00:00Oui, mais on a fabriqué aussi des enfants avec un virtuel qui est devenu plus réel que le réel.
00:05Vous avez des enfants qui passent presque tout leur temps libre sur un écran.
00:10Et ils ont des relations, non pas avec le monde, mais avec des images qui leur disent le monde.
00:14Mais ils sont sur TikTok, ils sont sur des petites choses comme ça,
00:17où très rapidement vous avez besoin de trois neurones et de quatre secondes pour avoir une information,
00:21et puis on passe à une autre information, puis on passe à une autre information.
00:24Et on fabrique de manière très addictive des cerveaux qui sont devenus incapables de penser.
00:28Alors quand vous n'avez plus la réflexion, quand vous n'avez plus non plus les informations qui permettent la
00:32réflexion,
00:33jadis on apprenait par cœur des choses.
00:35Mais on écrivait surtout, là il n'y a pas eu la civilisation d'écrire en tant qu'un disparaît.
00:39Bien sûr, et puis vous avez des gens qui écrivent une écriture instinctive, m'a-t-on expliqué l'autre
00:44jour ?
00:44Oui, quasiment, oui.
00:46Et donc plus d'écriture, plus de lecture, plus de pensée, plus de réflexion.
00:49J'étais à Tocqueville avec François-Xavier Bellamy l'autre jour,
00:53et du moins il m'a appris qu'il avait un grand-père qui lui avait offert un jour
00:57l'anthologie de la poésie française de Georges Pompidou.
01:00De Pompidou, merveilleux.
01:00Et qui lui avait dit, tous les jours tu apprends deux vers.
01:03Et François-Xavier dit, moi j'en ai appris quatre, tous les jours.
01:06Alors évidemment, la dame qui posait la question, elle dit, ah bon, alors vous savez des choses par cœur ?
01:10Pourriez-nous dire, oui, oui, à une époque je connaissais l'anthologie par cœur.
01:13Ah bon, pourriez-vous ? Oui, pourriez-vous ? Oui, bien sûr.
01:16Je connais l'anthologie, mais pas par cœur.
01:17Non, l'anthologie par cœur.
01:19C'est incroyable.
01:19Et il a commencé par un poème de Victor Hugo.
01:23C'était très drôle, on était tous les deux sur scène.
01:24Je ne pouvais pas savoir, François-Xavier, mais c'était un poème que mon père me disait.
01:28Pas aussi long, mais du moins j'ai entendu mon père me dire ces poèmes qu'il avait appris à
01:32l'école républicaine.
01:34Il quittait l'école à 12 ans, mon père.
01:36Et donc la mémoire, ça existait à l'époque.
01:38Si vous avez de la mémoire, vous avez des informations.
01:40Si vous avez des informations, vous pouvez les mettre en relation.
01:42Vous pouvez donc avoir une intelligence et ça fonctionne.
01:45Si vous avez une intelligence, vous avez un jugement.
01:47Si vous n'avez pas de mémoire, vous n'avez pas d'intelligence, vous n'avez pas de jugement,
01:50et d'où l'intérêt de pouvoir dire des bêtises, comme disent souvent les jeunes, sur plein de sujets.
01:55Sur l'écologie, sur le climat, sur la Palestine, sur le bien, le mal, la droite, la gauche, les fascistes,
02:00les néo-nazis, les nazis, etc.
02:02Vous pouvez dire n'importe quoi, puisque de toute façon, vous ne pouvez pas avoir une discussion ou un débat
02:06sur un sujet historique
02:07en disant « Ah bon, c'est quoi le nazisme ? Qu'est-ce qu'un néo-nazi ? »
02:10Et vous pensez vraiment que, par exemple, les chaînes de Vincent Bolloré sont des chaînes fascistes ?
02:16Est-ce qu'on peut s'entendre sur ce qu'est le fascisme ?
02:18Alors là, non, vous avez l'insulte, puisque vous n'avez pas la capacité de penser.
02:22Quand vous ne pouvez plus penser, vous frappez.
Commentaires