- il y a 18 heures
Les avocats de Cédric Jubillar prennent la parole.
"Je voudrais d'abord rendre hommage à la mémoire de Delphine, j'ai une pensée émue pour elle. J'ai également une pensée très forte pour ses enfants, qui vivaient dans l'incertitude totale. J'espère que les réponses qui vont leur être apportées vont leur permettre de faire leur deuil", indique d'abord Maître Pierre Debuisson.
Et d'ajouter: "Ce qui est certain, c'est que depuis le début, il avait le besoin et l'envie de parler".
"Je l'ai écouté, j'ai appris à le connaître, j'ai noué un lien de confiance et assez rapidement j'ai ressenti qu'il avait le besoin de parler. Il était verrouillé psychologiquement depuis le début (...) C'était très difficile pour lui de parler", a-t-il ajouté.
"Il m'a dit "C'est moi qui suis à l'origine de la disparition de Delphine"".
Sur la localisation du corps, il a donné dans sa lettre "quelques précisions mais pas beaucoup de détails", indique Me Pierre Debuisson, ajoutant qu'il s'exprimera plus en longueur devant la justice avec qui il assure qu'il collaborera.
Avant de confirmer être passé à l'acte "après une énième dispute conjugale".
Et d'avoir décidé de déplacer son corps, pour ne pas que ses enfants "voient ça".
Selon sa version, Cédric Jubillar n'a pas déplacé seul le corps de Delphine Aussaguel. mettant en cause l'intervention d'une autre personne. "Il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine avec le véhicule et nous a donné quelques précisions mais pas beaucoup de détails : il réserve toutes les précisions à la justice", poursuit l'avocat.
"Il pense d'abord à ses enfants et il s'est enfermé ensuite dans un engrenage", a ajouté Me Pierre Debuisson.
Et d'indiquer: "Il n'y a rien de plus important aujourd'hui" que de retrouver le corps de Delphine Jubillar.
L'autre avocat de Cédric Jubillar, Guy Debuisson, se dit "choqué par le délabrement psychologique" du peintre-plaquiste de 39 ans en détention, déplorant le fait qu'il soit à l'isolement "depuis cinq ans".
Et Me Pierre Debuisson de fustiger: "C'est flagrant, l'enquête été bâclée". "Si le travail avait été fait sérieusement, au bout de 48 heures, toutes les informations auraient été recueillies et le corps de Delphine retrouvé", martèle-t-il.
"Le travail de fond n'a pas été fait par les psychologues, les psychiatres", ajoute l'autre conseil, Me Guy Debuisson.
Cédric Jubillar "a des regrets profonds, sincères", assure son avocat Me Pierre Debuisson. "Il regrette son geste par-dessus tout" et "est affecté par l'absence de liens avec ses enfants", ajoute-t-il.
"Je voudrais d'abord rendre hommage à la mémoire de Delphine, j'ai une pensée émue pour elle. J'ai également une pensée très forte pour ses enfants, qui vivaient dans l'incertitude totale. J'espère que les réponses qui vont leur être apportées vont leur permettre de faire leur deuil", indique d'abord Maître Pierre Debuisson.
Et d'ajouter: "Ce qui est certain, c'est que depuis le début, il avait le besoin et l'envie de parler".
"Je l'ai écouté, j'ai appris à le connaître, j'ai noué un lien de confiance et assez rapidement j'ai ressenti qu'il avait le besoin de parler. Il était verrouillé psychologiquement depuis le début (...) C'était très difficile pour lui de parler", a-t-il ajouté.
"Il m'a dit "C'est moi qui suis à l'origine de la disparition de Delphine"".
Sur la localisation du corps, il a donné dans sa lettre "quelques précisions mais pas beaucoup de détails", indique Me Pierre Debuisson, ajoutant qu'il s'exprimera plus en longueur devant la justice avec qui il assure qu'il collaborera.
Avant de confirmer être passé à l'acte "après une énième dispute conjugale".
Et d'avoir décidé de déplacer son corps, pour ne pas que ses enfants "voient ça".
Selon sa version, Cédric Jubillar n'a pas déplacé seul le corps de Delphine Aussaguel. mettant en cause l'intervention d'une autre personne. "Il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine avec le véhicule et nous a donné quelques précisions mais pas beaucoup de détails : il réserve toutes les précisions à la justice", poursuit l'avocat.
"Il pense d'abord à ses enfants et il s'est enfermé ensuite dans un engrenage", a ajouté Me Pierre Debuisson.
Et d'indiquer: "Il n'y a rien de plus important aujourd'hui" que de retrouver le corps de Delphine Jubillar.
L'autre avocat de Cédric Jubillar, Guy Debuisson, se dit "choqué par le délabrement psychologique" du peintre-plaquiste de 39 ans en détention, déplorant le fait qu'il soit à l'isolement "depuis cinq ans".
Et Me Pierre Debuisson de fustiger: "C'est flagrant, l'enquête été bâclée". "Si le travail avait été fait sérieusement, au bout de 48 heures, toutes les informations auraient été recueillies et le corps de Delphine retrouvé", martèle-t-il.
"Le travail de fond n'a pas été fait par les psychologues, les psychiatres", ajoute l'autre conseil, Me Guy Debuisson.
Cédric Jubillar "a des regrets profonds, sincères", assure son avocat Me Pierre Debuisson. "Il regrette son geste par-dessus tout" et "est affecté par l'absence de liens avec ses enfants", ajoute-t-il.
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TVTranscription
00:01...
00:18Non, non, j'attends que tout le monde soit...
00:22Bon, c'est pas grave. Allons-y.
00:24Allons-y. Bonjour. Bonjour à tous. Merci d'être venus.
00:29Avant de parler de Cédric Jubilard, moi je voudrais d'abord rendre hommage à la mémoire de Delphine.
00:35Évidemment, j'ai une pensée émue pour elle à ce moment-là.
00:38À ce moment précis, j'ai une pensée aussi très forte pour ces enfants qui attendaient des questions, qui vivaient
00:44dans la certitude totale.
00:46Et aujourd'hui, j'espère que les réponses qui vont être apportées par Cédric Jubilard vont leur permettre de faire
00:52un deuil.
00:53Et surtout, d'avoir une sépulture pour leur maman. Ça, c'est la chose la plus importante.
00:59Concernant maintenant Cédric Jubilard, moi je l'ai rencontré il y a environ six mois. Il m'a désigné comme
01:04avocat.
01:05Je suis allé le voir régulièrement à la maison d'arrêt, presque chaque semaine depuis le mois de janvier.
01:11Et immédiatement, j'ai constaté, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, que j'avais affaire à un détenu
01:16différent des autres,
01:17indépendamment de la question de la culpabilité ou d'innocence.
01:20Ce qui était flagrant, c'était sa grande fragilité, qui était liée évidemment à la situation d'isolement carcéral,
01:26qui est un régime punitif auquel il est soumis depuis cinq ans, mais aussi aux médicaments très forts,
01:31très lourds, qui lui ont été administrés ces derniers mois et même ces dernières années,
01:34puisqu'il s'agit de neuroleptiques très puissants et d'antipsychotiques.
01:39Petit à petit, on veut lui demander d'arrêter de prendre ces médicaments et surtout, je l'ai écouté, j
01:46'ai échangé avec lui,
01:48j'ai appris à le connaître, j'ai tissé une relation de confiance et progressivement et assez rapidement,
01:54j'ai ressenti que celui-ci avait le besoin profond de parler.
02:00Il était verrouillé quelque part psychologiquement depuis le début,
02:04verrouillé probablement en raison de l'immense pression médiatique qui était exercée sur lui à travers cette affaire,
02:09qui est donc l'une des plus grandes affaires criminelles françaises de ces dernières années.
02:13Verrouillé aussi probablement en raison de formes de brutalité qu'il a évoquées,
02:17ou en tout cas de pression très forte de la part des enquêteurs.
02:20Il m'a dit lui-même, je me suis recroquevillé comme une huître sur mon rocher.
02:25Ensuite, il a été condamné, il a été incarcéré à l'isolement pendant cinq ans et ça a été très
02:30difficile pour lui de parler.
02:33Mais ce qui est certain, c'est que depuis le début, il avait besoin et envie de parler.
02:38Donc moi, je me félicite aujourd'hui de ce résultat et de ce travail qui est une grande victoire pour
02:43la justice,
02:44qui permet aussi de réconcilier le bien, la morale et le droit.
02:47Dans une affaire où tellement d'interprétations ont été faites, cette affaire qui a fait couler tellement d'encre,
02:53il y a eu tellement de questions, tellement de fantasmes.
02:55Enfin, aujourd'hui, nous avons la réalité, la vérité.
02:57Et ce souci de transparence et de vérité, c'est quelque chose qui nous tenait particulièrement à cœur depuis le
03:02début.
03:04Concernant le mécanisme du passage aux aveux, il y a eu cette relation de confiance qui s'est tissée.
03:12Et puis un jour, il y a quelques semaines, il m'a dit, écoutez, maître, il faut que je vous
03:15dise la vérité, c'est moi.
03:17C'est moi, c'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme.
03:22L'explication qu'il donne est la suivante.
03:24Il s'agit d'un couple qui s'est dégradé inexorablement depuis plusieurs mois, avec des tensions de plus en
03:31plus fortes.
03:31Et c'est dans le cadre d'une énième dispute conjugale que les choses ont mal tourné
03:36et que celui-ci se retrouve donc à l'origine de la disparition de sa femme.
03:42Tétanisé, quand il a repris ses esprits et qu'il a réalisé son geste, quand il a réalisé ce qu
03:46'il avait fait,
03:47il a tout de suite pensé à ses enfants.
03:50Il n'a pas voulu leur infliger ce regard terrible, cette vision de ce corps inanimé de leur mère.
03:57Et donc, il s'est dit, il ne faut pas qu'il ne voit ça, donc je dois déplacer le
04:01corps.
04:02Il a pensé aussi, parce qu'il s'agit d'un être humain, mes enfants m'en voudront, ils ne
04:07me le pardonneront pas.
04:08Et donc, très rapidement, pour ne pas dire immédiatement, il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine
04:14avec le véhicule.
04:16Et il a déplacé ce corps dans un endroit pour lequel il nous a donné quelques précisions, mais pas beaucoup
04:20de détails.
04:20Il réserve toutes les informations, tous les détails à la justice.
04:24Il est disposé à collaborer entièrement.
04:26Et moi, à ce stade, je formule le vœu très vif qu'on puisse évidemment retrouver Delphine pour lui donner
04:32une sépulture.
04:34Ce travail-là, c'est un travail que je n'ai pas fait seul.
04:37Je l'ai fait, c'est un travail d'équipe avec une tierce personne, une personne qui va le voir
04:41régulièrement à la maison d'arrêt depuis plusieurs mois,
04:44qui nous a beaucoup aidé.
04:45Et je l'ai fait aussi avec mon père, Guy de Buisson, à qui je donne la parole.
04:49Est-ce qu'il vous a donné des précisions ?
04:51D'abord, la parole à...
04:52Oui, Pierre, effectivement, à un certain moment, on m'a demandé d'intervenir en me disant « Qu'est-ce
04:59que tu penses ? Va le voir ».
05:00Donc, c'est ce que j'ai fait.
05:02J'ai été immédiatement choqué par le délabrement psychologique de ce garçon.
05:06Alors, délabrement psychologique était dû à quoi ?
05:09On vit dans cette affaire un véritable scandale.
05:11Ça n'a échappé à personne.
05:12Ça fait 5 ans, en juin, ça aura fait 5 ans, en juin, qu'il y a tel isolement.
05:16Non, quand on sait que la Cour européenne considère que l'isolement, c'est un moyen de torture,
05:21on peut considérer, effectivement, qu'il y avait un abus.
05:24Le deuxième abus, il m'a expliqué, moi, j'avais suivi le procès d'une manière assez particulière,
05:28que tous les soirs, pendant ce procès, pendant 3 semaines,
05:32il était extrait de la maison d'arrêt de Seyss, à 4 ou 5 heures du matin.
05:36On l'amenait à Albi, 1h30 de trajet, et le soir, à 17h, à la fin de l'audience, on
05:41le ramenait à Toulouse.
05:42C'est-à-dire que c'était encore un moyen très particulier
05:45d'anéantir le peu de force qui lui restait au plan psychologique.
05:49Donc, isolement pendant 5 ans, ce procès avec ses moyens et des médicaments, ce que disait Pierre,
05:55qui étaient extrêmement forts et qui le rendaient comme un légume.
05:57Moi, ce délabrement psychologique m'a laissé penser immédiatement,
06:01et c'est la raison pour laquelle j'ai accepté d'intervenir également,
06:04parce qu'on a un cabinet qui cultive l'ADN de la reconnaissance.
06:09Se présenter devant des juges en ayant reconnu les faits, c'est tellement plus agréable
06:12pour les magistrats, pour les avocats généraux, pour les procureurs, pour les partis civils,
06:17plutôt que de contester certains faits qui ne doivent pas l'être.
06:20Et l'ADN de notre cabinet, notre culture, c'est justement de faire en sorte de se rapprocher,
06:25de présenter au juge un dossier au plus près de la vérité.
06:28Et c'est ce qu'on a essayé de faire, bien évidemment.
06:30Et il a expliqué à Pierre dans le détail ce qu'il vous disait il y a quelques instants,
06:35le processus qu'il a amené malheureusement à une certaine extrémité.
06:39Il fournira tous les renseignements ultérieurs au magistrat qu'il entendra
06:43ou qu'il ne manquera pas de l'entendre.
06:45Mais en même temps, on s'aperçoit, et c'est la conclusion,
06:49qu'en libérant sa conscience, il voulait aussi démontrer
06:54qu'il y avait peut-être une autre image de lui,
06:57c'est-à-dire qu'il y a une sensibilité chez l'homme qui est incontestable,
07:00et bien entendu des remords, des remords extrêmement profonds
07:04qui font que vis-à-vis de ses enfants, vis-à-vis des partis civils,
07:08vis-à-vis des tiers, il a beaucoup à dire.
07:10Alors on a, et j'en termine par là,
07:12on a dit que pendant le premier procès, il était mutique, qu'il ne disait rien.
07:16Mais quand je lui pose la question, ou quand on lui pose la question,
07:18il nous dit oui, parce que dès le matin, on me cachetonnait à mort,
07:21c'est-à-dire qu'on lui mettait des médicaments extrêmement puissants,
07:25extrêmement forts, qui en faisaient presque un zombie.
07:27Donc effectivement, il dit, je n'ai pas répondu,
07:29maintenant je suis à même de répondre dans le détail,
07:32de répondre à toutes les questions qui me seront posées,
07:34mais surtout, je voulais libérer ma conscience,
07:37et je n'en ai jamais eu l'occasion, tout simplement,
07:39parce que, là je vais faire une critique,
07:41les enquêteurs qui ont dit beaucoup de choses dans ce dossier,
07:46sont passés à côté de la quasi-totalité.
07:48Quand il dira à un magistrat ce qu'il nous a dit,
07:51vous serez extrêmement surpris,
07:52parce que manifestement, les enquêteurs ont voulu,
07:54à tout prix, à tout prix, à tout prix,
07:56retenir certains éléments,
07:57alors que manifestement, c'était faux.
07:59Le travail que l'on a fait,
08:01que Pierre a fait dans un premier temps,
08:02et que j'ai complété,
08:03c'est un travail de mise en confiance,
08:05et je crois qu'effectivement,
08:06c'est l'essentiel dans un procès de justice,
08:08quel qu'il soit,
08:10c'est d'amener l'intéressé,
08:11à ne pas dire des contre-vérités,
08:13mais à se rapprocher le plus possible de cette vérité,
08:16de manière à ce que,
08:16quand nous irons devant le juge,
08:18ou devant les juges,
08:19ou devant les jurés,
08:19eh bien, il n'y ait plus de contestation,
08:21et qu'à partir de cet instant,
08:23la justice, avec un grand J,
08:24retrouve un peu de ses forces,
08:27ce dont elle a beaucoup besoin en ce moment.
08:29Est-ce qu'il vous a donné des explications
08:30sur les conditions dans lesquelles
08:31il a touché sa compagne ?
08:32Est-ce qu'il s'agit de l'ence
08:33pour entraîner la mort
08:34sur l'attention de la nourriture ?
08:36Est-ce qu'il y a eu une intention au missile ?
08:37Est-ce qu'il va être détaillé tout ça ?
08:39Oui, il nous a donné un certain nombre d'éléments,
08:42de contextes, évidemment.
08:44Un contexte qui trouve ses sources
08:45plusieurs semaines, plusieurs mois,
08:47avant cette nuit dramatique,
08:48mais s'agissant des précisions,
08:50vous vous en doutez,
08:51elles seront données aux magistrats
08:52qui l'interrogeront,
08:52et encore une fois,
08:53il est important de rappeler
08:54qu'il se tient à la disposition des juges,
08:56et en ce qui nous concerne,
08:57nous espérons que tout sera fait
08:58avec l'aide de Cédric Jubilard
09:00pour retrouver le corps de Delphine.
09:02Il n'y a rien de plus important aujourd'hui.
09:03Quel crédit vous accordez aujourd'hui
09:05à ces confessions ?
09:06Total.
09:07Alors que, durant cette affaire,
09:10les manipulations,
09:11et d'ailleurs on a parlé du manipulateur,
09:14est-ce que vous accordez un crédit
09:15et quel est ce crédit ?
09:16Un crédit total.
09:18Non, parce qu'il soulage sa conscience,
09:20comme mon père l'a dit,
09:21c'est quelque chose qui émane
09:23d'un profond sentiment,
09:26un profond besoin,
09:27d'une envie réelle,
09:28qui date dès le départ, en fait.
09:30Parce qu'à partir du moment
09:31où il réalise ce qu'il a fait,
09:34où il reprend ses esprits,
09:36il est face à un choix humain
09:38qu'on peut imaginer,
09:38qu'on voit dans des scènes
09:40de films américains,
09:41et il pense à ses enfants d'abord.
09:42Et à partir de là,
09:43il va être pris dans cet engrenage
09:44qui l'amène à rester mutique
09:46et à s'enfermer dans ce mensonge
09:47jusqu'à aujourd'hui.
09:48– C'est évident,
09:50on l'a vécu dans d'autres procès,
09:52vous savez lesquels,
09:53puisque nous étions également
09:54partie prenante.
09:55À partir du moment
09:56où on s'aperçoit
09:57que la personne est décédée,
09:59il y a deux alternatives,
10:00pas trois,
10:01c'est un,
10:01j'appelle la gendarmerie
10:02ou la police
10:02et je dis,
10:03voilà, venez vite,
10:04voilà ce qui vient de se passer.
10:05Ou au contraire,
10:06il y a un moment de panique
10:07pendant lequel,
10:08bon,
10:08on ne sait pas trop
10:08ce qu'il faut faire.
10:09Et la meilleure des choses
10:10à ce moment-là,
10:11c'est de tenter de dissimuler.
10:12C'est ce qu'il a fait.
10:13Et il n'a jamais eu
10:14la possibilité,
10:16c'est ce qu'il précise,
10:17il n'a jamais eu les moyens
10:19de pouvoir dire la vérité.
10:21On ne l'a jamais mis en confiance.
10:22Et ce qu'a réussi à faire Pierre,
10:23c'est assez exceptionnel.
10:24Mais c'est notre travail aussi,
10:26c'est l'ADN,
10:26je le disais,
10:27du cabinet,
10:28c'est de faire en sorte
10:28que bien toutes les personnes
10:29qui contestent bêtement,
10:31il faut les écarter,
10:32parce que se présenter devant des juges
10:34en disant qu'un dossier rose
10:36est devenu bleu,
10:37c'est complètement stupide.
10:38La réalité de ces affaires,
10:40c'est tout simplement
10:40qu'il faut se rapprocher
10:41le plus possible de la vérité.
10:43Alors tout ce qu'il nous a dit,
10:44pour répondre à votre question,
10:45tout ce qu'il nous a dit,
10:46on y croit parfaitement
10:47parce que ça ne s'est pas fait
10:48en quelques minutes.
10:49On l'a vu,
10:50on l'a revu,
10:50on l'a revu,
10:51et au fur et à mesure,
10:52on s'est bien aperçu
10:53qu'il nous disait la vérité.
10:54C'est ça ?
10:54Vous avez donné date de camp précisément,
10:56la lettre ?
10:57Il y a plusieurs semaines
10:57qu'on est informé.
10:58La lettre,
10:59on l'a reçue la semaine dernière
11:00avec une semaine de retard
11:01en raison de problèmes à la poste.
11:03Est-ce que la justice
11:04était au courant
11:05de la publication
11:07dans la presse ?
11:08Non, non.
11:09Personne n'est informé.
11:11La justice n'a pas joué le jeu.
11:12Ça fait des mois et des mois
11:13que Pierre et moi,
11:14par la suite,
11:15nous nous battons
11:15pour qu'il sorte de l'isolement.
11:17Dont, je répète,
11:18la Cour européenne
11:19considère que c'est une torture.
11:20Et malgré toutes nos demandes,
11:21y compris au ministre,
11:22il est resté à l'isolement.
11:23Vous savez ce que c'est ?
11:24Cinq ans isolé seul.
11:27Abdeslam est à l'isolement,
11:28on peut le comprendre.
11:29C'est un terroriste sanguinaire.
11:31Lui, aucune raison.
11:32Alors, on nous répondait systématiquement,
11:34c'est pour le protéger.
11:36Jumillard,
11:36il n'a pas besoin
11:36d'être protégé.
11:37Est-ce que Jumillard
11:38était au courant
11:38de la publication
11:40de ces aveux ?
11:41Non, bien sûr.
11:42Évidemment,
11:43il souhaite.
11:44Non, mais cette démarche...
11:45Il est sépressé,
11:46il nous a même demandé
11:47alors quand, alors quand ?
11:48C'est une démarche
11:49qui se fait en collaboration
11:50avec lui.
11:52Moi, j'ai servi de catalyseur,
11:53mais encore une fois,
11:56c'est un aveu
11:57que lui a voulu faire.
11:59Est-ce que vous avez une preuve
12:00qu'il était cachonné ?
12:01Oui, on a des ordonnances.
12:03On a des ordonnances.
12:04On a plusieurs ordonnances.
12:05On parle de neuroleptiques,
12:06on parle d'antipsychotiques
12:07très puissants.
12:08Non, mais ce qu'il faut,
12:09ce qu'il faut,
12:09c'est ne pas dire n'importe quoi.
12:11L'ancienne défense
12:12avait les certificats,
12:14donc s'il est très important
12:15dans ce dossier,
12:16on sera très pointu
12:17dans le cadre de sa défense.
12:18On ne peut plus accepter
12:20que ce soit dit des choses
12:21qui ne ressemblent pas
12:22le reflet de la vérité.
12:23Nous, on a une limite.
12:24Il nous a expliqué,
12:26on pense de manière
12:28quasi certaine
12:29que ce qu'il dit
12:29est la vérité.
12:30À partir de là,
12:31c'est lui qui va s'expliquer,
12:32ce n'est pas nous.
12:32Mais il ne faut pas non plus
12:33qu'on commence
12:34à interpréter les choses
12:36négativement.
12:36Moi, je pense que sa démarche,
12:37elle est très positive
12:38et qu'à partir de cet instant,
12:39l'institution judiciaire
12:41qui est malmenée
12:41en ce moment
12:42doit en être très satisfaite.
12:43Les partis civils
12:44très satisfaites
12:45et l'accusation
12:46très satisfaite.
12:46Vous dites que la justice
12:48ne joue pas le jeu.
12:48Vous dites.
12:49La justice ne joue pas le jeu.
12:50Et vous semblez dire,
12:51maître de Buisson,
12:53que l'enquête
12:54a été plus ou moins bâclée.
12:55Vous le verrez.
12:56Avec tous les éléments.
12:58Tout a été mal fait.
12:59Non, mais c'est flagrant.
13:00Tout a été mal fait.
13:01Pas tout,
13:02mais c'était vraiment bâclé.
13:03Si le travail avait été fait sérieusement,
13:05au bout de 48 heures,
13:06toutes les informations
13:07auraient été recueillies
13:08et le corps de Delphine
13:09aurait été retrouvé.
13:10Donc 6 ans d'instruction pour rien ?
13:11On repart à zéro.
13:12Pour rien.
13:13La question essentielle,
13:14c'est le constat d'aujourd'hui.
13:16Comment deux avocats
13:18réussissent en quelques semaines
13:19à le faire avouer,
13:20puisqu'il avoue,
13:21il n'a pas un meurtre.
13:23J'ai entendu tout à l'heure
13:24le meurtre.
13:24Il n'avoue pas un meurtre.
13:25Attention aux qualifications juridiques.
13:27Il avoue, bien entendu,
13:28avoir donné la mort à son épouse,
13:32mais à partir de cet instant,
13:34on doit s'en tenir
13:35uniquement à ses aveux.
13:36Il n'est pas question
13:37de revenir sur des détails
13:38qui manifestement
13:39ne sont pas le reflet de la vérité.
13:40Donc il vous dit
13:41qu'il n'avait pas l'intention de la tête ?
13:42Vous dites qu'il n'avait pas l'intention de la tête ?
13:43Non, je n'ai pas dit ça.
13:44Vous dites que ce n'est pas un meurtre.
13:45Ah non, non, mais oui,
13:46mais voyez,
13:46vous commencez à déformer.
13:47Non, non, mais c'est très important.
13:49On verra ultérieurement.
13:50C'est lui qui va s'expliquer.
13:51Il reconnaît être à l'origine
13:53de la mort de sa femme.
13:56Pour les détails,
13:57il les donnera au magistrat.
13:58C'est évidemment prématuré.
14:01Ce sont des détails
14:02qu'il réservera au magistrat.
14:03Vous en doutez,
14:04on ne peut pas tout vous donner maintenant.
14:05Et ce sont des enfants
14:05qui lui ont fait finalement avouer
14:07que ça a été beaucoup question de problème ?
14:08Non, il a essayé d'échanger
14:09beaucoup avec ses enfants.
14:11Ah oui, oui,
14:12on lui a toujours bloqué
14:13tous les échanges par voie postale.
14:15Là aussi.
14:15Il a été isolé à tout point de vue.
14:17Toutes les lettres
14:17qu'il a adressées à ses enfants,
14:19les lettres n'arrivent jamais.
14:21C'est-à-dire que même là,
14:22on l'a coupé de ses enfants.
14:23Est-ce qu'un état actuel
14:25de l'affaire telle que vous la connaissez,
14:27de la situation telle qu'elle se présente,
14:29est-ce que vous pensez
14:30qu'un procès d'appel
14:31pourra se tenir à septembre ?
14:32C'est impossible.
14:34On parlait de la qualité de la justice
14:36et des difficultés
14:36qu'elle a actuellement.
14:38Je parle de justice avec un grand J.
14:40Il est évident
14:40qu'il faut laisser du temps au temps
14:42et que par voie de conséquences...
14:43Je le lisais ce matin
14:44dans le journal local,
14:46la dépêche du midi,
14:47tout est à reprendre.
14:48Tout est à reprendre.
14:50Et effectivement,
14:51si l'enquête avait été faite
14:54de manière correcte
14:55dès le départ,
14:56ce que nous avons fait
14:56en quelques semaines,
14:57ça aurait pu être fait
14:58à l'époque en quelques mois.
14:59Il faut qu'il soit entendu.
15:00Non mais attendez,
15:00il faut qu'il soit entendu.
15:01Ensuite,
15:02il faut qu'il y ait des fouilles
15:03en espérant qu'on retrouve
15:04le corps de Delphine.
15:05Il faut qu'il y ait des analyses
15:06sur le corps de Delphine
15:07si on le retrouve,
15:08ce que j'espère vivement.
15:09Il faut qu'il y ait une nouvelle
15:09expertise psychologique
15:10et psychiatrique
15:11parce que tout ce qui a été fait
15:12n'était basé que sur du néant.
15:14Et donc, évidemment,
15:15ça va prendre du temps.
15:16Il faut qu'on arrête
15:16de lui donner des médicaments.
15:17Oui, on le force
15:18à prendre des médicaments
15:19à Maison-Darré.
15:19Il est obligé
15:20de les mettre sous sa langue
15:21ou de les recracher
15:22dans les toilettes.
15:22Donc on n'invente pas ça
15:23si vous voulez.
15:25Pour obtenir les confessions...
15:26Ah non, pas les confessions.
15:28En tout cas, pour obtenir
15:29ou parloir les confessions
15:31de Cédric Jubilard,
15:32vous parlez d'une tierce personne.
15:34Est-ce qu'il est possible
15:35de savoir...
15:36Pas pour l'instant.
15:36On le réserve pour la justice aussi.
15:37C'est un témoin...
15:39C'est une personne...
15:40Qui le connaît ?
15:40Qui a fait du bon travail
15:42sur le plan psychologique
15:43puisque c'est un travail psychologique
15:44que nous avons mené
15:45et qui m'a aidé considérablement.
15:48Mais elle ne se tient pas
15:49à révéler son identité
15:50pour le moment
15:51pour des raisons évidentes.
15:52Elle ne peut pas être assaillie
15:53par la presse.
15:54C'est une proche ?
15:54C'est un proche ou un expert ?
15:56C'est une personne
15:56qui va le voir régulièrement
15:57à la maison d'arrêt.
15:58Vous le verrez.
15:59Qu'est-ce qu'il sera entendu par...
16:00On ne sait pas.
16:01On ne sait pas.
16:02C'est les magistrats qui décideront.
16:04Nous, nous sommes toujours
16:05très mécontents
16:06qu'il soit dans une situation particulière.
16:08Actuellement, il est au CRPC
16:09qui est un institut structurel
16:11un peu particulier
16:12dans la maison d'arrêt.
16:13Mais j'insiste bien.
16:155 ans d'isolement
16:16avec une prise quotidienne de cachet,
16:18c'est insupportable.
16:19Parce qu'il est vrai
16:20que s'il n'avait pas été placé
16:21à l'isolement
16:21et s'il n'y avait pas eu
16:23ces médicaments,
16:23il y aurait fort à parier
16:24que des révélations
16:25auraient pu être faites
16:26il y a 3, 4 ou 4 ans.
16:28Et comment vous expliquez
16:29que depuis le début
16:29de cette affaire,
16:31c'est-à-dire depuis
16:324, 6 ans,
16:35Cédric Julliard,
16:36tout le monde est passé
16:37à côté de sa personnalité ?
16:38Totalement.
16:41Psychologiquement,
16:42il fallait le prendre.
16:43Il fallait savoir le prendre.
16:44Il fallait être à l'écoute.
16:44Il fallait arrêter de le juger.
16:46Parce que tout de suite,
16:46il y a quand même une idée
16:47qui s'est propagée
16:49dans ce village,
16:51auprès de ses proches,
16:52puis dans la presse,
16:53dans les médias,
16:54comme quoi il s'agissait
16:54du vilain petit canard.
16:56Alors, je le défends,
16:57je suis son avocat,
16:58mais je ne suis pas là
16:58pour dire que c'est un saint
16:59puisqu'il a commis un acte
17:01qui est un acte
17:02extrêmement sérieux.
17:03Mais en même temps,
17:04tout le monde est passé
17:05à côté de sa personnalité,
17:06c'est vrai.
17:06Pour quelle raison pour toi ?
17:07Parce que ça a été bâclé.
17:09Ça a été bâclé,
17:10le travail de fond
17:11n'a pas été fait
17:12par les psychologues,
17:13les psychiatres, etc.
17:14Je pense qu'il fallait
17:14l'écouter d'abord.
17:15Il fallait l'écouter,
17:16être à l'écoute,
17:17prendre le temps
17:17de savoir ce qui lui faisait peur
17:19parce que c'est un homme
17:20qui a peur
17:20et qui est terrorisé
17:21depuis le premier jour.
17:22Malgré le visage
17:24qu'il doit en avoir,
17:24c'est un homme
17:25qui est paniqué
17:26depuis le premier jour.
17:27J'écoute des témoignages
17:28au Saint-Gaouf,
17:30affirmatifs,
17:30qu'il a réunis.
17:32Non, mais on verra ça
17:33dans les détails.
17:34On verra ça plus tard, oui.
17:35Non, mais l'important
17:37est de considérer
17:38qu'en libérant sa conscience,
17:40on va découvrir
17:40un autre personnage.
17:42Ça va révéler
17:43sa sensibilité,
17:44ça va révéler, bien sûr,
17:45ses remords
17:45puisqu'il les reconnaît,
17:46mais aussi sa sensibilité,
17:48ses qualités d'homme.
17:49Alors que, bon,
17:50vous y étiez tous
17:50lors du premier procès,
17:51on a dit
17:52il est mutique,
17:52il ne s'explique pas,
17:54il n'est pas sympathique,
17:55etc.
17:55Là, avec ce procès,
17:57c'est sa sensibilité.
17:58Pour te répondre,
17:59il avait besoin
18:00d'être rassuré.
18:01C'est quelqu'un
18:02qui avait besoin
18:02d'être rassuré
18:03et qui avait besoin
18:04d'accepter
18:07ce qu'il a fait
18:07et ce qui a été
18:08très difficile au départ.
18:09Oui, tout à fait.
18:09Un nouvel homme
18:10avec une sensibilité d'homme
18:12qui n'a jamais été recherchée
18:13et qui n'a jamais pu mettre
18:14un exergue tout simplement
18:15parce que tout le monde
18:17est passé à côté.
18:18Tout le monde.
18:19Pas au niveau
18:20de la culpabilité
18:21puisqu'il a été condamné,
18:22mais au niveau
18:22de l'analyse propre
18:24de sa personnalité.
18:26Je pense qu'effectivement,
18:28ce que tu disais,
18:28c'est vrai.
18:29Si jamais le travail
18:30avait été bien fait,
18:31au bout de quelques semaines
18:32ou quelques mois,
18:32il aurait avoué
18:32parce qu'il avait
18:33ce besoin d'avouer.
18:34Et ça, c'est très important.
18:35Il fallait qu'il libère
18:36sa conscience.
18:37Le besoin et l'envie.
18:38Vous nous dites
18:39que c'est un nouveau
18:39casco judiciaire aujourd'hui.
18:42disons qu'il a été condamné
18:46justement et injustement
18:48parce qu'il a été condamné
18:49sur l'absence totale
18:50de preuves
18:50avec des expertises
18:52dont les conclusions
18:53sont pour la plupart
18:54totalement aberrantes.
18:56Mais en même temps,
18:57il était coupable.
18:58C'est ça qui rend
18:58les choses intéressantes.
18:59Et cet aveu aujourd'hui
19:00va permettre d'apporter
19:01des réponses
19:02et des explications
19:03à la famille.
19:03Ça, c'était essentiel
19:04pour nous
19:05et aussi
19:06de faire en sorte
19:07que la justice passe
19:08enfin dans ce dossier.
19:09Est-ce qu'il regrette
19:09ce qu'il s'est passé ?
19:10Évidemment.
19:11À travers vous,
19:12c'est un message ?
19:13Oui, il est emprunt
19:15de regrets profonds,
19:16sincères.
19:17Il y pense en permanence.
19:18C'est quelque chose
19:19qui l'affecte considérablement.
19:21Il est déjà fragilisé
19:22par, encore une fois,
19:23ce qu'on a évoqué,
19:24c'est-à-dire
19:24cette situation
19:24d'isolement carcéral punitive.
19:26Mais il est surtout
19:27très affecté
19:28par l'absence de lien
19:29avec ses enfants.
19:30Ça, c'est quelque chose
19:31qui le ronge profondément.
19:32Et le fait qu'il ne puisse
19:33même pas échanger
19:33par courrier,
19:34par voie postale
19:35parce qu'on le bloque
19:35tous les accès,
19:36c'est quelque chose
19:37qui est quand même
19:37très difficile à vivre.
19:38Mais évidemment,
19:39ce geste qui est quand même,
19:40il faut le préciser,
19:41c'est le pire geste
19:41de toute sa vie
19:42sur lequel il est jugé,
19:43qu'on lui rappelle
19:44en permanence
19:45au sein de la maison d'arrêt
19:46pour les rares personnes
19:47qui le voient,
19:47c'est-à-dire les surveillants.
19:48Il n'est résumé aujourd'hui,
19:50Cédric Jubilard,
19:51qu'au quelques instants,
19:52du pire geste de sa vie
19:53qu'il regrette par-dessus tout.
19:54Qu'est-ce qu'il a à dire
19:55justement à la famille
19:56de Delphine Jubilard ?
19:57Pardon,
19:58dans la lettre,
19:59il dit
20:00pauvres enfants,
20:01pauvres Delphines.
20:02Vous dites
20:03est-ce que c'est une nouvelle
20:04stratégie de défense ?
20:05Non.
20:06Ce n'est pas une stratégie,
20:07c'est tout simplement
20:08qu'on s'adaptera
20:08à ce qu'il dira
20:09et en fonction de ça,
20:10comme je l'ai dit tout à l'heure,
20:12notre but,
20:12comme dans tous les dossiers
20:14que nous avons,
20:15c'est de nous rapprocher
20:15le plus possible
20:16de la vérité.
20:17Sans artifice,
20:18c'est-à-dire
20:18que ce n'est pas une stratégie,
20:19c'est tout simplement
20:20il va s'expliquer
20:21en fonction de ça,
20:21on le défendra.
20:22On a été des catalyseurs.
20:24Des catalyseurs,
20:25c'est-à-dire qu'on a permis
20:26une réaction positive
20:27mais qui était bloquée au départ.
20:28Le pourquoi du fait
20:29qu'on lui intervise
20:30de communiquer avec ses enfants
20:31et non pas.
20:32C'est-à-dire qu'on lui
20:33est bien avant.
20:34Oui, oui,
20:35il n'y a pas d'explication.
20:36Pourquoi ?
20:37Il n'y a pas d'obus procédural
20:38que vous avez saisi ?
20:40On a écrit
20:41aux défenseurs des droits
20:43pour signaler
20:43la multitude d'anomalies
20:45qui font qu'aujourd'hui,
20:47de façon objective,
20:48encore une fois,
20:48Cédric Huillard n'est pas un saint.
20:50Il est à l'origine
20:50de la disparition de sa femme
20:51mais il est soumis
20:52à des conditions carcérales
20:53qui sont pires
20:54que la plupart des terroristes.
20:55Ça interroge.
20:56Il bénéficie quand même
20:57d'un casier judiciaire vierge
20:58qui sera condamné.
20:59Il n'a jamais été condamné
21:00par la justice
21:00avant ces faits-là
21:01alors qu'il a presque 40 ans.
21:03Il s'agit d'un acte isolé
21:04et donc on a du mal
21:05à comprendre pourquoi
21:06depuis 5 ans
21:07il subit ce régime carcéral
21:09qui, encore une fois,
21:10est celui des pires terroristes français.
21:11Est-ce que vous avez
21:12concerné l'administration pénitentiaire
21:14sur la faune,
21:14sur les amours ?
21:15Non, non, rien.
21:16Personne ne joue le jeu
21:17en nous mettant des bâtons
21:17dans les roues en permanence
21:18que ce soit l'administration pénitentiaire
21:20ou d'autres personnes.
21:21Est-ce que vous pensez
21:22qu'avec ces révélations,
21:23avec ces aveux,
21:24il peut justement
21:24avoir une administration
21:26un peu plus compréhensible ?
21:27Eh bien, on verra.
21:28C'est aussi l'administration.
21:30Non, non, non, non.
21:32Vous savez,
21:33l'échelle,
21:34l'échelle,
21:35elle démarre
21:36au niveau local,
21:37c'est-à-dire
21:37direction de la maison d'arrêt.
21:41Parquet général,
21:41puisque c'est le parquet général
21:42qui est saisi au niveau,
21:43bien entendu,
21:44du procès,
21:45ensuite le ministre
21:47qui a été saisi également,
21:49personne ne répond favorablement.
21:50Non, non,
21:51il faut préciser
21:52que les magistrats aussi
21:53ont été sollicités pour avis
21:54et qui n'ont pas répondu.
21:56Oui.
21:57On a un document
21:57dans lequel les magistrats
21:58à la cour d'assises
22:00ont été sollicités
22:01pour savoir pourquoi
22:02Cédric Jubilard
22:03restait à l'isolement.
22:04Ils n'ont pas donné répondre.
22:05Donc, bon,
22:06c'est silence radio
22:06depuis le début.
22:08Vous croyez sa parole,
22:09mais quel détail
22:10a-t-il à vous ?
22:11Ça fait plusieurs semaines
22:12qu'on travaille
22:13sur cette question-là.
22:14Donc, aujourd'hui,
22:15on a des certitudes.
22:18C'est trop tôt.
22:20C'est beaucoup trop tôt.
22:21Il y a quelques semaines,
22:22on a promis que Maître Berton
22:23allait quitter la défense.
22:25Mais non,
22:25mais ça aussi,
22:26c'est une erreur.
22:28à partir du moment
22:29où il a considéré
22:30qu'il allait faire
22:31des aveux,
22:32etc.,
22:32il a dit
22:32je ne prends pas
22:33un troisième avocat
22:34qui ne servira à rien.
22:35Il a écrit à Maître Berton.
22:37et Berton l'a reconnu.
22:38Il a dit,
22:38il m'a écrit en me disant
22:39qu'il se passait
22:40dorénavant de nos services
22:41en pensant que Maître Berton
22:42ne serait pas assez disponible.
22:43Et quand vous écrivez
22:44que c'est un avocat
22:45qui l'a quitté,
22:46non,
22:46c'est encore une erreur.
22:47C'est pour ça que je disais
22:48tout à l'heure,
22:48il va falloir recentrer
22:49dorénavant
22:49parce que trop de choses
22:50négatives ont été dites
22:52malencontreusement
22:53contre lui
22:53lors du premier procès
22:54alors que manifestement,
22:55encore une fois,
22:57bon,
22:57il va falloir revenir
22:58à l'humanité
22:58et considérer
22:59que c'est un homme
23:00qui doit être jugé
23:01comme tous les hommes.
23:02Vous avez une dernière question ?
23:03Votre client est prêt
23:04à un transport de justice
23:05sur place ?
23:06Bien sûr,
23:06il est prêt à tout,
23:07à collaborer totalement
23:08avec la justice.
23:09Est-ce qu'il veut récupérer
23:10ses droits de le faire ?
23:11C'est trop tôt,
23:12mais plus tard,
23:13oui,
23:13il espère les récupérer un jour.
23:15On a quand même sorti
23:16que depuis le début
23:16à la fin,
23:17il a gardé la main
23:19sur la révélation
23:21d'un état.
23:21Pas du tout,
23:22il a subi.
23:22Vous n'allez pas dire
23:23un petit peu,
23:24vous n'allez pas
23:24l'expert,
23:25mais instrumentaliser les joueurs.
23:26Pas du tout.
23:26C'est une mauvaise impression.
23:27Non,
23:29il a subi,
23:29on vient de l'indiquer,
23:30depuis le début,
23:31il a subi énormément de choses.
23:32Il a commis un acte
23:33répréhensible et terrible.
23:35Il s'est enfermé
23:36dans une forme de mensonge
23:37pour les raisons
23:38que j'ai évoquées tout à l'heure.
23:40Considérer qu'il fallait
23:42préserver ses enfants
23:42de cette vision terrible,
23:44de cette mère inanimée.
23:45À partir de là,
23:46il a été pris dans un engrenage
23:48et il n'a pas réussi
23:49à s'en extirper
23:49parce qu'il était soumis
23:50à plusieurs pressions,
23:51que je le répète.
23:52Pression médiatique,
23:53c'est l'un des plus gros procès,
23:54une des plus grosses
23:54affaires criminelles françaises.
23:56Quand il était libre
23:57pendant plusieurs mois,
23:58il était surveillé,
24:00happé,
24:01il était harcelé en permanence.
24:04Pression des enquêteurs
24:05et des magistrats,
24:06isolement,
24:07médicaments,
24:07ça fait quand même beaucoup
24:08pour finalement
24:09ce qui s'apparente
24:10plus ou moins
24:11à un crime passionnel.
24:12Et...
24:13Vous ne voyez pas
24:13un système psychologiquement
24:14qui s'est soulagé ?
24:16Mais non,
24:16mais on a fait sauter
24:17le bouchon du déni
24:18à un certain moment.
24:20Il était dans le déni.
24:21On a fait sauter
24:22ce bouchon du déni
24:22et là,
24:23il s'était...
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