00:11Bonjour et bienvenue dans ce tout nouvel épisode de Business Africa, je suis Ronald Gato.
00:16Au programme cette semaine, les prix du chocolat grimpent alors que les revenus des agriculteurs baissent.
00:21Le Ghana et la Côte d'Ivoire y postent à la manière de l'OPEP.
00:24Un cartel du cacao peut-il réellement fonctionner ? La réponse dans ce numéro.
00:30De la fève à la tablette, la transformation locale et la création de valeurs ajoutées peuvent-elles contribuer à faire
00:37basculer les prix du cacao en Afrique ?
00:42La frontière entre Goma et Gysénie rouvre après plus d'un mois de fermeture en raison d'Ebola, à suivre
00:48les réactions des usagers de cette importante artère commerciale.
00:55Merci de nous rejoindre. Les prix du chocolat s'envolent, cuits des cultivateurs du cacao, ils sont les dindons de
01:01la farce.
01:02Les prix se sont effondrés de près de 75% par rapport à leur pic de 2024.
01:07Les plus grands producteurs mondiaux, le Ghana et la Côte d'Ivoire, ripostent avec un plan tout droit sorti du
01:13manuel de l'OPEP.
01:14Mais un cartel du cacao peut-il vraiment fonctionner ?
01:19L'industrie du chocolat continue d'enregistrer une croissance et des bénéfices colossaux, alors que les producteurs de sa matière
01:25première, le cacao, peinent à survivre.
01:27Aujourd'hui, les deux premiers producteurs mondiaux ripostent avec une stratégie directement inspirée du modèle de l'OPEP.
01:34Fin 2024, le prix du cacao a atteint un niveau record, frôlant les 13 000 dollars la tonne.
01:40Depuis, il a chuté de près de 75% à un peu plus de 3 000 dollars la tonne.
01:45Cette chute a contraint la Côte d'Ivoire à réduire de 57% le prix garanti au producteur.
01:50Le Ghana, lui, a emboîté le pas avec une baisse de 29%.
01:54Abidjan a dépensé près d'un demi-milliard de dollars pour acheter du cacao refusé par le marché.
02:00Les paiements aux producteurs prennent du retard et, découragés, beaucoup abandonnent la culture du cacao.
02:05Les présidents Alassane Ouattara et Jundramani Mahama ont désormais convenu de relancer ce que certains appellent l'OPEP du cacao,
02:13une stratégie coordonnée visant à harmoniser les prix aux producteurs et les calendriers de récolte dans les deux pays.
02:19L'ambition de devenir des faiseurs de prix plutôt que de les subir ne se limite pas au cacao.
02:24Les dirigeants africains envisagent des alliances similaires pour des minerais stratégiques comme le cobalt.
02:30La République démocratique du Congo a démontré son influence en tant que premier producteur mondial en pesant sur l'évolution
02:36des prix.
02:37En cas de succès, cet OPEP du cacao pourrait transformer non seulement l'industrie du chocolat,
02:42mais aussi la manière dont l'Afrique commercialise des matières premières.
02:50Max Kofi est le fondateur de E-Call Trade Alliance et expert des chaînes de valeur mondiales.
02:56Merci beaucoup pour votre temps.
02:57Un cartel peut-il réellement fonctionner ?
03:02Bien sûr, le marché va résister.
03:06Les acheteurs vont diversifier leur approvisionnement,
03:08reformuler leurs produits, c'est déjà le cas,
03:11en recourant à des substituts lorsque cela est possible.
03:14Ils peuvent également constituer des stocks et exercer une pression sur certains pays producteurs.
03:20Mais la question la plus importante est de savoir si la stratégie d'un tel cartel est dès le départ
03:25la bonne.
03:29Du point de vue de l'Equal Trade Alliance,
03:31la Côte d'Ivoire et le Ghana se disputent le prix de l'élément le plus en aval de la
03:35chaîne de valeur.
03:36Ainsi, du point de vue de l'Equal Trade Alliance,
03:38la Côte d'Ivoire et le Ghana se disputent le prix de l'élément le plus en aval de la
03:42chaîne de valeur,
03:43à savoir la faible de cacao brute.
03:45Même s'ils parviennent à négocier un meilleur prix,
03:47les bénéfices les plus importants,
03:49les marques, les relations avec les consommateurs
03:51et la propriété des actifs restent ailleurs.
03:54L'objectif stratégique ne devrait donc pas seulement être de savoir
03:57comment tirer davantage profit de notre cacao,
04:00mais plutôt comment les producteurs de cacao
04:02et les pays producteurs peuvent anticiper directement
04:05au marché en aval qui repose sur leur cacao.
04:08Voilà donc ma réponse succincte à votre question.
04:13Le Ghana et la Côte d'Ivoire, c'est plus de la moitié de la production mondiale de cacao.
04:18Pourquoi ne parviennent-ils pas à influencer les prix de manière plus significative ?
04:23A mon sens, le Ghana et la Côte d'Ivoire choisissent le mauvais champ de bataille.
04:29Permettez-moi de reformuler ainsi.
04:30Ils tentent de renforcer leur position dans les négociations sur les prix,
04:34alors qu'ils devraient plutôt se doter de moyens de devenir copropriétaires
04:38de l'ensemble de la chaîne de valeur.
04:40Ces matières premières leur appartiennent,
04:42mais ils s'en débarrassent dès le début de la chaîne de valeur
04:45et ne contrôlent pas l'ensemble de celle-ci.
04:47Ainsi, la négociation des prix peut améliorer légèrement les revenus à la marge,
04:51mais ce sont les changements de propriété
04:53qui permettent d'accumuler la richesse intergénérationnelle.
04:59Au-delà du cacao, des voix s'élèvent pour réclamer des coalitions similaires
05:04concernant les minerais stratégiques.
05:05Est-ce le début d'une ère que l'Afrique pourrait mettre à profit
05:08pour transformer ses ressources en levier de négociation ?
05:12Si les pays africains se contentaient de former une coalition
05:18pour négocier des prix plus élevés pour le cobalt brut,
05:21le lithium, le cacao ou les noix de cajou,
05:23la structure fondamentale resterait-elle inchangée ?
05:26L'Afrique fournira donc les matières premières,
05:29tandis que des acteurs extérieurs détiendraient l'industrie de transformation,
05:33les marques technologiques, le réseau de distribution
05:36et les marchés de consommation.
05:38Ainsi, la véritable transformation consiste pour l'Afrique
05:40à devenir non seulement un acteur déterminant des prix,
05:43mais aussi le maître de sa chaîne de valeur.
05:46Cela implique de transformer davantage les matières premières sur place,
05:49ce qui est pour l'instant pratiquement impossible.
05:52Prenons l'exemple du Congo.
05:54Comment voulez-vous que le Congo puisse aujourd'hui transformer le cobalt
05:57alors qu'il n'y a parfois même pas de route entre deux villes ?
06:01L'ambition des gouvernements africains ne devrait pas se limiter
06:04à devenir de meilleurs vendeurs de matières premières.
06:09Le véritable objectif doit être de devenir des acteurs clés de l'économie mondiale,
06:13car celle-ci fonctionne grâce à nos matières premières.
06:23Peu importe, la Chine, l'Europe, les États-Unis,
06:26tous dépendent de nos matières premières.
06:29Il est donc grand temps pour nous de prendre le contrôle de cette chaîne de valeur
06:32et le fait que nous ayons une diaspora mondiale
06:34représente une opportunité énorme qu'il faudrait mieux exploiter qu'aujourd'hui.
06:42Max Coffey, merci pour votre temps.
06:45Merci beaucoup pour l'invitation et bonne continuation à vous.
06:53L'Afrique cultive le café et le cacao,
06:55mais le contrôle de la chaîne de valeur est détenu par des acteurs extérieurs au continent.
07:00Selon des experts, plutôt que de réclamer des prix plus élevés pour les grains bruts,
07:03il faut développer des structures de transformation, des marques et des réseaux de distribution locaux
07:08qui permettent de garder la richesse sur le continent.
07:11Qu'il s'agisse de cacao, de café ou de pétrole,
07:15les pays africains exportent principalement du brut,
07:17tandis que la valeur ajoutée est générée à l'étranger.
07:20Cette tendance est un héritage de l'économie coloniale
07:23qui privilégiait la production et l'extraction en Afrique,
07:27tandis que la transformation et le raffinage étaient exécutés ailleurs,
07:31ce qui a coûté des milliers de milliards au continent.
07:34Aujourd'hui, la chute actuelle des prix du cacao est considérée par certains
07:38comme un véritable signal d'alarme,
07:40une occasion de développer la transformation locale
07:42et la création de valeurs ajoutées.
07:45Pour les différents acteurs de ces deux filières,
07:47le café et le cacao, il faut disposer d'un véritable réseau logistique.
07:51Autrement dit, être capable d'acheminer les stocks
07:54depuis leur lieu de production jusqu'aux utilisateurs finaux.
07:57La dépendance à l'égard de l'exportation de matières premières
08:00rend les économies africaines très vulnérables
08:02aux fluctuations mondiales des prix.
08:05Mais la transformation locale permet de conserver
08:07une plus grande partie de la valeur sur le continent,
08:10de créer des emplois et de développer des capacités industrielles.
08:14Nos infrastructures de transformation restent limitées.
08:17C'est pourquoi, pendant longtemps, nous avons été méprisés,
08:20faute du savoir-faire nécessaire pour créer de la valeur ajoutée
08:23sur les produits destinés aux consommateurs européens et américains.
08:27Les experts soulignent toutefois que la transformation à elle seule ne suffit pas.
08:31L'Afrique a besoin d'infrastructures modernes,
08:33de cadres politiques solides
08:34et d'une véritable intégration des marchés
08:36pour sortir du piège de l'exportation.
08:43À la frontière entre Goma et Gysseni,
08:46le commerce reprend après un mois et demi de fermeture
08:49des postes frontières en raison d'Ebola.
08:52La réouverture des postes frontières relance le commerce,
08:55le secteur bancaire et les transports,
08:57tous essentiels à l'économie locale.
08:59Élisée Malaïka pour les détails.
09:03À la frontière entre la RDC et le Rwanda,
09:06le trafic a repris.
09:07Les marchandises circulent à nouveau entre Goma et Roubavou.
09:11Porteurs, motos et véhicules s'activent sans relâche.
09:16Au guichet, les files d'attente sont de retour.
09:19Commerçants, voyageurs et travailleurs transfrontaliers
09:21effectuent les formalités,
09:23signe d'une reprise progressive de l'activité
09:26à ce poste frontière stratégique.
09:29La fermeture de la frontière nous a pris par surprise
09:31et nous a fait subir d'importantes pertes.
09:33C'est un manque à gagner, mais nous sommes heureux
09:36de cette réouverture.
09:44Rouvrir nos frontières, ça nous aide vraiment.
09:47Ça nous aide vraiment et on se sent un peu plus soulagés,
09:49un peu à l'aise et en sécurité.
09:53Fermée pendant plus d'un mois en raison de l'épidémie d'Ebola
09:56dans l'est de la RDC,
09:57la frontière reprend peu à peu ses activités.
10:00Les postes frontières de la Grande et de la Petite Barrière
10:03entre Goma et Rubavu constituent un véritable poumon économique
10:07pour les populations des deux pays.
10:09Le réouverture est plutôt bien accueillie.
10:14Depuis la fermeture de la frontière,
10:16nous avions perdu des opportunités de travail.
10:19Aujourd'hui, nous sommes heureux que les autorités l'aire ouverte.
10:22C'est une bonne nouvelle.
10:24Je suis heureuse que Dieu soit béni.
10:26Les autorités du pays ont décidé de rouvrir la frontière.
10:28Cela nous soulage,
10:29mais nous allons continuer à nous protéger
10:31contre la maladie d'Ebola.
10:33Le poste frontière de Goma et Rubavu
10:36joue un rôle essentiel dans les échanges économiques
10:39entre la RDC et le Rwanda.
10:42Depuis la fermeture de l'aéroport de la capitale du Nord Kivu,
10:45de nombreux voyageurs se rendaient également à Kigali
10:48pour accéder à un aéroport international.
10:55C'est ainsi que s'achève cette édition de Business Africa.
10:58Je suis Rolnad Kato.
11:00L'actualité se poursuit à l'anternet en ligne.
11:03Rendez-vous pour le prochain épisode de Business Africa.
11:13Business Africa was presented by Turkish Airlines.
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