- il y a 4 semaines
Face à face entre Arnaud Ramsey et David Cozette
Catégorie
🥇
SportTranscription
00:04David Cozette, bonjour.
00:06Bonjour Arnaud.
00:07On se connaît un petit peu, vous êtes ancien journaliste sportif,
00:10même si on est d'abord journaliste plutôt que journaliste sportif,
00:12mais ça c'est un autre débat.
00:14Notamment à Canal+, vous êtes aussi entrepreneur,
00:16je vous présente en quelques mots,
00:18vous êtes une des voix les plus reconnues, identifiées du basket français,
00:22journaliste, commentateur,
00:23je ne vais pas dérouler tout votre CV,
00:25mais vous êtes passé d'Eurosport à Canal+,
00:26RMC Sport, la chaîne L'Équipe ou SWIC,
00:29et vous avez basculé dans l'entreprenariat en 2020
00:32en prenant un hôtel et désormais un restaurant.
00:35On va parler de tout ça en 20 minutes.
00:37Pour commencer, revenons au sport et au basket.
00:40Vous avez commenté les plus grandes compétitions de basket européen et international
00:44pendant des décennies.
00:47Est-ce que vous avez pu commenter Victor Wenbanyama
00:49et qu'est-ce que ça fait de voir une sorte d'ovni du sport français ?
00:52Est-ce que c'est une bénédiction pour le basket et pour le sport français ?
00:56Je ne l'ai pas commenté parce qu'il a commencé à jouer pro
00:59juste quand moi, là, j'ai arrêté.
01:01Je l'ai vu grandir quand il était à Nanterre, adolescence,
01:04que je suis assez proche de tout le staff de Nanterre.
01:06Et le coach de l'époque, Pascal Donadieu, m'avait dit
01:09« Regarde, viens à l'entraînement, viens voir celui-là ».
01:11Il avait 15 ans à l'époque, il commençait avec les pros
01:13et on voyait que c'était un ovni.
01:14Et oui, forcément, il fait un bien fou au sport français.
01:20Après, entre NBA et basket européen,
01:24il faudra qu'il fasse ce qu'il a fait avec les Jeux Olympiques de Paris,
01:27comme Tony Parker.
01:28C'est-à-dire que pour exister dans le cœur du grand public,
01:31pas uniquement le public basket, mais tout le grand public,
01:33il faudra faire les compétitions internationales et gagner des médailles.
01:37Et il pourra faire passer encore un cap.
01:39Le basket français a passé un cap avec Tony Parker
01:41quand il a fait gagner des médailles.
01:43Et là, si jamais il peut faire gagner un titre olympique à Los Angeles
01:46ou le prochain titre mondial, par exemple,
01:50forcément, ça aidera énormément.
01:53Pour ceux qui suivent le basket,
01:55quand on l'a vu débarquer,
01:57on ne pensait pas qu'un joueur pouvait être physiologiquement comme ça,
02:02c'est-à-dire d'avoir des dimensions hors normes,
02:05mais avoir des skills, des qualités,
02:08et une adresse comme un meneur de jeu.
02:12Est-ce que pour vous, comme Tony Parker,
02:13il peut dépasser largement son sport,
02:15exister dans le sport français et mondial ?
02:18Oui, et déjà, il le fait aux Etats-Unis
02:21parce que le basket est une affaire très importante là-bas.
02:24Et oui, il le fera, je pense, que la vraie clé,
02:27ce sera justement les Jeux Olympiques de Los Angeles
02:30où la France fera, si elle est au complet,
02:33fera partie des favorites.
02:35Et lui, il sera vraiment à son prime
02:37parce qu'à ce moment-là, il aura aux alentours de 26 ans.
02:40Et après, en plus, il y a les championnats du monde
02:41qui auront lieu en France en 2031, de mémoire.
02:45Et il y a des échéances extraordinaires
02:47qui pourront lui permettre d'être une superstar
02:49qui dépassera le cadre du sport.
02:51Dans votre parcours, vous avez changé pas mal de fois de médias,
02:54mais c'est aussi lié à l'évolution des droits télé du basket.
02:57Comment vous regardez l'évolution du marché de la télé et du basket ?
03:01Les plateformes de streaming, est-ce que pour le téléspectateur,
03:04déjà pour vous, journalistes,
03:05mais est-ce que aussi pour le téléspectateur,
03:07c'est compliqué de s'y retrouver parfois ?
03:09Oui, c'est très compliqué.
03:10Et c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles
03:12moi, j'ai basculé sur l'entrepreneuriat,
03:14que j'ai repris un hôtel-restaurant
03:15parce que les droits sont très volatiles.
03:18Et quand on voit que même le foot, c'est une galère
03:21et que les clubs de Ligue 1 sont en péril
03:23parce qu'il n'y a quasiment plus de droits à monétiser,
03:27le basket, c'est encore une autre histoire que le football.
03:31Ça change tous les 2-3 ans.
03:33Moi, j'avais repris un hôtel-restaurant
03:35justement en me disant au moins j'aurais une affaire à moi.
03:38Et après, il y a Squeak, une plateforme qui est arrivée.
03:40Donc j'ai revendu mon hôtel.
03:41Mais 8 mois après, Squeak a coulé, n'a plus payé personne.
03:44Et c'est comme ça que je me suis retrouvé, moi, sans rien.
03:46C'est un milieu qui est devenu de plus en plus difficile
03:50et c'est compliqué pour ceux qui en vivent de s'y retrouver.
03:54Est-ce que malgré les Wenbanyama, peut-être qu'il y a l'arbre qui cache la forêt,
03:57est-ce que le basket français est viable économiquement ?
04:00Est-ce qu'il peut trouver sa voie ?
04:01Oui, parce qu'il existe le championnat de France,
04:04que ce soit première, deuxième division.
04:07Les salles sont tout le temps pleines, un peu partout en France.
04:10C'est souvent à tort maintenant qualifié de sport de province et de préfecture.
04:16Ce qui est faux, parce que ce que fait par exemple Paris Basket à l'Adidas Arena,
04:20avec la création d'une culture urbaine très forte, ça marche vraiment bien.
04:24Il y a des grandes salles de 10 000 places.
04:26Il y en a une à Lyon qui s'est créée.
04:28Il y en a une à Orléans.
04:29À Orléans, par exemple, ils sont en deuxième division.
04:32Ils jouent dans une salle de 10 000 et ils font 7 000 de moyenne.
04:35Donc le basket en France vit franchement très très bien.
04:38Et ça vous manque, vous, parfois, de ne pas commenter le basket ?
04:40C'est vraiment fini ?
04:42Parce que parfois vous avez fait des allers-retours ?
04:43Ou votre nouvelle vie maintenant, c'est à...
04:46Bien sûr que ça me manque quelque part,
04:48parce que je le porte en moi depuis toujours.
04:50Moi, j'ai commencé à commenter mes premiers matchs en 92.
04:53Ça fait 35 ans.
04:55J'ai vécu les plus belles émotions de ma vie.
04:57Donc évidemment que ça me manque.
05:01Et l'approche, vous avez justement...
05:02Vous parliez de 1992, les Jeux, Michael Jordan et la Dream Team.
05:07Est-ce que l'accès aux sportifs, quand on est journaliste aujourd'hui,
05:10il a été complètement bouleversé par rapport à une époque que vous avez pu connaître ?
05:13Non pas qu'on se liait des liens d'amitié, mais...
05:16C'est plus la même chose.
05:17Je me souviens d'une génération avant moi qui parlait qu'ils allaient boire des cafés
05:23avec Michel Platini, Alain Giresse à la Coupe du Monde 82 ou même à la Coupe du Monde 86.
05:28Moi, j'ai vécu les dernières années où on pouvait appeler les joueurs en direct,
05:34où on pouvait, après les matchs, aller boire un coup ensemble, refaire le monde ensemble.
05:37Et c'est sûr que les rapports ont changé.
05:39C'est plus aseptisé.
05:43Et il y a une dimension humaine qui n'est plus tout à fait la même.
05:48Donc voilà, les certains dont je fais partie sont un peu nostalgiques de l'ancien temps
05:52où on pouvait vraiment se parler comme ça, de bun à bun,
05:55sans qu'il y ait l'attaché de presse, l'agent, etc.
05:59Avant de basculer sur l'entrepreneuriat et vos expériences de vie,
06:03un mot encore sur le sport, sur la façon dont la jeune génération consomme le sport.
06:10Comment vous voyez ça ?
06:11Est-ce qu'il faut se réinventer ?
06:13Les réseaux sociaux, les matchs sont découpés.
06:15C'est difficile.
06:16Oui, mais je pense que ça reste.
06:20Alors on peut se dire, quand on voit maintenant les jeunes,
06:22ils sont incapables de regarder un seul écran.
06:25Il faut toujours qu'il y ait un deuxième écran à côté.
06:27Ça ne met pas toujours.
06:28Mais je pense quand même que ça reste...
06:30Alors oui, les réseaux sociaux sont indispensables
06:32pour la notoriété de la compétition ou quoi que ce soit.
06:36Mais on se rend compte qu'il y a une complémentarité.
06:38entre les deux.
06:39Et que le linéaire, avec les grandes chaînes herciennes,
06:42qui d'ailleurs souffrent, on le sait, toutes les plus grandes chaînes,
06:45le sport, ça reste une valeur refuge.
06:47Parce que tout se regarde en replay maintenant.
06:50Le sport, c'est le dernier truc qui se regarde encore en direct.
06:54Et on le voit avec l'équipe de France de foot,
06:56qui en plus est séduisante,
06:58qu'on voit que des matchs à minuit,
06:59ils font encore 70% des gens qui sont devant la télé
07:02ou qui font plus de 10 millions.
07:03Mais bon, ça reste une valeur refuge pour les grandes chaînes.
07:07Et c'est pour ça que les droits sont toujours aussi chers, d'ailleurs.
07:10Et malgré tout, est-ce qu'on doit raconter,
07:12journalistes, le sport de la même façon qu'il y a 20 ans ?
07:14Le récit a changé.
07:15Parce que chacun se met un peu en scène.
07:18Un joueur est plus puissant par sa propre...
07:20Oui, en fait, ça dépend du support sur lequel on travaille, effectivement.
07:25Donc maintenant, il y a un peu tout qui est mélangé
07:28entre les influenceurs, les journalistes, etc.
07:31Moi, je m'en tiens à ce que je connais
07:33ou ce que j'ai connu pendant longtemps,
07:34où on est là, non pas nous, pour se mettre en scène
07:38quand on est commentateur,
07:39mais on est au service d'un programme.
07:40Et le but, en tant que journaliste,
07:43c'est déjà, un, de mettre son consultant,
07:45qui est souvent plus connu et plus expert que nous,
07:47en valeur,
07:47et de mettre le match lui-même en valeur.
07:50Parlons de votre hôtel-restaurant,
07:52que vous n'avez plus,
07:53mais racontez-nous en quelques mots
07:55cette expérience fascinante et surprenante
07:58que vous avez lancée.
07:59Vous avez décidé avec votre épouse
08:00de reprendre un hôtel-restaurant dans le Var
08:03quelques semaines avant un événement
08:04qui a un peu mondial.
08:06Justement, c'est parce que les droits
08:07n'arrêtaient pas de changer.
08:09Donc moi, j'avais la chance
08:09d'être un peu reconnu dans ce que je faisais.
08:11Donc je pouvais, tous les deux ans,
08:14suivre les droits.
08:15Mais je me doutais que ça allait s'arrêter
08:17à un moment ou à un autre.
08:17Donc on voulait avoir quelque chose à nous
08:18pour ne pas se retrouver sans rien.
08:21Et finalement, l'avenir l'a montré.
08:25D'ailleurs, c'est une histoire de basket
08:27parce que c'est un ami que j'ai commenté
08:29quand il était joueur de basket
08:30qui s'est reconverti hôtelier dans le sud
08:32où on a passé toutes nos vacances.
08:35Et ça nous a donné envie de faire la même chose.
08:39Après, au niveau du timing,
08:40on n'a pas été super parce qu'effectivement,
08:41ça a mis beaucoup de temps entre la négociation,
08:43trouver un financement.
08:45Ça a mis deux ans.
08:46Et au moment où on a ouvert,
08:48on a ouvert un mercredi.
08:49Et trois jours après, le samedi,
08:50on a fermé avec le confinement généralisé.
08:52Donc c'est vrai qu'on avait l'impression
08:53de vivre un petit peu dans un film.
08:56Et cette histoire, c'était aussi...
08:58Ça a touché, je pense, des gens
08:59parce que ça abrace plusieurs thèmes.
09:01Il y a surtout le changement de vie à 50 ans.
09:03Quand on a 50 ans, parfois,
09:04on fait un peu le point sur sa vie.
09:05Est-ce que je n'ai pas envie
09:06de profiter différemment
09:08avec les années qui vont me rester ?
09:10Et puis la découverte de l'entrepreneuriat.
09:11Moi, j'ai toujours été salarié.
09:12Donc j'ai découvert plein, plein de choses.
09:14Et donc c'est ce que j'ai écrit dans mon livre
09:15L'Hôtel du bord de mer
09:17où je raconte à la fois le changement de vie,
09:19la découverte de l'entrepreneuriat.
09:22Et même si après, on l'a revendu au bout de 4 ans
09:24parce que le basket est revenu à moi,
09:26moi, je suis tellement, tellement heureux.
09:29Ça a été dur, notamment au début.
09:31Mais je suis tellement heureux
09:32d'avoir vécu cette expérience
09:33qui était une vraie expérience de vie.
09:35Alors que quand on est commentateur de sport à la télé,
09:38on est parfois un petit peu,
09:39on est dans un environnement privilégié,
09:41parfois un petit peu hors sol quelque part.
09:43Et là, d'avoir une entreprise à soi
09:45avec les emmerdements qui sont liés,
09:47avec la gestion du personnel, avec tout ça,
09:49c'était une aventure de vie assez extraordinaire.
09:52Et justement, qu'est-ce que vous avez appris
09:53de l'entrepreneuriat que le journaliste
09:55ne vous a pas appris ?
09:57Est-ce que vous avez eu des nouvelles clés,
09:58des nouvelles, développer votre panoplie ?
10:00Déjà, c'est du management.
10:02Alors pour le coup, j'avais été un petit peu
10:03formé en management quand j'étais à Canal
10:05où j'étais rédacteur en chef.
10:06J'avais une rédaction.
10:07Mais là, c'est vraiment une autre échelle encore.
10:11C'est beaucoup de management.
10:12Et c'est réussir à emmener,
10:14d'avoir une vision et de réussir
10:15à emmener du monde avec soi.
10:17Et donc de donner un élan
10:20et de faire adhérer les gens autour de soi
10:23et surtout de ne pas se tromper sur les gens.
10:26Et après, d'avoir suffisamment confiance,
10:28de créer un lien.
10:29Et c'est ce qui donne cette aventure humaine
10:31qui est...
10:32Quand on y arrive, c'est assez gratifiant à la fin.
10:34Vous venez de le dire, vous en avez fait un livre
10:37qui est l'hôtel du bord de mer.
10:38Et avec le recul, vous dites que c'était vraiment de la conscience.
10:41C'est-à-dire qu'en plus, c'est une aventure de famille.
10:42C'est important aussi.
10:43Oui, oui, oui.
10:44C'était un choix qui impliquait toute la famille.
10:46J'ai eu la chance d'avoir une femme qui me faisait confiance.
10:50On a déménagé.
10:51C'était un déracinement pour nos deux filles.
10:55Et on a déménagé alors qu'on n'avait même pas encore finalisé
10:57l'acquisition de l'hôtel.
10:58À un moment, d'ailleurs, c'était très compliqué.
11:00Et je me disais, mais ça ne va pas se faire.
11:03Et on avait déjà revendu notre maison.
11:04On avait tout mis sur la table.
11:05J'avais revendu la maison.
11:06Je n'avais plus de métier.
11:08Et oui, il y a eu des moments un petit peu...
11:10Il y a eu des nuits un petit peu courtes
11:11et c'était un petit peu compliqué.
11:12Il y a beaucoup de passerelles.
11:14Et cette journée d'aujourd'hui est là pour le prouver
11:16entre le sport et l'entrepreneuriat.
11:18Est-ce que vous avez appris des choses ?
11:19Est-ce que vous en avez discuté avec d'autres sportifs
11:21de votre expérience ?
11:23Oui, ça intéresse des sportifs dont on sent
11:27qu'ils réfléchissent à leur après-carrière.
11:32Et moi, la seule chose que je leur dis,
11:34c'est qu'il faut quand même être bien entouré.
11:37Quand ce sont des choses qu'on ne maîtrise pas,
11:39moi, je donne l'élan.
11:40Mais après, il faut choisir les bonnes personnes.
11:41J'avais quand même un expert comptable
11:43qui était avec moi.
11:45J'avais un avocat, un avocat d'affaires
11:48qui était avec moi pour pouvoir m'aider,
11:50pour pouvoir construire le truc,
11:52pour ne pas partir comme ça
11:53et se retrouver après, parfois, en slip
11:55parce qu'on a mal calculé son coût.
11:57Et il y a quand même des passerelles
11:59ou des analogies entre couvrir un événement sportif ?
12:02Oui, le travail.
12:04Clairement, avec un sport collectif.
12:07Et moi, souvent, je faisais des analogies
12:11quand je faisais mes briefings de début de saison
12:13ou quoi que ce soit,
12:14sur le fait que si chacun se prend pour Mbappé
12:17et tout ça, il faut aussi des défenseurs.
12:20Tout le monde sera utile.
12:21Et pour moi, j'ai essayé de mettre en avant
12:23le fait que même le plongeur
12:26ou la femme de chambre
12:27étaient aussi importantes
12:28que le chef, par exemple,
12:30et que c'est seulement ensemble,
12:32parce que chacun va se faire des passes,
12:33travailler l'un pour l'autre,
12:34qu'on arrivera à un résultat commun
12:36et donc de gagner des matchs.
12:37Il y a vraiment des similitudes
12:39sur le management collectif
12:41entre le sport et les entreprises.
12:44Et c'est d'ailleurs pour ça
12:44qu'il y a beaucoup de sportifs
12:46qui interviennent aussi
12:47sur des conférences ou des choses comme ça
12:49pour partager leurs expériences.
12:50Vous étiez en quelque sorte
12:51le manager général
12:52qui essayait d'impliquer tout le monde
12:54dans la même équipe.
12:54Le coach, clairement.
12:55Oui, le coach qui va penser
12:57plus à ses coéquipiers
13:00qu'à lui-même.
13:01Voilà.
13:02Et alors, parfois, il faut recadrer
13:03parce que chaque coéquipier
13:04pense à lui
13:06et il faut donner
13:07un esprit collectif
13:08et il y a beaucoup de similitudes.
13:10Alors, l'hôtel du bord de mer,
13:11ça ne vous a pas vacciné
13:12l'entreprenariat.
13:13Vous dirigez aujourd'hui
13:14un restaurant avec 90 salariés.
13:17Avant de parler
13:18de cet établissement assez connu
13:20qui a appartenu à Jean-Pierre-Yves,
13:21autre icône du sport,
13:22quelques mots sur la façon
13:24dont vous avez atterri
13:24dans cet hôtel
13:25parce qu'il y a un poste LinkedIn
13:27qui a un peu
13:29entre désabusé et...
13:31Oui, oui.
13:32Moi, j'ai basé
13:34toute ma carrière
13:35sur la sincérité
13:36et notamment, je pense
13:36que c'est pour ça
13:37que je touchais les gens
13:37quand je commentais des matchs
13:38parce que les gens sentaient
13:39que j'étais sincère.
13:42Et à notre époque
13:44où tout le monde
13:44se vante de plein de choses
13:45ou s'invente des vies,
13:46ce que je trouve parfois
13:47assez insupportable
13:48sur les réseaux sociaux,
13:50ça m'a rassuré
13:50de voir que la sincérité a payé
13:52parce qu'effectivement,
13:53mon poste où je disais
13:53ben voilà, j'ai 55 ans
13:55et pour la première fois
13:55de ma vie,
13:56je ne sais pas
13:56ce que je vais faire
13:57et ça a profondément
13:59touché les gens.
13:59Il y a plein de gens
13:59qui s'y sont reconnus
14:00en disant
14:01je vis exactement
14:02la même chose
14:02et c'est comme ça
14:04que j'ai eu des retours
14:05que quelqu'un un jour
14:07m'a dit
14:07le directeur général
14:08du groupe Bertrand
14:09souhaiterait vous rencontrer
14:11et je trouve
14:12qu'il y a une morale au truc
14:13c'est que
14:14de se mettre à nu
14:15alors sans impudeur,
14:18voilà,
14:19mais juste dire les choses
14:20telles qu'elles sont
14:21et ne pas tricher
14:23pour y revenir
14:24à s'inventer une vie
14:25et bien cette sincérité-là
14:27elle finit par toucher les gens
14:28et donc elle finit
14:29par payer quelque part.
14:30Parce que le post-LinkedIn
14:31il était aussi
14:32non pas un cri d'Alain
14:33mais c'était un constat
14:34que vous heurtiez
14:35à des portes
14:36dans les médias
14:37qui se fermaient.
14:37Oui, il faut trouver un bon ton
14:38parce qu'on n'est pas là pour
14:40c'est compliqué pour tout le monde.
14:42Je veux dire,
14:42tout le monde a vécu
14:42un moment dans sa vie
14:43des situations difficiles
14:45donc on n'est pas là
14:45pour pleurnicher
14:46et donc j'ai essayé
14:47d'expliquer pourquoi,
14:48de dire
14:49est-ce que la complexité
14:51de mon parcours
14:51fait que personne
14:52ne s'y retrouve ?
14:53En sport on va dire
14:54ben non, toi maintenant
14:55t'es un hôtelier
14:56donc tu ne nous intéresses plus
14:57et en hôtellerie-restauration
14:58on va dire
14:59ben non, toi t'es un journaliste
15:00donc t'as pas assez d'expérience
15:01donc on se retrouve
15:01un peu entre deux eaux
15:02on n'a rien.
15:03L'âge aussi
15:04parce que des gens
15:05peuvent dire
15:05bon écoute, t'as 50 ans
15:06t'as fait ton temps
15:07et tout ça,
15:08ce genre de choses
15:09ou d'avoir même été
15:10chef d'entreprise
15:10pour intégrer une boîte
15:13un manager
15:14pourra se dire
15:14lui il a été
15:15chef d'entreprise
15:15il ne va pas accepter
15:17de recevoir des ordres
15:18donc j'ai essayé
15:19de lister un petit peu
15:20les raisons pour lesquelles
15:21j'avais du mal
15:21à retrouver quelque chose
15:24et oui
15:24donc effectivement
15:25ce poste a été
15:27beaucoup vu
15:28il y a des gens
15:29qui venaient dans la rue
15:30me dire
15:30ah mais j'ai vu
15:31votre poste
15:32et tout ça
15:32c'était assez dingue
15:34et c'est vrai
15:34et c'est d'ailleurs
15:35une histoire de basket
15:36parce que c'est un amateur
15:37de basket
15:37qui a vu mon poste
15:39ça l'a touché
15:39et qui a été voir
15:40le directeur général
15:41qui est l'un de ses amis
15:42du groupe Bertrand
15:43qui lui a dit
15:44il faut que tu le reçoives
15:45c'est un super mec
15:46il n'en savait rien
15:46que j'étais un super mec
15:47il m'avait juste vu à la télé
15:48mais il lui a dit ça
15:49et cette personne
15:50qui ne me connaissait pas du tout
15:51m'a reçu
15:51et c'est comme ça
15:52qu'on a cliqué
15:53et que maintenant
15:54je me retrouve à la tête
15:54d'un bel établissement
15:56et là aussi
15:57il y a un lien de sport
15:58donc tout ça a du sens
15:59parce qu'effectivement
16:00ça a appartenu
16:00à Jean-Pierre Rive
16:02et en plus
16:03c'est un restaurant
16:04qui est tout près
16:04de là où sont situés
16:05tous les médias
16:06dans le sud-ouest parisien
16:07donc ça permet moi
16:08de revoir
16:09tous mes anciens copains
16:10qui viennent déjeuner
16:15pour votre restaurant
16:16je crois qu'il y a
16:17Monsieur Denisot
16:17et plein d'autres sportifs
16:19aussi
16:19après on essaie
16:20de la restauration
16:21franchement
16:22j'ai l'habitude de dire
16:23que je suis passé
16:23du métier le plus facile
16:25de la terre
16:25être payé pour aller voir
16:26du sport
16:27c'est quand même
16:28au métier le plus difficile
16:29je peux vous assurer
16:30que la restauration
16:31c'est vraiment
16:31l'un des milieux
16:32les plus difficiles
16:33qui soit vraiment
16:34milieu très dur
16:35très hiérarchisé
16:36voilà
16:36avec beaucoup
16:37c'est très chronophage
16:39et donc
16:40comme c'est un métier
16:41qui n'est pas rigolo
16:42toujours
16:42j'essaie de donner du sens
16:44et donc je donne du sens
16:45justement
16:46en créant des petits événements
16:47j'avais l'hiver dernier
16:49invité
16:49toutes les plus grandes voix
16:50du sport français
16:51à la télé
16:52toutes chaînes confondues
16:53et qui sont venues
16:54pour moi
16:54si ça avait été quelqu'un
16:55qui avait organisé ça
16:56les attachés de presse
16:57s'en seraient mêlés
16:57en disant
16:58bah non tu vas pas là
16:58etc
16:59donc ils sont venus par amitié
17:00et c'est comme ça
17:01que j'avais
17:02tous les plus grands commentateurs
17:03de foot
17:04de rugby
17:04de tennis
17:05qui avaient tous plaisir
17:06à se retrouver
17:07et moi
17:07j'ai vécu une soirée formidable
17:09parce que j'alliais
17:10mes deux univers
17:11et je donnais du sens
17:12à ce que je faisais
17:13et en plus
17:14je mettais un petit peu
17:15en avant l'établissement
17:16donc c'était une belle expérience
17:18et je vais tenter
17:19de faire ça à la rentrée
17:20avec les consultants maintenant
17:20justement
17:21il y a les consultants
17:22vous avez déjà des noms
17:23ou d'autres idées
17:24pour un peu mêler
17:26faire venir des sportifs
17:27des journalistes
17:28après l'été
17:29déjà moi pour le basket
17:30je rêverais de pouvoir
17:32rassembler une même table
17:33Jacques Monclar
17:34Georges Eddy
17:35et Stéphane Brun
17:36qui pour moi
17:36sont les trois plus grands
17:38consultants
17:38de basket
17:40il n'y a aucun doute là-dessus
17:41mais aussi adjoindre
17:42les plus grands consultants
17:43de foot
17:44de rugby
17:44de tennis
17:45de handball
17:46ceux avec qui
17:47je suis ami
17:48ou copain
17:49ou au moins
17:50on se connait
17:50et je peux les inviter
17:51et leur dire
17:52je vais vous réunir
17:53vous allez parler sport
17:54toute la soirée
17:54vous allez kiffer
17:55moi je serais content
17:56de passer un peu de temps
17:57avec vous
17:57puis enfin voilà
17:59c'est comme ça
18:00qu'on crée
18:01des belles histoires humaines
18:02je suis beaucoup sur l'humain
18:03et justement
18:04parce qu'il ne reste
18:05plus beaucoup de temps
18:06est-ce que vous avez
18:06des sportifs
18:07qui depuis vos aventures
18:08vous ont demandé des conseils
18:12pour élargir leur horizon
18:13justement
18:14ou est-ce que vous échangez
18:16avec eux
18:17pas des conseils
18:17mais ils me demandent
18:18de leur raconter
18:19des histoires
18:19parce que c'est vrai
18:20que pour certains
18:20ils sont assez fascinés
18:22par ce changement
18:25assez radical
18:25changement de vie
18:26total
18:27oui oui oui
18:28complètement
18:29et revenir
18:30commenter le basket un jour
18:32c'est exclu
18:32si on vous le propose
18:35ma vie
18:36ces dernières années
18:37a été tellement folle
18:38que je ne vais pas dire
18:39non je n'y retourne pas
18:41par contre
18:42je ne vais pas tous les matins
18:43me lever
18:44en me disant
18:44est-ce que je vais y retourner
18:45parce que sinon
18:46je serais malheureux
18:47toute ma vie
18:47là je vis une expérience
18:48qui est sympa
18:49je m'y épanouis
18:50je ne ferme la porte
18:51à rien
18:52mais ça peut même être
18:53d'autres choses
18:53peut-être qu'un jour
18:54je reprendrai un autre hôtel
18:55peut-être que je redescendrai
18:57dans le sud
18:57peut-être qu'un grand patron
19:00me dira
19:01ton profil m'intéresse
19:02regarde je te propose
19:03cette aventure là
19:04et peut-être que je lâcherai tout
19:05et que j'irai
19:06parce que j'ai envie
19:08les années passent
19:09on se connait depuis longtemps
19:11et j'ai envie de vivre
19:13un maximum
19:14d'expériences
19:15de vie
19:15d'expériences humaines
19:16avant qu'il soit temps
19:17de se reposer
19:18donc moi je suis ouvert
19:19à absolument tout
19:20je veux vivre tout
19:21le plus intensément possible
19:22pour finir justement
19:23est-ce qu'on se connait
19:24depuis longtemps
19:25et on est journaliste
19:26depuis longtemps
19:26même parce qu'on le reste à vie
19:27pour moi
19:28est-ce que vous ne trouvez pas
19:29que globalement
19:30les journalistes dans l'ensemble
19:31manquent un petit peu
19:32d'esprit d'ouverture
19:33pour se remettre en cause
19:34et tenter d'autres aventures
19:35sans aller jusqu'à changer
19:37de vie comme vous
19:37je comprends
19:38mais après c'est un tel
19:40quand on vit de sa passion
19:42pourquoi
19:43pourquoi s'interroger
19:44je comprends moi
19:45tous mes copains
19:46qui sont dans les mêmes chaînes
19:47depuis longtemps
19:47qui font la même chose
19:48depuis longtemps
19:49c'est un tel kiff
19:50donc
19:52moi je me suis interrogé là-dessus
19:53parce que je sentais
19:54que ça pouvait bouger
19:55mais
19:57je reprocherais jamais
19:58à un journaliste sportif
19:59de dire
19:59t'es quand même
20:00bien idiot
20:01de ne pas vouloir changer
20:03c'est quand même
20:05quand on est passionné
20:06par quelque chose
20:07vivre de sa passion
20:08toute sa vie
20:08c'est le truc le plus extraordinaire
20:10et c'est pas donné à tout le monde
20:11et vous restez passionné
20:12de basket en tout cas
20:13encore aujourd'hui
20:14je reste évidemment
20:15passionné de basket
20:16je suis à faire du basket
20:17c'est parfois un peu douloureux
20:18de regarder les matchs
20:19quand je suis dans mon canapé
20:20ça me fait bizarre
20:20mais c'est comme ça
20:21j'imagine
20:22merci beaucoup David
20:23et donc dirigeant
20:24du restaurant Lille
20:25Aïcine et Molino
20:26sur la presqu'il
20:27merci beaucoup
20:28merci bien
20:28merci
Commentaires