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  • il y a 10 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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00:00Europe 1, Christine Kelly et vous ?
00:01Il est 11h46 sur Europe 1, la suite de Christine Kelly et vous sur Europe 1 après le meurtre de
00:07Louis, harcèlement, meurtre, prostitution, à l'aide sociale à l'enfance.
00:10C'est cette question, l'État est-il responsable de ces violences ?
00:15On en parle avec vos invités, maître Christine Serrada, avocate référente de l'association L'enfance au cœur et auteur
00:21du livre
00:21Placement abusif d'enfants, une justice sous influence.
00:25Et nous avons en ligne Jean-Claude Giannotta, président de l'association Uni pour nos enfants.
00:30Oui, je prends Jean-Claude Giannotta dans un instant, restez en ligne, toujours je vous prends dans un instant, je
00:35vais relancer peut-être maître Christine Serrada
00:38parce que ce que vous avez dit il y a quelques instants nous stupéfait, c'est-à-dire qu'on
00:42est en train de se plonger sur l'aide sociale à l'enfance qui est défaillante.
00:46On l'a vu comment ce système est complètement défaillant, violence, proxénétisme, narcotrafic, on voit comment Louis a été lynché.
00:55On a entendu l'attente de Louis en exclusivité hier sur Europe 1 nous raconter comment Louis a été harcelé
01:02sans pour autant que les parents aient été informés,
01:05sans pour autant que la plainte qu'il a posée le 11 mai a été dévoilée aux parents.
01:12Et Christine Serrada, maître Christine Serrada nous explique comment des enfants bien traités se retrouvent à l'aide sociale à
01:18l'enfance.
01:19Donnez-nous des exemples.
01:21Tout n'importe quoi peut mener au placement, c'est bien là le problème.
01:23Par exemple des parents qui vont dire à une guéristrice d'école que l'enfant est harcelé à l'école,
01:29qui vont peut-être être un petit peu trop insistants, un petit peu critiques,
01:32ils vont avoir en retour une information préoccupante, voire un signalement en disant que ces parents sont trop anxieux,
01:39qu'ils sont harcelants vis-à-vis eux-mêmes de l'école.
01:42Et il y aura une information préoccupante, une évaluation.
01:46L'évaluation, ce sont les services sociaux qui viennent faire une enquête sur la famille, sur les faits, etc.
01:51Les parents ne vont pas forcément faire bon accueil aux services sociaux,
01:54ne vont pas comprendre cette intrusion dans leur vie.
01:57Eh bien les parents vont finalement donner du grain à moudre, bien malgré eux, à l'évaluation et l'enquête
02:03qui est faite.
02:04Et ça peut être transmis au judiciaire.
02:05À partir du moment où c'est transmis au judiciaire, le risque zéro du placement n'existe pas.
02:09Il y a également des familles monoparentales, beaucoup de mamans qui donnent l'impression peut-être quelquefois d'être fragiles
02:16ou d'être un petit peu isolées.
02:17Et ça peut entraîner une enquête des services sociaux et potentiellement un placement.
02:21Nous avons actuellement énormément de femmes qui ont recours par exemple à la PMA
02:26et qui vont se retrouver avec des bébés qui sont enlevés à la maternité parce qu'on les trouve fragiles
02:31ou un petit peu isolés et l'enfant est placé en pouponnière et ça dure et ça dure.
02:36Et pour récupérer les enfants placés, c'est extrêmement difficile parce qu'on peut vous opposer le fait
02:41que les enfants ne se développent pas trop trop mal en placement et qu'ils devraient y rester.
02:45L'entrée dans le placement peut être n'importe quoi.
02:48Un enfant qui va avoir une parole naïve à l'école pour dire voilà avec papa, on était tout nu
02:52dans le lit.
02:53Ça peut suffire à ce que le père aille à l'école à 4h30 pour récupérer l'enfant.
02:57L'enfant n'y est plus parce qu'il a fait l'objet d'une OPP, c'est-à-dire
03:00une ordonnance de placement.
03:01Et l'enfant est placé. Nous avons eu des cas tellement abracadabrantesques que je ne pense pas que le public
03:07pourrait le croire.
03:08Car si vous faisiez un micro-trottoir en disant quels sont les enfants placés, on vous dirait que ce sont
03:12les enfants qui sont victimes de coups et de véritables bourreaux.
03:15Et vous savez, Maître Christine Serrada, dans l'affaire de Louis, c'est incroyable la violence avec laquelle on s
03:21'est retourné contre les parents.
03:23La rapidité avec laquelle on s'est retourné. Alors on ne connaît pas, mais un peu de retenue par rapport
03:28à ceux qui ont accusé tout de suite les parents.
03:30Les parents font vraiment l'objet en France d'un véritable bashing.
03:34Il y a vraiment cette idéologie que l'État est un meilleur parent.
03:38Et je pense que la valeur famille est véritablement en déclin en France, ce qui est extrêmement grave.
03:44Et qu'on oppose finalement aux liens familiaux la possibilité d'être élevée par des tiers, famille d'accueil, foyer.
03:51Et ça, c'est une idéologie qui va nous conduire à quoi ?
03:53Sachant que dans la commission sur le fonctionnement de l'ASE, on a dit que la France était le pays
03:59qui plaçait le plus.
04:00C'est-à-dire que le recours à des solutions alternatives est extrêmement rare.
04:05Et il y a donc des enfants en France qui sont pour des raisons complètement stupides en placement et qui
04:10voient leurs parents une heure et demie par mois.
04:12Ce qui fait que ces enfants-là, qu'à l'avenir auront-ils ?
04:14Une déstructuration complète, une disqualification des parents absolument épouvantable, une perte de confiance dans l'adulte.
04:21Et un parcours extrêmement chaotique les attend, alors que tout ça pouvait être parfaitement évité.
04:26Puisque comme vous le savez, l'IGAS, des affaires sociales, c'est une direction, avait dit il y a déjà
04:31dix ans,
04:31qu'un placement sur deux pouvait être évitable, alors qu'en réalité, depuis cette époque-là, le nombre de placements
04:37a littéralement explosé.
04:40Maître Christine Serrada, sur Europe 1, avocate, référente de l'association L'Enfance au cœur, auteur du livre
04:47Placement abusif d'enfants, une justice sous influence aux éditions Michalon.
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