Personnalité culturellement et politiquement située à gauche, c'est par son propre camp, comme elle le reconnait elle même, que l'artiste a été attaquée, insultée et maltraitée... Le concert de la DJ Barbara Butch a en effet été brutalement interrompu samedi lors du festival Cabaret Frappé, à Grenoble.
L’artiste, tête d’affiche de la soirée, était montée sur la scène du Jardin de Ville peu après 22h20. Dès le début de son spectacle, des militants pro-palestiniens massés devant la scène ont sifflé et scandé des slogans. Leur nombre est évalué entre 150 et 200 personnes selon les organisateurs et la presse locale.
Des drapeaux palestiniens et des banderoles ont été déployés, tandis que certains manifestants adressaient des doigts d’honneur à la DJ. La musique et les prises de parole de Barbara Butch ont été largement couvertes par les huées et les sifflets.
La municipalité affirme que des bouteilles en verre et d’autres projectiles ont été lancés en direction de la scène.
Elle dénonce également le sabotage d’une partie des installations électriques utilisées pour le spectacle.
Après une vingtaine de minutes, les organisateurs et la Ville ont décidé d’arrêter définitivement le concert pour des raisons de sécurité. Barbara Butch a alors quitté la scène sur la chanson « Imagine » de John Lennon, sous la protection des équipes du festival.
La venue de la DJ faisait l’objet d’un appel au boycott depuis le mois de mai, notamment lancé par l’antenne grenobloise de LFI. Les militants lui reprochent d’avoir signé une tribune soutenant la proposition de loi Yadan contre les « nouvelles formes d’antisémitisme ».
Ce texte, finalement retiré, prévoyait notamment d’élargir le délit d’apologie du terrorisme et était accusé par ses opposants de menacer la liberté d’expression.
LFI Grenoble reprochait également à Barbara Butch ses liens culturels avec Israël et une prestation donnée en 2025 dans les jardins de l’ambassadeur de France.
Ses défenseurs affirment au contraire que son engagement est principalement motivé par la lutte contre l’antisémitisme et ne constitue pas un soutien à la politique israélienne. Avant le concert, la mairie avait refusé toute déprogrammation, au nom de la liberté de création et de l’indépendance des programmateurs culturels. Au lendemain des incidents, la maire de Grenoble, Laurence Ruffin, a dénoncé des faits « d’une extrême gravité ».
La Ville a annoncé le dépôt d’une plainte afin d’identifier les responsables des violences et du sabotage présumé des installations. L’adjoint à la culture Alexis Monge devrait également saisir la justice après avoir été visé par des jets de bouteilles lors de son intervention.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a condamné « avec la plus grande fermeté » une atteinte jugée inacceptable à la liberté d’expression.
La Licra dénonce de son côté un « amalgame antisémite » faisant porter à une artiste juive la responsabilité de la politique de l’État d’Israël.
L’avocate de Barbara Butch n’a
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