00:00Europe 1, Christine Kelly et vous ?
00:01Il est 11h46 sur Europe 1, la suite de Christine Kelly et vous sur Europe 1 après le meurtre de
00:07Louis, harcèlement, meurtre, prostitution, à l'aide sociale à l'enfance.
00:10C'est cette question, l'État est-il responsable de ces violences ?
00:15On en parle avec vos invités, maître Christine Serrada, avocate référente de l'association L'enfance au cœur et auteur
00:21du livre
00:21Placement abusif d'enfants, une justice sous influence.
00:25Et nous avons en ligne Jean-Claude Giannotta, président de l'association Uni pour nos enfants.
00:30Oui, je prends Jean-Claude Giannotta dans un instant, restez en ligne, toujours je vous prends dans un instant, je
00:35vais relancer peut-être maître Christine Serrada
00:38parce que ce que vous avez dit il y a quelques instants nous stupéfait, c'est-à-dire qu'on
00:42est en train de se plonger sur l'aide sociale à l'enfance qui est défaillante.
00:46On l'a vu comment ce système est complètement défaillant, violence, proxénétisme, narcotrafic, on voit comment Louis a été lynché.
00:55On a entendu l'attente de Louis en exclusivité hier sur Europe 1 nous raconter comment Louis a été harcelé
01:02sans pour autant que les parents aient été informés,
01:05sans pour autant que la plainte qu'il a posée le 11 mai a été dévoilée aux parents.
01:12Et Christine Serrada, maître Christine Serrada nous explique comment des enfants bien traités se retrouvent à l'aide sociale à
01:18l'enfance.
01:19Donnez-nous des exemples.
01:21Tout n'importe quoi peut mener au placement, c'est bien là le problème.
01:23Par exemple des parents qui vont dire à une guéristrice d'école que l'enfant est harcelé à l'école,
01:29qui vont peut-être être un petit peu trop insistants, un petit peu critiques,
01:32ils vont avoir en retour une information préoccupante, voire un signalement en disant que ces parents sont trop anxieux,
01:39qu'ils sont harcelants vis-à-vis eux-mêmes de l'école.
01:42Et il y aura une information préoccupante, une évaluation.
01:46L'évaluation, ce sont les services sociaux qui viennent faire une enquête sur la famille, sur les faits, etc.
01:51Les parents ne vont pas forcément faire bon accueil aux services sociaux,
01:54ne vont pas comprendre cette intrusion dans leur vie.
01:57Eh bien les parents vont finalement donner du grain à moudre, bien malgré eux, à l'évaluation et l'enquête
02:03qui est faite.
02:04Et ça peut être transmis au judiciaire.
02:05À partir du moment où c'est transmis au judiciaire, le risque zéro du placement n'existe pas.
02:09Il y a également des familles monoparentales, beaucoup de mamans qui donnent l'impression peut-être quelquefois d'être fragiles
02:16ou d'être un petit peu isolées.
02:17Et ça peut entraîner une enquête des services sociaux et potentiellement un placement.
02:21Nous avons actuellement énormément de femmes qui ont recours par exemple à la PMA
02:26et qui vont se retrouver avec des bébés qui sont enlevés à la maternité parce qu'on les trouve fragiles
02:31ou un petit peu isolés et l'enfant est placé en pouponnière et ça dure et ça dure.
02:36Et pour récupérer les enfants placés, c'est extrêmement difficile parce qu'on peut vous opposer le fait
02:41que les enfants ne se développent pas trop trop mal en placement et qu'ils devraient y rester.
02:45L'entrée dans le placement peut être n'importe quoi.
02:48Un enfant qui va avoir une parole naïve à l'école pour dire voilà avec papa, on était tout nu
02:52dans le lit.
02:53Ça peut suffire à ce que le père aille à l'école à 4h30 pour récupérer l'enfant.
02:57L'enfant n'y est plus parce qu'il a fait l'objet d'une OPP, c'est-à-dire
03:00une ordonnance de placement.
03:01Et l'enfant est placé. Nous avons eu des cas tellement abracadabrantesques que je ne pense pas que le public
03:07pourrait le croire.
03:08Car si vous faisiez un micro-trottoir en disant quels sont les enfants placés, on vous dirait que ce sont
03:12les enfants qui sont victimes de coups et de véritables bourreaux.
03:15Et vous savez, Maître Christine Serrada, dans l'affaire de Louis, c'est incroyable la violence avec laquelle on s
03:21'est retourné contre les parents.
03:23La rapidité avec laquelle on s'est retourné. Alors on ne connaît pas, mais un peu de retenue par rapport
03:28à ceux qui ont accusé tout de suite les parents.
03:30Les parents font vraiment l'objet en France d'un véritable bashing.
03:34Il y a vraiment cette idéologie que l'État est un meilleur parent.
03:38Et je pense que la valeur famille est véritablement en déclin en France, ce qui est extrêmement grave.
03:44Et qu'on oppose finalement aux liens familiaux la possibilité d'être élevée par des tiers, famille d'accueil, foyer.
03:51Et ça, c'est une idéologie qui va nous conduire à quoi ?
03:53Sachant que dans la commission sur le fonctionnement de l'ASE, on a dit que la France était le pays
03:59qui plaçait le plus.
04:00C'est-à-dire que le recours à des solutions alternatives est extrêmement rare.
04:05Et il y a donc des enfants en France qui sont pour des raisons complètement stupides en placement et qui
04:10voient leurs parents une heure et demie par mois.
04:12Ce qui fait que ces enfants-là, qu'à l'avenir auront-ils ?
04:14Une déstructuration complète, une disqualification des parents absolument épouvantable, une perte de confiance dans l'adulte.
04:21Et un parcours extrêmement chaotique les attend, alors que tout ça pouvait être parfaitement évité.
04:26Puisque comme vous le savez, l'IGAS, des affaires sociales, c'est une direction, avait dit il y a déjà
04:31dix ans,
04:31qu'un placement sur deux pouvait être évitable, alors qu'en réalité, depuis cette époque-là, le nombre de placements
04:37a littéralement explosé.
04:40Maître Christine Serrada, sur Europe 1, avocate, référente de l'association L'Enfance au cœur, auteur du livre
04:47Placement abusif d'enfants, une justice sous influence aux éditions Michalon.
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