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Emmanuel Macron en Syrie pourquoi cette visite

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00:0320h30 à Paris, alors que vous apercevez Richard Verly, parce que c'est lui effectivement qui va nous accompagner avec
00:08Gautier Ribinski pour on va plus loin, la suite de l'essentiel.
00:13Donc Richard Verly, correspondant France-Europe du quotidien suisse blic et Gautier Ribinski, éditorialiste de politique internationale de la rédaction.
00:21Emmanuel Macron est arrivé à Damas, la capitale syrienne, deux jours de visite, au cours de laquelle le président français
00:27rencontrera le dirigeant syrien Ahmed Al-Chara, premier déplacement d'un chef d'État de l'Union Européenne dans le
00:32pays depuis la chute de Bachar Al-Assad.
00:34Une marée humaine à Téhéran, les Iraniens rendent hommage à Ali Ramenei, l'ancien guide suprême tué par une frappe
00:40américano-israélienne dans les cortèges des slogans anti-Donald Trump.
00:59Drapos français et syriens, cohabite à Damas, la capitale syrienne, où est en visite dès ce lundi Emmanuel Macron, la
01:06première dans le pays d'un président français en 17 ans,
01:08la première aussi d'un chef d'État de l'Union Européenne depuis que Bachar Al-Assad a été chassé
01:14du pouvoir en décembre 2024.
01:17Marc Paup.
01:20Un mois à peine après la chute de Bachar Al-Assad, Paris est déjà aux avant-postes.
01:24Le ministre des Affaires étrangères rencontre à Damas le nouveau dirigeant syrien en compagnie de son obolingue allemande,
01:31signe que la France cherche à faire de la Syrie un soutien dans la région pour lutter contre le terrorisme.
01:36Quelques jours plus tard, à Paris se tient la troisième conférence internationale pour la Syrie, dirigée par Emmanuel Macron.
01:43Nous appelons à un cessez-de-feu sur l'ensemble du territoire syrien, y compris dans le nord et le
01:47nord-est,
01:48comme à la fin des ingérences étrangères, y compris dans le sud.
01:51L'objectif prioritaire de cette sécurité, c'est de faire en sorte que la Syrie ne redevienne pas une plateforme
01:57logistique pour les milices liées à l'Iran
01:59et qui participe de son agenda de déstabilisation régionale.
02:03Pour accompagner la transition syrienne, Emmanuel Macron fait également le pari d'inviter Ahmad Al-Shahra à l'Elysée en
02:09mai 2025,
02:11et ce malgré son passé de chef djihadiste.
02:13Dans la normalisation du nouveau pouvoir syrien, le président français se veut le moteur.
02:17Il contribue notamment à mettre le pied à l'étrier du dirigeant syrien sur la scène internationale.
02:22L'intérêt de tous, y compris l'intérêt des Américains, est aujourd'hui de réfléchir et plutôt d'agir pour
02:30nous accompagner
02:31dans la levée des sanctions à l'égard du peuple syrien et de tarder au maximum pour le retrait de
02:38ses forces en Syrie,
02:40parce que simplement la question sécuritaire demeure.
02:43Une stratégie payante. En novembre 2025, Donald Trump reçoit finalement Ahmad Al-Shahra à Washington
02:48et annonce la levée des sanctions américaines.
02:51Paris cherche aussi à protéger les Kurdes, ses anciens alliés, dans la lutte contre l'organisation État islamique.
02:56Après d'importantes tensions avec Damas, un accord a finalement été conclu pour leur intégration à l'État syrien.
03:02Un accord sur le respect duquel Emmanuel Macron se veut très vigilant.
03:08L'Elysée aussi s'est voulu très vigilante, Richard.
03:11Sur cette visite, il y a eu très peu d'informations qui ont filtré, puisque c'est la présidence syrienne
03:16qui l'a annoncé.
03:16Il n'y avait pas de confirmation, même pas de date évoquée.
03:19Et on ne sait d'ailleurs toujours pas le programme, finalement.
03:23Ça montre qu'à la sécurité, ça reste encore un défi, évidemment.
03:26Oui, incontestablement.
03:27Et puis il y a quand même, je dirais, le calendrier qui est extrêmement symbolique.
03:32Emmanuel Macron se rend en Syrie juste avant d'aller au sommet de l'OTAN,
03:36qui se tient à Ankara en Turquie.
03:38Or, la Turquie est le grand protecteur de Ahmed El-Shahra,
03:41puisque c'est elle, en quelque sorte, qui a contribué à l'installer au pouvoir en armant sa milice rebelle.
03:46Donc on est dans un contexte géopolitique.
03:49Vous ajoutez à ça le Liban, sur lequel la France a un œil particulier,
03:53et on connaît l'historique entre la Syrie et le Liban.
03:56Vous regardez, vous dézoomez un peu plus, et vous arrivez à l'Iran,
03:59et à toute la question de la déflagration du Golfe Persique.
04:02Donc il est évident que c'est un voyage à haut risque.
04:05La question qu'on peut se poser, c'est qu'est-ce que Ahmed El-Shahra peut donner comme garantie
04:10?
04:11Parce que la réalité, c'est qu'il peut, cet ancien chef djihadiste, promettre beaucoup.
04:16Il a le soutien de Donald Trump, qui voit en lui un homme fort.
04:19D'ailleurs, Donald Trump l'avait dit.
04:20Mais au-delà des promesses, quelle garantie peut-il donner ?
04:23On a bien vu qu'en termes, vous le disiez, c'était dit dans le reportage,
04:26de convulsions communautaires entre les Kurdes, les Arabes musulmans, les chrétiens, les Druzes.
04:32Eh bien, le gouvernement, son gouvernement s'est très vite trouvé dépassé,
04:36voire peut-être instrumentalisé par des rangs plus fondamentalistes dans son sein.
04:43Gauthier, quand Emmanuel Macron se rapproche ainsi,
04:46alors on a vu cette visite à l'Elysée, il y a ce déplacement à Damas,
04:49quand il se rapproche ainsi d'Amen El-Shahra,
04:52de fait, il réhabilite le pouvoir syrien.
04:54Est-ce que c'est un pari risqué de la part du président français ?
04:57C'est une constante un peu de la diplomatie française,
05:02parce que, en ce qui concerne la Syrie,
05:05la France a soutenu les pouvoirs syriens au nom d'une stabilité qui lui paraissait essentielle.
05:12C'est comme ça que Hafez al-Assad, qui était quand même un despote, un tyran,
05:18et avec du sang sur les mains, a été soutenu par la France.
05:22Bachar al-Assad également, et on avait même dit, vous allez voir, il est différent.
05:26Alors il y a eu ce qu'on a appelé le printemps de Damas, qui a fait croire que,
05:29mais il a continué à être soutenu, après avoir démontré la nature réelle de son personnage et du régime.
05:37Et aujourd'hui, il y a encore cette idée qu'il faut être premier pour pouvoir initier des choses,
05:44et que, d'une certaine manière, vous avez dit,
05:47Richard a dit que Donald Trump le considérait comme un homme fort.
05:51Est-ce que ça suffit ?
05:55Manifestement, pour un certain nombre de cercles du pouvoir français, oui.
05:58On fait le pari que la stabilité est amendable, en quelque sorte.
06:02C'est-à-dire qu'une fois qu'il y a quelque chose de solide,
06:05on peut essayer de faire bouger le curseur.
06:08L'exemple de la Russie prouve exactement le contraire.
06:11Mais là, en Syrie, il y a quelque chose de particulier,
06:13c'est que le printemps syrien tel qu'il a été a marqué aussi une grande difficulté
06:18pour la France ou d'autres puissances,
06:20qui voulaient trouver la bonne organisation sur laquelle miser.
06:24Et ça, c'était extrêmement compliqué.
06:28Et donc, il y a cette volonté de se placer comme stabilisateur
06:33et de miser sur la stabilisation.
06:36Écoutez, soyons francs, quand on a été djihadiste,
06:38j'allais pas dire qu'on l'est pour toujours,
06:41mais enfin, vous vous souvenez de ce qu'avaient été les propos de Trump,
06:44justement, et même d'autres à propos des talibans à Kaboul,
06:46avant qu'ils ne reviennent.
06:48Trump avait dit, nous avons trouvé des bons talibans.
06:50Et nous sommes d'accord pour qu'on respecte le droit à l'éducation
06:55des petites filles et des femmes, etc.
06:57La suite, vous la connaissez.
06:59Richard, sur le fait de ces gages, finalement, de stabilité,
07:03aussi de réhabilitation donnée par Ahmed Al-Chara,
07:05ça veut dire que depuis décembre 2024,
07:07depuis qu'il était arrivé au pouvoir,
07:08il a su montrer patte blanche, si je puis dire,
07:11pour être suffisamment crédible au vie des dirigeants ?
07:15Alors, je crois que s'il y a une chose qui est acquise aujourd'hui,
07:17c'est son talent diplomatique et politique.
07:19C'est incontestable.
07:20N'oublions pas quand même qu'il a un parrain puissant,
07:23c'est le Turc Erdogan,
07:25qui, je le répète, reçoit le sommet de l'OTAN,
07:27qui, lui aussi, est considéré par Donald Trump
07:29comme un de ses hommes forts à qui on peut faire confiance.
07:32Ça pèse.
07:33Mais ce qui est certain, c'est qu'Amad Al-Chara,
07:35je dirais, il a très bien manœuvré sur deux terrains
07:38qui n'étaient pas simples.
07:39Le premier terrain, c'est qu'il a laissé entendre
07:44qu'il allait réformer,
07:47qu'il ne se transformerait pas en dictateur pur et simple,
07:51en dictateur islamiste pur et simple.
07:53Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est faux ?
07:55Pour l'instant, on n'en sait trop rien.
07:56Mais il maintient cette zone grise
07:58où on peut lui accorder ce qu'on appelle le bénéfice du doute.
08:01Ça, c'est la première chose.
08:03La deuxième chose, c'est qu'effectivement,
08:05lorsqu'il y a eu, notamment, je parlais de ces clashes communautaires
08:08avec les Druzes, avec les chrétiens,
08:10il faut reconnaître que, assez vite, lui, il est intervenu.
08:13Il est intervenu, donc, il a compris qu'il y avait urgence.
08:16Il est intervenu, y compris, contre certaines de ses troupes
08:20qui étaient directement engagées dans ses agressions,
08:23dans ses massacres.
08:24D'ailleurs, il y avait eu des massacres dans la région de l'Atakye,
08:26qui était le fief de Bachar el-Assad.
08:28Donc, voilà, je pense qu'on peut le créditer de ces deux choses.
08:31Il est réactif, il comprend l'urgence.
08:33Et, deuxièmement, il sait maintenir une zone grise
08:36où on lui fait confiance, mais il faut reconnaître
08:38qu'on n'a pas le choix.
08:40Oui, tout à fait, dans ce sens-là.
08:44Ce qui est en train de créer Al-Shahra,
08:46c'est aussi un modèle.
08:47Et c'est là qu'il y a quelque chose à la fois d'intéressant
08:50et peut-être d'inquiétant,
08:51c'est que ce qu'on a vu par le passé,
08:53notamment avec Daesh, dans la zone irako-syrienne,
08:56c'était certes la volonté d'instaurer une structure dite étatique,
09:00mais qui ne fonctionnait pas, de fait,
09:02parce qu'il n'y avait pas ce qu'il fallait,
09:04parce qu'il n'y avait pas d'unité de commandement politique,
09:07parce qu'il manquait des tas de choses.
09:09Donc, il y avait simplement une fiction.
09:11Alors que là, ce qu'essaye de faire Al-Shahra,
09:14c'est un véritable, bien sûr, de reconstruire la Syrie,
09:17de sorte que ça peut faire tâche d'huile,
09:20ça peut faire école, avec d'autres mouvements,
09:21qui se diront, tiens, au fond, la propagation,
09:25en quelque sorte, de l'islamisme,
09:27passe par, non pas forcément la guerre ou le combat,
09:32ou le djihad,
09:33mais cette manière de construire un État
09:36qui, certes, réussit sur un plan matériel,
09:40mais qui, en même temps, maintient la gang,
09:42maintient sous la gang les citoyens
09:44et les personnes de ce pays.
09:45Donc, il faut suivre, en même temps,
09:47non seulement l'activité d'Al-Shahra,
09:49mais aussi celle de ceux qui vont comprendre la Syrie
09:53comme un modèle à imiter.
09:55Pourquoi, d'après vous, Richard,
09:57le président français se tourne à ce point vers la Syrie ?
10:00Pourquoi il y vient ?
10:01L'Élysée dit ce soir qu'on vient prôner une Syrie libre,
10:04plurielle, respectueuse de chacune de ses composantes.
10:06Bon, on est dans le langage diplomatique.
10:07Emmanuel Macron, on le sait,
10:09il est très soucieux de la parole française,
10:11de faire comprendre au monde entier
10:14que la France a encore une parole indépendante,
10:16différente de celle des États-Unis.
10:17Donc, de ce point de vue, en faisant ce message démocratique à la Syrie,
10:21il diffère d'un Donald Trump qui, lui, dit
10:24« Si vous êtes un homme fort capable de gérer votre pays, ça me convient ».
10:27Cela dit, quels sont les instruments dont dispose Emmanuel Macron
10:30pour s'assurer que ses paroles produiront des effets ?
10:33Aucun.
10:34Il faut bien le reconnaître.
10:35Non, je crois qu'il y a deux autres éléments.
10:36D'abord, il y a le Liban, évidemment.
10:38Le Liban, c'est depuis le début,
10:40depuis le début de la présidence Macron,
10:42le dossier international sur lequel Emmanuel Macron s'est absolument investi.
10:47Et n'oublions pas qu'il y a maintenant une proposition sur la table.
10:50C'est celle d'une force franco-italienne dans le Sud
10:54qui remplacerait la finue, la expiration de son mandat en décembre.
10:57Pour ça, il faut des assurances, je dirais,
10:59de tous les groupes susceptibles de parasiter le déploiement de cette force.
11:03Et en Syrie, il y a pas mal de groupes de ce genre.
11:05Le passé l'a montré.
11:07Et puis, il y a quand même un dossier, ne l'oublions pas,
11:09un dossier qui a été jugé par la justice,
11:11c'est le dossier Lafarge.
11:12Rappelez-vous quand même les dirigeants de Lafarge
11:14qui ont été condamnés.
11:15C'est un dossier qui se passe en Syrie.
11:17C'est un dossier, M. Al-Shara, à l'époque,
11:19était dans la rébellion islamique.
11:21On a accusé, on a d'ailleurs condamné les dirigeants de Lafarge
11:24pour avoir financé l'islamisme.
11:27Je peux pas m'empêcher de penser
11:28qu'il y a encore quelques ramifications souterraines
11:31qu'il faudrait clarifier avec ce régime
11:33maintenant qu'Al-Shara est au pouvoir.
11:35Sur le Liban, Gauthier, la carte libanaise,
11:37c'est ce que vient jouer aussi Emmanuel Macron à Damas ?
11:42Oui, parce qu'effectivement, il y a cet attachement au Liban.
11:47Il y a aussi, vous le savez,
11:49dans beaucoup de milieux de la droite française,
11:52cet attachement aux chrétiens du Liban.
11:55Ça, c'est quelque chose qui est fort,
11:57même si on connaît l'histoire notamment des phalanges libanaises.
12:00C'est pas forcément très reluisant.
12:02Mais donc, cet attachement est là.
12:04Et puis, par rapport à la Syrie,
12:06l'idée que si on recentre les efforts sur la Syrie
12:13et la vie de ses citoyens,
12:15eh bien, il pourrait y avoir une véritable césure
12:17entre la Syrie et le Liban,
12:19c'est-à-dire, au fond, l'arrêt d'un impérialisme syrien
12:22qui viendrait et qui phagocyte depuis plusieurs décennies
12:26les choix difficiles, parfois qu'un cas du Liban,
12:32et qui phagocyte aussi, qui nuit au Liban
12:36et donc à sa reconnaissance de souveraineté, etc.
12:39Donc là, il y a une carte à jouer en disant, au fond,
12:42nous, on vous soutient, on soutient la nouvelle Syrie,
12:45mais de grâce, enlevez vos mains du Liban.
12:48Donc, ça peut être une carte à jouer de la sorte, oui.
12:51Il y a Donald Trump, on l'évoquait évidemment, son rôle.
12:54Donald Trump, qui, on le rappelle, a aidé à lever les sanctions contre la Syrie.
12:59Donald Trump, dont il voudrait qu'aussi Ahmed El-Chara
13:04joue précisément un rôle au Liban.
13:06Est-ce que la Syrie peut aider à ce fameux désarmement du Hezbollah,
13:10dont on parle beaucoup,
13:11et qui est une condition posée comme ça sur la table ?
13:16Écoutez, dans le passé, jusqu'à une date récente,
13:19l'armement iranien à destination du Hezbollah libanais
13:24passait par la Syrie.
13:25Donc, tous les couloirs d'approvisionnement,
13:27j'allais dire toutes les structures de commandement,
13:30passaient par la Syrie.
13:31Donc, il faut avoir l'assurance que tout ça va être démantelé.
13:34Or, on le dit, et le président El-Chara peut le promettre,
13:38mais derrière tout ça, il y a aussi des questions d'argent,
13:41des questions d'allégeance personnelle, de clan.
13:43Tout ça ne se résout pas d'une simple consigne présidentielle.
13:48En ce qui concerne Donald Trump,
13:50il a pour lui, le président américain,
13:51la simplicité de ses arguments et de sa vision du monde.
13:54Lui, il veut des hommes forts qui obéissent à l'Amérique.
13:57Un point, c'est tout.
13:58À partir du moment où Ahmed El-Chara sera un homme fort
14:01qui obéit à l'Amérique et qui renonce à exporter son djihad,
14:05en tout cas, soit vers les bases américaines,
14:07soit vers les États-Unis,
14:08parce que le reste de Donald Trump n'y est pas très attentif,
14:11ça lui convient.
14:11C'est quand même beaucoup plus simple
14:13de parler à des dirigeants comme El-Chara ce type de langage
14:17que le langage, on va dire, démocratique et vertueux d'Emmanuel Macron.
14:20Sauf que Gauthier, Ahmed El-Chara s'est montré assez prudent,
14:24finalement, jusqu'ici,
14:26parce que la Syrie a été assez discrète
14:28dans tous les dossiers qui occupent le Moyen-Orient actuellement.
14:32Mais justement,
14:33parce que je pense qu'il est conscient du fait
14:36qu'il n'y a dans l'immédiat que des coûts à prendre.
14:39Et qu'effectivement, un développement de la Syrie
14:42qui ne propagerait pas le djihad au sens où on l'entend traditionnellement,
14:47mais qui, justement, servirait de référence
14:50à un certain nombre d'autres pays
14:52avec les mêmes tendances politiques accédant au pouvoir,
14:55eh bien ça, c'est finalement beaucoup plus intéressant.
14:58Si vous cherchez des zones d'influence
15:00et qu'au fond, vous arrivez à les bâtir
15:02par le modèle que vous représentez,
15:05quel que soit ce modèle,
15:06c'est à la fois plus facile et plus gratifiant
15:09que, comme le fait Poutine,
15:11pour récupérer sa zone d'influence,
15:13il essaye de récupérer l'Ukraine.
15:15Si vous voulez, là, il y a une forme d'intelligence politique,
15:18comme disait Richard tout à l'heure,
15:19qui propulse le personnage.
15:22D'ailleurs, oui, hors champ de vision de Trump,
15:26ça c'est clair,
15:27si ce n'est l'exigence de l'homme fort au pouvoir,
15:31mais qui propulse Al-Shara
15:33comme étant un personnage précisément
15:36capable de devenir,
15:38c'est-à-dire capable d'évoluer
15:40et qu'à partir de là, il faut être soi-même,
15:42justement, à même,
15:44de, bien finalement, de guider ce parcours
15:47pour que le personnage ne retombe pas
15:49dans ce qu'il était.
15:50Mais là aussi, c'est vrai que les factions...
15:54Regardez comment l'armée syrienne libre,
15:56par exemple, du printemps syrien,
15:59a été, pas démantelée,
16:01mais récupérée, entre autres, par la Turquie,
16:04par des phénomènes de transfert de fonds, etc.,
16:07alors que cette armée syrienne libre
16:08avait donné le sentiment d'être, au fond,
16:12le fleuron de cette révolution.
16:14Donc, c'est vrai que ces factions,
16:16à la fois morcelées par les conflits
16:18de fonds de finances
16:20et par des conflits idéologiques,
16:22on va voir aussi comment ça se passe
16:24pour Al-Chara, lorsqu'il dira
16:26« Respectons les États-Unis »,
16:28c'est pas du tout certain
16:29que dans ses rangs, on allait mettre ça.
16:31Cette nouvelle Syrie d'Amel Al-Chara,
16:33qui a désormais aussi un ennemi commun
16:34avec Israël, l'Iran,
16:36que Donald Trump, là aussi,
16:39tient un rapprochement
16:40entre Israël et la Syrie,
16:42est-ce que Richard, il peut compter
16:44sur un rapprochement avec Ahmed Al-Chara
16:46pour venir normaliser ses relations
16:48entre la Syrie et Israël ?
16:51En tout cas, il veut s'assurer, je pense,
16:54du fait qu'Al-Chara ne fera rien dérailler
16:57et acceptera de prendre un certain nombre
17:00de coups d'Israël sans riposter.
17:02Parce que c'est quand même ça, la réalité.
17:04Al-Chara a pris des coups.
17:05Les Israéliens ont pilonné
17:07des positions syriennes,
17:08ils ont détruit des bases syriennes,
17:10c'étaient des actes de guerre
17:12qui auraient justifié une riposte syrienne.
17:15Et donc, là, je pense que les États-Unis
17:17disent à Al-Chara,
17:18vous devez encaisser,
17:20ne ripostez pas,
17:22nous, en échange,
17:23on vous garantit, quelque part,
17:24votre poste et le maintien au gouvernement.
17:27Ça me semble être le deal.
17:29Maintenant, qu'est-ce qu'il y a
17:29dans la tête d'Al-Chara
17:31vis-à-vis d'Israël ?
17:33Est-ce qu'en gros,
17:34il y aurait de la graine d'accord d'Abraham ?
17:37À mon avis, c'est sans doute
17:39ce que pense Trump,
17:39parce que Trump, il voudrait vendre
17:40ses accords d'Abraham à tout le monde,
17:42il les a en bandoulière.
17:44Je crois quand même, là, pour le coup,
17:45qu'on en est très loin.
17:46On en est très loin, Gauthier.
17:48Oui, il y a plusieurs choses.
17:50Il y a le fait, d'abord,
17:52qu'on a bien vu par le passé,
17:54comme aujourd'hui,
17:55qu'Israël, parfois, agit,
17:57non pas dans l'intérêt général,
17:59mais dans son propre intérêt.
18:00C'est-à-dire que ça amène l'État hébreu
18:02à nouer, parfois, des alliances
18:03de circonstances
18:04avec, j'allais dire, les affreux.
18:06Donc, il peut y avoir
18:08chez Israël cette tentation
18:10d'adouber un homme
18:11parce qu'il représenterait
18:13une stabilité.
18:14Et quant à ce que disait
18:16Richard sur le fait
18:17de se mettre en retrait
18:18quand il y a
18:19des bombardements israéliens,
18:21c'est une vieille tradition
18:22syrienne pour d'autres raisons.
18:24C'est que souvent,
18:24le régime de Bachar el-Assad,
18:26par exemple,
18:26ne disait rien
18:27quand il y avait
18:28des bombardements israéliens
18:29parce que c'était trop infamant
18:31pour la direction de Damas
18:32de reconnaître
18:33que les Israéliens
18:34pouvaient bombarder
18:35comme ils le voulaient.
18:36On va parler de l'Iran
18:38avec ses centaines
18:38de milliers de personnes
18:40qui étaient rassemblées
18:41à Téhéran,
18:42la capitale iranienne
18:43pour rendre hommage
18:43aujourd'hui.
18:45Ali Ramene
18:45tué le 28 février
18:47de frappes américano-israéliennes.
18:49Les funérailles
18:50de l'ancien guide suprême
18:51qui se poursuivent.
18:52Donc, on en est
18:52au troisième jour d'obsèque
18:53et ce, en l'absence
18:54de son fils et successeur
18:55Mojtaba Ramene.
18:56On fait le point
18:57avec notre correspondant
18:58à Téhéran,
18:59Syavash Ghazi.
19:01Écoutez,
19:01il y a une mobilisation
19:02énorme de la population
19:04pour participer
19:05à ces funérailles.
19:06Le cortège a commencé
19:08à démarrer
19:09à 6h du matin
19:10sur la place
19:11Imam Hossein
19:13à l'est de Téhéran
19:14pour aller
19:15jusqu'à la place
19:16Azadi
19:16et ensuite continuer
19:17là, entre les deux places
19:19il y a 12 à 13 kilomètres
19:21et ensuite
19:22pour continuer
19:23sur une vingtaine
19:25de kilomètres encore
19:26donc un cortège
19:28particulièrement dense.
19:30Moi-même,
19:31j'ai dû
19:32passer à travers
19:33cette foule compacte
19:35sur 5 kilomètres
19:36pour atteindre
19:37la place Azadi
19:38pour monter
19:39dans la tour d'Azadi
19:40pour faire
19:41des images
19:43et j'ai dû
19:44donc sur 5 kilomètres
19:46j'ai dû au moins dire
19:474000 fois
19:48excusez-moi
19:49je suis journaliste
19:50pour prendre
19:51la foule
19:52et avancer
19:53ça m'a pris
19:54deux heures
19:54pour faire
19:55ces 5 kilomètres
19:55pour vous donner
19:56une idée
19:57de cette foule
19:59de combat
19:59qui était présente
20:00sinon
20:01j'aurais dû mettre
20:02au moins
20:036 ou 7 heures
20:04et donc
20:05énormément de gens
20:06sont venus participer
20:07des gens en pleurs
20:08des gens qui se frappaient
20:09la tête
20:10la poitrine
20:10et beaucoup
20:11donc reprenaient
20:13avec force
20:13des slogans
20:15pour demander
20:16vengeance
20:16pour demander
20:17que Donald Trump
20:18et Benjamin Netany
20:20payent le prix
20:22du sang
20:23de l'ancien
20:25guide suprême
20:25iranien
20:26versé
20:26et donc
20:27avec beaucoup
20:28de drapeaux
20:28iraniens
20:29mais des drapeaux
20:30rouges
20:30qui représentent
20:31le martyr
20:32de l'imam Hussein
20:33qui est vénéré
20:34par les musulmans
20:35chiites
20:35qui a été tué
20:36dans la bataille
20:37de Karbala
20:38Richard
20:40Siavoche évoquait
20:41ces slogans
20:41anti-Trump
20:42c'est aussi
20:42ces funérailles
20:43une manière
20:43pour le régime
20:44de montrer les muscles
20:45de dire
20:45voilà
20:45les Etats-Unis
20:46on est là
20:46et on est bien là
20:49c'est une évidente
20:50démonstration de force
20:51et je dirais
20:53particulièrement
20:53aujourd'hui
20:54à Téhéran
20:54parce que
20:55si les chiffres
20:56avancés sont justes
20:57des centaines
20:58de milliers de personnes
20:59c'est quand même
21:00très significatif
21:01alors attention
21:02il y a deux choses
21:03qu'il faut toujours répéter
21:04d'abord
21:05tous ces gens
21:06sont pour une partie
21:06qui sont entre eux
21:07sans doute obligés
21:08de venir
21:09parce qu'ils sont
21:09surveillés par leurs voisins
21:11par leur comité de quartier
21:12et s'ils n'y allaient pas
21:13ils en subiraient
21:14des conséquences
21:14et puis il y a tout
21:15ce qui se passe hors champ
21:16ce qu'on ne voit pas
21:17ce que les caméras
21:18ne montrent pas
21:18et rappelons que
21:19la population iranienne
21:20s'est soulevée
21:21il y a encore quelques mois
21:22elle en a payé le prix
21:23très durement
21:24mais néanmoins
21:25de toute manière
21:26ce type de régime
21:27fonctionne toujours
21:28comme ça
21:28par des démonstrations
21:30de force
21:30avec des gens
21:30qui viennent
21:31très souvent forcés
21:32et bien là
21:33qui aurait pensé
21:35posons-nous la question
21:36le 29 février
21:37on apprend
21:38que Ali Ramenei
21:40est tué
21:40que son fils
21:41Moshtaba
21:42semble-t-il est blessé
21:43on ne l'a toujours pas vu
21:44c'est la grande question
21:45que la femme
21:47de Moshtaba Ramenei
21:49et la mère
21:50c'est-à-dire
21:50l'épouse de Ali Ramenei
21:52ont été tuées également
21:53qui aurait pensé
21:54qu'il y aurait
21:54des funérailles nationales
21:56de cette ampleur
21:56on pensait tous
21:57et c'est sans doute
21:58ce que pensait Donald Trump
21:59que le régime
22:00allait se disloquer
22:01et que peut-être
22:02on ne retrouverait même pas
22:03la dépouille
22:04d'Ali Ramenei
22:05et bien non
22:06c'est un régime
22:08qui tient
22:08qui est solide
22:09et qui le montre
22:10parce que là
22:11quand même
22:11au vu de l'affluence
22:12on peut parler
22:13d'un régime solide
22:14régime solide
22:15Gauthier
22:16avec un Moshtaba Ramenei
22:17Richard le mentionnait
22:19à l'instant
22:19toujours absent
22:20on ne l'a pas vu
22:21oui alors
22:21ça aussi
22:22sur une forme
22:25de docilité
22:25de la population iranienne
22:27c'est assez
22:29remarquable
22:29entre guillemets
22:30c'est à dire qu'on n'a toujours
22:32pas vu le chef
22:33et pourtant
22:33il continue
22:35d'être
22:36non seulement
22:37adoubé
22:38mais aimé
22:38et là
22:39il y a quelque chose
22:40sur cette mobilisation
22:41actuelle
22:42qui est frappant
22:43c'est
22:45j'allais dire
22:45le paradoxe
22:47le paradoxe
22:47c'est que
22:48un certain nombre
22:49d'Iraniens
22:50ont souhaité
22:51l'aide
22:52américaine
22:53et souvenez-vous
22:53Donald Trump
22:54avait dit
22:54tenez bon
22:55on arrive
22:55bon
22:56les gens ont été payés
22:57de promesses
22:58qui n'ont pas été tenues
22:59mais d'un autre côté
23:00beaucoup ont dit
23:02c'est à nous
23:02de nous libérer
23:03et non pas aux américains
23:04de venir nous bombarder
23:05et donc si vous voulez
23:07comme rien n'a été réalisé
23:09dans ces deux
23:10cas de figure
23:11il y a cette animosité
23:13vis-à-vis des américains
23:15qui peut conduire
23:16et je suis d'accord
23:17avec Richard
23:18il y a ceux qui viennent
23:19en service commandé
23:20on est d'accord
23:20mais qui peut conduire
23:21à une forme de ciment
23:22à nouveau
23:23face à une adversité
23:24qui n'est pas
23:26qui n'est pas monolithique
23:28l'adversité
23:28c'est certes le pouvoir
23:29mais c'est aussi
23:30les autres
23:31qui n'ont pas rempli
23:32leur part de contrat
23:34vous savez très bien
23:35par exemple
23:35que le nucléaire
23:36aussi en Iran
23:37peut-être moins maintenant
23:38mais pendant longtemps
23:39a été un sujet
23:40de consensus
23:41c'est-à-dire que
23:43même des personnes
23:44qui étaient opposées
23:44au pouvoir
23:45disaient
23:46mais ça c'est une question
23:47non seulement de fierté nationale
23:48mais d'indépendance
23:49et donc on ne peut pas
23:50critiquer le régime
23:51Némola
23:51pour cela
23:52donc c'est ça aussi
23:54c'est comme Richard disait
23:55il y a eu ces massacres
23:56et il y a cette idée
23:58qu'au fond
23:58les Iraniens
23:59ne peuvent compter
24:00que sur eux-mêmes
24:01vu la débandade
24:03de l'Ouest
24:04au fond
24:05l'Occident
24:05et ça donne
24:07des effets
24:08momentanément
24:09paradoxaux
24:10c'est-à-dire
24:10cette idée
24:11que finalement
24:12l'Iran doit
24:13faire face
24:14seul
24:14et que s'il faut
24:16pendant quelque temps
24:17donner le sentiment
24:18ou même la certitude
24:20d'une fédération
24:21de quelque chose
24:22de soudé
24:22et bien il faut le faire
24:23et c'est particulièrement
24:24important dans ce moment
24:25où on voit
24:25que les négociations
24:26depuis deux mois
24:27sont surposes
24:28enfin surposes en tout cas
24:29elles n'ont abouti
24:30à pas grand chose
24:31alors c'est difficile
24:32à dire
24:33pour les négociations
24:34puisqu'on comprend
24:35qu'il y a des comités
24:36techniques qui ont été
24:37constitués
24:38que ces comités
24:38continuent de travailler
24:39mais ce qui est important
24:40c'est que ces funérailles
24:43permettent au sein du pouvoir
24:45un certain nombre
24:46de clarifications
24:47et la clarification
24:48la plus nette
24:48c'est quand on a vu
24:49Ahmad Vaidi
24:50le chef des gardiens
24:51de la révolution
24:52qui se cachait
24:53jusqu'à présent
24:54pour ne pas être tué
24:55par les américains
24:56qui sait même
24:57payer le luxe
24:58d'un bain de foule
24:59je dis payer le luxe
25:00parce que ça peut même
25:01être une erreur
25:01sécuritaire importante
25:02parce que les israéliens
25:04bien évidemment
25:05ont scanné
25:05tous les visages
25:06de ceux qui étaient
25:07autour de lui
25:08tous les agents
25:08qui le protégeaient
25:09et bien il le fait
25:10pour le faire
25:11ça veut dire
25:11qu'il a vraiment
25:12le sentiment
25:12qu'il tient l'appareil
25:14et quand qui dit
25:15tient l'appareil
25:15il tient aussi
25:16les négociateurs
25:17les négociateurs
25:18c'est le président du parlement
25:19vous savez
25:20qui a été interrompu
25:20récemment à la télévision
25:22c'est le président Pések Géant
25:24et c'est le ministre
25:25des Affaires étrangères
25:26on peut quand même
25:26considérer qu'aujourd'hui
25:27ceux qui ont le pouvoir
25:29c'est ceux qui organisent
25:31ces funérailles
25:31et ces commémorations
25:32un mot peut-être
25:33Gauthier
25:34très rapidement
25:34sur ces négociations
25:35oui tout à fait
25:35c'est ce
25:36vous savez
25:37c'est ce qu'on appelle
25:38en Angleterre
25:39le shadow cabinet
25:40c'est qu'en Iran
25:41il y avait aussi
25:42une double nomenclature
25:43qui était prête
25:44à prendre le relais
25:45sitôt
25:46un certain nombre d'eux
25:47étaient incapables
25:49ou dans l'empêchement
25:50tués
25:51et donc
25:52cette double
25:54cette copie
25:55du pouvoir
25:56prête à prendre
25:57les rênes
25:58c'est une copie
25:59qui est beaucoup
26:00plus favorable
26:00aux gardiens
26:01de la révolution
26:02non seulement
26:03pour des raisons
26:04idéologiques
26:04mais aussi parce que
26:05les gardiens
26:05de la révolution
26:06sont les plus gros
26:09percepteurs
26:09de l'argent
26:10public
26:11et que là aussi
26:13il y a un enjeu
26:13capital pour eux
26:14et n'oublions pas
26:15une chose quand même
26:16c'est que tout ça
26:16n'est possible
26:17que grâce à Donald Trump
26:19parce que Donald Trump
26:20à tout moment
26:20les américains
26:21et les israéliens
26:22contrôlent toujours
26:23le ciel de l'Iran
26:23à tout moment
26:24ils pourraient frapper
26:25à tout moment
26:26ils pourraient
26:26pardonnez-moi
26:27dégommer
26:28un certain de ses dirigeants
26:29c'est plus difficile
26:30quand il y a une foule
26:30de cette importance
26:32mais Donald Trump
26:33l'a dit
26:33vous savez
26:34il a dit
26:35je les laisse faire
26:35parce que
26:36nous sommes
26:37je ne sais pas
26:37s'il a dit
26:37nous sommes sympas
26:38ou ils sont sympas
26:39mais n'oublions pas
26:40que ça
26:40c'est une cérémonie
26:42tolérée
26:42par les Etats-Unis
26:44merci beaucoup
26:45Richard Verly
26:46merci également à vous
26:46Gauthier Rebinski
26:47vous restez avec nous
26:48on va plus loin
26:49c'est fini
26:50mais l'essentiel
26:50ça continue
26:51dans un instant
26:51on reviendra
26:52sur ces incendies
26:53qui touchent le sud
26:54de la France
26:54les Pyrénées-Orientales
26:56particulièrement
26:57plus de 4600 hectares
26:59ont déjà brûlé
27:00depuis samedi
27:01à tout de suite
27:05Retrouvez la météo
27:06avec EFI
27:07isolation
27:08pompe à chaleur
27:09climatisation
27:10tout pour garder
27:11votre maison fraîche
27:12et confortable
27:13en toute saison
27:14vivez mieux votre été
27:15avec EFI
27:20Retrouvez la météo
27:21en toute sérénité
27:23avec Yomoni
27:26Yomoni
27:27gestion de patrimoine
27:28en ETF
27:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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