00:00Pierre Lelouch, est-ce que le scénario à la grecque,
00:02c'est quelque chose qui peut vraiment arriver en France ?
00:04Parce que ça fait longtemps qu'on entend cette petite musique.
00:06Si on ne fait pas les réformes, si on ne fait pas les efforts,
00:08on va devenir comme la Grèce.
00:10La Grèce, il faut rappeler ce que c'était.
00:11Baisse du SMIC, baisse des pensions de retraite.
00:14Enfin, on a coupé les budgets à tous les étages.
00:17Est-ce que ça peut vraiment arriver en France ?
00:18J'étais au gouvernement quand la Grèce a été sauvée.
00:21Elle a été sauvée beaucoup par Nicolas Sarkozy,
00:23parce que l'Allemagne ne voulait pas aider.
00:25Et on a convaincu Angela de bien vouloir lâcher de l'argent.
00:28On a mis énormément d'argent.
00:29150 milliards côté français, 150 milliards côté allemand.
00:33Et est-ce que ça peut arriver en France, vraiment ?
00:34L'avertissement de Bruno Retailleau, il est sérieux ou pas ?
00:37Totalement sérieux.
00:38Moi, je vais un cran plus loin.
00:41Nous empruntons chaque année, nous, France, aujourd'hui,
00:43pour payer le fonctionnement du système qui est en faillite.
00:46On emprunte 350 milliards.
00:48Et tous les 15 jours, à peu près, le Trésor public,
00:50il va sur les marchés pour emprunter.
00:54Si demain, les bons du Trésor français se vendent plus mal,
01:00qu'il y a moins de preneurs,
01:02et que ça déclenche un phénomène de peur parmi les financiers,
01:06là, on rentre dans une zone qui n'est même pas rouge, qui est noire.
01:09Mais je crois que les Français n'ont pas conscience de ça.
01:12Il faut comprendre, attendez, Yohann, il faut comprendre,
01:15les Français le savent, les banquiers y prêtent quand il y a de l'argent.
01:19Quand ils ont le sentiment qu'ils peuvent être remboursés,
01:21au moins sur leurs intérêts, ils continuent à prêter.
01:23Si demain, à cause de la situation de blocage du pays général,
01:28et de cet endettement qui continue,
01:30et de l'augmentation des dépenses permanentes,
01:34le marché dit, ils ne peuvent plus payer,
01:37là, on va vers une crise majeure,
01:39et après, vous aurez le FMI, la Banque mondiale
01:42et les inspecteurs de Bruxelles
01:45qui imposeront au gouvernement français
01:48des mesures qu'il ne prend pas.
01:50Et là, ça sera la vraie rigueur.
01:52Je ne vois pas dans les programmes soi-disant présidentiels.
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