Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Invité de Spécial Cannes sur TF1 le 10 mai 1990, Johnny Hallyday est interviewé par Patrick Poivre d'Arvor. Il évoque sa passion pour le cinéma, son parcours de comédien et son admiration pour Clint Eastwood, tout en revenant sur ses projets liés au grand écran.
Transcription
00:00Be afraid, just as long as you stand, stand by me, stand by me, stand by me, stand by me,
00:17stand by me.
00:20Bonsoir à tous, plongez-vous avec nous dans le grand bleu, le grand bleu de la militerranée
00:25pour cette ouverture du 43e Festival de Cannes.
00:30C'était il y a trois heures à peine, vous le voyez, avec la traditionnelle montée des marches,
00:36on a pu reconnaître Anouk Aimé, ici Anthony Quinn, et bien d'autres vedettes,
00:41Roman Polanski, Nastassia Klinski et son mari.
00:46Nastassia qui viendra nous rejoindre dans quelques instants, Clint Eastwood,
00:50qui nous a fait aussi la grande amitié d'une interview, il y a de cela cinq heures, en son
00:56hôtel à Antibes,
00:58et tout se monte pour fêter un grand lion que voici, Akira Kurosawa.
01:05Kurosawa qui a aujourd'hui 80 ans et dont le film Dreams, rêve en français,
01:12représentait le Festival de Cannes pour l'ouverture de ce Festival de Cannes.
01:18C'est un magnifique film que je vous recommande, que j'ai vu avec infiniment de plaisir,
01:23composé de huit poèmes oniriques qui tournent essentiellement autour du thème de l'écologie.
01:30Et pendant sept heures, sept heures et demie que nous allons passer ensemble,
01:34il n'y aura que des vedettes, que des stars, pour célébrer cet art qui nous fait tous vibrer, le
01:40septième art.
01:40C'est la première de ces stars, elle vient de me rejoindre à l'instant, Johnny Hallyday,
01:45Johnny Hallyday qui quitte le dîner de Jacques Lang pour venir nous rejoindre.
01:51Merci Johnny.
01:52Vous allez bien ?
01:53Ça va très très bien.
01:54J'ai souhaité que vous ouvriez...
01:56Vous vous rappelez que je mette ça, non ?
01:57Ah oui, vous avez raison, ça se fait habituellement à la télévision.
02:00Un petit micro, mais on voit que vous avez l'habitude.
02:04J'ai souhaité que vous ouvriez cette émission spéciale consacrée à Cannes
02:09parce qu'on va y diffuser un sujet consacré à Clint Eastwood
02:13et je pense que vous devez avoir une amitié, en tout cas une estime pour cet homme
02:20qui a longtemps représenté un petit peu le cow-boy solitaire dans l'esprit des cinéphiles.
02:24J'ai énormément d'estime pour Clint Eastwood en tant qu'homme, en tant qu'acteur et en tant que
02:27réalisateur.
02:28C'est un homme que vous avez suivi depuis longtemps ?
02:31C'est un homme que je ne connais pas depuis très très longtemps, personnellement en tout cas.
02:34Je le connais depuis l'année dernière.
02:37Je dois dire qu'il est d'une gentillesse,
02:39ce qui prouve quand même que les grandes stars sont les gens les plus simples et les plus gentils.
02:43C'est vrai qu'il est d'une gentillesse confondante.
02:45On va s'en apercevoir dans l'interview qu'il nous a accordée à l'hôtel du Cap à Antibes,
02:51cet après-midi,
02:53et il venait nous parler de son film qui va être présenté demain à Cannes,
02:57qui sera donc le premier film officiel de la sélection
03:00puisque Dreams est hors compétition.
03:03Ce film s'appelle Chasseurs Noirs, Coeur Blanc,
03:05et il raconte en gros l'histoire du tournage d'African Queen.
03:10C'était donc il y a longtemps sous la direction de John Huston.
03:13C'est un petit peu la vie de John Huston, d'ailleurs.
03:14Voilà, exactement.
03:15Mais Clint Eastwood tient bien à montrer la différence qu'il y a entre un film qui serait simplement biographique
03:22et un film de fiction.
03:24Écoutez cet entretien avec Clint Eastwood,
03:26et puis nous nous retrouverons avec John Huston.
03:29Quelles sont les élèves ?
03:56Sous-titrage Stéph марш
04:18Clint Eastwood, bonjour.
04:19Est-ce que votre histoire, l'histoire que vous nous racontez,
04:22est celle du tournage d'African Queen ?
04:26Non, c'est une fiction avec de nombreux faits réels.
04:37C'est en fait la préparation d'African Queen.
04:42Ça pourrait être n'importe quel autre film.
04:47Il s'avère tout simplement que cette histoire a été inspirée
04:50par les relations entre Peter Bertel et John Huston.
04:54Lors de la préparation d'African Queen,
04:57il s'agit donc de la phase de préparation jusqu'au tournage.
04:59Vous avez jamais rencontré John Huston ?
05:01Est-ce que vous avez de l'admiration pour lui ?
05:04Beaucoup.
05:07J'avais vu beaucoup de ses films, j'ai grandi avec ses films.
05:13Son premier film, je pense, c'était Le Faucon Maltais.
05:17Je pense que c'était un excellent premier film.
05:25Il a eu un grand impact sur beaucoup d'entre nous qui grandissions à cette époque.
05:30Est-ce que vous avez de l'indulgence pour ses défauts
05:33et notamment pour cette obsession du chasseur blanc ?
05:51Oui, certes, je ne m'identifie pas à lui entièrement,
05:55bien que j'ai certaines obsessions dans la vie aussi.
06:02Je ne vais toutefois pas aussi loin que lui ou que ses personnages.
06:07Mais je ne crois pas que...
06:10En fait, finalement, c'était peut-être son style.
06:12Il réussissait à se relaxer quelque peu
06:15en ne faisant pas face à l'anxiété du tournage.
06:21Parfois, il y a toujours beaucoup d'anxiété lors d'un tournage,
06:24beaucoup de responsabilités, etc.
06:28Et dans ces moments-là, si on a à l'esprit,
06:31si on s'intéresse à quelque chose d'autre,
06:33que ce soit un cheval en course ou une jeune femme ou autre,
06:38eh bien, ça vous empêche de penser trop au film.
06:41Qu'est-ce que tu penses d'elle ?
06:43Elle est magnifique, c'est parfait.
06:45Non, pas assez.
06:47Elle est très vieux, vous voyez.
06:49Et according à l'esprit, pas à l'esprit de l'esprit.
06:52Oh, elle est très vieux.
06:53Oui, pour tout, pour tout, pour tout,
06:55la suite de l'esprit de l'esprit de l'esprit.
06:57L'esprit dit qu'elle serait plus trop dangere.
07:00Elle serait fallée si vous essayez de l'esprit de l'esprit.
07:04Actually, je m'ai appelé Mr. Landers et l'esprit de l'esprit.
07:08Il s'agit de ça.
07:09Alors, je dois dire, il s'agit d'un coup de séquence.
07:13Il s'agit d'un coup.
07:14Il s'agit d'un coup.
07:17Il s'agit d'un coup.
07:19Il s'agit d'un coup.
07:23Il s'agit d'un coup.
07:25Il s'agit d'un coup.
07:52Sous-titrage MFP.
07:56Vos différentes étiquettes aujourd'hui, producteurs, metteurs en scène, acteurs, vous renoncerez toujours à choisir.
08:04J'aime tous ces métiers.
08:10Ils ont tous des aspects intéressants à mes yeux.
08:14Ils me permettent aussi de rester plongé dans tout le monde du cinéma.
08:21Je serai probablement davantage metteur en scène dans les années à venir.
08:30Mais pour l'instant, j'apprécie tous ces métiers.
08:33Dernière question. Dans le livre que j'ai lu de Peter Sertel,
08:37le héros tue l'éléphant qui se trouve face à lui.
08:40Dans votre film, il ne le tue pas. Est-ce que c'est votre choix personnel ?
08:43Oui, c'est mon choix personnel.
08:47Pour plusieurs raisons.
08:49Tout d'abord, un des scénaristes estimait qu'il ne fallait pas le tuer.
08:54D'autre part, il n'était pas non plus nécessaire d'aller jusqu'au bout de cette obsession.
09:03Antoine, un éléphant.
09:05Cette obsession était déjà allée assez loin.
09:11Elle avait déjà provoqué une tragédie dans sa vie personnelle
09:16par la mort de quelqu'un qui respectait beaucoup.
09:21Et ça suffisait.
09:23Je pense que lorsque ce scénario a été écrit en 1953,
09:29on ne se préoccupait pas autant qu'aujourd'hui des animaux sauvages,
09:34des éléphants en particulier, de la préservation des animaux.
09:37À cette époque, je pense que les gens n'étaient pas aussi sensibilisés
09:41au monde animal,
09:44au fait que l'on peut tuer des animaux merveilleux.
10:15Voilà, je ne vous dirai pas comment ça se termine,
10:17mais je peux simplement vous dire que ça ne se termine pas
10:19comme dans le livre de Peter Wiertel,
10:21qui donc raconte son expérience originale avec John Huston,
10:25le père d'Angelica Wu Huston,
10:26qui se trouve être l'une des membres du Juret de cette année
10:30pendant le tournage d'African Queen.
10:31Si vous voulez connaître mieux Clint Eastwood,
10:34vous avez toujours la possibilité de lire au cahier des cinémas
10:36cette très bonne biographie de Noël Simsolo.
10:39Puis vous pouvez aussi également écouter Johnny Hallyday
10:43parler de Clint Eastwood.
10:44Qu'est-ce que vous aimez en lui ?
10:45Oh, mais moi j'adore Clint Eastwood depuis toujours.
10:49Clint Eastwood avait fait des feuilletons aux États-Unis
10:52et des petits films westerns qui n'avaient pas très très bien marché
10:56et il est venu faire donc tous les poignées de dollars qu'on connaît.
11:01À partir des années 55 ?
11:02Voilà, pas 55, non, 60, 65 plutôt.
11:0665, oui.
11:07Ses débuts étaient en 53 en effet.
11:09Et moi j'ai toujours considéré Clint Eastwood un petit peu
11:13en parallèle avec ce qu'aurait pu être James Dink
11:16s'il était toujours vivant.
11:19Des gens comme ça.
11:21Moi, il est trop jeune pour être mon père.
11:24Il va avoir 60 ans bientôt.
11:26C'est 31 ans.
11:27Oui, bon.
11:28Il est trop jeune pour être mon père.
11:30Mais j'ai toujours considéré un petit peu comme mon grand frère.
11:33Un petit peu comme Delon aussi.
11:36Delon, je le considère de la même trempe,
11:38de la même envergure que Clint Eastwood.
11:41Avec la différence que, bon, lui, il est américain,
11:43Clint Eastwood est américain,
11:44et puis nous, nous sommes français.
11:45Ce sont vos deux idoles.
11:46Parce qu'une idole peut avoir des idoles.
11:48Mais c'est-à-dire que, oui.
11:49C'est-à-dire que les idoles,
11:50ce n'est pas uniquement être béat,
11:53d'admiration de voir quelqu'un en disant
11:55je ferais n'importe quoi pour lui,
11:56je vais aller le suivre partout,
11:57il est poursuivre un peu grave.
11:58Non, c'est d'avoir l'admiration pour quelqu'un.
12:00L'admiration pour son intelligence,
12:02pour son talent, pour sa culture.
12:06Moi, ce sont deux personnes que j'admire énormément.
12:08Alors, il se trouve que vous avez maintenant en commun ?
12:10D'abord, parce qu'en plus,
12:11ils ont un physique un petit peu, quand même, similaire.
12:15Les deux sont beaux.
12:18Et puis, bon, tout ça fait que...
12:20Oui, tout ça fait que, vous savez,
12:23il y a des gens laids qui réussissent.
12:25Dieu merci.
12:26Mais il y a aussi des gens beaux
12:27qui amènent des choses dans le milieu du rêve.
12:31car le cinéma et la chanson,
12:33il faut bien lire une chose,
12:33c'est du rêve, avant tout.
12:35Alors, vous avez maintenant en commun avec Alain Delon
12:37le fait d'avoir tourné avec le même metteur en scène,
12:39Jean-Luc Godard,
12:40qui n'est pas un metteur en scène facile,
12:42qui est admirable.
12:44Non, mais il est merveilleux.
12:45Qui est difficile.
12:46J'ai une énorme...
12:47Ah oui, mais j'ai une grande tendresse pour lui.
12:49Vous savez, quand on a fait Détective,
12:51ça devait se tourner en sept semaines.
12:53Les quatre premières semaines,
12:54on est arrivé tous les jours,
12:56il disait,
12:57le temps n'est pas beau,
12:58il ne fait pas beau,
12:59la lumière n'est pas belle,
13:00bon, on s'est tournés demain.
13:01Et puis comme ça,
13:01et quatre semaines se sont passées comme ça.
13:04Et puis au bout de la quatrième semaine,
13:05on était tous catastrophés
13:06parce que moi, en plus,
13:07j'avais un spectacle
13:07que j'essayais de monter.
13:09C'était à...
13:10C'était à...
13:10Il ne pouvait pas repousser.
13:11C'était...
13:12C'était pas à Bercy,
13:13non, c'était à...
13:16C'était...
13:17Au Zénith.
13:17Au Zénith, oui.
13:18Au Zénith.
13:19Et il m'a fait,
13:20t'inquiète pas,
13:20on va tourner demain.
13:21Et on a fait tout le film en deux semaines.
13:23Oui, oui.
13:23Delon a eu à peu près les mêmes problèmes.
13:25On va d'ailleurs découvrir
13:26quelques photos très rares de tournage,
13:27pour l'instant,
13:28pas encore d'extrait,
13:29c'est le grand mystère,
13:29mais quelques photos de tournage.
13:32Delon tournée par Godard.
13:33Godard qui a tourné avec les plus grands.
13:36Quelques images, donc,
13:38de Delon qui se trouve être
13:39l'une des idoles de Johnny Hallyday.
13:42Voilà, maintenant,
13:43il faudrait qu'on dise un petit mot,
13:46Johnny Hallyday,
13:47sur vos projets personnels.
13:48parce qu'on le sait peu,
13:51moi-même, je l'ignorais,
13:5317 films déjà à votre actif.
13:55Vous êtes devenu maintenant
13:57presque autant un acteur qu'un chanteur.
13:59Mais hélas, pas que les meilleurs.
14:01Alors, il y a eu une première période
14:03qui était franchement...
14:04Oui, oui, oui.
14:04J'ai fait quelques films intéressants.
14:06On peut le passer.
14:07J'ai fait Le Godard,
14:08qui était un film intéressant pour moi.
14:09Costa Gavras.
14:09J'ai fait Le Costa Gavras,
14:10qui était un film intéressant pour moi aussi.
14:13Et puis,
14:15qu'il ait ou qu'il ait pas marché,
14:16j'avais fait Don Terminius,
14:17qui était...
14:17Pierre William.
14:18Il était en tout cas d'une envergure,
14:19peut-être un petit peu...
14:20un petit peu...
14:21un peu trop d'envergure pour la France.
14:23En tout cas,
14:24pour la période où on l'a fait.
14:26Alors, vous allez rechanter à Bercy,
14:28ça c'est pour la rentrée.
14:29Oui.
14:30Ça c'est...
14:30Et juste après Bercy,
14:31à nouveau un film
14:32dont vous ne savez pas encore
14:34le mettre en scène.
14:35Vous savez qu'il y aura...
14:35il y a deux projets,
14:36il y a deux projets,
14:37mais il y a un film
14:37qui sont en projet en ce moment
14:39avec Christian Peschner
14:40qui avait produit
14:41les David Jansky.
14:42Et on vous dit
14:42qu'il n'est pas impossible
14:43que Léo Scarra
14:44soit le metteur en scène
14:45de l'un de ces deux projets.
14:46Il n'en est pas impossible
14:47parce que c'est un projet
14:48qui m'a parlé depuis deux ans.
14:50Mais comme il...
14:51En ce moment,
14:51il n'arrive pas à terminer son film
14:53et qui t'a très très beau film
14:55et je souhaite très honnêtement
14:56qu'il le termine.
14:58Je pense que son projet
14:59pour quel que soit un autre film
15:01n'ira pas au bout
15:02avant qu'il ait terminé ce film.
15:03Et à mon avis,
15:04il a raison d'insister
15:05parce que ce sera une merveille.
15:06Merci beaucoup Johnny Hidé.
15:08On va maintenant rendre hommage
15:09à quelqu'un que vous deviez forcément aimer
15:11comme nous tous.
15:12Simone Signoret.
15:14Bien sûr.
15:14Simone Signoret,
15:15vous allez voir ce bon titre
15:16réalisé donc par Pascal Duchesne,
15:19Béatrice Esposito
15:20et toute notre équipe.
15:20Sylvie Millot
15:21qui va nous la rappeler
15:23en écoutant sa voix.
15:25Simone Signoret.
15:26Sous-titrage Société Radio-Canada
15:29Sous-titrage Société Radio-Canada
15:32Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations