00:00Be afraid, just as long as you stand, stand by me, stand by me, stand by me, stand by me,
00:17stand by me.
00:20Bonsoir à tous, plongez-vous avec nous dans le grand bleu, le grand bleu de la militerranée
00:25pour cette ouverture du 43e Festival de Cannes.
00:30C'était il y a trois heures à peine, vous le voyez, avec la traditionnelle montée des marches,
00:36on a pu reconnaître Anouk Aimé, ici Anthony Quinn, et bien d'autres vedettes,
00:41Roman Polanski, Nastassia Klinski et son mari.
00:46Nastassia qui viendra nous rejoindre dans quelques instants, Clint Eastwood,
00:50qui nous a fait aussi la grande amitié d'une interview, il y a de cela cinq heures, en son
00:56hôtel à Antibes,
00:58et tout se monte pour fêter un grand lion que voici, Akira Kurosawa.
01:05Kurosawa qui a aujourd'hui 80 ans et dont le film Dreams, rêve en français,
01:12représentait le Festival de Cannes pour l'ouverture de ce Festival de Cannes.
01:18C'est un magnifique film que je vous recommande, que j'ai vu avec infiniment de plaisir,
01:23composé de huit poèmes oniriques qui tournent essentiellement autour du thème de l'écologie.
01:30Et pendant sept heures, sept heures et demie que nous allons passer ensemble,
01:34il n'y aura que des vedettes, que des stars, pour célébrer cet art qui nous fait tous vibrer, le
01:40septième art.
01:40C'est la première de ces stars, elle vient de me rejoindre à l'instant, Johnny Hallyday,
01:45Johnny Hallyday qui quitte le dîner de Jacques Lang pour venir nous rejoindre.
01:51Merci Johnny.
01:52Vous allez bien ?
01:53Ça va très très bien.
01:54J'ai souhaité que vous ouvriez...
01:56Vous vous rappelez que je mette ça, non ?
01:57Ah oui, vous avez raison, ça se fait habituellement à la télévision.
02:00Un petit micro, mais on voit que vous avez l'habitude.
02:04J'ai souhaité que vous ouvriez cette émission spéciale consacrée à Cannes
02:09parce qu'on va y diffuser un sujet consacré à Clint Eastwood
02:13et je pense que vous devez avoir une amitié, en tout cas une estime pour cet homme
02:20qui a longtemps représenté un petit peu le cow-boy solitaire dans l'esprit des cinéphiles.
02:24J'ai énormément d'estime pour Clint Eastwood en tant qu'homme, en tant qu'acteur et en tant que
02:27réalisateur.
02:28C'est un homme que vous avez suivi depuis longtemps ?
02:31C'est un homme que je ne connais pas depuis très très longtemps, personnellement en tout cas.
02:34Je le connais depuis l'année dernière.
02:37Je dois dire qu'il est d'une gentillesse,
02:39ce qui prouve quand même que les grandes stars sont les gens les plus simples et les plus gentils.
02:43C'est vrai qu'il est d'une gentillesse confondante.
02:45On va s'en apercevoir dans l'interview qu'il nous a accordée à l'hôtel du Cap à Antibes,
02:51cet après-midi,
02:53et il venait nous parler de son film qui va être présenté demain à Cannes,
02:57qui sera donc le premier film officiel de la sélection
03:00puisque Dreams est hors compétition.
03:03Ce film s'appelle Chasseurs Noirs, Coeur Blanc,
03:05et il raconte en gros l'histoire du tournage d'African Queen.
03:10C'était donc il y a longtemps sous la direction de John Huston.
03:13C'est un petit peu la vie de John Huston, d'ailleurs.
03:14Voilà, exactement.
03:15Mais Clint Eastwood tient bien à montrer la différence qu'il y a entre un film qui serait simplement biographique
03:22et un film de fiction.
03:24Écoutez cet entretien avec Clint Eastwood,
03:26et puis nous nous retrouverons avec John Huston.
03:29Quelles sont les élèves ?
03:56Sous-titrage Stéph марш
04:18Clint Eastwood, bonjour.
04:19Est-ce que votre histoire, l'histoire que vous nous racontez,
04:22est celle du tournage d'African Queen ?
04:26Non, c'est une fiction avec de nombreux faits réels.
04:37C'est en fait la préparation d'African Queen.
04:42Ça pourrait être n'importe quel autre film.
04:47Il s'avère tout simplement que cette histoire a été inspirée
04:50par les relations entre Peter Bertel et John Huston.
04:54Lors de la préparation d'African Queen,
04:57il s'agit donc de la phase de préparation jusqu'au tournage.
04:59Vous avez jamais rencontré John Huston ?
05:01Est-ce que vous avez de l'admiration pour lui ?
05:04Beaucoup.
05:07J'avais vu beaucoup de ses films, j'ai grandi avec ses films.
05:13Son premier film, je pense, c'était Le Faucon Maltais.
05:17Je pense que c'était un excellent premier film.
05:25Il a eu un grand impact sur beaucoup d'entre nous qui grandissions à cette époque.
05:30Est-ce que vous avez de l'indulgence pour ses défauts
05:33et notamment pour cette obsession du chasseur blanc ?
05:51Oui, certes, je ne m'identifie pas à lui entièrement,
05:55bien que j'ai certaines obsessions dans la vie aussi.
06:02Je ne vais toutefois pas aussi loin que lui ou que ses personnages.
06:07Mais je ne crois pas que...
06:10En fait, finalement, c'était peut-être son style.
06:12Il réussissait à se relaxer quelque peu
06:15en ne faisant pas face à l'anxiété du tournage.
06:21Parfois, il y a toujours beaucoup d'anxiété lors d'un tournage,
06:24beaucoup de responsabilités, etc.
06:28Et dans ces moments-là, si on a à l'esprit,
06:31si on s'intéresse à quelque chose d'autre,
06:33que ce soit un cheval en course ou une jeune femme ou autre,
06:38eh bien, ça vous empêche de penser trop au film.
06:41Qu'est-ce que tu penses d'elle ?
06:43Elle est magnifique, c'est parfait.
06:45Non, pas assez.
06:47Elle est très vieux, vous voyez.
06:49Et according à l'esprit, pas à l'esprit de l'esprit.
06:52Oh, elle est très vieux.
06:53Oui, pour tout, pour tout, pour tout,
06:55la suite de l'esprit de l'esprit de l'esprit.
06:57L'esprit dit qu'elle serait plus trop dangere.
07:00Elle serait fallée si vous essayez de l'esprit de l'esprit.
07:04Actually, je m'ai appelé Mr. Landers et l'esprit de l'esprit.
07:08Il s'agit de ça.
07:09Alors, je dois dire, il s'agit d'un coup de séquence.
07:13Il s'agit d'un coup.
07:14Il s'agit d'un coup.
07:17Il s'agit d'un coup.
07:19Il s'agit d'un coup.
07:23Il s'agit d'un coup.
07:25Il s'agit d'un coup.
07:52Sous-titrage MFP.
07:56Vos différentes étiquettes aujourd'hui, producteurs, metteurs en scène, acteurs, vous renoncerez toujours à choisir.
08:04J'aime tous ces métiers.
08:10Ils ont tous des aspects intéressants à mes yeux.
08:14Ils me permettent aussi de rester plongé dans tout le monde du cinéma.
08:21Je serai probablement davantage metteur en scène dans les années à venir.
08:30Mais pour l'instant, j'apprécie tous ces métiers.
08:33Dernière question. Dans le livre que j'ai lu de Peter Sertel,
08:37le héros tue l'éléphant qui se trouve face à lui.
08:40Dans votre film, il ne le tue pas. Est-ce que c'est votre choix personnel ?
08:43Oui, c'est mon choix personnel.
08:47Pour plusieurs raisons.
08:49Tout d'abord, un des scénaristes estimait qu'il ne fallait pas le tuer.
08:54D'autre part, il n'était pas non plus nécessaire d'aller jusqu'au bout de cette obsession.
09:03Antoine, un éléphant.
09:05Cette obsession était déjà allée assez loin.
09:11Elle avait déjà provoqué une tragédie dans sa vie personnelle
09:16par la mort de quelqu'un qui respectait beaucoup.
09:21Et ça suffisait.
09:23Je pense que lorsque ce scénario a été écrit en 1953,
09:29on ne se préoccupait pas autant qu'aujourd'hui des animaux sauvages,
09:34des éléphants en particulier, de la préservation des animaux.
09:37À cette époque, je pense que les gens n'étaient pas aussi sensibilisés
09:41au monde animal,
09:44au fait que l'on peut tuer des animaux merveilleux.
10:15Voilà, je ne vous dirai pas comment ça se termine,
10:17mais je peux simplement vous dire que ça ne se termine pas
10:19comme dans le livre de Peter Wiertel,
10:21qui donc raconte son expérience originale avec John Huston,
10:25le père d'Angelica Wu Huston,
10:26qui se trouve être l'une des membres du Juret de cette année
10:30pendant le tournage d'African Queen.
10:31Si vous voulez connaître mieux Clint Eastwood,
10:34vous avez toujours la possibilité de lire au cahier des cinémas
10:36cette très bonne biographie de Noël Simsolo.
10:39Puis vous pouvez aussi également écouter Johnny Hallyday
10:43parler de Clint Eastwood.
10:44Qu'est-ce que vous aimez en lui ?
10:45Oh, mais moi j'adore Clint Eastwood depuis toujours.
10:49Clint Eastwood avait fait des feuilletons aux États-Unis
10:52et des petits films westerns qui n'avaient pas très très bien marché
10:56et il est venu faire donc tous les poignées de dollars qu'on connaît.
11:01À partir des années 55 ?
11:02Voilà, pas 55, non, 60, 65 plutôt.
11:0665, oui.
11:07Ses débuts étaient en 53 en effet.
11:09Et moi j'ai toujours considéré Clint Eastwood un petit peu
11:13en parallèle avec ce qu'aurait pu être James Dink
11:16s'il était toujours vivant.
11:19Des gens comme ça.
11:21Moi, il est trop jeune pour être mon père.
11:24Il va avoir 60 ans bientôt.
11:26C'est 31 ans.
11:27Oui, bon.
11:28Il est trop jeune pour être mon père.
11:30Mais j'ai toujours considéré un petit peu comme mon grand frère.
11:33Un petit peu comme Delon aussi.
11:36Delon, je le considère de la même trempe,
11:38de la même envergure que Clint Eastwood.
11:41Avec la différence que, bon, lui, il est américain,
11:43Clint Eastwood est américain,
11:44et puis nous, nous sommes français.
11:45Ce sont vos deux idoles.
11:46Parce qu'une idole peut avoir des idoles.
11:48Mais c'est-à-dire que, oui.
11:49C'est-à-dire que les idoles,
11:50ce n'est pas uniquement être béat,
11:53d'admiration de voir quelqu'un en disant
11:55je ferais n'importe quoi pour lui,
11:56je vais aller le suivre partout,
11:57il est poursuivre un peu grave.
11:58Non, c'est d'avoir l'admiration pour quelqu'un.
12:00L'admiration pour son intelligence,
12:02pour son talent, pour sa culture.
12:06Moi, ce sont deux personnes que j'admire énormément.
12:08Alors, il se trouve que vous avez maintenant en commun ?
12:10D'abord, parce qu'en plus,
12:11ils ont un physique un petit peu, quand même, similaire.
12:15Les deux sont beaux.
12:18Et puis, bon, tout ça fait que...
12:20Oui, tout ça fait que, vous savez,
12:23il y a des gens laids qui réussissent.
12:25Dieu merci.
12:26Mais il y a aussi des gens beaux
12:27qui amènent des choses dans le milieu du rêve.
12:31car le cinéma et la chanson,
12:33il faut bien lire une chose,
12:33c'est du rêve, avant tout.
12:35Alors, vous avez maintenant en commun avec Alain Delon
12:37le fait d'avoir tourné avec le même metteur en scène,
12:39Jean-Luc Godard,
12:40qui n'est pas un metteur en scène facile,
12:42qui est admirable.
12:44Non, mais il est merveilleux.
12:45Qui est difficile.
12:46J'ai une énorme...
12:47Ah oui, mais j'ai une grande tendresse pour lui.
12:49Vous savez, quand on a fait Détective,
12:51ça devait se tourner en sept semaines.
12:53Les quatre premières semaines,
12:54on est arrivé tous les jours,
12:56il disait,
12:57le temps n'est pas beau,
12:58il ne fait pas beau,
12:59la lumière n'est pas belle,
13:00bon, on s'est tournés demain.
13:01Et puis comme ça,
13:01et quatre semaines se sont passées comme ça.
13:04Et puis au bout de la quatrième semaine,
13:05on était tous catastrophés
13:06parce que moi, en plus,
13:07j'avais un spectacle
13:07que j'essayais de monter.
13:09C'était à...
13:10C'était à...
13:10Il ne pouvait pas repousser.
13:11C'était...
13:12C'était pas à Bercy,
13:13non, c'était à...
13:16C'était...
13:17Au Zénith.
13:17Au Zénith, oui.
13:18Au Zénith.
13:19Et il m'a fait,
13:20t'inquiète pas,
13:20on va tourner demain.
13:21Et on a fait tout le film en deux semaines.
13:23Oui, oui.
13:23Delon a eu à peu près les mêmes problèmes.
13:25On va d'ailleurs découvrir
13:26quelques photos très rares de tournage,
13:27pour l'instant,
13:28pas encore d'extrait,
13:29c'est le grand mystère,
13:29mais quelques photos de tournage.
13:32Delon tournée par Godard.
13:33Godard qui a tourné avec les plus grands.
13:36Quelques images, donc,
13:38de Delon qui se trouve être
13:39l'une des idoles de Johnny Hallyday.
13:42Voilà, maintenant,
13:43il faudrait qu'on dise un petit mot,
13:46Johnny Hallyday,
13:47sur vos projets personnels.
13:48parce qu'on le sait peu,
13:51moi-même, je l'ignorais,
13:5317 films déjà à votre actif.
13:55Vous êtes devenu maintenant
13:57presque autant un acteur qu'un chanteur.
13:59Mais hélas, pas que les meilleurs.
14:01Alors, il y a eu une première période
14:03qui était franchement...
14:04Oui, oui, oui.
14:04J'ai fait quelques films intéressants.
14:06On peut le passer.
14:07J'ai fait Le Godard,
14:08qui était un film intéressant pour moi.
14:09Costa Gavras.
14:09J'ai fait Le Costa Gavras,
14:10qui était un film intéressant pour moi aussi.
14:13Et puis,
14:15qu'il ait ou qu'il ait pas marché,
14:16j'avais fait Don Terminius,
14:17qui était...
14:17Pierre William.
14:18Il était en tout cas d'une envergure,
14:19peut-être un petit peu...
14:20un petit peu...
14:21un peu trop d'envergure pour la France.
14:23En tout cas,
14:24pour la période où on l'a fait.
14:26Alors, vous allez rechanter à Bercy,
14:28ça c'est pour la rentrée.
14:29Oui.
14:30Ça c'est...
14:30Et juste après Bercy,
14:31à nouveau un film
14:32dont vous ne savez pas encore
14:34le mettre en scène.
14:35Vous savez qu'il y aura...
14:35il y a deux projets,
14:36il y a deux projets,
14:37mais il y a un film
14:37qui sont en projet en ce moment
14:39avec Christian Peschner
14:40qui avait produit
14:41les David Jansky.
14:42Et on vous dit
14:42qu'il n'est pas impossible
14:43que Léo Scarra
14:44soit le metteur en scène
14:45de l'un de ces deux projets.
14:46Il n'en est pas impossible
14:47parce que c'est un projet
14:48qui m'a parlé depuis deux ans.
14:50Mais comme il...
14:51En ce moment,
14:51il n'arrive pas à terminer son film
14:53et qui t'a très très beau film
14:55et je souhaite très honnêtement
14:56qu'il le termine.
14:58Je pense que son projet
14:59pour quel que soit un autre film
15:01n'ira pas au bout
15:02avant qu'il ait terminé ce film.
15:03Et à mon avis,
15:04il a raison d'insister
15:05parce que ce sera une merveille.
15:06Merci beaucoup Johnny Hidé.
15:08On va maintenant rendre hommage
15:09à quelqu'un que vous deviez forcément aimer
15:11comme nous tous.
15:12Simone Signoret.
15:14Bien sûr.
15:14Simone Signoret,
15:15vous allez voir ce bon titre
15:16réalisé donc par Pascal Duchesne,
15:19Béatrice Esposito
15:20et toute notre équipe.
15:20Sylvie Millot
15:21qui va nous la rappeler
15:23en écoutant sa voix.
15:25Simone Signoret.
15:26Sous-titrage Société Radio-Canada
15:29Sous-titrage Société Radio-Canada
15:32Sous-titrage Société Radio-Canada