- il y a 12 minutes
Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, disparue dans le Tarn depuis fin 2020, dans un courrier adressé à son avocat, auquel la Dépêche du Midi a eu accès. Jusqu'ici, le peintre-plaquiste avait nié toute implication dans la disparition de l'infirmière de 33 ans dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, dont le corps n'a jamais été retrouvé.
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00:01Non, non, j'attends que tout le monde soit...
00:04Bon, c'est pas grave. Allons-y.
00:07Allons-y.
00:08Bonjour, bonjour à tous, merci d'être venus.
00:11Avant de parler de Cédric Jubilard, moi je voudrais d'abord rendre hommage à la mémoire de Delphine.
00:17Évidemment, j'ai une pensée émue pour elle à ce moment-là, à ce moment précis.
00:22J'ai une pensée aussi très forte pour ses enfants qui attendaient des questions,
00:27qui vivaient dans la certitude totale.
00:29Et aujourd'hui, j'espère que les réponses qui vont être apportées par Cédric Jubilard
00:33vont leur permettre de faire un deuil et surtout d'avoir une sépulture pour leur maman.
00:38Ça, c'est la chose la plus importante.
00:41Concernant maintenant Cédric Jubilard, moi je l'ai rencontré il y a environ six mois.
00:46Il m'a désigné comme avocat.
00:47Je suis allé le voir régulièrement à la maison d'arrêt presque chaque semaine depuis le mois de janvier.
00:53Et immédiatement, j'ai constaté, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises,
00:56que j'avais affaire à un détenu différent des autres, indépendamment de la question de la culpabilité ou d'innocence.
01:02Ce qui était flagrant, c'était sa grande fragilité, qui était liée évidemment à la situation d'isolement carcéral,
01:09qui est un régime punitif auquel il est soumis depuis cinq ans,
01:11mais aussi aux médicaments très forts, très lourds, qui lui ont été administrés ces derniers mois,
01:16et même ces dernières années, puisqu'il s'agit de neuroleptiques très puissants et d'antipsychotiques.
01:22Petit à petit, donc, je lui ai demandé d'arrêter de prendre ses médicaments,
01:26et surtout, je l'ai écouté, j'ai échangé avec lui, j'ai appris à le connaître, j'ai tissé
01:33une relation de confiance,
01:34et progressivement, et assez rapidement, j'ai ressenti que celui-ci avait le besoin profond de parler.
01:42Il était verrouillé, quelque part, psychologiquement, depuis le début,
01:46verrouillé probablement en raison de l'immense pression médiatique qui était exercée sur lui à travers cette affaire,
01:51qui est donc l'une des plus grandes affaires criminelles françaises de ces dernières années,
01:55verrouillé aussi probablement en raison de formes de brutalité qu'il a évoquées,
01:59ou en tout cas de pressions très fortes de la part des enquêteurs.
02:03Il m'a dit lui-même, je me suis recroquevillé comme une huître sur mon rocher.
02:08Ensuite, il a été condamné, il a été incarcéré à l'isolement pendant cinq ans,
02:12et ça a été très difficile pour lui de parler.
02:16Mais ce qui est certain, c'est que depuis le début, il avait besoin et envie de parler.
02:20Donc moi, je me félicite aujourd'hui de ce résultat et de ce travail qui est une grande victoire pour
02:26la justice,
02:26qui permet aussi de réconcilier le bien, la morale et le droit.
02:30Dans une affaire où tellement d'interprétations ont été faites,
02:34cette affaire qui a fait couler tellement d'encre,
02:35il y a eu tellement de questions, tellement de fantasmes.
02:37Enfin, aujourd'hui, nous avons la réalité, la vérité.
02:40Et ce souci de transparence et de vérité, c'est quelque chose qui nous tenait particulièrement à cœur depuis le
02:45début.
02:46Concernant le mécanisme du passage aux aveux,
02:51il y a eu cette relation de confiance qui s'est tissée.
02:54Et puis un jour, il y a quelques semaines, il m'a dit, écoutez, maître, il faut que je vous
02:58dise la vérité, c'est moi.
02:59C'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme.
03:05L'explication qu'il donne est la suivante.
03:07Il s'agit d'un couple qui s'est dégradé inexorablement depuis plusieurs mois,
03:13avec des tensions de plus en plus fortes.
03:14Et c'est dans le cadre d'une énième dispute conjugale que les choses ont mal tourné
03:18et que celui-ci se retrouve donc à l'origine de la disparition de sa femme.
03:24Tétanisé, quand il a repris ses esprits et qu'il a réalisé son geste,
03:27quand il a réalisé ce qu'il avait fait, il a tout de suite pensé à ses enfants.
03:33Il n'a pas voulu leur infliger ce regard terrible,
03:37cette vision de ce corps inanimé de leur mère.
03:40Et donc, il s'est dit, il ne faut pas qu'il ne voit ça, donc je dois déplacer le
03:44corps.
03:45Il a pensé aussi, parce qu'il s'agit d'un être humain,
03:48mes enfants m'en voudront, ils ne me le pardonneront pas.
03:51Et donc, très rapidement, pour ne pas dire immédiatement,
03:53il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine avec le véhicule.
03:58Et il a déplacé ce corps dans un endroit pour lequel il nous a donné quelques précisions,
04:02mais pas beaucoup de détails.
04:03Il réserve toutes les informations, tous les détails à la justice.
04:07Il est disposé à collaborer entièrement.
04:08Et moi, à ce stade, je formule le vœu très vif,
04:11qu'on puisse évidemment retrouver Delphine pour lui donner une sépulture.
04:16Ce travail-là, c'est un travail que je n'ai pas fait seul.
04:20Je l'ai fait, c'est un travail d'équipe, avec une tierce personne,
04:23une personne qui va le voir régulièrement à la maison d'arrêt depuis plusieurs mois,
04:26qui nous a beaucoup aidés.
04:28Et je l'ai fait aussi avec mon père, Guy de Buisson, à qui je donne la parole.
04:32Est-ce qu'il nous a donné des précisions, monsieur ?
04:34D'abord, la parole à...
04:35Oui, Pierre, effectivement, à un certain moment, m'a demandé d'intervenir en me disant
04:41« Qu'est-ce que tu penses ? Va le voir ».
04:43Donc, c'est ce que j'ai fait.
04:44J'ai été immédiatement choqué par le délabrement psychologique de ce garçon.
04:48Alors, délabrement psychologique était dû à quoi ?
04:51On vit dans cette affaire un véritable scandale.
04:54Ça n'a échappé à personne.
04:55Ça fait 5 ans, en juin, ça aura fait 5 ans, en juin, qu'il était l'isolement.
04:59Quand on sait que la Cour européenne considère que l'isolement, c'est un moyen de torture,
05:03on peut considérer, effectivement, qu'il y avait un abus.
05:07Le deuxième abus, il m'a expliqué, moi, j'avais suivi le procès d'une manière assez particulière,
05:11que tous les soirs, pendant ce procès, pendant 3 semaines,
05:14il était extrait de la maison d'arrêt de Seyce, à 4 ou 5 heures du matin.
05:19On l'amenait à Albi, 1h30 de trajet, et le soir, à 17h, à la fin de l'audience,
05:24on le ramenait à Toulouse.
05:25C'est-à-dire que c'était encore un moyen très particulier d'anéantir le peu de force
05:30qui lui restait au plan psychologique.
05:31Donc, isolement pendant 5 ans, ce procès avec ces moyens,
05:35et des médicaments, ce que disait Pierre, qui étaient extrêmement forts
05:38et qui le rendaient comme un légume.
05:40Moi, ce délabrement psychologique m'a laissé penser immédiatement,
05:43et c'est la raison pour laquelle j'ai accepté d'intervenir également,
05:46parce qu'on a un cabinet qui...
05:50C'est ce que disait Pierre, qui était extrêmement fort
05:53et qui le rendait comme un légume.
05:54Moi, ce délabrement psychologique m'a laissé penser immédiatement,
05:58et c'est la raison pour laquelle j'ai accepté d'intervenir également,
06:01parce qu'on a un cabinet qui cultive l'ADN de la reconnaissance.
06:06Se présenter devant des juges en ayant reconnu les faits,
06:08c'est tellement plus agréable pour les magistrats,
06:10pour les avocats généraux, pour les procureurs, pour les partis civils,
06:14plutôt que de contester certains faits qui ne doivent pas l'être.
06:17Et l'ADN de notre cabinet, notre culture, c'est justement de faire en sorte
06:21de se rapprocher, de présenter au juge un dossier au plus près de la vérité.
06:25Et c'est ce qu'on a essayé de faire, bien évidemment.
06:27Et il a expliqué à Pierre, dans le détail, ce qu'il vous disait il y a quelques instants,
06:32le processus qu'il a amené, malheureusement, à une certaine extrémité.
06:36Il fournira tous les renseignements ultérieurs au magistrat qui l'entendra
06:40ou qui ne manquera pas de l'entendre.
06:42Mais en même temps, on s'aperçoit, et c'est la conclusion,
06:46qu'en libérant sa conscience, il voulait aussi démontrer
06:51qu'il y avait peut-être une autre image de lui,
06:54c'est-à-dire qu'il y a une sensibilité chez l'homme qui est incontestable,
06:57et bien entendu des remords, des remords extrêmement profonds,
07:01qui font que vis-à-vis de ses enfants, vis-à-vis des partis civils,
07:05vis-à-vis des tiers, il a beaucoup à dire.
07:07Alors on a, et j'en termine par là,
07:09on a dit que pendant le premier procès, il était mutique, qu'il ne disait rien.
07:13Mais quand je lui pose la question, ou quand on lui pose la question,
07:15il nous dit oui, parce que dès le matin, on me cachetonnait à mort,
07:18c'est-à-dire qu'on lui mettait des médicaments extrêmement puissants,
07:21extrêmement forts, qui en faisaient presque un zombie.
07:24Donc effectivement, il dit, je n'ai pas répondu,
07:26maintenant je suis à même de répondre dans le détail,
07:29et de répondre à toutes les questions qui me seront posées.
07:31Mais surtout, je voulais libérer ma conscience,
07:33et je n'en ai jamais eu l'occasion, tout simplement parce que,
07:37là je vais faire une critique,
07:38les enquêteurs qui ont dit beaucoup de choses dans ce dossier,
07:43sont passés à côté de la quasi-totalité.
07:45Quand il dira à un magistrat ce qu'il nous a dit,
07:48vous serez extrêmement surpris, parce que manifestement,
07:50les enquêteurs ont voulu à tout prix, à tout prix, à tout prix,
07:53retenir certains éléments, alors que manifestement, c'était faux.
07:56Le travail que l'on a fait, que Pierre a fait dans un premier temps,
07:59et que j'ai complété, c'est un travail de mise en confiance,
08:02et je crois qu'effectivement, c'est l'essentiel dans un procès de justice,
08:05quel qu'il soit, c'est d'amener l'intéressé à ne pas dire des contre-vérités,
08:10mais à se rapprocher le plus possible de cette vérité,
08:13de manière à ce que quand nous irons devant le juge,
08:15ou devant les juges, ou devant les jurés,
08:17eh bien, il n'y ait plus de contestation,
08:18et qu'à partir de cet instant, la justice, avec un grand J,
08:21retrouve un peu de ses forces, ce dont elle a beaucoup besoin en ce moment.
08:25Est-ce qu'il vous a donné des explications sur les conditions dans lesquelles il a tué sa compagne ?
08:30Est-ce qu'il s'agit de violences qui ont entraîné la mort sans l'intention de la moulée ?
08:33Est-ce qu'il y a une intention au missile ? Est-ce qu'il va... ?
08:35Alors, oui, il nous a donné un certain nombre d'éléments, de contextes, évidemment.
08:41Un contexte qui trouve ses sources plusieurs semaines, plusieurs mois avant cette nuit dramatique,
08:45mais s'agissant des précisions, vous vous en doutez,
08:47elles seront données aux magistrats qui l'interrogeront,
08:49et encore une fois, il est important de rappeler qu'il se tient à la disposition des juges,
08:53et en ce qui nous concerne, nous espérons que tout sera fait avec l'aide de Cédric Jubilard
08:57pour retrouver le corps de Delphine.
08:59Il n'y a rien de plus important aujourd'hui.
09:00Quel crédit vous accordez aujourd'hui à ces confessions ?
09:03Total.
09:04Alors que durant cette affaire, les manipulations, et d'ailleurs on a parlé du manipulateur,
09:11est-ce que vous accordez un crédit et quel est ce crédit ?
09:13Un crédit total.
09:14Un crédit total.
09:15Vous n'avez pas de doute ?
09:16Non, parce qu'il soulage sa conscience, comme mon père l'a dit.
09:18C'est quelque chose qui émane d'un profond sentiment, un profond besoin,
09:24et d'une envie réelle, qui date vite dès le départ en fait.
09:27Parce qu'à partir du moment où il réalise ce qu'il a fait, où il reprend ses esprits,
09:32il est face à un choix humain qu'on peut imaginer, qu'on voit dans des scènes de films américains,
09:38et il pense à ses enfants d'abord.
09:39Et à partir de là, il va être pris dans cet engrenage qui l'amène à rester mutique,
09:43et à s'enfermer dans ce mensonge jusqu'à aujourd'hui.
09:46C'est évident, on l'a vécu dans d'autres procès, vous savez lesquels,
09:50puisque nous étions également partie prenante.
09:52À partir du moment où on s'aperçoit que la personne est décédée,
09:56il y a deux alternatives, pas trois, c'est un, j'appelle la gendarmerie ou la police,
10:00et je dis voilà, venez vite, voilà ce qui vient de se passer.
10:02Ou au contraire, il y a un moment de panique, pendant lequel on ne sait pas trop ce qu'il
10:05faut faire,
10:06et la meilleure des choses à ce moment-là, c'est de tenter de dissimuler, c'est ce qu'il
10:09a fait.
10:10Et il n'a jamais eu la possibilité, c'est ce qu'il précise,
10:13il n'a jamais eu les moyens de pouvoir dire la vérité.
10:18On ne l'a jamais mis en confiance, et ce qu'il a réussi à faire, Pierre, c'est assez
10:21exceptionnel.
10:21Mais c'est notre travail aussi, c'est l'ADN, je le disais, du cabinet,
10:24c'est de faire en sorte que toutes les personnes qui contestent bêtement,
10:28il faut les écarter, parce que pour se présenter devant des juges en disant qu'un dossier rose est devenu
10:33bleu,
10:34c'est complètement stupide.
10:35La réalité de ces affaires, c'est tout simplement qu'il faut se rapprocher le plus possible de la vérité.
10:40Alors tout ce qu'il nous a dit, pour répondre à votre question,
10:42tout ce qu'il nous a dit, on y croit parfaitement, parce que ça ne s'est pas fait en
10:45quelques minutes.
10:46On l'a vu, on l'a revu, on l'a revu, et au fur et à mesure, on s
10:49'est bien aperçu qu'il nous disait la vérité.
10:50Il y a plusieurs semaines qu'on est informé, la lettre, on l'a reçue la semaine dernière,
10:57avec une semaine de retard, en raison de problèmes à la poste.
11:00Est-ce que la justice était au courant de la publication dans la presse ?
11:05Non, non. Personne n'est informé.
11:08La justice n'a pas joué le jeu, ça fait des mois et des mois que Pierre et moi par
11:11la suite,
11:12nous nous battons pour qu'ils sortent de l'isolement, dont, je répète, la Cour européenne considère que c'est
11:16une torture.
11:17Et malgré toutes nos demandes, y compris au ministre, il est resté à l'isolement.
11:20Vous savez ce que c'est, 5 ans, isolé, seul ?
11:24Abdeslam est à l'isolement, on peut le comprendre, c'est un terroriste sanguinaire.
11:28Lui, aucune raison. Alors, on nous répondait systématiquement, c'est pour le protéger.
11:32Ben, Jumillard, il n'y a pas besoin d'être protégé.
11:34Est-ce que Jumillard était au courant de la publication de ses aveux ?
11:38Non, bien sûr. Évidemment, il souhaite.
11:40Non, mais cette démarche...
11:42Il était pressé, il nous a même demandé, alors quand, alors quand ?
11:45C'est une démarche qui se fait en collaboration avec lui.
11:49Moi, j'ai servi de catalyseur, mais encore une fois, c'est un aveu que lui a voulu faire.
11:56Est-ce que vous avez une preuve qu'il était cachetonné, comme vous dites ?
11:58Oui, on a des ordonnances, on a des ordonnances.
12:06Il nous a expliqué, on pense de manière quasi certaine que ce qu'il dit est la vérité,
12:11à partir de là, c'est lui qui va s'expliquer, c'est pas nous.
12:14Mais il ne faut pas non plus qu'on commence à interpréter les choses négativement.
12:18Moi, je pense que sa démarche, elle est très positive, et qu'à partir de cet instant,
12:21l'institution judiciaire qui est malmenée en ce moment doit en être très satisfaite,
12:25les parties civiles très satisfaites et l'accusation très satisfaite.
12:28Vous dites que la justice ne joue pas le jeu, vous dites.
12:30La justice ne joue pas le jeu.
12:32Et vous semblez dire, maître de Buisson, que l'enquête a été plus ou moins bâclée.
12:36Vous le verrez, avec tous les éléments.
12:39Tout a été mal fait ?
12:40Non, mais c'est flagrant.
12:41Tout a été mal fait ?
12:42Pas tout, mais ça a été vraiment bâclé.
12:44Si le travail avait été fait sérieusement, au bout de 48 heures,
12:48toutes les informations auraient été recueillies,
12:49et le corps de Delphine aurait été retrouvé.
12:51Donc six ans d'instruction pour rien ?
12:53On repart à zéro pour rien ?
12:54La question essentielle, c'est le constat d'aujourd'hui.
12:57Comment deux avocats réussissent en quelques semaines à le faire avouer,
13:02puisqu'il avoue, il n'a pas un meurtre.
13:04J'ai entendu tout à l'heure le meurtre.
13:05Il n'avoue pas un meurtre.
13:06Attention aux qualifications juridiques.
13:08Il avoue, bien entendu, avoir donné la mort à son épouse.
13:13Mais à partir de cet instant, on doit s'en tenir uniquement à ses aveux.
13:17Il n'est pas question de revenir sur des détails
13:20qui manifestement ne sont pas le reflet de la vérité.
13:22Donc il vous dit qu'il n'avait pas l'intention d'aujourd'hui ?
13:24Non, je n'ai pas dit ça.
13:25Il vous dit que ce n'est pas un meurtre.
13:26Ah non, non, mais oui, mais voyez, vous commencez à déformer.
13:28Non, non, mais c'est très important.
13:30On verra ultérieurement.
13:31C'est lui qui va s'expliquer.
13:32Il reconnaît être à l'origine de la mort de sa femme.
13:37Pour les détails, il les donnera au magistrat.
13:39C'est évidemment prématuré.
13:41Vous n'êtes pas surpris de sa compagne en train d'échanger ?
13:43Ce sont des détails qu'il réservera au magistrat.
13:45Vous en doutez, on ne peut pas tout vous donner maintenant.
13:49Non, il a essayé d'échanger beaucoup avec ses enfants.
13:53Ah oui, oui, on lui a toujours bloqué tous les échanges en voie postale.
13:56Bien sûr, là aussi.
13:57Il a été isolé à tout point de vue.
13:58Toutes les lettres qu'il a adressées à ses enfants,
14:01les lettres n'arrivaient jamais.
14:02C'est-à-dire que même là, on l'a coupé de ses enfants.
14:04Est-ce qu'un état actuel de l'affaire telle que vous la connaissez,
14:08de la situation telle qu'elle se présente,
14:10est-ce que vous pensez qu'un procès d'appel pourra se tenir en septembre ?
14:14C'est impossible.
14:15On parlait de la qualité de la justice et des difficultés qu'elle a actuellement.
14:19Je parle de la justice avec un grand J.
14:21Il est évident qu'il faut laisser du temps au temps
14:23et que par voie de conséquences...
14:24Je le lisais ce matin dans le journal local,
14:28la dépêche du midi, tout est à reprendre.
14:30Tout est à reprendre.
14:31Et effectivement, si l'enquête avait été faite de manière correcte dès le départ,
14:37ce que nous avons fait en quelques semaines,
14:39ça aurait pu être fait à l'époque en quelques mois.
14:40Il faut qu'il soit entendu.
14:41Non mais attendez, il faut qu'il soit entendu.
14:43Ensuite, il faut qu'il y ait des fouilles,
14:45en espérant qu'on retrouve le corps de Delphine.
14:46Il faut qu'il y ait des analyses sur le corps de Delphine,
14:49si on le retrouve, ce que j'espère vivement.
14:50Il faut qu'il y ait une nouvelle expertise psychologique et psychiatrique,
14:52parce que tout ce qui a été fait n'était basé que sur du néant.
14:56Et donc évidemment, ça va prendre du temps.
14:57Il faut qu'on arrête de lui donner des médicaments.
14:59Oui, on le force à prendre des médicaments à Maison-Darré.
15:01Il est obligé de les mettre sous sa langue ou de les recracher dans les toilettes.
15:04On n'invente pas ça, si vous voulez.
15:06Pour obtenir les confessions ?
15:08Ah non, pas les confessions.
15:09En tout cas, pour obtenir, pour parloir les confessions de Cédric Jubilat,
15:13vous parlez d'une tierce personne.
15:16Est-ce qu'il est possible de savoir ?
15:17Pas pour l'instant, on le réserve pour la justice aussi.
15:19C'est un témoin ?
15:20C'est une personne qui a fait du bon travail sur le plan psychologique,
15:24puisque c'est un travail psychologique que nous avons mené,
15:27et qui m'a aidé considérablement.
15:30Mais elle ne se tient pas à révéler son identité pour le moment,
15:32pour des raisons évidentes.
15:34Elle ne va pas être assaillie par la presse.
15:35C'est une proche ? C'est un proche ou un expert ?
15:37C'est une personne qui va le voir régulièrement à la Maison-Darré.
15:39Vous le verrez.
15:40Quand est-ce qu'il sera entendu ?
15:42On ne sait pas, on ne sait pas du tout.
15:44C'est les magistrats qui décideront.
15:45Nous, nous sommes toujours très mécontents qu'il soit dans une situation particulière.
15:49Actuellement, il est au CRPC,
15:51qui est un institut structurel un peu particulier dans la Maison-Darré.
15:54Mais j'insiste bien, 5 ans d'isolement avec une prise quotidienne de cachet,
16:00c'est insupportable.
16:01Parce qu'il est vrai que s'il n'avait pas été placé à l'isolement,
16:03et s'il n'y avait pas eu ses médicaments,
16:05il aurait fort à parier que des révélations auraient pu être faites
16:07il y a 3 ou 4 ans.
16:09Et comment vous expliquez que depuis le début de cette affaire,
16:13c'est-à-dire depuis quasiment 6 ans,
16:16Cédric Jubilard, tout le monde est passé à côté de sa personnalité ?
16:20Totalement.
16:23Psychologiquement, il fallait le prendre.
16:24Il fallait savoir le prendre, il fallait être à l'écoute,
16:26il fallait arrêter de le juger.
16:27Parce que tout de suite, il y a quand même une idée
16:29qui s'est propagée dans ce village,
16:33auprès de ses proches, puis dans la presse, dans les médias.
16:35Comme quoi il s'agissait du vilain petit canard.
16:37Alors, je le défends, je suis son avocat,
16:39mais je ne suis pas là pour dire que c'est un saint,
16:41puisqu'il a commis un acte qui est un acte extrêmement sérieux.
16:44Mais en même temps, tout le monde est passé à côté de sa personnalité, c'est vrai.
16:47Pourquoi ?
16:49Parce que ça a été bâclé.
16:51Ça a été bâclé, le travail de fond n'a pas été fait par les psychologues,
16:54les psychiatres, etc.
16:55Je pense qu'il fallait l'écouter, d'abord.
16:57Il fallait l'écouter, être à l'écoute, prendre le temps de savoir ce qui lui faisait peur.
17:00Parce que c'est un homme qui a peur et qui est terrorisé depuis le premier jour.
17:04Malgré le visage qu'il doit en avoir, c'est un homme qui est paniqué depuis le premier jour.
17:08Écoute des témoignages cinglants, affirmatifs, qui l'ont éliminé.
17:13Non, mais on verra ça dans le détail.
17:15On verra ça plus tard, oui.
17:17Non, mais l'important est de considérer qu'en libérant sa conscience,
17:21on va découvrir un autre personnage.
17:23Ça va révéler sa sensibilité, ça va révéler bien sûr ses remords, puisqu'il les reconnaît,
17:28mais aussi sa sensibilité, ses qualités d'homme.
17:30Alors que, bon, vous y étiez tous lors du premier procès,
17:33on a dit il est mutique, il ne s'explique pas, il n'est pas sympathique, etc.
17:36Là, avec ce procès, c'est sa sensibilité qui s'arrête.
17:40Pour te répondre, il avait besoin d'être rassuré.
17:42C'est quelqu'un qui avait besoin d'être rassuré et qui avait besoin d'accepter ce qu'il a
17:49fait,
17:49ce qui a été très difficile au départ.
17:50Oui, tout à fait, un nouvel homme, avec une sensibilité d'homme qui n'a jamais été recherché
17:55et qui n'a jamais pu mettre un exergue, tout simplement,
17:57parce que tout le monde est passé à côté, tout le monde.
18:01Pas au niveau de la culpabilité, puisqu'il a été condamné,
18:03mais au niveau de l'analyse propre de sa personnalité,
18:08je pense qu'effectivement, ce que tu disais, c'est vrai,
18:10si jamais le travail avait été bien fait, au bout de quelques semaines ou quelques mois,
18:14il aurait avoué, parce qu'il avait ce besoin d'avouer,
18:16et ça, c'est très important, il fallait qu'il libère sa conscience.
18:18Le besoin et l'envie.
18:19Vous nous dites que c'est un nouveau fiasco judiciaire aujourd'hui, donc ?
18:24Disons qu'il a été condamné, justement et injustement,
18:29parce qu'il a été condamné sur l'absence totale de preuves,
18:32avec des expertises dont les conclusions sont pour la plupart totalement aberrantes,
18:37mais en même temps, il était coupable.
18:39C'est ça qui rend les choses intéressantes,
18:41et cet aveu aujourd'hui va permettre d'apporter des réponses et des explications à la famille,
18:45ça, c'était essentiel pour nous,
18:46et aussi de faire en sorte que la justice passe, enfin, dans ce dossier.
18:50Est-ce qu'il regrette ce qui s'est passé ?
18:52Évidemment.
18:52Est-ce qu'il s'occupe à travers vous, à travers vous,
18:53faire passer un message ?
18:54Oui, il est emprunt de regrets profonds, sincères,
18:58il y pense en permanence.
19:00C'est quelque chose qui l'affecte considérablement.
19:02Il est déjà fragilisé par, encore une fois, ce qu'on a évoqué,
19:05c'est-à-dire cette situation d'isolement carcéral punitive,
19:08mais il est surtout très affecté par l'absence de lien avec ses enfants.
19:11Ça, c'est quelque chose qui le ronge profondément,
19:13et le fait qu'il ne puisse même pas échanger par courrier, par voie postale,
19:16parce qu'on lui bloque tous les accès,
19:18c'est quelque chose qui est quand même très difficile à vivre.
19:20Mais évidemment, ce geste qui est quand même, il faut le préciser,
19:22c'est le pire geste de toute sa vie sur lequel il est jugé,
19:25qu'on lui rappelle en permanence au sein de la maison d'arrêt
19:27pour les rares personnes qui le voient, c'est-à-dire les surveillants.
19:30Il n'est résumé aujourd'hui, Cédric Jubilard,
19:32qu'au quelques instants, du pire geste de sa vie qu'il regrette par-dessus tout.
19:36Qu'est-ce qu'il a à dire justement à la famille de Delphine Jubilard ?
19:38Pardon, c'est ce qu'il dit dans la lettre, il dit « pauvres enfants, pauvres Delphines ».
19:44Vous dites à ce que c'est une vraie stratégie de défense ?
19:47Non, ce n'est pas une stratégie, c'est tout simplement qu'on s'adaptera à ce qu'il dira,
19:51et en fonction de ça, comme je le disais tout à l'heure,
19:53notre but, comme dans tous les dossiers que nous avons,
19:56c'est de nous rapprocher le plus possible de la vérité, sans artifices,
19:59c'est-à-dire que ce n'est pas une stratégie, c'est tout simplement,
20:01il va s'expliquer, en fonction de ça, on le défendra.
20:03On a été des catalyseurs, des catalyseurs, c'est-à-dire qu'on a permis une réaction positive,
20:09mais qui était bloquée au départ.
20:10Pourquoi le fait qu'on l'éternise de communiquer avec ses enfants,
20:13et non pas de sa présentation depuis bien avant ?
20:16Non, il n'y a pas d'explication.
20:18Pourquoi ?
20:18Pourquoi ?
20:20On a écrit au défenseur des droits, pour signaler la multitude d'anomalies,
20:26qui font qu'aujourd'hui, de façon objective, encore une fois,
20:30Cédric Jubilard n'est pas un saint, il est à l'origine de la disparition de sa femme,
20:32mais il est soumis à des conditions carcérales qui sont pires que la plupart des terroristes.
20:36Ça interroge.
20:37Il bénéficie quand même d'un casier judiciaire vierge, il sera condamné.
20:40Il n'a jamais été condamné par la justice avant ces faits-là, alors qu'il a presque 40 ans.
20:44Il s'agit d'un acte isolé, et donc on a du mal à comprendre pourquoi,
20:48depuis 5 ans, il subit ce régime carcéral, qui encore une fois, est celui des pires terroristes français.
20:53Est-ce que vous avez mis des garanties de l'administration pénitentiaire sur la fin de son isolement ?
20:57Non, non, rien.
20:58Personne ne joue le jeu en nous met des bâtons dans les roues en permanence,
21:00que ce soit l'administration pénitentiaire ou d'autres personnes.
21:02Est-ce que vous pensez qu'avec ces révélations, avec ces aveux,
21:05il peut justement avoir une administration un peu plus compréhensible ?
21:08Eh bien, on verra.
21:10Mais c'est aussi l'administratif.
21:12Non, non, non, non.
21:13Vous savez, l'échelle, elle démarre au niveau local,
21:19c'est-à-dire direction de la maison d'arrêt.
21:22Parquet général, puisque c'est le parquet général qui est saisi au niveau, bien entendu, du procès.
21:27Ensuite, le ministre, qui a été saisi également.
21:30Personne ne répond favorablement.
21:32Non, non, il faut préciser que les magistrats aussi ont été sollicités pour avis
21:36et qui n'ont pas répondu.
21:37Oui.
21:38On a un document dans lequel les magistrats à la cour d'assises
21:41ont été sollicités pour savoir pourquoi Cédric Jubilard restait à l'isolement.
21:45Ils n'ont pas donné répondre.
21:46Donc, bon, c'est silence radio depuis le début.
21:49Vous croyez sa parole, mais quel détail ?
21:52Vous êtes-il à vous de donner des détails ?
21:53Ça fait plusieurs semaines qu'on travaille sur cette question-là.
21:56Donc, aujourd'hui, on a des certitudes.
21:58Quel passage de la lettre vous pourriez nous donner ?
22:00C'est trop tôt.
22:01En aucun.
22:02C'est beaucoup trop tôt.
22:02Il y a quelques semaines, on a appris que Maître Berton allait quitter la défense.
22:06Mais non, mais ça aussi, c'est une erreur.
22:09À partir du moment où il a considéré qu'il allait faire des aveux, etc.,
22:13il a dit « je ne prends pas un troisième avocat qui ne servira à rien ».
22:16Il a écrit à Maître Berton.
22:17Et c'est lui qui a écrit à Berton.
22:18Et Berton l'a reconnu.
22:19Il a dit « il m'a écrit en me disant qu'il se passait dorénavant dans nos services
22:22en pensant que Maître Berton ne serait pas assez disponible. »
22:25Et quand vous écrivez que c'est un avocat qui l'a quitté,
22:27non, c'est encore une erreur.
22:28C'est pour ça que je disais tout à l'heure,
22:29il va falloir recentrer dorénavant
22:31parce que trop de choses négatives ont été dites malencontreusement contre lui
22:35lors du premier procès,
22:36alors que manifestement, encore une fois,
22:38bon, il va falloir revenir à l'humanité
22:43Vous avez une dernière question ?
22:45Votre client est prêt à un transport de justice sur place ?
22:47Bien sûr, il est prêt à tout, à collaborer totalement avec la justice.
22:51Est-ce qu'il veut récupérer ses droits de verre ?
22:53C'est trop tôt, mais plus tard, oui,
22:55il espère les récupérer un jour.
22:57On a quand même sortiment que du début à la fin de cette affaire,
22:59il a gardé la main sur l'agronome, sur la révélation.
23:03Non, pas du tout. Il a subi.
23:07C'est une mauvaise impression.
23:10Non, il a subi. On vient de l'indiquer.
23:12Depuis le début, il a subi énormément de choses.
23:13Il a commis un acte répréhensible et terrible.
23:17Il s'est enfermé dans une forme de mensonge
23:19pour les raisons que j'ai évoquées tout à l'heure.
23:21Considérer qu'il fallait préserver ses enfants
23:24de cette vision terrible, de cette mère inanimée.
23:27À partir de là, il a été pris dans un engrenage
23:29et il n'a pas réussi à s'en extirper
23:31parce qu'il était soumis à plusieurs pressions,
23:32que je le répète.
23:33Pression médiatique, c'est l'un des plus gros procès,
23:35une des plus grosses affaires criminelles françaises.
23:38Quand il était libre pendant plusieurs mois,
23:39il était surveillé, happé.
23:42Il était harcelé en permanence.
23:45Pression des enquêteurs et des magistrats.
23:48Isolement, médicaments, ça fait quand même beaucoup
23:50pour finalement ce qui s'apparente plus ou moins
23:52à un crime passionnel.
23:54– Ça a été préoccupé physiquement, psychologiquement.
23:56Est-ce qu'il est soulagé ?
23:57– Mais non, mais on a fait sauter le bouchon du déni.
24:00À un certain moment, il était dans le déni.
24:03On a fait sauter ce bouchon du déni.
24:04Là, il s'est expliqué de manière très loyale.
24:07Bon, on a assez d'expérience pour savoir
24:08quand un individu nous dit la vérité
24:10ou au contraire, attend de nous manipuler.
24:12Et s'il nous avait manipulé, il est bien évident
24:14qu'on ne serait pas là aujourd'hui avec vous.
24:16Non, aujourd'hui, on lui fait confiance
24:18et on espère simplement qu'il sera entendu
24:21dans des conditions tout à fait normales,
24:22qu'on arrêtera de lui donner les médicaments,
24:24qu'il ne sera plus à l'isolement,
24:25qu'il sera considéré comme un être normal,
24:27ce qui n'a pas été là jusqu'à présent.
24:35Non, on n'en est pas là pour l'instant.
24:39Il réserve, encore une fois,
24:40toutes les explications et les précisions à la justice.
24:41C'est ce qu'il y a de plus important.
24:42Est-ce qu'on va pouvoir retrouver le corps de Dacrille ?
24:44Est-ce que les informations sont précises à la justice ?
24:46Il nous a donné que certaines informations.
24:48Nous n'avons pas toutes les informations,
24:50donc il les donnera à la justice.
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