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00:01You understand the rights I've given you ?
00:04I know all that bullshit sign about. Save your breath.
00:08You got nothing on me. You know it, I know.
00:11I change your dollar bills, that's all.
00:14You wanna waste my time ? Ok.
00:16I call my lawyer.
00:18He's the best lawyer in Miami.
00:20He's such a good lawyer,
00:22that by tomorrow morning, you're gonna be working in our last year.
00:26Yes.
00:27Salut, c'est Walidia, dédicace à AfroStyle.
00:29On se retrouve tout de suite sur le site.
00:32J'avais 21 ans.
00:3421 ans, quand je suis parti,
00:36la vraie raison, c'était des études aussi.
00:38Je me suis dit, je vais faire des études ailleurs.
00:40Enfin, la raison pour les parents, surtout.
00:43Parce qu'à Grenoble, j'avais cette petite idée
00:45de faire un peu de scène, de monter des sketchs et compagnie,
00:48mais il n'y avait rien. Il n'y avait pas de scène ouverte.
00:51Il n'y a pas d'endroit pour débuter, en fait.
00:53Culturellement, à ce niveau-là, c'est pas la peine.
00:55Et un an, j'avais un pote qui, lui, s'était lancé là-dedans,
00:58dans une petite salle.
01:00Ça commençait à apprendre, etc.
01:01Il m'a dit, viens, viens tester, puis tu verras.
01:03J'avais une voiture à l'époque, j'ai pris ma voiture,
01:06trois slips et j'étais...
01:08Parce qu'en fait, moi, j'étais danseur avant.
01:10Donc, j'avais déjà ce truc de scène.
01:11Je trouvais ça tellement bien d'être sur scène.
01:14Il y avait un vrai... Le temps s'arrête.
01:15Quand tu es sur scène, tu oublies ce qu'il y a avant, ce qu'il y a après, etc.
01:18Et cette sensation-là, je la recherchais.
01:21Mais je me suis rendu compte,
01:21ce que je cherchais encore plus, c'était la discussion.
01:24Et si, en plus, on peut se marier en le faisant,
01:26c'est ça qui m'a déjà fait un déclic de...
01:29Eh ben, en fait, ce que tu veux faire, c'est humoriste.
01:32Et après, c'est quand j'ai vu Dave Chappelle.
01:34Quand je me suis un peu intéressé au stand-up,
01:36et notamment au scène américain,
01:37j'ai vu Dave Chappelle et j'ai...
01:40J'ai pris une claque, en fait.
01:41Parce que j'ai appris tellement plus de choses par lui
01:43que par toutes les sources d'informations que j'avais.
01:47Ce qu'il disait était vérifiable, en plus, et tout.
01:49Et c'était tellement drôle.
01:51C'était tellement drôle.
01:52C'est-à-dire que la performance était incroyable.
01:54Et je me suis dit, bah, je veux être un quart de lui.
01:57Si je peux...
01:58Si je peux arriver à être un quart de lui, c'est bien.
02:00Oh putain, je peux plus de son H&M, là, putain.
02:03C'était un très raciste qui appellait la police
02:05dès qu'il y a les chats qui pètent.
02:06Un africain qui a ramené toute sa famille dans un 30 mètres carrés.
02:08Un vieux junkie qui prend des extats à 80 piges.
02:10Et mon fils de 4 ans qui me dit toute la journée
02:12T'es coquelu, t'es coquelu, t'es coquelu.
02:16À un moment donné, tu craques, tu craques.
02:19Ma femme, tout l'immeuble, se fait taper, putain.
02:21Même le vieux drogué, il l'a chopé, comme ça.
02:23Il disait Jacqueline Barman, Jacqueline Barman.
02:25C'est bon.
02:26Ça, c'est qu'il y avait un concours qui s'appelait L'Humorant Capital à l'époque,
02:29qui était à Paris, qui était un festival de Paris.
02:31Et il y avait un concours.
02:32Et ce concours-là était animé par Laurent Ruquier.
02:34Et il se trouve que j'ai gagné le concours
02:36et qu'il m'a proposé d'intégrer On ne te manque qu'à en rire.
02:38Mais ça faisait six mois que je jouais quand je te dis ça.
02:42Donc, tu vois, j'étais vraiment pas prêt du tout.
02:44Mais en même temps, l'opportunité se présente.
02:48Bon, j'y vais.
02:49Alors, je n'habitais pas à Paris.
02:50Je faisais des allers-retours.
02:51Je dormais à la gare le soir.
02:53Et je rentrais avec le premier train.
02:55Avec le recul, en fait, je me dis que j'ai commencé à apprendre mon métier avec ça.
03:00Parce qu'il y avait des contraintes.
03:02Il y avait une pression.
03:03Il y avait des sujets imposés.
03:07Il y avait plein de choses.
03:07Donc, quand je regarde le sketch que j'ai fait aujourd'hui,
03:11ce n'est pas des sketchs que je valorise plus que ça.
03:13Parce que je démarrais.
03:15Je ne savais pas où j'allais.
03:16J'écrivais tout seul.
03:17J'étais vraiment un peu même perdu, je crois, dans ce truc-là.
03:20Et en fait, si on regarde ça, c'est vraiment mon apprentissage.
03:23Avec ses erreurs et avec ses qualités.
03:25Je suis conscient maintenant que c'était trop tôt.
03:27C'est-à-dire que je n'étais pas prêt du tout.
03:29Je ne savais même pas évaluer un peu techniquement ce que je faisais.
03:33Je ne savais même pas ce que je voulais raconter.
03:36J'étais pris comme ça dans un truc qui était un tourbillon en plus.
03:39Parce qu'Hondart, c'était un vrai, vrai phénomène.
03:41Pour le coup, ça a cartonné très vite.
03:43On jouait devant des millions de téléspectateurs comme ça.
03:46Donc, c'était une très bonne école, mais c'était douloureux.
03:50On a failli perdre un homme. Qu'est-ce que t'attendais ?
03:51C'était le moment de tirer !
03:52Parce que j'ai obéi à sa sainteté.
03:54Le grand Jacques Laroche, le chef des chefs, le roi des emmerdeurs.
03:56C'est un homme, mon vieux.
03:57T'as 60 ans, t'as une coupe de Playmobil et tu veux m'apprendre la virilité ?
03:59J'ai une coupe de...
04:00Ouais.
04:01J'ai une coupe de Playmobil.
04:01Ouais, Playmobil, ouais.
04:03Ecoute, c'était encore une fois.
04:04C'est un truc qui m'est tellement tombé dessus vite pour la petite histoire.
04:09Le réalisateur cherchait donc quelqu'un pour faire le rôle que j'ai fait.
04:12Il ne trouvait pas.
04:13Il a fait évidemment un peu toutes les têtes d'affiches qu'il y avait.
04:16Ça ne lui convenait pas.
04:17Et moi, j'étais un des derniers à passer le casting.
04:19Et il m'a rappelé.
04:20Il m'a dit, écoute, on refait un essai avec d'autres acteurs, etc.
04:25Ça s'est bien passé.
04:25Puis, je ne sais pas, peut-être trois semaines après, ok, c'est toi.
04:29Et en fait, je ne m'attendais tellement pas à ça parce que j'avais fait 8 milliards de
04:31casting avant où il ne s'était rien passé.
04:33Donc, pour moi, c'était encore une étape de plus dans l'échec.
04:39Et en fait, il me prend et on fait le truc et je ne comprends pas bien ce qu'il
04:42veut au
04:43départ.
04:43Je ne comprends pas bien parce que même moi, je ne me connais pas bien face à une caméra.
04:46Donc, je bosse avec une coach.
04:48J'ai engagé une coach qui m'a fait bosser, bosser, bosser, bosser.
04:51J'ai refait le scénario en entier des centaines de fois pour y arriver.
04:56Et ce qui se passe, c'est qu'au moment de le jouer devant le réalisateur, je me foire complet.
05:01Je stresse.
05:02Je vois jouer que devant deux personnes qui te regardent.
05:06C'est super bizarre, en fait.
05:07Et je n'y arrive pas.
05:09Je n'y arrive pas.
05:10Je transpire.
05:10Je suis là.
05:10J'invente un prétexte pour sortir.
05:12Et je m'écroule.
05:14Et après, je me dis, mais qu'est-ce que tu fais ?
05:16On te propose un truc dont tu as toujours rêvé d'être d'un premier rôle au cinéma,
05:21etc.
05:21Et tu passes complètement à côté parce que l'enjeu avait pris le pas sur le kiff,
05:25en fait.
05:26Et je me suis dit, vas-y, fais-le comme tu as envie.
05:29Pas comme tu crois qu'eux ont envie que tu le fasses.
05:31Et c'est là que c'est passé.
05:32Mais même le réal m'a confié après.
05:35Il m'a dit, j'ai eu peur.
05:35À ce moment-là, j'ai eu peur.
05:36Je me suis dit, après, si là, il ne tient pas le coup juste comme ça devant,
05:40quand il y aura les techniciens, les Richard Berry, les machins, comment il va faire ?
05:44Et en fait, après, j'ai rencontré Richard.
05:46Et là, c'était cool parce que c'est un mec super cool.
05:48Et il m'a donné plein de petits conseils, plein de petites astuces pour que ça se passe bien.
05:52Et on a fait le film qu'on a fait.
05:54Les femmes ne veulent plus être considérées comme de la viande.
05:56Vous avez raison, vraiment, raison, raison, raison.
05:59Mais expliquez-moi vos photos sur Instagram, du coup.
06:02Ah, c'est le rayon charcuterie, c'est n'importe quoi.
06:04Je te jure, tu regardes les profils Instagram, c'est un cul, une assiette, un cul, une assiette, un cul,
06:07une assiette.
06:08Je ne savais pas que le but d'Instagram, c'était de montrer ce que tu manges et par où
06:10ça sort.
06:11Tu vois, vraiment, il faut arrêter.
06:12Sur des peaux, c'est...
06:17Heureusement que vous ne faites pas ça dans la vraie vie, sinon, tu aurais des meufs qui attendraient le bus
06:19comme ça.
06:23Pour écrire le deuxième spectacle, en fait, je me suis dit,
06:25t'as plein de choses à dire, t'as plein de trucs.
06:27Mais est-ce que c'est à toi de choisir, en fait ?
06:31Est-ce que c'est à toi de choisir parmi ça ?
06:34Alors, moi, je te dirais que oui, comme ça d'instinct.
06:37Tu vois, c'est toi qui sais l'artiste qui choisit son propos, etc.
06:40Et puis, je me suis dit, en fait, pourquoi ne pas laisser ce choix-là aux gens ?
06:44Donc, en fait, on a fait une tournée d'impro où j'avais mes sujets, mes trucs,
06:48mais je disais surtout aux gens, vous voulez parler de quoi ?
06:50Et je voyais ce qui ressortait, ce qui préoccupait les gens,
06:54ce avec quoi les gens avaient besoin de prendre de la distance, etc., de dédramatiser.
06:58Et je me suis dit, peut-être pour être un peu plus utile dans ce que je fais,
07:02aller taper là où ça les intéresse, en fait, tout simplement.
07:05Alors, tu vois, c'est pas qu'un plan marketing, c'est un vrai...
07:09C'est un plan de réflexion.
07:10Je me suis dit, partons là-dessus.
07:12Et donc, les sujets du spectacle ont été choisis par le public.
07:15Je suis gentil, je suis poli, je laisse ma place dans le bus aux mamies.
07:19J'ai fait tout ce que mes parents m'ont dit.
07:20J'étais jamais collé le mercredi.
07:22Je me lave pas de table sans demander.
07:24Quand t'es ternu, je te dis à tes souhaits.
07:26Y'a la queue à la caisse du supermarché.
07:27T'as pas beaucoup d'articles, je te laisse passer.
07:29Quand je fume une chicha, je tousse.
07:31Je dors jamais sans mon nounours.
07:32Je peux appeler les pompiers, juste pour une écharpe dans le pouce.
07:36Avec ma meuf, je fais le canard.
07:37J'ai pas le droit de rentrer tard.
07:39J'ai effacé tous les numéros de meuf de mon répertoire.
07:42Ca fait partie de...
07:46Je dirais limite de mon éducation.
07:48Parce que y'a la culture, mais y'a aussi ce que tu gardes.
07:52Et qui en fait fait partie même de ton instruction.
07:54C'est ce que je regrette aujourd'hui.
07:56C'est que ce truc là, aujourd'hui y'a rien qui t'instruit.
07:58Enfin, y'en a si tu cherches.
08:00Mais si tu cherches, c'est déjà une autre étape en fait.
08:04Mais dans ce qu'on t'abreuve, on s'en fout.
08:08C'est fini.
08:09C'est fini.
08:10Et je me dis, peut-être qu'on est arrivé au bon moment.
08:13Notre génération, tu vois, on est arrivé au bon moment.
08:15Où cette culture hip-hop là nous a vraiment instrué.
08:18Et nous a amené des belles valeurs.
08:23Moi, je me rappelle, nous on avait un petit truc.
08:25Tu sais, on *** les CD de titres à Leclerc.
08:28Tu vois, les CD de titres.
08:30On connaissait même pas forcément les chanteurs.
08:32Mais les têtes qu'ils avaient.
08:33Tu ressembles à un mec d'en bas de chez moi.
08:35Vas-y, je vais écouter.
08:37Et un jour, j'ai eu un peu d'argent.
08:38Et je me suis dit, je vais acheter un album.
08:40Parce que ça, tu pouvais pas les voler.
08:41Il y avait les braissons.
08:42Après, les braissons, tu voles dessus.
08:44Enfin, tu pouvais, mais j'étais pas à ce niveau-là.
08:46Et j'ai acheté IAM, l'école du micro d'argent.
08:50Et ce qui m'a choqué, en fait, c'est que je comprenais pas tout ce qu'ils disaient.
08:54Parce qu'il y avait beaucoup de vocabulaire à l'époque.
08:56J'avais 10 ans.
08:58J'avais eu un peu d'argent à Noël, je crois, un truc comme ça.
09:02Et donc j'avais 10 ans.
09:02À 10 ans, il y avait plein de trucs que je comprenais pas.
09:04Dans leur thème, dans leur vocabulaire, etc.
09:07Et surtout, je me suis rendu compte que le rap, c'était pas forcément ce qu'on nous avait vendu.
09:13J'avais pas ce recul-là à 10 ans.
09:15Mais tu vois, la réflexion est venue après.
09:19Mais je me suis dit, waouh, là j'apprends plein de trucs.
09:21Il te parle de mythologie égyptienne.
09:24Il t'avance avec une réalité sociale.
09:26Enfin, j'ai pris trop de trucs dans la tête.
09:28Et comme c'était mon seul CD, je l'écoutais, je l'écoutais, je l'écoutais, tu vois.
09:32Et ça m'a fait grandir, ouais, carrément.
09:35La vie est belle, le destin sans les cartes.
09:38Personne ne joue avec les mêmes cartes.
09:39Le père s'enlève, le voile.
09:41Multiples sont les routes qui le dévoilent.
09:43Tant pis, on n'est pas né sous la même étoile.
09:45Mais là, il y a un vrai tournant où la culture hip-hop devient la culture pop, en fait.
09:52Et c'est bien parce que du coup, ça permet à plein d'artistes d'exploser et c'est génial.
09:56Moi, je suis toujours content quand il y a un mec qui arrive de nulle part et qui fait son
10:00beurre comme ça, c'est génial.
10:01Mais le problème, c'est que c'est au détriment de toute une génération qui baisse en vocabulaire,
10:09qui baisse même en aspiration.
10:11Parce que leur aspiration, c'est de vivre dans le clip.
10:14Et le clip, c'est de l'allocation, c'est du mensonge, c'est du truc.
10:19Donc, les aspirations changent et en fait, ça perd.
10:22Je pense que ça perd un tas de gamins.
10:24C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de 50 étages.
10:27Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer.
10:33Jusqu'ici, tout va bien.
10:35Jusqu'ici, tout va bien.
10:37Jusqu'ici, tout va bien.
10:39Mais l'important, c'est pas la chute.
10:45C'est l'atterrissage.
10:46Si on n'arrive pas à être ensemble, il y a un parfum de...
10:51C'est foutu.
10:52Il y a une espèce de truc qui flotte.
10:54Tu te réveilles le matin.
10:56Bon, ça va.
10:57C'est pas aujourd'hui la fin du monde.
10:59Mais il y a ce truc un peu apocalyptique qui plane au-dessus de la tête de tout le monde.
11:04Et de plus en plus, les gens comprennent que la seule solution à ça, c'est l'unité.
11:09S'il n'y a pas ça, c'est bon.
11:14Il y en a qui réussiront à se barrer sur une autre planète, mais pour tous les autres, c'est
11:17foutu.
11:19C'est les deux, c'est l'ensemble et le rien.
11:22D'accord.
11:22Si tu m'écoutes pas, tu me dis...
11:29J'aurais rêvé de faire une autre vue de lui.
11:42C'est puirant.
11:43Enяд de toute need, c'est continua.
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