00:00Europe 1, Christine Kelly et vous ?
00:03La suite à 12h46 sur Europe 1, nous parlons de la montée de la violence chez les mineurs.
00:07Révèle-t-elle aussi une crise de la figure paternelle ?
00:10On en débat avec vos chroniqueurs, Gabriel Cluzel, Karim Maloum et notre invité,
00:15le psychanalyste, docteur en psychologie clinique et membre de l'association lacanienne internationale, Nazir Hamad.
00:21Et vos questions aussi, auditeur de repas.
00:23Oui, Nazir Hamad, c'est puissant ce qu'il est en train de nous dire.
00:25La famille était plus structurée que maintenant, le père et la mère deviennent accessoires.
00:32Je vous redonne la parole d'abord Olivier qui nous appelle d'Occitanie.
00:35Olivier, vous voulez réagir sur cette violence des mineurs et sur l'absence du père dont on parlait.
00:41On vous écoute Olivier.
00:42Tout à fait, bonjour Christine.
00:44Écoutez, je voudrais effectivement intervenir là-dessus parce que je me pose une question.
00:48Alors, si ce n'est pas peut-être une excuse ou encore une énième fois rajoutée de l'irresponsabilité
00:54et ce qui est en train de se passer.
00:56Il y a des parents, voilà, alors des fois des familles monoparentales,
00:59mais je pense que tous les enfants issus de familles monoparentales ne sont pas des délinquants.
01:03Il n'y a pas cette violence extrême comme on trouve aussi,
01:06vous prenez l'affaire de Louis récemment, il y avait des mineurs dedans, des jeunes mineurs.
01:10Donc moi, vous savez, je pense aussi qu'il y a un problème de responsabilité de l'État, très clairement,
01:15parce que l'État ne fait plus peur.
01:17Voilà, il ne donne pas la peur aux enfants maintenant,
01:20parce que la justice pour les mineurs, elle est ridicule,
01:22ni pour les adultes qui commettent des infractions.
01:24Et en fait, on a déresponsabilisé les parents d'une manière générale,
01:27en leur disant « mais ce n'est pas grave, il vient de la quartier des favorisifs,
01:31il vient de ceci, il vient de cela ».
01:32Non, je pense qu'il faut arrêter vraiment.
01:34Vous voyez, moi je suis papa solo, j'ai allé mes trois garçons tout seuls.
01:37Mes garçons vont bien, ils ont été bien éduqués,
01:40ils savent dire « bonjour, merci, au revoir », ça c'est la politesse de base.
01:43Et après, l'instruction qui est à l'école, c'est encore différent.
01:46Mais en tout cas, je pense qu'il faut arrêter de déresponsabiliser tout ça
01:50et de remettre vraiment au centre du débat
01:52le fait que les enfants doivent avoir des limites,
01:55que ce soit une famille monoparentale ou pas.
01:57C'est sûr qu'il y a plus de temps quand il y a les deux parents.
01:59C'est sûr qu'il y a...
02:00Voilà, excusez-moi, je me perds de finir.
02:02Non, non, non, oui.
02:04Vous avez fini, pardon ?
02:05En tout cas, si vous préférez, ce qui est important,
02:08je pense qu'il est important d'éduquer des enfants.
02:12Monoparentale ou pas, une famille peut éduquer des enfants,
02:14il faut mettre des limites, il faut responsabiliser les enfants
02:16pour une justice des mineurs qui soit plus dure,
02:18quand on voit les infractions extrêmement graves qui ont eu lieu récemment,
02:20et aussi qu'on sanctionne les parents.
02:23Merci beaucoup, Olivier.
02:24Voilà, merci à vous.
02:25Voilà, parce qu'il nous reste très peu de temps.
02:27Merci beaucoup pour votre intervention, Olivier,
02:30qui nous a appelé d'Occitanie, qui dit
02:31« On a déresponsabilisé les parents ».
02:33Et il nous reste cinq minutes avant la fin de cette émission,
02:36fin de l'émission de la saison.
02:38Cinq minutes, Gabriel Cusale et Karim Maloum,
02:40je les accorde, je vous donnerai le mot de la fin dans un instant,
02:43à notre invité, Nazir Ahmad, psychanalyste,
02:46pour rebondir sur ce que nous disait notre interlocuteur à l'instant,
02:50« On a déresponsabilisé les parents ».
02:52Est-ce qu'il a raison ?
02:54Parce qu'effectivement, les familles monoparentales,
02:56toutes les familles monoparentales ne font pas des enfants délinquants,
02:59mais la plupart des délinquants sont issus des familles monoparentales.
03:03Non, écoutez, ça ne veut pas dire...
03:07Il ne faut pas se tromper.
03:08Quand on dit une famille monoparentale,
03:12ça ne veut dire pas qu'on a un affaire à une personne isolée.
03:18Vous pouvez être une mère seule,
03:20mais vous êtes entourée par toute une famille.
03:22Tout à fait.
03:23Vous avez des figures parentales,
03:27tout autour de vous,
03:29l'enfant peut se référer à son grand-père,
03:31peut se référer à son oncle,
03:32peut se référer à sa tante.
03:35Il ne faut pas confondre monoparentale avec un isolement.
03:41Non, on a tous des liens sociaux,
03:47on a tous une famille qui nous entoure
03:54et qui est susceptible de prendre aussi cet enfant en charge.
03:59C'est pour cela qu'on dit monoparentale,
04:02il ne faut pas s'arrêter sur l'aspect...
04:05Tout à fait.
04:06Voilà.
04:06Alors, question Nazir Hamad,
04:08vous disiez tout à l'heure,
04:10le père et la mère sont devenus accessoires.
04:13Qu'est-ce que vous entendez par là ?
04:15Vous dites par exemple que lorsque on voit,
04:17et c'est vrai ce que vous dites,
04:18on voit à la sortie de l'école,
04:20plein de baby-sitters,
04:22quasiment jamais les parents,
04:24et ça veut dire que les parents ont disparu
04:26et les parents n'éduquent plus finalement.
04:28Qui éduque les enfants ?
04:29Nazir Hamad, petit califiste.
04:31Écoutez, on n'est pas là pour...
04:34Les parents font ce qu'ils peuvent.
04:36On vous donne une petite bouteille d'eau.
04:38Je vous laisse boire, si vous voulez, un peu ?
04:39Pendant que je laisse Karim Allume réagir,
04:43et Gabriel Kuzel, je vous laisse boire un peu ?
04:45Non ?
04:46Juste pour répondre à ça,
04:47parce que c'est très important ce que vous dites.
04:51Les parents n'ont pas démissionné,
04:53qu'ils soient immersels,
04:55qu'ils soient en famille de recomposé,
04:57tout ça.
04:57Mais ils sont plus ou moins pris
04:59dans un enjeu économique et social,
05:02qui fait qu'ils sont nettement pris,
05:07plus pris qu'avant.
05:10C'est vrai.
05:11Imaginez-vous quand vous travaillez jusqu'à 8h, 9h.
05:14Qui veut prendre vos enfants ?
05:16On a un peu de moteur d'absence.
05:18Alors, Gabriel Kuzel veut réagir.
05:19Elle a 7 enfants, Nazir Hamad.
05:20Non, mais moi, je pense que, de fait,
05:23parce qu'on parle beaucoup du travail des parents
05:27qui les prend beaucoup,
05:28mais parce que la révolution industrielle
05:29et le salariat, vous voyez, je remonte loin,
05:31a propulsé les enfants loin de leurs parents,
05:33et dans un contexte où les familles sont devenues nucléaires,
05:36il n'y a plus l'entourage autrefois.
05:37Même les femmes travaillaient,
05:39les femmes artisans, etc., paysannes,
05:40mais elles étaient près de leur domicile,
05:42et il y avait les grands-parents autour.
05:44Donc, c'est vrai que ça a changé beaucoup la donne.
05:46Maintenant, s'agissant du père,
05:47il ne s'agit pas de stigmatiser les familles modernes parentales.
05:49Je rappelle d'ailleurs qu'après la guerre de 1914,
05:51il y a eu des gens parfaitement élevés,
05:52il y avait tellement de veuves
05:53qu'il les élevait tout seuls.
05:54Mais néanmoins, il faut reconnaître
05:56qu'on a détruit la figure du père.
05:57Moi, quand je vois que le Parti Socialiste,
05:59dans son programme,
06:00il dit « il faut abattre le patriarcat, LFI,
06:03il faut abattre le patriarcat »,
06:04mais le père, ce n'est pas mauvais en soi.
06:07L'autorité d'un père, c'est important.
06:09Je pense qu'en détruisant le père,
06:12peut-être qu'on a voulu détruire Dieu,
06:13parce qu'on parlait de Dieu le père,
06:14c'est détruire la figure d'autorité,
06:16et je crois que notre société en s'ouvre.
06:17Oui, c'est pour cela,
06:21il faut absolument qu'on fasse la part
06:23entre ce qu'on appelle l'autorité
06:26et le pouvoir.
06:28Il y a plusieurs lectures de cela.
06:32L'autorité, c'est une reconnaissance.
06:35C'est-à-dire,
06:36quand je reconnais l'autorité de quelqu'un,
06:38c'est parce qu'effectivement,
06:40c'est quelqu'un qui m'inspire,
06:42c'est quelqu'un qui me donne l'exemple,
06:44c'est quelqu'un qui, auprès de moi,
06:47on dit, quand je dis de quelqu'un,
06:48c'est une autorité.
06:51Qu'est-ce que je suis en train de dire ?
06:53C'est-à-dire, dans la place qu'il occupe,
06:55dans ce qu'il fait,
06:57il m'inspire,
06:58il me donne l'exemple,
06:59il m'aide à réfléchir,
07:01il m'aide à avancer.
07:03C'est sans véritable autorité.
07:06Quand on était enfant,
07:07moi-même quand j'étais enfant,
07:09il y avait plusieurs figures de l'autorité.
07:11Il y avait les petits curés
07:13qui passaient de nous à nos voies.
07:15Il y avait le maître ou la maîtresse
07:18qui avait un rôle social extraordinaire.
07:20Il y avait les médecins.
07:22Il y avait les policiers.
07:24Il y avait tout ça.
07:24Alors Nazir Hamad, on fait quoi maintenant,
07:26aujourd'hui ?
07:26Il n'y a pas d'autorité ?
07:27Maintenant, ce qu'on dit,
07:30moi, ce mot pour un psychanalyste
07:32fait peur quand on dit
07:34qu'il faut faire peur.
07:36Faire peur n'a jamais été éducatif.
07:41C'est un dressage.
07:44Quand j'arrive avec un bâton,
07:46avec tout ça,
07:47je sais comment dresser les gens.
07:50Parce que je peux taper.
07:52Tandis qu'effectivement,
07:54l'autorité est éducative.
07:56Parce que l'autorité est une reconnaissance.
07:59Je reconnais l'autorité de quelqu'un.
08:02Et dans ce sens-là...
08:04Vous êtes en train de nous dire,
08:06Nazir Hamad,
08:06que l'autorité est éducative.
08:08Donc, même une femme peut instaurer
08:10l'autorité dans la famille nucléaire.
08:13Et est-ce que vous reconnaissez ou pas,
08:15parce que beaucoup d'experts le disent,
08:17que l'absence du père,
08:18qui est en général une figure d'autorité,
08:21a détruit la famille,
08:22a détruit la société,
08:23oui ou non,
08:24selon vos psychanalystes ?
08:26Écoutez, en tout cas,
08:28l'enfant trouve une figure paternelle.
08:31Si on la lui trouve ?
08:33Il peut la trouver dans la délinquance ?
08:35Oui, il peut la trouver même dans la délinquance.
08:38Il peut trouver quelqu'un qui l'inspire aussi,
08:43au sens négatif du terme.
08:45Mais une femme,
08:46une mère seule,
08:48qui a une vie sociale normale,
08:51effectivement inscrit son enfant
08:53dans cette vie normale,
08:56sociale normale,
08:57et dans l'entourance de sa mère,
08:59que ce soit la famille,
09:01que ce soit les amis,
09:02elle trouvera des figures paternelles
09:07auxquelles elle peut s'identifier.
09:08Merci beaucoup Nazir Ahmad,
09:10en direct sur Europe 1,
09:11psychanalyse,
09:12qui nous a dit que la famille
09:13était plus structurée avant,
09:16que maintenant,
09:17que le père et la mère
09:18deviennent accessoires aujourd'hui,
09:20qu'il ne faut pas confondre
09:21autorité et pouvoir,
09:22et que l'autorité est éducative.
09:25Merci infiniment Nazir Ahmad
09:26d'avoir été notre invité.
09:2810 secondes pour la fin de cette émission,
09:29Karim Maloum,
09:30ensuite Gabriel Kuzel.
09:3210 secondes.
09:3210 secondes seulement.
09:3210 secondes, l'autorité,
09:34ça commence avec les parents,
09:35quand ils sont défaillants,
09:37et bien,
09:38dans la société,
09:39on ne respecte pas le policier,
09:40l'instituteur,
09:40on ne respecte pas la justice.
09:42Au fait aussi.
09:43Bon, on a fini.
09:45Gabriel Kuzel,
09:46on a fini.
09:48J'ai dit 10 secondes,
09:49Karim Maloum.
09:50Je voulais vous remercier
09:50pour cette émission très intéressante
09:51et pour toutes les émissions de cette saison.
09:53Merci Christy.
09:54Bonjour,
09:55Clélie Mathias,
09:56ça va ?
09:57Oui, ça va bien.
09:58C'est pas le programme aujourd'hui.
09:59On va notamment revenir sur les scènes de chaos
10:02qu'on a vues ce matin dans les magasins Lidl
10:03à cause des ventilateurs,
10:05des climatiseurs.
10:06Vive la France.
10:07Merci à tous pour cette saison.
10:09Merci Christy.
10:09Je vous aime,
10:10je vous aime,
10:11à bientôt.
10:11On vous retrouve les 20 secondes.
10:13Bonne vacance,
10:14Christine.
10:14Bonne vacance,
10:15Christine.
10:15Merci beaucoup pour cette saison.
10:17Bon,
10:17ce soir,
10:17c'est une news.
10:18C'est une news aussi.
10:22Cachez votre joie.
10:23C'était Christine Kelly sur Europe 1.
10:25Demain,
10:25vous retrouvez Charles Lillier
10:27dans 11h30 à 13h sur Europe 1.
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