00:007h-9h, Europe 1 matin.
00:03L'édito politique, tous les jours à 8h-10 sur Europe 1 avec Le Figaro.
00:07Bonjour Karl Méhus.
00:08Bonjour Alexandre, bonjour à tous.
00:10Vous avez suivi attentivement Karl le meeting d'Edouard Philippe hier à l'Adidas Arena de Paris.
00:15Alors pour vous, le maire du Havre a réussi son pari de la mobilisation, de la détermination,
00:20mais il lui reste encore, dites-vous, beaucoup de chemin à parcourir
00:23pour réussir le pari de l'Union et de l'action pour convaincre les Français.
00:27Oui, la saison des meetings printaniers et estivaux s'est terminée hier
00:30par le rendez-vous fixé par Edouard Philippe à ses soutiens.
00:33Elle avait été ouverte par Jean-Luc Mélenchon, suivie par Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau.
00:39Le maire du Havre avait une pression sur les épaules, à la fois médiatique et politique.
00:43L'injonction médiatique était forte.
00:45Edouard Philippe ne pouvait pas avoir moins de monde que ses rivaux.
00:48Il devait rassurer ceux qui s'inquiétaient de le voir reporter à chaque fois ce rendez-vous.
00:52Et il devait aussi se dévoiler un peu ce que les médias appellent fendre l'armure.
00:56L'attente politique ne l'était pas moins.
00:58Les Français l'ont connu Premier ministre, ont vu ce qu'il avait fait à Matignon.
01:02Mais ils ne connaissent ni son projet, ni ce qu'il ferait de différent d'Emmanuel Macron à l'Elysée.
01:07Alors, est-ce qu'Edouard Philippe a répondu à ces injonctions médiatiques, politiques ?
01:12Au premier, oui, mais pas vraiment au second.
01:15Avec quelques cinq mille personnes, hier,
01:17Edouard Philippe a montré qu'il savait mobiliser ses troupes,
01:20comme avant lui, Gabriel Attal et Bruno Retailleau.
01:22De ce point de vue, aucun n'a fait de miracle, mais personne n'a raté son meeting.
01:27En cette période de Coupe du Monde de football, on peut dire que c'est un partout, on remet la
01:31balle au centre.
01:31Le maire du Havre s'est dévoilé un peu, a parlé de lui, de son histoire, de sa femme, de
01:36ses enfants.
01:37Mais n'attendez pas de lui des photos posées en famille, ce n'est pas le genre de la maison.
01:42En revanche, ceux qui craignaient de voir en lui un nouvel Edouard Balladur ou un prolongement d'Alain Juppé ont
01:47pu être rassurés.
01:48Il s'est galvanisé ses troupes, qui le lui rendent bien, et s'est fixé un cap clair à droite
01:53toute.
01:54Il ne perd pas de vue qu'avant le second tour, il faut s'imposer au premier.
01:57Il a donc insisté sur les efforts qu'il demandera aux Français.
02:00Pas du sang et des larmes, a-t-il dit, mais de la sueur.
02:03Mais c'est peut-être là qu'il n'a pas totalement répondu aux attentes.
02:06Ah oui, que voulez-vous dire ?
02:07Écoutez, il est un peu trop tôt par rapport à l'échéance d'avril, les vacances d'été ont commencé,
02:12et tous les candidats ne sont pas encore connus.
02:14Et malgré tout, quand Edouard Philippe explique hier que l'objectif d'une campagne, c'est, je cite,
02:19« dire où on veut emmener les Français », on attend toujours ses propositions précises.
02:23Or, il est resté très vague sur ce qu'il veut faire, se contentant de dire qu'il voulait remettre
02:27de l'ordre dans la rue,
02:28ou remettre la France sur la bonne voie.
02:31C'est bien le moins, et on se demande, comment va-t-il faire ?
02:34Sur l'immigration, par exemple.
02:35Il veut contrôler les flux et s'inspirer de ce qu'ont fait certains de nos voisins européens,
02:40soulignant qu'ils n'ont pas eu besoin, eux, de réformer leur constitution ou de sortir des traités européens.
02:45Mais c'est peut-être aussi parce qu'ils n'ont pas de conseil constitutionnel
02:48qui censurent, par exemple, un article de la loi immigration de Bruno Retailleau en 2024,
02:53qui prolongeait jusqu'à 210 jours la durée maximum de rétention administrative
02:57pour des étrangers condamnés pour des faits graves.
03:00Ils n'ont pas non plus un conseil d'État qui élargit l'accès aux soins gratuits des réfugiés.
03:05S'il veut séduire l'électorat de droite fixé pour le moment par Bruno Retailleau,
03:09Edouard Philippe va peut-être devoir aller plus loin sur ses propositions
03:12et surtout être beaucoup plus précis sur la façon d'appliquer son projet.
03:15Alors Edouard Philippe mise sans doute sur les ralliements en préparation à la rentrée
03:19pour montrer qu'il est le rassembleur de la droite et du centre, Carl.
03:23Oui, vous avez raison Alexandre.
03:24La suite de la campagne va devoir montrer un Edouard Philippe rassembleur.
03:28Mais c'est aussi à double tranchant.
03:30Dans un moment où les Français veulent une rupture, voire de la radicalité,
03:34quels effets peuvent avoir les ralliements de ministres ou d'anciens ministres d'Emmanuel Macron ?
03:38Est-ce le meilleur moyen pour incarner cette rupture
03:41que d'avoir autour de soi des ministres comme Elisabeth Borne,
03:44Gérald Darmanin, voire Sébastien Lecornu,
03:46qui ont été membres de quasiment tous les gouvernements depuis 10 ans ?
03:49L'étiquette macroniste ne risque-t-elle pas de plomber ses efforts pour s'en détacher ?
03:53Il n'a pas cité une seule fois le nom d'Emmanuel Macron hier.
03:58Edouard Philippe a co-signé le scénario de la série Dans l'ombre,
04:01je ne sais pas si vous l'avez vu, diffusé récemment sur France 2.
04:05Son héros, candidat à l'élection présidentielle, a cette phrase lucide.
04:09Dans une campagne, ce qui fait le plus mal,
04:11ce ne sont pas les coups de poignard, mais les sparadraps qu'on vous colle.
04:14Merci Carl Meus, la une du Figaro ce matin.
04:17Violence et prostitution, le naufrage de l'aide à l'enfance.
04:20Dans un quartet.
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