ont visé votre future agence depuis 2025.
00:50:12Et pas un seul rapport n'a été rendu public.
00:50:14C'est notamment sur cette base que le gouvernement veut transférer les campagnes de prévention au ministère et à l
00:50:19'assurance maladie.
00:50:20Allez-vous demander la publication de ces rapports et l'arrêt de ce transfert ?
00:50:24Enfin, acceptez-vous de servir de caution scientifique à ce démantèlement ?
00:50:28Ou aurez-vous le courage de dire non et de défendre l'indépendance de votre agence ?
00:50:31Je vous remercie.
00:50:34Monsieur Thibault Bazin.
00:50:36Merci Madame la Présidente.
00:50:37Monsieur Pau, votre nomination en fonction de directeur général de l'Agence nationale de santé publique est envisagée.
00:50:45Je vous ai connu comme délégué interministériel au Troupe du Neurodéveloppement alors que je présidais le groupe d'études Autisme
00:50:51durant la 16e législature.
00:50:53C'est des législatures un peu raccourcies.
00:50:57Je ne reviendrai pas sur les problèmes qui ont existé sur la gestion des stocks avec des pertes importantes et
00:51:06du gâchis qui se chiffrent en millions d'euros.
00:51:12Il y a eu une réorganisation des missions et des compétences.
00:51:17Ce qui m'avait beaucoup surpris en tant que rapporteur général quand j'ai opéré une innovation en précisant les
00:51:23dotations aux différents opérateurs de l'État,
00:51:24c'est que Santé publique France demandait une augmentation très très importante de ces moyens alors qu'on était là
00:51:35à essayer de faire en sorte que les efforts soient équitablement partagés, répartis.
00:51:43Et donc c'est vrai que quand on m'a expliqué que c'était dû au problème de stock, je
00:51:47vous avoue que dans une période où tout le monde devait faire des efforts, ça pouvait sembler injuste.
00:51:52Il y a une répartition des missions, notamment sur les campagnes de communication et de sensibilisation qui sont transférées au
00:51:59ministère, question des stocks.
00:52:02Moi je serais très intéressé alors qu'on sait qu'on a des moyens limités, que vous avez des missions
00:52:07qui demeurent et qui sont importantes.
00:52:09Quelles pistes vous avez identifiées de l'extérieur en termes d'efficience, de manière à ce que vous puissiez garantir
00:52:16à la fois l'indépendance mais aussi la qualité au rendez-vous des missions qui vous sont données
00:52:21et peut-être même des pistes de simplification qui permettraient de diminuer certaines de vos charges pour vous concentrer de
00:52:29manière plus adaptée sur les missions qui demeurent au service de nous assurés.
00:52:35Merci Madame Justine Créoy.
00:52:37Merci Madame la Présidente, Monsieur Pau.
00:52:40Jamais notre jeunesse n'a été autant exposée à des risques sanitaires multiples alors que le tabagisme recule de nouvelles
00:52:47addictions progrès.
00:52:48Cigarettes électroniques, produits nicotiniques de nouvelle génération, cannabis de synthèse, protoxyde d'azote détourné de son usage initial.
00:52:56Dans le même temps, l'obésité continue de gagner du terrain.
00:53:00L'activité physique recule particulièrement chez les adolescentes et le temps passé devant les écrans atteint des niveaux sans précédent.
00:53:06Ces phénomènes ne sont pas isolés, ils dessinent une même réalité, celle d'une jeunesse de plus en plus exposée
00:53:12aux conduites à risque et de moins en moins protégée par les comportements favorables à la santé.
00:53:17La grande cause nationale de la santé mentale ne doit pas rester un concept mais bien une prise de conscience
00:53:23des combats à mener.
00:53:24Face à cette accumulation de signaux préoccupants, considérez-vous que nous sommes aujourd'hui en train de perdre la bataille
00:53:30de la prévention auprès de notre jeunesse ?
00:53:33Et quelles mesures de rupture entendez-vous porter pour inverser durablement cette trajectoire ? Je vous remercie.
00:53:40Madame Nicole Dubré-Chirat.
00:53:42Merci Madame la Présidente, Monsieur Pau, merci pour vos propos introductifs.
00:53:48La mission de l'Agence, c'est de contribuer à améliorer et protéger la santé des Français et de la
00:53:54population en général.
00:53:55On parle beaucoup de prévention mais on a du mal à passer à l'action ou au renforcement des actions
00:54:02de prévention.
00:54:03J'aurais surtout un exemple, je dirais, que je voudrais citer, que vous avez parlé beaucoup de santé mentale.
00:54:08On a eu l'occasion de faire une mission avec Sandrine Rousseau, plus une commission d'enquête pendant laquelle on
00:54:14vous a auditionné.
00:54:17Le diagnostic, il est fait sur la santé mentale, tout le monde l'a fait, les rapports s'empilent.
00:54:21Sauf qu'on a une difficulté à mettre en œuvre du dépistage, de l'orientation pour inscrire mieux les personnes
00:54:30et les individus dans la vie scolaire, dans la vie professionnelle, dans la vie sociale et accompagner les aidants.
00:54:36Donc qu'est-ce qu'on peut mettre en œuvre davantage pour accompagner cette mise en place d'action, pour
00:54:43mieux protéger les jeunes, en tous les cas, sur ces troubles psychologiques qui montent en puissance ?
00:54:52Et la question qui va avec, c'est aussi sur l'hyperconsommation des médicaments en tout genre, dans le domaine
00:55:01de la santé mentale.
00:55:03Mais pas que. On est dans une hyperconsommation médicale en général et médicamenteuse, entre autres, qui coûte très cher à
00:55:11la sécurité sociale, du fait des effets secondaires qui se posent, notamment pour les personnes âgées,
00:55:18où on a des recto verso d'ordonnances qui n'ont plus aucun sens, alors qu'on sait que plus
00:55:23de cinq médicaments ne servent à rien.
00:55:25Donc comment est-ce qu'on peut travailler sur cette thématique-là pour mieux protéger les personnes et faire des
00:55:34économies aussi potentielles ?
00:55:37Et j'avais la même question sur les consommations de drogues multiples et variées chez les jeunes.
00:55:44Et la législation qu'on pose, nous, est toujours en retard par rapport aux envies de consommation diverses et variées
00:55:52de produits qui sortent sur le marché.
00:55:55Je vous remercie.
00:55:57Merci beaucoup. Je lève la séance quelques instants pour que nous puissions aller voter. Nous revenons.
00:56:02Vous écoutez.
00:56:25Merci.
00:56:55Merci.
00:57:25Merci.
00:57:55Merci.
00:58:25Merci.
00:58:55Merci.
00:59:25Merci.
00:59:55Merci.
01:00:25Merci.
01:00:55Merci.
01:01:25Merci.
01:01:55Merci.
01:02:25Merci.
01:02:55Merci.
01:03:25Merci.
01:03:55Merci.
01:04:32Merci.
01:04:36Merci.
01:04:37Mesdames et messieurs les députés.
01:04:40Mesdames et messieurs les députés, merci beaucoup pour vos questions et dont je constate qu'une grande majorité sont consacrées
01:04:45à l'indépendance scientifique sur lequel je vais répondre, j'espère suffisamment.
01:04:49Je vais tout d'abord vous dire que je vais reprendre l'exemple des fonctions que j'occupe actuellement. Je
01:04:54suis extrêmement attaché à la transparence dans l'exercice de mes missions.
01:05:00Je n'étais pas issu du CERAIL, quand j'étais nommé délégué interministériel, j'avais des fonctions beaucoup plus classiques
01:05:06de médecin au sein d'établissements et de services. Et quand je dis que je suis très attaché à la
01:05:10transparence, c'est que je vais vous donner un exemple concret.
01:05:12Il y a des actions qu'on a menées dans la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement sur lesquelles
01:05:16je n'étais pas satisfait, sur lesquelles je pense que globalement on a failli.
01:05:22Je prends l'exemple par exemple d'ouverture d'unités renforcées pour des personnes autistes en situation complexe. J'ai
01:05:27demandé à ce qu'on aille voir, avec un tiers indépendant, voir ce qui ne fonctionnait pas.
01:05:31La conclusion était sans appel, ça ne fonctionne pas bien, on est en train de revoir l'intégralité du cahier
01:05:35des charges et je souhaite faire appliquer la même méthode, étant peut-être naïvement convaincu que la transparence, en fait
01:05:45ça marche.
01:05:45C'est-à-dire que je suis assez persuadé que si on fait mal quelque chose et qu'on l
01:05:49'explique correctement aux Français, je pense qu'ils peuvent l'entendre.
01:05:51Donc ça, je continuerai à le faire parce que jusqu'à présent, c'est mon identité, c'est comme ça
01:05:57que je vois les choses.
01:05:58De la même façon qu'en tant que médecin vis-à-vis d'un patient, vous n'êtes pas dans
01:06:00un rapport où vous réfléchissez à ce que vous allez dire, pas dire.
01:06:04Globalement, vous êtes dans un rapport qui est authentique, ça c'est le premier point.
01:06:08Le deuxième point, c'est que vous évoquiez notamment comment faire pour combler le retard pris dans les politiques de
01:06:13santé publique en France.
01:06:14Alors bien heureusement, on n'a pas du retard sur tout.
01:06:17L'Agence Nationale de Santé Publique et l'ensemble des collaborateurs de l'Agence Nationale de Santé Publique mènent un
01:06:23travail remarquable sur un nombre de dispositifs,
01:06:26notamment de surveillance, que je ne peux pas lister ici tant il est conséquent, qui je pense ne parlerait pas
01:06:33à l'immense majorité des Français,
01:06:34mais qui montre encore une fois un travail substantiel de cette agence.
01:06:37Ce qui me permet déjà de dire que, même si, j'ai bien entendu, il y a, et ça me
01:06:42permet de répondre aussi à cette question du député Jérôme Quiche que je salue à nouveau,
01:06:48concernant le transfert des bras armés de Santé Publique France,
01:06:52Finalement, l'essentiel de l'activité de Santé Publique France, c'est ces innombrables registres qui permettent de savoir ce
01:06:58qui se passe dans notre pays.
01:06:59C'est au secours, par exemple, pour les urgences, c'est Odyssée qui est un portail d'open data,
01:07:05c'est le regroupement au niveau, même avec l'ANSES, de Green Data for Health, qui permet justement de suivre
01:07:11des expositions environnementales,
01:07:13de mieux comprendre ce qui peut se passer en réfléchissant sur ces données.
01:07:17Ce que je veux dire par là, c'est que sans changer tout ce qui se passe du sol au
01:07:20plafond dans une agence,
01:07:21on peut quand même réfléchir à la lisibilité de celle-ci, et je vais mettre un peu les pieds dans
01:07:26le plat.
01:07:26Je ne suis pas convaincu que l'immense majorité des Français sache la différence entre ANSES, ANSM, Santé Publique France,
01:07:33DGS, INCA, HAS,
01:07:36et donc c'est pour ça que je plaide beaucoup pour que Santé Publique France, l'Agence Nationale de Santé
01:07:41Publique,
01:07:41ait un vrai rôle d'animation et de s'assurer que celui qui porte la meilleure expertise scientifique fasse.
01:07:49Vous avez donné un exemple et l'un de vous a insisté sur, par exemple, les cancers pédiatriques.
01:07:53Je discutais récemment avec le directeur général de l'INCA.
01:07:56C'est évident que si l'INCA porte la très grande expertise sur le cancer, et notamment sur les cancers
01:08:02pédiatriques,
01:08:02il faut que Santé Publique France soit à son service sur le sujet, pour partager les bases quand c'est
01:08:07nécessaire, et inversement.
01:08:09C'est-à-dire que je considère que l'opérateur Santé Publique France doit fonctionner avec ses opérateurs frères et
01:08:15sœurs,
01:08:16que ce soit l'ANSM, l'ANSES, dans un climat très parallèle,
01:08:20pour que, globalement, chacun puisse servir les intérêts scientifiques des autres.
01:08:25Concernant l'indépendance scientifique que vous avez évoquée,
01:08:30encore une fois, je suis favorable à la transparence.
01:08:32Je considère que tout rapport, dès lors qu'il est produit, doit être publié.
01:08:35Par contre, ce qui est vrai, c'est que si vous évoquez l'ensemble des registres de surveillance que je
01:08:41pourrais lister,
01:08:41et les rapports qui sont attenants, ça nécessite quand même un minimum de les expliquer,
01:08:45qu'il y ait de la pédagogie, qu'il y ait une communication adaptée autour.
01:08:48Et ce qui est certain, et c'est sans doute peut-être le travail qui m'attend si je dirige
01:08:53cette agence nationale de santé publique,
01:08:55c'est que la production, elle est foisonnante.
01:08:58Je mets au défi quiconque de lister l'intégralité des dispositifs de surveillance portés par l'Agence nationale de santé
01:09:04publique.
01:09:04Un, ça montre qu'ils font énormément, mais deux, ça montre qu'en termes de communication et de partage de
01:09:10l'information vis-à-vis des Français,
01:09:11il faut qu'on arrive à avoir une communication qui soit aussi plus claire, parfois plus concise,
01:09:17parce qu'on vit une période aussi qui est très accélérée à tout niveau.
01:09:22C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je vois n'importe qui qui communique sur la santé publique, sur les
01:09:25réseaux sociaux.
01:09:25Comment l'Agence nationale de santé publique rivalise avec ça en sachant que c'est elle qui a l'expertise,
01:09:30au contact, bien sûr, des autres opérateurs que j'ai mentionnés.
01:09:35Concernant les consommations ou plutôt les addictions, vous avez évoqué, bien sûr, la consommation d'alcool.
01:09:41Alors moi, je ne reviendrai pas sur ce qui est dit vis-à-vis du gouvernement, etc.
01:09:46Ça, je charge à chacun de répondre sur le sujet.
01:09:48Ce que je peux juste vous dire, c'est que sur la consommation d'alcool, la consommation de tabac,
01:09:53la consommation de protoxyde d'azote, c'est des sujets que j'ai toujours traités.
01:09:56Et je crois qu'on peut le regarder dans mon historique.
01:10:00J'ai toujours considéré que c'était une problématique majeure,
01:10:03une problématique majeure d'invalidité pour un certain nombre de personnes dans notre pays.
01:10:07Pour même aller plus loin, je le dis régulièrement,
01:10:09les personnes qui consomment de l'alcool et qui ont une dépendance sévère,
01:10:12ça constitue la file active très importante des services d'hépatogastro-entérologie de notre pays.
01:10:18Donc, on en a bien conscience que c'est un problème et qu'il faut s'en saisir.
01:10:21Et je suis convaincu que l'Agence nationale de santé publique,
01:10:23peut-être avec un directeur général qui sera addictologue qui plus est,
01:10:27aura à cœur de poursuivre ces actions.
01:10:30Concernant la question qui m'a été posée, très concrète.
01:10:33Qu'est-ce que je fais si le gouvernement me dit de ne pas publier une étude ?
01:10:37Je ne sais pas si ça m'a été présenté comme ça.
01:10:38Je crois que c'était une question aussi concrète que ça.
01:10:42Et alors, si très clairement, je ne me vois même pas dans cette configuration,
01:10:47pour ceux qui connaissent mon caractère, je me battrai pour publier l'étude.
01:10:51J'ai tendance à penser, vu que c'est aussi le gouvernement qui fait que je suis présent devant vous
01:10:55aujourd'hui,
01:10:55que jamais le gouvernement ne me fera une telle demande.
01:10:58Par contre, c'est plutôt que dans les évolutions politiques que peut connaître notre pays, etc.
01:11:02Je suis comme n'importe quel citoyen de ce pays.
01:11:04Je suis très attaché à l'indépendance scientifique, parce que je ne sais pas ce qui peut arriver.
01:11:08Donc oui, l'indépendance scientifique de l'Agence Nationale de Santé Publique, c'est fondamental.
01:11:13J'y suis extrêmement attaché comme citoyen, et ça, je le réaffirme, et y compris en tant que soignant.
01:11:19Là où je suis aussi très clair, c'est que, et ça ne date pas d'hier,
01:11:22l'Agence Nationale de Santé Publique, elle a en effet sa tutelle qui est la Direction Générale de la Santé.
01:11:26Mais pour rassurer tout le monde, au sein des effectifs de la Direction Générale de la Santé,
01:11:29comme au sein du centre de crise, vous avez aussi de nombreux experts de la veille sanitaire,
01:11:33de l'épidémiologie, de la crise, avec qui je considère quand même qu'on va travailler
01:11:38évidemment en bonne intelligence, sinon il n'y aurait pas de relation de tutelle à opérateur.
01:11:42Mais en tout cas, pour répondre à votre question, je ne me vois pas dans une telle configuration.
01:11:47Je considère que tous les travaux de Santé Publique France doivent justement pouvoir être expliqués avec pédagogie.
01:11:53Par contre, ce qui est certain, c'est que quand je me suis plongé dans tout ce que fait Santé
01:11:57Publique France,
01:11:59globalement, je serais très malhonnête si je vous disais que j'ai compris le moindre détail du moindre registre.
01:12:04Justement, je pense que mon rôle en tant que directeur général à venir, c'est de m'assurer que les
01:12:09meilleurs experts se chargent de ces dossiers-là,
01:12:11me fassent un résumé que moi je vais comprendre, même si je suis certes médecin du champ,
01:12:15si déjà je le comprends, je me dis que ça sera déjà très bien, et qu'ensuite on puisse se
01:12:18transmettre comme tel aux citoyens.
01:12:20C'est aussi la particularité d'une audition, c'est que finalement on en vient à dire tout ce qu
01:12:24'on pense pouvoir faire avec l'Agence Nationale de Santé Publique
01:12:26sans y avoir les pieds tout de suite, donc évidemment que je reviendrai avec plaisir, y compris devant vous,
01:12:33avec peut-être un rapport d'étonnement, pour vous dire un petit peu ce que je pense de tout ça,
01:12:36mais en tout cas ça c'est fondamental.
01:12:37Il y avait aussi un sujet bien sûr d'efficience, que je voulais juste rappeler, tout comme la façon de
01:12:45lutter contre le complotisme.
01:12:46Je crois qu'encore une fois, c'est en ayant des discours très simples en termes de prévention et de
01:12:50promotion de la santé.
01:12:51Vous avez pris l'exemple de la canicule, je n'ai pas peur d'en parler parce que je pense
01:12:54que c'est un sujet que j'ai traité, y compris sur le volet handicap.
01:12:57Si vous regardez la communication qui est faite côté canicule, en réalité elle est portée par beaucoup d'opérateurs et
01:13:04de personnes.
01:13:05La question n'est pas du tout de retirer la prévention et la promotion de la santé à Santé publique
01:13:09France,
01:13:10c'est qui communique de façon harmonieuse sur en plus des mesures de prévention qui, vous l'avez souligné,
01:13:15sont malheureusement assez évidentes, mais pas encore ou insuffisamment appliquées dans notre pays,
01:13:20au-delà en plus des considérations sur lesquelles l'Agence nationale de santé publique se penche tout autant.
01:13:24Pourquoi y a-t-il des îlots de chaleur par endroits ?
01:13:26Est-ce qu'on peut faire remonter une mortalité qui prenne plus en compte le bâti par exemple ?
01:13:31C'est un vrai sujet. Donc évidemment que l'on s'y penchera et que je pense qu'on peut
01:13:35aussi affiner un certain nombre d'indicateurs et de données.
01:13:38C'est pour ça que je suis très précis sur les systèmes de remontée de données,
01:13:41parce qu'il y a certes un sujet de vision globale de ce qu'on peut avoir de l'Agence
01:13:45nationale de santé publique,
01:13:46mais je vous garantis qu'à l'ère notamment où on connaît une accélération incroyable du fait de l'intelligence
01:13:51artificielle,
01:13:52il y a un vrai sujet sur la rapidité à faire remonter des données avec une interopérabilité des systèmes d
01:13:57'information,
01:13:58dont je suis convaincu, y compris à l'Assemblée nationale, on vit tous.
01:14:01Est-ce qu'on s'assure que n'importe quel logiciel communique avec n'importe quel logiciel ?
01:14:04Chacun le vit au quotidien. Ce n'est pas toujours très simple.
01:14:06Il y a un vrai sujet. Comment on fait remonter des données beaucoup plus vite ?
01:14:10Comment on peut avoir des données de mortalité consolidées ?
01:14:12Ce sujet, par exemple, des certificats électroniques de décès, c'est un vrai sujet.
01:14:16Pourquoi on a près de 40% des certificats électroniques, des certificats qui sont encore sous forme papier ?
01:14:21Alors soit on dit que c'est les professionnels qui n'ont rien compris et qui ne sont pas capables
01:14:24de le faire de façon dématérialisée,
01:14:26soit c'est qu'il y a quelque chose qu'on n'a pas suffisamment expliqué.
01:14:28Et ça, très clairement, je veux m'y pencher, parce que ça, ça impacte nos indicateurs et les remontées d
01:14:33'indicateurs de mortalité,
01:14:34et notamment le travail de toutes les équipes de l'Agence nationale de santé publique.
01:14:39Concernant l'hyper-consommation de médicaments, c'est bien sûr un sujet qui nous tient à cœur.
01:14:43Et là aussi, je suis très clair, le rôle de l'Agence nationale de santé publique, c'est aussi d
01:14:47'en discuter avec ses collègues,
01:14:48l'Agence nationale de sécurité du médicament et la Haute autorité de santé, qui comportent la responsabilité, en tout cas,
01:14:54d'agir sur ces sujets.
01:14:55Et je suis persuadé que l'Agence nationale de santé publique peut aussi amener une expertise à leur côté.
01:15:01Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a pas un enjeu à ce que
01:15:03l'Agence nationale de santé publique montre son étiquette partout.
01:15:08Il y a plutôt un enjeu à ce que l'Agence nationale de santé publique soit au service des Français,
01:15:12soit au service de l'ensemble des opérateurs,
01:15:13et soit dans le partage de données, pour que globalement il y ait une recherche scientifique de la plus grande
01:15:17qualité possible dans notre pays.
01:15:20Je crois avoir répondu à un certain nombre de questions. Si j'en ai oublié, je m'excuse et je
01:15:25peux y répondre, bien évidemment.
01:15:29Je pense qu'on peut vous remercier pour la clarté de vos réponses, la transparence et l'engagement que vous
01:15:35témoignez.
01:15:36Au nom de la Commission des affaires sociales, je vous souhaite plein succès dans vos missions futures.
01:15:41Et puis, chers collègues, je vous donne rendez-vous en septembre. Et sans me tromper beaucoup, je peux déjà vous
01:15:48annoncer que l'automne et l'hiver seront bien chargés.
01:15:51Donc prenez des forces pendant l'été, vous en aurez besoin.
01:15:55Merci à tous.
01:16:12Merci à tous.
01:16:12Merci à tous.
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