00:00Laurence Ferrari
00:02Et notre invité dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Bruno Retailleau.
00:05Bonjour à vous.
00:06Bonjour Laurence Ferrari.
00:07Bienvenue président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle.
00:10Justement, Bruno Retailleau, on connaît les dates de l'élection présidentielle.
00:1318 avril 2 mai 2027, un second tour donc au lendemain du 1er mai
00:19où la gauche manifeste massivement dans les rues de façon traditionnelle.
00:23Est-ce que c'est pour vous une façon de contourner la loi du silence électoral qui prévaut ?
00:28Ce choix des dates, puisqu'il y avait deux choix, nous avons été consultés en début de semaine
00:33au ministère de l'Intérieur, ce choix n'est pas neutre.
00:36Et vous avez raison de le souligner.
00:38Moi je m'inscris totalement contre ce choix-là, qui n'est pas normal
00:43parce qu'il y a une grande règle pour les élections, c'est qu'on termine la campagne à minuit
00:49qui précède le premier ou le deuxième tour, le second tour, à minuit le vendredi.
00:54Donc évidemment, le 1er mai ce sera le samedi.
00:56Qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position,
01:01il n'y aura aucun écho politique.
01:03Donc première chose, ça, ça n'est pas normal.
01:06Je pense qu'il peut y avoir aussi une stratégie du chaos, parce que imaginez...
01:11Vous voulez par Emmanuel Macron, Bruno Retailleau ?
01:12Oui, sans doute, parce qu'on voit bien que le 1er mai aujourd'hui,
01:17il y a peu de 1er mai qui se passent calmement.
01:19Donc il y a toujours une montée en pression et avec parfois des débordements.
01:24Vous imaginez la veille d'un second tour ?
01:26J'espère que ce ne sera pas un second tour avec les deux ailes radicales.
01:29Mais on voit bien que, de toute façon, la gauche, dans cette réunion,
01:33ce que mon collaborateur qui assistait à cette réunion m'a rapporté,
01:36c'est que le choix de la gauche, c'était le choix qu'ont fait mon successeur Laurent Dunez
01:41et le président Emmanuel Macron.
01:43Une fois de plus, ce gouvernement a obtempéré.
01:46Et le choix du gouvernement, ça a été le choix de la gauche,
01:49parce que la gauche pense qu'une second tour, après le 1er mai,
01:53eh bien, ça l'avantagera.
01:55Eh bien, moi, je m'inscris en faux.
01:56Je veux dire ma colère ce matin.
01:58Ce choix n'est pas un choix neutre.
02:01Ça n'est pas normal sur le plan démocratique.
02:03Ça, je crois qu'on ne pourra pas changer.
02:04C'est la décision du président de la République, de toute façon.
02:06C'est à la discrétion du président de la République.
02:09Mais à quoi bon nous avoir réunis ?
02:11Si c'était à mon avis, depuis le départ, il voulait ce choix,
02:14mais qui est encore un choix qui enfreint un certain nombre de règles démocratiques
02:18pour que le scrutin se passe bien, de façon à la fois apaisée
02:22et en respectant les règles électorales habituelles.
02:24Si jamais, d'aventure, il y avait ou un candidat RN ou un candidat de droite
02:28que vous incarneriez, il y aurait des manifestations, des mobilisations,
02:32justement, pour dénoncer l'arrivée de la droite éventuellement au pouvoir.
02:35Mais c'est un appel à ce genre de comportement.
02:38Voilà, dans la rue, la veille d'une élection.
02:40Est-ce qu'on veut une démocratie apaisée, avec une conversation civique,
02:44des échanges d'arguments, ou est-ce qu'on veut autre chose ?
02:47On veut la violence ? On ne s'y prendrait pas mieux.