00:00Et alors si on vous a réunis toutes les deux ce matin, Daniela Lambroso et Lodi Frégé,
00:04c'est parce que vous nous proposez chacune finalement une balade dans l'histoire de la chanson française.
00:09Il y a l'idée que notre chanson française doit rester toujours vivante, ça je sais que vous y tenez
00:14particulièrement.
00:15Elle se porte comment d'ailleurs pour vous, la variété française aujourd'hui, Daniela Lambroso ?
00:20Moi je trouve qu'elle se porte très bien, qu'il y a des artistes extraordinaires, qu'il y a
00:23une création qui est formidable.
00:25Encore aujourd'hui, oui.
00:26En revanche, ce qui se porte un petit peu moins bien, ce sont les vitrines pour montrer tout ça.
00:31C'est-à-dire que les gens doivent un peu aller les chercher, parce que vous avez votre algorithme qui
00:35vous amène un peu toujours la même chose.
00:36Et que c'est difficile aujourd'hui pour quelqu'un de faire des découvertes, parce qu'il n'y a
00:41plus vraiment de médiateur,
00:43ce qu'on a pu faire nous pendant des années.
00:46Et donc c'est plus difficile aujourd'hui, et à la fois plus facile, parce que tout à coup vous
00:50avez quelqu'un qui peut percer sur les réseaux.
00:53Et donc il n'y a absolument pas besoin, et là c'est bien d'intermédiaires qui auraient pu le
00:58transformer, changer, comme on le faisait dans les années 60, son nom ou sa façon de chanter.
01:04Mais en même temps, voilà, elle existe, elle est là, ça ne change pas.
01:07Mais ce qui change, c'est les moyens de la connaître.
01:09Vous le ressentez ça aussi, Élodie Frégé, même la difficulté, même pour une artiste confirmée comme vous, de proposer encore...
01:16Est-ce qu'on n'est jamais confirmé ?
01:18J'enlève ce casque définitivement.
01:21Ouais, ouais, non, non, mais je le ressens effectivement, et cette histoire d'algorithme, c'est vrai, c'est terrible,
01:27parce que ça dirige...
01:29Il faut être curieux en fait, il faut aller chercher, il faut...
01:32Sortir de sa bulle quoi.
01:33Exactement, ouais, et puis aller dans les festivals, aller chez les disquaires, enfin moi j'ai très peur pour les
01:40disquaires à Paris par exemple,
01:41qui souvent ont des pépites, et qu'on laisse tomber, qui petit à petit perdent de leur rayonnement, et c
01:48'est très important.
01:49Et alors la belle histoire de la chanson française, Daniela Lambroso, vous nous la racontez, vous la commencez notamment avec
01:55l'une des chansons les plus reprises au monde.
02:00Forcément !
02:03Ça s'est fait entièrement à la bouche, il faut le savoir.
02:05Même les violons derrière !
02:07Et c'est elle qui les fait en même temps qu'elle chante.
02:10Et ça c'est quand même l'exemple parfait, l'hymne à l'amour d'Edith Piaf.
02:13C'est un peu le commencement de la chanson française qu'on connaît aujourd'hui, et qu'on continue à
02:18entendre aujourd'hui,
02:19puisque c'est vrai que même un enfant de 4 ans connaît les chansons de Piaf,
02:22mais vous allez voir, en regardant le documentaire demain soir, c'est que, en fait,
02:27toutes les chansons qui passent pendant 2 heures, on les connaît tous.
02:30C'est-à-dire que c'est hyper fédérateur, parce qu'il y a toute une époque de la chanson
02:36française qui a été transmise encore aujourd'hui.
02:39Et donc, que ce soit du Dassin, du Delpech, du Dalida, du Berger, du Goldman, au Bispo, Julien Clerc,
02:46enfin, c'est impressionnant, parce que, en fait, n'importe qui qui regarde le documentaire chante du début jusqu'à
02:53la fin,
02:54tellement c'est un plaisir de retrouver toutes ces chansons qu'on partage.
02:57Parce qu'en fait, ça aussi, c'est une chose qui est importante pour la chanson d'aujourd'hui,
03:01c'est qu'on la partage moins qu'auparavant, puisqu'il y a beaucoup, beaucoup d'endroits où elle est
03:06diffusée et chacun a sa propre écoute.
03:09Et du coup, il y a moins de communs, en fait.
03:11Il y a des gens qui vont écouter que de l'Urbain, d'autres qui vont écouter que autre chose,
03:14enfin bref.
03:15Et donc ça, l'avantage de cette chanson que nous, on a choisi de raconter,
03:19qui part des années 50 et qui va jusqu'aux années 80, c'est qu'on la partage.
03:25Et alors, c'est Charles Aznavour qui disait carrément que la chanson française, c'était un pléonasme.
03:30Oui, il disait la chanson est française, en fait.
03:32Parce qu'aucun auteur au monde n'a écrit comme nos auteurs à nous.
03:37Mais c'est vrai ça, vous pensez vraiment qu'on a les meilleurs auteurs, compositeurs en France ?
03:41Je pense qu'on a une tradition de la chanson de gestes qui remonte très loin et de la poésie.
03:46Et la langue aussi.
03:46Et si vous regardez les Brassens et tout ça, ils reprenaient aussi Paul Valéry ou Apollinaire.
03:51C'est-à-dire qu'en fait, on a cette tradition de la poésie qui s'est transformée en chanson,
03:56en fait.
03:56Et donc, notre chanson, elle est particulièrement, oui, poétique, souvent.
04:02Pas tout le temps.
04:03Et alors, il y a un très bel exemple là-dedans.
04:05C'est évidemment Michel Berger qui en est un parfait exemple.
04:08Et l'audi Frégé, il a une manière unique, vraiment, Michel Berger, notamment de parler de l'intime.
04:13C'est quelque chose de très touchant, ça chez lui.
04:15Je ne sais pas si on a fait plus fort, d'ailleurs, que Michel Berger dans ce domaine.
04:18Oh bah, chacun est fort à sa manière.
04:21Mais lui, en plus d'être un virtuose en tant que compositeur, c'est un virtuose des mots.
04:29Dire les choses simplement, aller dans l'intime et réussir à accrocher les gens.
04:34Parce que chacun peut se retrouver dans une chanson de Michel Berger, en fait.
04:38Je pense qu'on a tous dans notre vie une chanson qui va nous...
04:40Ça va tirer un fil dans nos tripes.
04:44Et cette chanson, elle a été écrite pour moi.
04:46Une chanson que j'ai choisie pour le spectacle, là, dans Berger Story,
04:50qui, j'ai l'impression, me colle un peu, qui s'appelle Pour me comprendre.
04:55Et cette chanson-là, j'ai l'impression, à chaque fois que je commence Pour me comprendre,
04:58je me dis, mais c'est à moi cette chanson, en fait.
05:01C'est la mienne.
05:02Pour me comprendre, il faudrait savoir le décor de mon enfance.
05:14Le souffle de mon frère qui dort, la résonance.
05:19On sent l'émotion dans sa voix, je trouve, sur cette chanson.
05:22Je ne sais pas si c'est passé en studio, mais...
05:23Il est un interprète génial aussi.
05:24Oui, et pourtant, il disait que ce n'était pas le plus grand interprète.
05:28Et c'est pour ça qu'il a beaucoup fait chanter les autres aussi.
05:30Mais moi, je trouve que sa manière de chanter, de prononcer aussi, il avait un phrasé très particulier.
05:34Et c'est vrai qu'il faut aller écouter les chansons de Michel Berger, en dehors des grands tubes qu
05:37'on connaît aussi.
05:38Parce que, par exemple, moi j'ai découvert une chanson qui s'appelle, je crois, la petite planète bleue,
05:42ou la planète bleue, et qui est sublime sur la Terre.
05:46Et alors, Elodie Frégé, vous allez donc chanter avec les choristes du Chœur Spectacular,
05:51avec leur spectacle Berger Story, qui reprend toutes ces plus belles chansons de Michel Berger.
05:55Il y a combien de choristes avec vous sur scène ?
05:57Alors, ça dépend des lieux.
05:59On a commencé par le Théâtre Antique d'Orange, où il y avait 2000 choristes.
06:03Wow !
06:042000 choristes et 6500 personnes en face de nous.
06:08Et moins nombreux à Bolino, quand même, j'imagine.
06:09Ouais, non, non, on n'a pas réussi à tous les faire rentrer en police.
06:13Non, à Bobino, c'est 200.
06:14Il y a d'autres salles où ce sera 300.
06:17Enfin, voilà, ça change.
06:19Mais c'est vrai que c'était très impressionnant.
06:20Orange, je garderai un souvenir impérissable de ce moment,
06:27parce que vraiment la force, la puissance des chœurs,
06:30qui tout à coup, ça nous bouscule même.
06:34Ça atteint quelque chose de vraiment profond, presque ancestral.
06:37J'ai l'impression d'être au milieu d'une cérémonie chamanique.
06:41C'est une expérience.
06:43Ouais, c'est une expérience.
06:44Et si on se laisse aller à la vibration,
06:47on peut revivre des vies passées.
06:50Et bien, allez vivre cette expérience.
06:52Donc, Berger Stories, c'est au Théâtre Bobino.
06:54Ça, ce sera jusqu'au 5 juillet.
06:55Et puis, un petit peu partout dans la France.
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