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  • il y a 36 minutes
Il est celui qui a marqué le premier but en or de l'histoire de la Coupe du monde. A la 114ème minute du match France-Paraguay le 28 juin 1998, il avait permis à la France de se qualifier in extremis pour les quarts de finale du Mondial, avant de devenir champion du monde deux semaines plus tard. A la veille du France-Paraguay de ce samedi à Philadelphie, Laurent Blanc, l'ex-numéro 5 des Bleus, est l'invité de Thomas Sotto dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 03 juillet 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est champion du monde de foot, génération 98, et sans lui, la France n'aurait jamais décroché sa première
00:09étoile.
00:09Laurent Blanc est l'invité exceptionnel d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Laurent Blanc.
00:13Bonjour à tous.
00:14On va replanter le décor, Laurent. On est le dimanche 28 juin 98 au stade Bollard-Talence.
00:19Il fait une chaleur étouffante. La France joue son huitième de finale contre le Paraguay.
00:23Et on n'arrive pas à se dépatouiller de cette équipe accrocheuse.
00:26Il y a 0-0, on joue les prolongations, c'est irrespirable.
00:30Et soudain, à la 114ème minute, il se passe ça.
00:34Avec une prise de risque peut-être de pires, il est dans la surface.
00:38Le centre est très agréable. But ! C'est fini !
00:41But de Laurent Blanc !
00:43La France est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du Monde.
00:49La lumière est venue de Laurent Blanc !
00:53La lumière est venue de Laurent Blanc.
00:55Je ne sais pas vous, Laurent, mais moi, ça me fout encore les poils.
00:58Ça vous fait quoi quand vous entendez ça, Thierry Gilardi, ce jour-là ?
01:03Ça fait plaisir.
01:05Ça a été une après-midi chaude, comme vous l'avez dit, en termes de thermomètre.
01:11Mais aussi difficile en termes full-golistique,
01:14parce qu'on n'arrivait pas à faire en sorte que notre domination soit réelle.
01:19Et on n'arrivait pas à marquer ce but-là qui nous permettait de nous qualifier.
01:25Donc ça a été compliqué.
01:27C'après-midi-là, elle a eu une bonne fin, une très bonne fin d'ailleurs.
01:32Mais la journée a été pénible et difficile.
01:35Une journée pénible et difficile.
01:37Et avec un but en or, c'est une règle qui n'existe plus aujourd'hui,
01:40mais qui faisait que la première équipe qui marquait en prolongation était qualifiée.
01:44Il paraît que vous la détestiez, vous, cette règle, Laurent Blanc.
01:46Oui, je trouvais ça un petit peu dur d'encaisser un but
01:51et de ne plus pouvoir revenir au score.
01:54La passe décisive, c'est Trézéguet qui vous l'a fait.
01:56Quand vous levez la tête, que vous le voyez, vous comprenez ce qui va se passer ?
02:00Vous lisez l'action ou pas ?
02:01Oui, oui.
02:02Et quand je vois que le ballon va toucher David Trézéguet et qu'il est dos au but,
02:07je me dis que ce garçon-là, qui est tellement très intelligent dans cette surface de réparation,
02:11il va comprendre qu'il faut qu'il me donne le ballon.
02:13Il faut qu'il me fasse la passe, parce que je suis assez bien démarqué.
02:17Et c'est ce qu'il a fait, c'est ce qu'il a fait.
02:19Sauf que vous, vous n'avez rien à faire là, vous êtes défenseur central.
02:24Ce n'est pas votre place, vous êtes dans la surface normalement.
02:26Oui, mais bon, à ce stade du match, il n'y a qu'une équipe qui attaque, c'est la
02:30nôtre.
02:30Il n'y a qu'une équipe qui défend, c'est le Paraguay.
02:32Et ils ne jouent même plus avec des attaquants.
02:34Donc j'ai dit à Marcel et à Lilian, vous deux, ça suffit amplement.
02:38Ça suffit amplement pour défendre.
02:41Moi, je vais aller faire un petit peu un tour devant là-bas.
02:44Je vais essayer d'être au bon endroit au bon moment
02:47ou de permettre à un de mes coéquipiers de marquer un but.
02:51Parce qu'il nous faut marquer ce but-là.
02:52Marcel et Lilian, c'est évidemment, Marcel de Sailly et Lilian Thuram.
02:55Est-ce que vous avez eu peur pendant le match ?
02:56Est-ce que vous vous êtes dit, oh là là, on ne va jamais y arriver, ça ne va jamais
02:59rentrer ?
03:00Il faut persévérer.
03:02Dans le football, on était dominateurs.
03:04On n'était pas à l'abri d'une contre-attaque.
03:07Mais durant les prolongations, il n'y a pas eu de contre-attaque.
03:09Mais on ne sait jamais.
03:11Bon, vous avez un gardien qui est à un état de grâce.
03:17Il faut éviter d'aller au pénalty.
03:18Parce que s'il continue son état de grâce,
03:20durant les pénaltys, il vous qualifie le Paraguay.
03:24Ce gardien capitaine paragoyen, c'est José-Louis Schilavert.
03:27Vous l'avez revu depuis.
03:29Parce qu'on se souvient de ces images à la fin du match.
03:31Quand vous avez marqué, vous avez qualifié la France
03:32et vous avez éliminé son équipe.
03:34On le voyait relever, ses coéquipiers qui étaient à terre, en larmes.
03:37Allez les gars, restez dignes.
03:38Sacré bonhomme.
03:39Il a été formidable.
03:41Alors, c'est un garçon qui a joué en France.
03:43C'est à Strasbourg, si je ne me trompe pas.
03:45Dans le championnat français.
03:46Et je vais vous dire une anecdote sur Schilavert.
03:49C'est que je ne l'ai jamais revu, sauf une fois.
03:522018, à la Coupe du Monde en Russie.
03:54J'attends l'ascenseur dans le stade de la finale.
03:56Nous venons d'être champions du monde pour la deuxième fois.
04:01et j'attends l'ascenseur pour aller féliciter les joueurs de l'équipe de France.
04:04Et la porte s'ouvre.
04:06Et il n'y a qu'une personne dans l'ascenseur.
04:09Et c'est Schilavert.
04:10Et on se regarde.
04:11Et on se regarde.
04:12On ne se parle pas.
04:13Parce que...
04:14Bon, moi je ne parle pas trop.
04:16Enfin, je ne parle pas trop espagnol.
04:17Et lui, il ne parle pas trop français.
04:19Mais on tombe dans les bras l'un d'un autre.
04:22Parce qu'on se reconnaît mutuellement.
04:23Mais voilà, je ne l'ai jamais plus revu.
04:26Et j'espère le revoir.
04:29J'espère le revoir.
04:29Mais c'est les aléas de la vie.
04:31Je veux dire, par là, c'est comme ça.
04:34Laurent Blanc, cette victoire au forceps,
04:35est-ce qu'elle a eu un rôle particulier dans la construction de la victoire finale ?
04:39Est-ce que c'est le genre de match et d'épreuve qui soudent un groupe ?
04:42Oui.
04:43Oui, parce qu'on en est au huitième de finale.
04:46Et c'est pour ça qu'il y a ce parallèle-là avec la Coupe du Monde 2026.
04:50Parce qu'on est à la même hauteur.
04:52Mais des matchs difficiles dans la dureté, dans l'adversité,
04:58je pense durcit et regroupe vraiment l'équipe.
05:04Nous, ça nous a vraiment mis dans le bon chemin.
05:08Ça nous a fait prendre conscience qu'on pouvait arriver loin dans cette Coupe du Monde.
05:13Et surtout, de confirmer qu'on avait le potentiel pour gagner ce Coupe du Monde.
05:18Parce qu'imaginer qu'on ait eu un mauvais résultat en huitième de finale,
05:22ça aurait été très dur pour la suite.
05:23Vous savez ce qu'a dit Aimé Jacquet après ce match ou pas ?
05:25Oui.
05:26Si les tricolores avaient été sortis à Bollard, j'aurais quitté la France.
05:29Oui.
05:30Il était prêt à le faire.
05:33Donc, ce sera ce match avec élimination directe.
05:36France-Paraguay demain soir.
05:38Est-ce que vous pensez que, quasiment 30 ans plus tard,
05:41ce match peut avoir un goût de revanche pour les Paraguayens ?
05:44Est-ce que ce n'est pas un peu leur séville à eux ?
05:45Un drame absolu, rappelé encore il y a quelques heures la presse paraguayenne.
05:49Oui, je pense que la presse française et la presse paraguayenne
05:53vont trouver des parallèles avec le match qui a eu lieu en 1998.
05:59Je ne sais pas si j'étais allé au Paraguay passer des vacances de plaisir.
06:08Je ne sais pas s'ils m'auraient très bien accueilli les Paraguayens.
06:10Je n'en sais rien.
06:11Mais il vous fait peur ce France-Paraguay version 2026 ?
06:13C'est un match piège ou on lui fait peur ?
06:15Non, il ne faut pas avoir peur.
06:16Il ne faut pas avoir peur.
06:16Il ne faut pas avoir peur.
06:17L'équipe de France ne doit pas avoir peur.
06:20Alors, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas respecter, bien sûr, l'adversaire.
06:23Mais on ne doit pas avoir peur.
06:25Je pense que pour le moment, c'est nos adversaires qui ont peur.
06:29À nous de ne pas être trop confiants, bien sûr.
06:31D'être très efficaces comme on l'a été depuis le début.
06:35Et bien sûr, jouer ce match-là à fond.
06:38Oui, parce qu'aujourd'hui, Laurent Blanc...
06:40Sans réfléchir.
06:41Aujourd'hui, Laurent Blanc, tout le monde dit que l'équipe de Didier Deschamps est irrésistible,
06:45ultra-favorite.
06:45C'est un danger, ça ?
06:46Est-ce qu'on ne risque pas de devenir un peu nos meilleurs ennemis ?
06:50Irrésistible, ce n'est pas le mot qui convient.
06:52C'est quoi ?
06:52Je pense que l'équipe de Didier Deschamps, et moi, je l'ai dit, donc je le confirme.
06:58Avant la compétition, j'ai dit que c'était une très grande équipe, avec un potentiel offensif.
07:03Mais on est favori de la Coupe du Monde ou pas ?
07:05Oui.
07:06Oui ? Bon.
07:08Ça change quoi dans une vie de gagner la Coupe du Monde, Laurent Blanc ?
07:11Ça change votre vie professionnelle et votre vie tout court.
07:16Donc, c'est une très bonne chose.
07:18Très, très bonne chose.
07:19Très agréable, je dirais.
07:20Et marquer un but en Coupe du Monde, c'est vraiment quelque chose de différent ?
07:24On sait que c'est la satisfaction ou la joie la plus intense de marquer un but.
07:29Parce que dans le football, bon, oui, il y a marqué des buts.
07:32Il y en a qui disent, oui, faire des passes décisives.
07:35Sincèrement, je vais vous dire la vérité.
07:37Entre une passe décisive et un but, il n'y a pas photo.
07:41Il n'y a qu'un homme qui était déjà sur la pelouse en 98 et qui sera encore sur
07:44la pelouse demain soir.
07:46C'est Didier Deschamps, évidemment.
07:48Mais qu'est-ce qu'il a de plus ? Qu'est-ce qu'il a de différent ?
07:50C'était déjà le patron à l'époque, Deschamps ?
07:52Oui, oui, oui.
07:53C'était un des patrons, mais c'était un patron, oui.
07:56Ça a toujours été...
07:57Moi, je l'ai rencontré dans les équipes de jeunes, etc.
08:00Donc, c'est quelqu'un qui savait bien analyser les choses.
08:04C'était quelqu'un qui jouait dans le cœur du jeu, comme on dit, c'est-à-dire au milieu
08:07terrain.
08:08Donc, il était dans tous les bons coups, voire les mauvais coups aussi.
08:13En tant qu'entraîneur, il arrive de suite à comprendre les codes du jeu et les codes du match.
08:19Et c'est un plus pour ses joueurs aussi.
08:22A priori, c'est Zinedine Zidane qui va lui succéder à la tête des Bleus après la Coupe du Monde.
08:26Il se murmure qu'il aurait un rôle pour l'ancien gardien des Bleus, Fabien Barthez.
08:30Est-ce qu'il a un truc pour vous ? Il vous a proposé quelque chose ou pas, Zidane ?
08:33Non, non, non. Il n'a pas besoin de prendre beaucoup de monde.
08:38Je pense que c'est un garçon qui a fait ses preuves, au Real de Madrid notamment,
08:44en gagnant trois Champions League d'affilée.
08:46Donc, c'est quand même énorme.
08:49Puisque vous me parlez de Fabien Barthez,
08:51s'il est vrai qu'il rejoigne le staff de Zinedine, j'en serais le plus heureux pour lui.
08:56Vous trouvez que ça serait une bonne idée, vous ?
08:58Ça a été un merveilleux gardien.
08:59Évidemment, on se souvient du bisou que vous lui faisiez sur le crâne à chaque fois, avant chaque match en
09:0498.
09:05Vous le faites toujours quand vous le croisez, Fabien Barthez, le bisou ?
09:07Oui, le seul problème, c'est que maintenant, tous les hommes chauves veulent que j'embrasse leur crâne.
09:12Donc, bon, comme il y en a de plus en plus des chauves, non, je plaisante.
09:17Non, non, c'est un réel plaisir de le voir toujours.
09:19Bon, on termine avec un petit pronostic pour le match de demain soir ?
09:22Alors, un pronostic pas précis, parce que, bon, voilà,
09:27tout peut se passer sur un match de Coupe du Monde, sur un huitième de finale à élimination directe.
09:33Mais je vois sincèrement la France gagner.
09:35Merci beaucoup, Laurent Blanc, d'avoir été avec nous ce matin.
09:38Laurent Blanc, merci pour les émotions.
09:40Merci pour tout.
09:41Vous nous avez offert ce qu'il y a de plus beau dans le sport,
09:43ce qu'on n'oublie pas et qui nous fait toujours sourire presque 30 ans après.
09:46Vous en avez conscience, quand même, de ça ?
09:48Vous avez conscience de ce que vous avez fait ?
09:49Oui, parce qu'il y a beaucoup de gens qui nous témoignent de ce plaisir partagé,
09:52il y a plus de 25 ans.
09:54Merci, en tout cas, et très bonne journée, et bon match, bonne fin de Coupe du Monde.
09:58D'où ça n'est pas ?

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