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  • il y a 10 heures
La Cour de révision a annulé ce jeudi 2 juillet la condamnation à la prison à perpétuité de Dany Leprince et a ordonné qu'il soit rejugé pour un quadruple meurtre survenu dans la Sarthe en 1994, un coup de théâtre dans ce célèbre dossier criminel.

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Transcription
00:00D'abord, quand j'apprends le drame qui s'est déroulé dans notre famille,
00:08moi je suis abattu.
00:10Et évidemment, jusqu'à la garde à vue, je ne vais pas dormir de la nuit.
00:16C'est quand même pas rien, quoi.
00:17En plus de ça, je ne sais pas ce qui s'est passé.
00:19Personne n'a rien entendu, moi personnellement je n'ai rien entendu.
00:23Et donc on se retrouve en garde à vue.
00:27Et donc, moi j'arrive en garde à vue, je suis déjà...
00:30Crevé.
00:31Crevé.
00:32Épuisé.
00:33Épuisé.
00:33Et ça, les gendarmes, ils le savent.
00:35Ils le savent très bien.
00:37Bon, je vais vous passer les premières heures de garde à vue, parce que c'est...
00:42Ça ne se raconte pas, enfin bref.
00:43Mais c'est vers la fin de la garde à vue, où il y a une bonne dizaine de gendarmes
00:48qui viennent autour de moi, qui viennent me dire, il faut que tu avoues,
00:53ta femme t'as vu courir après ton frère avec une feuille de boucher.
00:58Et le gendarme qui me dit ça, c'est le gendarme qui s'occupe de la garde à vue
01:02de mon ex-femme.
01:03Martin Confort.
01:04Pour arrêter de raconter n'importe quoi.
01:08S'ils se consultent.
01:09Normalement, ils n'auraient pas, mais ils se consultent.
01:12Et donc, moi je demande ce qui se passe, quoi.
01:15Et puis après, j'entends des cris.
01:17Des cris.
01:18Des cris, des cris de femmes, de jeunes filles, enfin je ne sais pas trop,
01:23parce que moi je ne sais plus si c'est jour, nuit, je n'en sais rien.
01:26Dans les bureaux de la gendarmerie.
01:27Dans les bureaux de la gendarmerie.
01:29Oui, parce qu'on ne sort pas.
01:31Et quand on nous parle de pause en garde à vue, ça c'est du pipeau.
01:36Ça n'existe pas, ça.
01:39Et donc, j'entends ces cris, je me demande ce qui se passe,
01:43et là il y a un gendarme qui vient me voir, il me dit,
01:45c'est les cris de ta fille, enculés, qui sont là.
01:51Alors moi je ne comprends plus rien, je prends peur pour ma fille.
01:55Et donc, je vais répéter, je ne veux pas tout raconter,
01:59je vais répéter les dires de l'enquêteur, et je peux citer son nom,
02:04c'est Père Drillot, le gendarme Père Drillot, un enquêteur.
02:08Votre fille, à l'époque, elle a quel âge, pardon ?
02:10Elle a 16 ans.
02:11Elle n'a même pas 16 ans.
02:13Et donc, la garde à vue se termine comme ça,
02:16mais il ne me pose pas de questions pour les autres,
02:18ils s'en foutent, il faut un aveu.
02:22Et donc, ce n'est que quelques jours plus tard,
02:25le 29 septembre 1994, si mes souvenirs sont bons,
02:29j'étais déjà revenu sur mes aveux lors de la première reconstitution,
02:33et là elle me dit, la juge, je vais vous reconvoquer rapidement,
02:37et ainsi de suite.
02:39Et donc, je lui parle de ça pendant l'audition,
02:41et elle me dit,
02:43« Ah, mais ce n'est pas votre fille qui vous a entendu,
02:46puisqu'elle était entendue à ce moment-là,
02:48à Conly, à 40 kilomètres du Mans. »
02:51Donc, géographiquement, elle ne pouvait pas être dans les mêmes locaux.
02:53C'était qui ?
02:54Et c'était une femme gendarme qu'ils avaient fait crier les enquêteurs
02:59pour la faire passer pour ma fille.
03:01Alors évidemment, quand je raconte ça,
03:02évidemment, on me prend pour un cinglé, quoi.
03:04Mais c'est une réalité.
03:06Alors moi, je vais faire une petite parenthèse,
03:08j'en avais parlé à un journaliste de Ouest France,
03:12j'ai dit, ça serait bien de raconter un peu ce que j'ai vécu...
03:15En garde à vue ?
03:16En garde à vue.
03:17« Ah ben, non, je ne peux pas faire ça. »
03:19Mais j'ai dit, si c'est un gendarme qui vous le dit,
03:21vous allez le faire.
03:22Et là, il ne m'a pas répondu.
03:23« Ce qui est vrai, c'est que quand vous avez fait un coup...
03:25Eux, vous avez fait...
03:26Enfin, les gendarmes, vous avez fait un coup tordu
03:28parce que la garde à vue...
03:29C'est là que j'ai découvert que ça pouvait exister.
03:32Ce n'est pas une garde à vue à 6h du matin.
03:33Je crois que c'était un mercredi soir.
03:34Moi, j'y étais.
03:35Quand ils viennent vous chercher, je suis là.
03:36Je suis dans la cour de votre maison.
03:38Et ils viennent vous chercher à 20h45.
03:41C'est-à-dire que quand la garde à vue commence,
03:43ce n'est pas une garde à vue du matin.
03:44Quand on vient chercher quelqu'un à 6h du matin,
03:45il sort du lit, il est frais à minuit.
03:48Il n'a pas su une journée complète.
03:52matin, à 20h45, quand le corps est en garde à vue.
03:56À 6h du matin, ça ne fait que 9h qu'il est en garde à vue.
03:59Mais il est 6h du matin et il est déjà fracassé.
04:01Et ce que raconte Danny Leprince sur la fin de la garde à vue,
04:05je crois, sauf erreur de ma part, qu'on est à la 46e heure.
04:08Exactement.
04:08Donc, vous imaginez le soir.
04:10Donc, 46e heure, c'est-à-dire que vous n'avez pas dormi.
04:12Moi, je n'ai pas dormi depuis le lundi.
04:15Depuis le lundi matin, 8h30, moment où on découvre le corps de...
04:19Et il n'est pas assisté par un avocat.
04:22Autre temps, autre pratique de garde à vue.
04:24Et je me suis levé à 2h30 pour aller au travail.
04:26À l'époque, il n'y a pas de présence d'avocat.
04:27Vous êtes en horaire décalé.
04:28Et en plus, vous êtes en horaire décalé.
04:30Donc, en fait, vous n'avez pas dormi depuis 2 jours avant d'arriver en garde à vue.
04:33Non, mais c'est horrible.
04:34Ce qu'ils ont fait, c'est dégueulasse,
04:35parce que finalement, c'est vraiment une femme gendarme qui a crié.
04:38Et ça, c'est odieux.
04:41Alors, par ailleurs, il n'y a pas mal...
04:42Alors, c'est la raison pour laquelle que, par la suite,
04:45ils vont s'amuser, ils vont bricoler,
04:47on va essayer de faire entrer des ronds dans les carrés,
04:48que ce soit les enquêteurs, voire la juge et peut-être le prog,
04:52pour décaler l'heure des crimes.
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