00:00Notre réaction est double. Une surprise. On ne forme que sur le fond. Je trouve curieux que Cédric Jubilard réserve
00:08ses aveux aux médias avant que de les réserver à ses enfants et à la justice.
00:12Sur le fond, effectivement, c'est une grande surprise. Tant que nous avions en face de nous, depuis cinq ans,
00:18un homme qui a toujours clamé son innocence.
00:21Vous parlez de surprise ou bien de sidération. On a l'impression à vous entendre que ça ne vous a
00:25pas surpris tant que ça.
00:27– Ah si, si. Totalement surpris, sidéré. On ne s'attendait pas. Écoutez, nous, nous avions, en tant qu'avocat,
00:35nous avons vu M. Jubilard à de multiples reprises.
00:38Et cet homme avait toujours clamé avec force son innocence.
00:43– Et d'ailleurs, c'est ce que vous disiez à l'époque. Vous disiez, vous ainsi que votre consoeur,
00:49maître Emmanuel Franck, persuadés de l'innocence de votre client.
00:52Est-ce que, rétrospectivement, vous nous dites que c'était une posture d'avocat de défense ou bien vous en
00:56étiez vraiment persuadés
00:58et qu'il arrivait à vous convaincre, même dans des discussions un peu plus personnelles, intimes ?
01:03– Déjà, moi, je ne vais pas rentrer sur les discussions que j'avais personnelles avec M. Cédric Jubilard.
01:08Je voudrais revenir sur ce qu'est un avocat. Nous avions un client qui clamait son innocence.
01:13Nous avons étudié un dossier qui ne permettait pas, qui pour nous avait beaucoup de failles
01:21et qui ne permettait pas de dire à M. Jubilard qu'il ne disait pas la vérité.
01:26Donc le dossier confortait la position de notre client et nous avons joué notre rôle d'avocat face à un
01:32homme
01:32qui clamait son innocence sans faillir depuis la première fois où nous l'avons rencontré.
01:37– Et rétrospectivement, vous vous dites que vous avez peut-être été un petit peu floué
01:41par la version de Cédric Jubilard ou bien vous n'êtes pas du tout sur ce terrain-là ? Peu
01:45importe.
01:45– Moi, je ne suis pas sur ce terrain-là. Je n'ai pas à être trahi, pas trahi par
01:49mon client.
01:50Cet homme avait une position. Cette position ne me paraissait pas complètement délirante
01:55par rapport à la lecture du dossier que l'on pouvait en avoir.
01:58Aujourd'hui, il fait un autre choix, celui d'avouer, de soulager sa conscience.
02:02C'est bien. C'est bien pour lui. C'est bien pour les proches de Delphine.
02:07Voilà. Après, moi, en tant qu'avocat, Maître Franck et moi-même avons joué le rôle d'avocat
02:14qui se sont battus sur la base d'une position d'un client et d'un dossier
02:18qui, encore une fois, ne démontrait pas la culpabilité de cet homme.
02:23Aujourd'hui, il a décidé de combler ce vide.
02:25Eh bien, tant mieux pour la justice, tant mieux pour lui, tant mieux pour ceux qui lui sont proches.
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