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  • il y a 15 heures
Dans cette vidéo, nous revenons aussi sur un principe fondateur de la « démocratie à l’américaine » : les « checks and balances ». Un concept constitutionnel dont l’objectif est d’assurer que les trois branches du pouvoir (la Maison Blanche, le Congrès et la justice) se contrôlent et s’équilibrent les unes les autres. Un principe aujourd’hui de plus en plus fragilisé.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Le Trumpisme est-il un fascisme ?
00:02Allez c'est parti, vous avez 4 heures.
00:05Non je rigole.
00:06Enfin, qu'à moitié.
00:07Parce qu'aux Etats-Unis, depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024,
00:11c'est une question très sérieuse qui agite de nombreux chercheurs.
00:14De plus en plus d'Américains accusent leur président de détruire les institutions du pays
00:18et d'être à l'origine d'une dérive autoritaire.
00:22Bon, pour bien comprendre tout ça, il faut d'abord s'intéresser à ce qu'on appelle
00:25la Democracy American.
00:28Pour que ce système démocratique américain fonctionne,
00:30il ne faut pas que l'une de ces trois branches ait trop de pouvoir par rapport aux autres.
00:34Et aussi, que chacune de ces trois branches puisse contrôler ce que font les autres.
00:38C'est ce qu'on appelle les checks and balances.
00:40Et le but de ce principe, inscrit dans la Constitution, c'est d'éviter les abus de pouvoir.
00:46Et justement, Donald Trump essaye activement de déséquilibrer ce système
00:49pour qu'il penche en sa faveur.
00:52Alors, comment est-ce qu'il s'y prend ?
00:54Depuis sa réélection, Donald Trump a étendu les pouvoirs du président,
00:57notamment en utilisant massivement les décrets présidentiels.
01:01Mais aussi en licenciant des milliers d'employés fédéraux
01:03qui l'accusent de faire partie d'un pouvoir officieux et favorable aux démocrates,
01:08l'État profond.
01:09Bon, mais techniquement, le Congrès et la justice devraient rester indépendants, non ?
01:13C'était l'idée, mais c'était sans compter sur une arme assez redoutable utilisée par Donald Trump,
01:18la peur.
01:20Effectivement, on peut parler d'un pouvoir d'intimidation
01:22qu'il a commencé à exercer sur le parti républicain.
01:25Lui, c'est Gilles Paris, ancien correspondant du Monde aux États-Unis,
01:29et il a suivi de près la relation de Donald Trump avec le pouvoir.
01:33Et après son retour à la Maison-Blanche le 20 janvier 2025,
01:36on voit cette capacité d'intimidation s'appliquer aux institutions américaines au sens large.
01:42Ce pouvoir d'intimidation, Donald Trump s'en sert particulièrement sur les membres de son propre parti,
01:47les Républicains, pour qu'il n'exprime pas publiquement de critiques ou de désaccords à son encontre.
01:52Et ça, ça pose un gros problème démocratique.
01:55Car aux États-Unis, les élits du Congrès ont trois missions très importantes.
01:59Voter les lois, approuver le budget,
02:01et pour les sénateurs, valider ou non les nominations du président à des postes à très haute responsabilité.
02:08Et ces nominations n'ont pas fait l'objet de beaucoup de critiques.
02:10Un pouvoir n'existe que lorsqu'on l'exerce.
02:14Et renoncer à exercer ce pouvoir, c'est accepter de ne plus en avoir.
02:18On l'a vu notamment à l'occasion des confirmations des personnalités les plus controversées,
02:23ce qu'on appelle le cabinet, le gouvernement de Donald Trump.
02:26Ce pouvoir d'intimidation, il ne se limite pas aux Républicains.
02:29Et il peut prendre d'ailleurs d'autres formes, notamment celle de vengeance judiciaire.
02:34Plusieurs adversaires politiques du président et des individus impliqués dans les poursuites judiciaires à son encontre
02:39ont été visés par la justice.
02:41Le cas le plus emblématique est celui de James Comey,
02:44ancien directeur du FBI, ayant enquêté sur les liens entre Trump et la Russie durant l'élection de 2016.
02:50Il est aujourd'hui poursuivi, entre autres, pour faux témoignages.
03:02Le directeur actuel du FBI et la ministre de la Justice assument aussi ouvertement
03:07que leur mission consiste aujourd'hui à servir les intérêts et les demandes du président.
03:12Ce qui n'est pas censé être le cas.
03:13Dans cette vidéo, on n'a pu s'intéresser qu'aux trois pouvoirs des institutions américaines.
03:17Mais en réalité, la dérive de l'exercice du pouvoir de Donald Trump est bien plus large.
03:22Elle vise aussi, par exemple, les grands médias, eux aussi soumis à des pressions judiciaires,
03:26mais aussi les universités dont les budgets ont été sabrés et de nombreux chercheurs licenciés.
03:32Quand on veut qualifier la tentation d'accroissement du pouvoir par Donald Trump,
03:37les plus alarmistes vont parler de tentation fasciste,
03:40les plus prudents vont parler de dérive autoritaire.
03:45Et entre les deux, il y a un phénomène qu'on a vu s'appliquer en Europe qui est dérive
03:51illibérale.
03:52C'est-à-dire qu'il reste quand même des éléments des régimes démocratiques,
03:58des démocraties représentatives.
04:00Il y a des élections, il y a des institutions.
04:03Mais ces institutions sont quand même modifiées dans un sens qui sert le parti au pouvoir.
04:09Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a aussi brandi l'idée d'un troisième mandat
04:13qui nécessiterait une modification de la Constitution.
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