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  • il y a 5 semaines
Après cinq ans et demi de silence et de dénégations, Cédric Jubillar a suscité un coup de tonnerre judiciaire en reconnaissant, d'abord le 6 juillet dans un courrier, puis le 15 juillet face aux enquêteurs, être à l'origine de la mort de son épouse Delphine.

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00:00Parce qu'on a eu accès aux aveux de Cédric Jubilard, il a raconté à la justice ce qu'il
00:06a fait cette nuit-là lorsqu'il a tué son épouse.
00:09Rappelons d'ailleurs, mais ce sera dans un deuxième temps, que son procès qui devait avoir lieu en septembre finalement
00:13a été repoussé à l'année prochaine.
00:16Mais tout d'abord, que dit Cédric Jubilard à la justice ? Qu'a-t-il fait ce soir-là
00:20?
00:20Voilà ce que dit Cédric Jubilard devant la magistrate qu'il a entendue le 15 juillet dernier.
00:24Et ce sont nos confrères du Parisien qui donnent l'information, donc on est en mesure de vous confirmer que
00:28Cédric Jubilard reconnaît bien les faits.
00:30Et il reconnaît être l'auteur de la disparition de son épouse.
00:32Ça serait un premier point.
00:33Et puis, il va détailler, et très précisément, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, je me suis
00:38couché vers 22h30, explique-t-il.
00:40Le petit Louis et Delphine sont venus me faire un câlin dans mon lit et je me suis endormie.
00:45Je dormais mal depuis quelques temps, dit-il.
00:48Je me réveillais souvent la nuit et puis j'allais fumer, j'étais stressée.
00:52Parce qu'à ce moment-là, souvenez-vous, il parlait déjà de divorce avec sa femme Delphine.
00:56Et ce soir-là, il explique qu'il s'est réveillé en pleine nuit, plutôt vers 1h, 1h30, ce qui
01:01n'était pas forcément la datation qu'on avait.
01:04Et il dit qu'il ne peut pas être plus précis.
01:05Mais qu'il est allé dans le salon, que Delphine lui a tout de suite dit « Qu'est-ce
01:09que tu fous là ? »
01:10Et là, « Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » lui a-t-il répondu.
01:13« Comme on a demandé le divorce, je n'ai plus de compte à te rendre. »
01:16Et là, en fait, visiblement, ça devient très conflictuel.
01:18Elle lui montre son téléphone, elle le montre à Cédric Jubilard, explique-t-il.
01:23Il a l'impression que c'est une photo d'elle un peu sexy, il n'a pas bien vu
01:27exactement ce qu'il y a sur le téléphone.
01:28Mais ça part en insulte, explique-t-il.
01:30Et elle lui dit « Tu n'es qu'une merde, pardon pour le mot, un toxico de merde.
01:35Je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi. »
01:38Et c'est sur ces mots-là qu'il commence, c'est ce qu'il avait dit à sa défense,
01:41à dégoupiller.
01:42« Elle dit quelque chose qui m'a fait péter les plombs, détaille-t-il.
01:46Maintenant, je peux te l'avouer, j'en ai trouvé un qui fait mieux l'amour que toi. »
01:50Souvenez-vous, à ce moment-là, Delphine Jubilard a déjà une liaison avec un homme.
01:54« Je voulais qu'elle se taise, » dit Cédric Jubilard.
01:57« Je l'ai attrapée par le cou, je l'ai serrée, je lui disais « Tais-toi. »
02:00« Je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard, elle est tombée inerte. »
02:04C'est le récit, donc, d'un étranglement.
02:07« Il m'a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants, »
02:12ajoute Cédric Jubilard.
02:13« Je suis en panique et je suis tétanisé. »
02:16Voilà le récit qu'il donne à la magistrate la semaine dernière lorsqu'il est entendu sur les faits.
02:22Et c'est important parce que c'est la première fois qu'on peut poser des mots si précis
02:25et qu'on comprend donc qu'il a essayé dans un rapport très conflictuel et sur fond d'insultes de
02:33la faire taire.
02:34Il a répété plusieurs fois « Je voulais qu'elle se taise, je voulais qu'elle se taise, je lui
02:37répétais plusieurs fois, tais-toi. »
02:39Et ça, ces mots-là, effectivement, ils sont épouvantables, abominables, effroyables.
02:43Je n'ai pas de qualificatif.
02:44– Général Moral, vous venez d'écouter le récit que fait Pauline Reuvena.
02:48Donc, pour Cédric Jubilard, il y a eu cet étranglement.
02:52C'est comme ça qu'il a tué sa femme.
02:54Alors, a priori, si je comprends bien, ils étaient tous les deux debout quand ça s'est produit.
03:00Je posais la question directe.
03:01Comment, enfin, combien de temps peut tuer quelqu'un lorsqu'on l'étrangle ?
03:05Ça dure combien de temps ?
03:06Ça dépend de votre force.
03:09En fait, vous avez dans le larynx un os qui se brise facilement, si vous voulez,
03:16à partir du moment où on exerce une pression très importante.
03:19C'est d'ailleurs ce que recherchent les légistes quand ils essayent de constater qu'il y a eu un
03:26étranglement.
03:28Ça semble retomber aussi, vous savez, il s'est vanté à plusieurs reprises de l'avoir étranglé.
03:33Il l'a même mimé à une de ses visiteuses de prison.
03:39Donc, en fait, dans ses aveux, il reprend un peu ce dont il s'était vanté, puisqu'il s'était
03:45vanté de ça.
03:46Il avait même menacé cette jeune femme de lui faire subir le même sort si elle le trompait.
03:53Si on comprend, si on suit son récit, c'est sous le coup de la colère.
03:57C'est-à-dire qu'il y a une dispute.
03:58Elle lui dit quelque chose qui provoque ce geste.
04:02qu'elle parle de son amant qui ferait mieux l'amour que lui.
04:05Et en fait, il laisse entendre qu'il a pété un câble et qu'il l'a tué.
04:10Le seul problème, c'est que ce n'est que du déclaratif.
04:12Oui, voilà.
04:12Ce ne sont que ses éléments à lui.
04:14C'est sa version des faits.
04:15Et évidemment, il faudrait les confronter à des éléments du dossier.
04:17C'est sa version des faits.
04:18Est-ce que les ossements qu'on a retrouvés pourront confirmer ou non l'étranglement à ce qui s'est
04:23passé ?
04:23Non, pas du tout.
04:24Malheureusement, si vous voulez, comme on l'a dit depuis quelques jours, vu ce qui a été retrouvé à l
04:31'occasion de ses recherches,
04:34on est sur deux os du fémur.
04:38Ce champ dans lequel il a balancé son épouse a été travaillé plusieurs saisons par un agriculteur,
04:46avec des machines agricoles qui peuvent détruire des os.
04:53Et on ne pourra pas faire de constatation.
04:56Si vous voulez, le larynx ne pourra pas être retrouvé.
04:58Par exemple, l'os qu'il y a dedans non plus.
05:00La boîte crânienne, si elle était retrouvée, elle serait extrêmement dégradée.
05:05Donc je pense qu'il ne faut pas avoir d'espoir là-dessus.
05:08Donc on va se baser sur le récit de Cédric Jubilard, qui est le seul, ce soir-là, à insister
05:15à ce qu'il a fait.
05:16Les enfants dormaient.
05:17Il n'y a pas d'autres témoins.
05:19Ce que je voudrais préciser, c'est que ces mots à lui, c'est du pur déclaratif.
05:23Je voudrais aussi rajouter que c'est grâce à Mathias Tesson qu'on a accès à ces déclarations ce soir,
05:28qui sont épouvantables, qui font froid dans le dot, etc.
05:30Mais qu'il faut quand même garder la mesure, parce qu'effectivement, c'est unilatéral.
05:34Il n'y a pas de témoin et on ne va pas réussir à le confronter matériellement aux autres éléments
05:38du dossier.
05:39Maître Tomasini nous a rejoint.
05:41Bonsoir.
05:41Bonsoir.
05:42Vous avez entendu le récit, ce qu'a raconté Cédric Jubilard à la justice, lorsqu'il a fait ses fameux
05:48aveux.
05:48Il a raconté cette nuit-là, il se réveille, sa femme est là et très vite, ça part en conflit,
05:54avec des mots durs, échangés.
05:56Et puis sa femme qui lui dit « j'ai rencontré quelqu'un qui fait mieux la mort que toi
06:01», qu'il le traite de toxico, qu'il l'insulte.
06:06Et là, visiblement, lui, il sort de ses gonds et il l'étrangle.
06:09Bon, c'est son récit.
06:13Mais de toute façon…
06:16Oui, c'est tout à fait crédible.
06:18C'est tout à fait crédible que…
06:21Alors, c'est la théorie et les arguments classiques des auteurs de féminicides.
06:27C'est-à-dire que vous voyez bien qu'il est en train de livrer un scénario où elle l
06:33'a poussé à bout, ce pauvre homme.
06:36Il a eu un geste paroxystique, de fureur, parce que son égo d'homme viril en a pris un coup.
06:49Dès qu'on parle de performances sexuelles, ça les rend fous.
06:54J'ai trouvé quelqu'un qui fait mieux l'amour que toi.
06:56Voilà.
06:56C'est ça qui fait basculer, selon vous ?
06:58Toujours.
06:59Toujours ?
07:00Toujours.
07:01Quand on parle d'impuissance à un homme, de problématiques sexuelles, très souvent, dans les affaires féminicides, c'est le
07:11déclic du passage à l'acte.
07:13J'ai dégoupillé, avait-il dit, à sa défense. C'est exactement ça, le basculement ?
07:16Oui, il a dégoupillé, c'est-à-dire qu'il sort de ses gonds.
07:21Il n'est plus dans une possibilité de raisonner humainement, comme vous et moi.
07:30Après, il dit qu'il dormait très peu, il était stressé, on sait qu'il fumait du cannabis, donc il
07:36n'était peut-être pas dans un état non plus tout à fait serein.
07:40Il était en train de tout perdre, au-delà de cet amant et de cette provocation, selon lui, de sa
07:47femme.
07:48C'est quelqu'un qui va tout perdre, il ne travaille plus, il prend l'argent de sa femme pour
07:52acheter sa drogue.
07:53Il sent surtout que sa femme est en train de lui échapper.
07:54Et sa femme va lui échapper, il va tout perdre, elle va perdre la maison, il va perdre sans doute
07:58la garde des enfants.
08:00C'est vrai que Delphine, pour lui, c'était la lumière, j'allais dire, dans les ténèbres.
08:07Parce que sans Delphine, il n'était rien. Je crois qu'il y avait une problématique aussi financière par rapport
08:12à la maison.
08:13Elle s'occupait parfaitement de ses enfants.
08:16Lui, il ne faisait rien.
08:19Il a même été décrit comme étant violent avec ses enfants, avec son fils notamment.
08:22Oui, exactement. Donc oui, il perdait tout.
08:26Mais vous savez, c'est assez habituel.
08:29Moi, je ne suis pas surprise.
08:30Pardon, mais ça rappelle l'affaire Daval.
08:32Exactement.
08:33Ça rappelle les rapports dans le couple Daval aussi.
08:36Oui, bien sûr. Ça rappelle l'affaire Daval parce que, dans ce dossier également, il y avait une problématique de
08:44virilité concernant M. Daval.
08:48Puisqu'il y avait aussi cette enfance.
08:50Sa femme l'accusait d'être impuissante.
08:51Absolument.
08:52Cet enfant qu'elle voulait avoir.
08:55Et le fait qu'il n'arrivait pas à lui faire cet enfant.
08:58Donc, on a encore ce ressort-là qui entraîne ce questionnement sur la virilité de ces hommes qui peut entraîner
09:08ce type de passage à l'acte.
09:10Après, sur ces déclarations, elles sont assez contradictoires malgré tout avec les éléments de langage de la défense.
09:19C'est-à-dire ?
09:20Parce qu'on avait supposé qu'ils allaient évoquer la thèse des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention
09:28de la donner.
09:29Or, là, avec ces révélations de passage à l'acte d'étranglement, on n'est plus du tout là-dedans.
09:36C'est-à-dire ? Là, il ne peut pas dire que vous ne l'avez pas la tuée ?
09:39En aucun cas. Un étranglement, ce ne sont pas des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la
09:46donner.
09:46Là, on est, d'une manière très caractérisée, dans un passage à l'acte d'homicide.
09:53D'homicide, donc d'acte volontaire.
09:56Même s'il dit « je voulais la faire taire ».
09:59Non mais attendez, ça c'est dans sa tête.
10:01C'est symbolique.
10:04Je voulais la faire taire, effectivement.
10:06Alors là, tout à fait, symboliquement, ces hommes qui étranglent, ils veulent faire taire ces femmes.
10:13Et là, du coup, définitivement.
10:14Et définitivement.
10:15Pour vous, il ne pourra pas plaider la dispute qui a mal tourné ?
10:19Non, non, non.
10:19Mais c'est totalement impossible.
10:21C'est un homicide caractérisé.
10:23Parce qu'encore une fois, il faut savoir qu'un homme qui étrangle une femme, ça met 4 minutes minimum
10:30pour arriver à faire taire définitivement cette femme.
10:35Par ailleurs, il la voit mourir.
10:38Il dit d'ailleurs « je me souviens que je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son
10:42regard ».
10:45Il ne voulait pas affronter son regard.
10:47Oui, mais vous savez que ce n'est même pas un regard parce qu'à un moment donné, lorsqu'il
10:54y a étranglement, il y a une des caractéristiques qui sont les pétéchis sur les paupières.
11:00C'est-à-dire que ça éclate, les vaisseaux éclatent.
11:03Donc en réalité, ils ont tout le temps, ces hommes-là, de s'arrêter.
11:09Oui, de se rendre compte qu'ils vont trop loin.
11:10On peut potentiellement avoir envie de faire taire quelqu'un, mettre ses mains autour de son cou, mais à un
11:17moment donné, quand on la voit suffoquer, parce que c'est ça, et 4 minutes, ça vous paraît peut-être
11:24court, mais c'est très très long.
11:27Donc non, c'est un homicide et j'irai même plus loin parce que je réfléchissais à cela en venant
11:37sur votre plateau et en réalité, on s'aperçoit que ces déclarations sont conformes à ce qu'il avait révélé
11:46à sa compagne Jennifer.
11:51– Il avait parlé d'étranglement.
11:53– Qui a parlé d'étranglement, qui a parlé d'un terrain à quelques kilomètres de la résidence de Gillilard.
11:59– En fait, il avait déjà tout avoué à Jennifer.
12:01– Mais je vais dire plus, elle a quand même, et ça, ça m'avait interloqué, elle a quand même
12:07évoqué le fait qu'il n'y avait pas eu de dispute lorsqu'il avait fait cette clé de bras.
12:14Et on peut imaginer, parce qu'il a pu y avoir une dispute, puisque Louis parle d'une dispute,
12:20Mais potentiellement, le passage à l'acte n'est peut-être pas lié à cette dispute.
12:28Parce que pour moi, il y a potentiellement préméditation,
12:32puisqu'on a découvert que le GPS a borné de sa voiture plusieurs jours,
12:42dix jours avant qu'il ait enterré le corps dans le tas de fumier dans le terrain agricole.
12:49Donc globalement, ce qu'il a dit à Jennifer, c'était qu'il avait prévu tout de même de la
12:54tuer.
12:55Et d'ailleurs, dans le dossier d'instruction, on a une phrase qu'il évoque et qu'il dit à
13:02sa mère,
13:03où il dit de toute façon, je vais l'enterrer, on ne la retrouvera jamais.
13:07Justement, puisqu'on a la suite de ses aveux, c'est Mathias Tesson qui en fait le récit sur ce
13:13qui s'est passé après.
13:14Donc il étrangle sa femme, il la tue, et ensuite...
13:19Et il se dit, il ne faut pas que les enfants voient leur mère.
13:21Donc il veut cacher le corps.
13:22Donc il veut cacher le corps.
13:23Donc en fait, qu'est-ce qu'il fait ? Il la charge sur son épaule, il la met dans
13:27le coffre de la voiture, dit-il.
13:29Et la voiture est ouverte, il va rouler, récupérer d'abord les clés de la voiture qui sont dans le
13:34manteau de Delphine.
13:36Et ensuite, il dit, je ne savais pas où aller, je n'avais pas d'objectif précis, je me suis
13:40retrouvée sur cette route,
13:41mais je me suis souvenu avoir vu des monticules de terreau que j'avais vues avant dans le cadre d
13:45'un chantier.
13:46Vous vous souvenez qu'on se posait la question de la géolocalisation et de la préméditation ?
13:49Je me suis dit que j'allais la mettre là.
13:51Et donc il a évacué, répète-t-il, la terre avec les mains.
13:56Et il a utilisé cette sans-outils, à mains nues, pour pouvoir la dissimuler dans ce terreau.
14:02Il a déposé le corps à cet endroit-là.
14:04Et il rajoute, je pensais qu'on pourrait vraiment la retrouver avant, je suis très étonnée que ça n'ait
14:09pas été le cas.
14:10Et ça, c'est aussi une expression de quelqu'un qui défie un peu les enquêteurs, si je puis dire.
14:15Ça, c'est mon commentaire.
14:16C'est un scénario cousu de fil blanc.
14:19Il déplace le corps parce qu'il ne veut pas que ses enfants le voient.
14:23Il avait tout à fait la possibilité d'appeler immédiatement la police,
14:28de couvrir le corps et le mettre dans un endroit, effectivement, pour que les enfants ne le voient pas.
14:33Et je n'ai pas obligé d'imaginer tout ce scénario compliqué.
14:37Mais attendez, ça n'a aucun sens.
14:39Et de surcroît, n'oubliez pas le pyjama panda.
14:42Parce que ça, c'est un élément qui, moi, me choque.
14:45Que quand les enquêteurs arrivent au petit matin, il s'est donc changé.
14:48Mais attendez, il s'est évidemment changé, pour moi.
14:51Il est en train de faire une machine.
14:52Et ça, c'est mon interprétation.
14:55Comme on n'a retrouvé aucune trace de fumier dans la voiture, sur ses chaussures, sur ses vêtements,
15:02il est clair qu'il a emporté un change dans la voiture.
15:05Donc ça, si ce n'est pas de la préméditation, il a emporté un change dans la voiture.
15:09Et que les vêtements qui ont servi pour transporter le corps dans le fumier et grattés,
15:14il les a mis également dans le fumier.
15:16Oui, la question est de savoir si tout ça a été prémédité ou non.
15:21Si on est finalement face à un assassinat.
15:23Parce que, Paul Conge, vous, vous êtes rendu sur place.
15:26Ce fameux champ où on a retrouvé une partie des ossements de Delphine Jubilard.
15:31La téléphonie est très importante dans cette affaire parce qu'on s'est aperçu que Cédric Jubilard avait été sur
15:38ce champ quelques jours plus tôt, c'est ça ?
15:40Oui, en tout cas, il a été géolocalisé une dizaine de jours à proximité de ce champ grâce à son
15:45téléphone.
15:46Alors, est-ce que ça inclut automatiquement une préméditation là-dessus ?
15:48Il sera très certainement interrogé, ce n'est pas forcément le cas.
15:52Mais en tout cas, de lui-même, il dit d'ailleurs qu'il s'était souvenu de ce monticule de
15:56terreau.
15:57Ça veut dire qu'il avait déjà aperçu ce champ, qu'il avait déjà aperçu ce monticule de compost.
16:02Et c'est vrai que pour y avoir été pendant plusieurs jours, cet endroit est très étonnant parce que...
16:07Ça ressemble à quoi ?
16:08Ça ressemble, vous le voyez à l'image derrière vous, vous avez un champ avec une petite cabane en pierre.
16:13Et juste à côté, vraiment à 50 mètres, à 100 mètres, il y a une route départementale qui passe, la
16:16D600.
16:17C'est une route quand même relativement fréquentée qui va jusqu'à Albi.
16:20Et puis, vraiment, en lisière du champ, au bord du champ, il y a une petite route de campagne qui
16:23passe, une route en bitume.
16:25Et puis, il y a un petit chemin à travers la forêt qui ne va pas très long, qui permet
16:28d'accéder à l'arrière du champ, à l'endroit où les ossements ont été retrouvés.
16:32Donc, ce n'est vraiment pas un endroit à l'abri des regards.
16:34C'est un passage qui est fréquenté en pleine zone de chasse.
16:37Donc, c'est vrai, quand il dit, je suis très étonné que ce n'ait pas été le cas, qu
16:40'on retrouve son corps avant, on peut aller dans son sens.
16:43Parce que, pour le coup, c'est une zone qui était ratissée, qui était fréquentée.
16:47Et même, la dissimulation n'était pas forcément très sophistiquée.
16:50Donc, vous êtes en train de dire que s'il avait choisi un endroit, ce n'est pas forcément là,
16:55ce n'est pas l'endroit le plus discret et le plus impraticable pour cacher un corps.
17:01Non, ce n'est pas le plus discret, mais en revanche, il a quand même bien dissimulé le corps.
17:04Il dit avoir creusé un main nue dans un monticule de compost et d'avoir dissimulé en dessous.
17:08Alors, le monticule de terreau, de compost, ça peut effectivement, disons...
17:12Accélérer la décomposition.
17:13Ça peut accélérer la décomposition, ça peut aussi ramollir un peu le sol, ce qui permet de creuser un peu
17:16plus profond.
17:17Il y a aussi des animaux sauvages qui passent dans le coin.
17:19Il y a vraiment beaucoup de choses qui font que le corps, finalement, a pu échapper à la sagacité des
17:23enquêteurs.
17:23De précision, il y a un questionnement, du coup, sur les enquêteurs.
17:26Il explique qu'il s'est débarrassé du terreau qu'il avait sur les mains.
17:29Et il explique aussi qu'il s'est garé dans le champ.
17:31Donc, ça veut dire aussi qu'il y avait des traces de terre sur les pneus.
17:35Donc, ça, on en reparlera.
17:36Il donne aussi une autre indication sur le téléphone de Delphine, puisque la téléphonie est vraiment au cœur aussi de
17:40ses préoccupations.
17:41Il explique que quand il est rentré à la maison, il a vu le téléphone de Delphine.
17:45Il l'a pris avec une paire de boots et le manteau qui lui appartenait.
17:49Et il a tout jeté, déclare-t-il, dans la poubelle d'un voisin à 50 mètres de la maison.
17:54Ce téléphone, il n'a jamais été retrouvé.
17:55Donc, ça, c'est un questionnement aussi pour les enquêteurs.
17:57Général Morel, est-ce que ça veut dire que l'enquête...
17:59Mais c'est du déclaratif, encore une fois.
18:00Le fait qu'on n'ait pas trouvé le corps alors que, finalement, il n'était pas si caché que
18:03ça, est-ce que c'est une erreur de l'enquête ?
18:06Non, parce que les enquêteurs s'étaient fixés, si vous voulez, à périmètre,
18:10en traçant des cercles sur une dizaine de kilomètres,
18:15qui est une distance raisonnable pour rechercher, dans un premier temps, la personne qui avait disparu.
18:22Et ensuite, pour rechercher un corps, il faut bien se fixer une limite.
18:29Si vous voulez, il y a eu suffisamment de battues avec la population, des gendarmes, des militaires.
18:37Tous les moyens ont été mis en œuvre.
18:40Mais on ne peut pas... Il faut bien délimiter une zone.
18:45Bon, après, sa version des faits, elle va être battue, effectivement, en brèche avec ses arguments
18:52où il a fait un espèce de... On pourrait considérer que c'est un pré-repérage.
18:58Alors, s'il dit qu'il a fait un chantier là-bas, il faudra qu'il justifie qu'est-ce
19:01que c'était comme chantier,
19:02parce qu'il était plutôt décrit comme quelqu'un qui ne bossait pas.
19:04C'est ça.
19:05Donc, quelqu'un qui ne bosse pas, pourquoi il aura un chantier à cet endroit-là ?
19:08Il faudra qu'il aille jusqu'au bout de son raisonnement, si vous voulez.
19:14Quant au portable de Delphine qui aurait été mis dans une poubelle,
19:20bon, alors, soit il a pris la peine de l'éteindre et le portable n'émettait plus,
19:25soit ce portable, il a continué à émettre jusqu'au moment où il a été détruit.
19:31Et ça aussi, comme toutes les données téléphoniques, les GPS et tout ça,
19:36tout a été gelé, stocké et est en main des enquêteurs et de la justice,
19:42il y aura des recherches qui vont pouvoir être faites pour battre en brèche cette version.
19:50Mais enfin, sur un scénario tel qu'il le décrit, heureusement, dans la majorité des cas,
19:57comme le disait l'avocate, les gens téléphonent à la gendarmerie en disant
20:02« Bon, j'ai fait une connerie, je me suis battu avec ma femme, venez vite à la maison. »
20:08– Oui, mais pour autant…
20:09– Sous-titrage ST' 501
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