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David Lisnard, candidat à l'élection présidentielle de 2027, président des maires de France et maire de Cannes, était l'invité du Face-à-Face de ce mercredi 1er juillet sur BFMTV et RMC. Il a été interrogé notamment sur la gestion de la canicule par le gouvernement, sur les impôts ou encore sur l'élection présidentielle de 2027. 

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00:00Il est 8h28 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour David Lissnard.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être à mon micro pour répondre à mes questions ce matin.
00:06Vous êtes le maire de Cannes, vous êtes président de l'Association des maires de France
00:10et vous êtes candidat à l'élection présidentielle.
00:13Très nombreuses questions à vous poser, notamment sur ce qui s'est passé sur le terrain
00:16pendant la canicule qui vient de s'achever, mais vous êtes encore en alerte d'ailleurs dans le sud-est,
00:21alerte orange, et les fortes chaleurs qui arrivent, les maires qui ont été en première ligne face aux difficultés.
00:27Mais je voudrais d'abord qu'on revienne sur ce qu'il se passe à partir d'aujourd'hui.
00:31On vient de l'apprendre, c'est d'ailleurs nos confrères du Canard Enchaîné qui l'ont découvert.
00:35Il y a un vide juridique qui fait qu'à partir d'aujourd'hui, 1er juillet, les mineurs auteurs de
00:42crimes,
00:42on parle de crimes, les mineurs auteurs de crimes ne pourront plus rester en détention préventive.
00:48C'est un vide juridique qui n'a pas été comblé et c'est une absurdité, j'allais dire, de
00:54plus dans le système.
00:55Et les magistrats qui se disent très inquiets.
00:56Oui, vous avez répondu dans votre question, c'est la énième expression d'un système à bout de souffle
01:03qui manque totalement de bon sens, je sais que cette expression vous fait réagir à chaque fois,
01:07mais qui manque totalement de bon sens et qui prolonge l'impuissance publique.
01:13La crise de notre démocratie, c'est une crise avant tout de l'impuissance publique,
01:17plus que de la représentation, longtemps que je l'ai dit,
01:19et qui vient de failles juridiques énormes, mais surtout ensuite de carences dans l'exécution des choses.
01:24Les magistrats ont raison de souligner cette carence juridique, donc politique.
01:29Les politiques dénonçaient il y a quelque temps l'impuissance de l'exécution par les magistrats.
01:34On est au bout de tout cela.
01:35Et ce qui est quand même fou là-dedans, c'est qu'on assiste au soubresaut d'un système qui
01:42est à l'agonie.
01:44Et face à cela, on a toujours des réponses moyennes, médiocres, intermédiaires.
01:49Donc oui, il faut revoir le code pénal des mineurs.
01:51Ça fait des années qu'on le dit, Alexandra Martin, députée, a déposé des propositions à la matière à plusieurs
01:55reprises.
01:56Oui, il faut sortir des postures de grandes annonces avec des trémolos dans la voix dès qu'il y a
02:01un drame.
02:01Et puis en fait, il n'y a aucun suivi.
02:04Mais là, on n'est même pas là.
02:05C'est-à-dire qu'on n'en est même pas à la question, effectivement, de savoir s'il faut
02:09revoir ou pas le code des mineurs.
02:10Là, le Conseil constitutionnel avait donné un an, plus d'un an d'ailleurs, au gouvernement pour corriger la loi
02:15sur la détention provisoire des mineurs criminels
02:17pour que ce soit en accord avec la Constitution.
02:19Ils avaient jusqu'au 1er juillet, c'est-à-dire aujourd'hui, ce texte n'ayant pas été mis en
02:24conformité.
02:25On se retrouve avec concrètement des mineurs incarcérés pour des motifs de crime qui ont entre 16 et 18 ans
02:32qui vont être libérés techniquement, mécaniquement.
02:36Mécaniquement. Alors déjà que beaucoup étaient déjà libérés dans la pratique,
02:39puisqu'on arrête souvent les mêmes qui sont impliqués pénalement dans des délits, voire dans des crimes.
02:48C'est une réalité dans l'exécution des choses.
02:51Là, oui, à part commenter cette impuissance publique et dire qu'il faut changer cela,
02:55que l'exécution, la vie politique, ça doit être comme dans le monde réel,
03:00comme ce que l'on vit dans nos entreprises, comme ce que l'on vit dans nos familles.
03:02C'est-à-dire prendre des décisions, les suivre, rendre des comptes, dire là il y a une difficulté,
03:06là on va y arriver, mais ce n'est pas comme ça.
03:08On a une suite d'annonces, de réactions émotionnelles.
03:11Donc on a eu la canicule, on aura les incendies bientôt, on aura autre chose.
03:16Et à chaque fois, on sera en réaction de communication et d'annonces et aucun suivi.
03:19C'est une de mes motivations, c'est-à-dire que toutes ces absurdités qu'on constate sur le terrain,
03:23que je constate comme maire, que j'ai constaté en entreprise.
03:26Hier, j'ai eu un comité directeur avec tous les présidents des maires des départements,
03:30qui sont souvent des maires de la ruralité, etc.
03:33On ne cesse de recenser les contradictions, les difficultés que l'on affronte,
03:38que vous dire.
03:39Moi, je ne veux pas rester dans le commentaire, c'est pour ça que je propose un projet
03:42qui permettra de retrouver la maîtrise de l'exécution des choses.
03:45On va y venir parce qu'il y a un certain nombre de difficultés auxquelles vous êtes confrontés.
03:49Les maires sont confrontés, notamment face à la canicule et à la question de l'adaptation au réchauffement climatique.
03:55Mais si l'on reste sur cette question des mineurs, vous l'avez sans doute vu,
03:58la maman de Rosa, Rosa c'est cette petite fille qui avait porté plainte pour viol contre Jérôme Barrella,
04:05plusieurs mois avant le drame de Liana, sans que sa plainte n'ait été suffisamment prise au sérieux,
04:12sans qu'il n'y ait la moindre conséquence. Elle porte plainte, cette maman, non seulement contre l'État,
04:17pour ne pas avoir su protéger, mais également contre le ministre de la Justice lui-même.
04:22On en est là ?
04:23Oui, manifestement on en est là, mais écoutez ce que dit la mère d'Elias.
04:29Elle a perdu son fils, on est tous parents, elle a perdu son fils par deux individus
04:35qui étaient mis en cause dans 19 faits de violences, de délinquances armées.
04:41Son fils est mort et il n'y avait jamais de sanctions.
04:44Donc c'est un problème à la fois de droit, mais il faut revoir le code pénal des mineurs,
04:48ça c'est une évidence, c'est un problème d'exécution des choses.
04:51Dans le pays qui a le record du monde de la dépense publique et des prélèvements obligatoires,
04:54on n'est pas foutu d'avoir des centres éducatifs fermés qui soient vraiment éducatifs et vraiment fermés.
04:58Il y a une espèce de mièverie depuis des années.
05:00Donc on est face à une exigence de renversement complet de la façon dont on appréhende le pénal en France.
05:05Une question aussi sur ce qu'a dit Emmanuel Macron hier soir à propos de la peine de mort.
05:10On avait entendu notamment lors du forum mené par Maxime Switek sur BFM TV,
05:14certains parents qui, face au sentiment que la justice ne faisait plus son boulot,
05:19pouvaient avoir la tentation de se faire justice eux-mêmes.
05:23Et Emmanuel Macron hier qui dit à propos de la peine de mort,
05:27rien n'est jamais acquis et il faut être extrêmement vigilant sur ce point.
05:32Est-ce que vous vous dites qu'il peut y avoir une tentation de retour de la peine de mort
05:36chez certains Français ?
05:37Il y a une tentation de retour de la peine de mort, il peut y avoir une dérive autoritariste,
05:41mais le problème c'est parce qu'il n'y a plus d'autorité.
05:44C'est-à-dire que le seul paravent, la seule façon de se protéger face à un retour d'un
05:48autoritarisme excessif,
05:49c'est d'être efficace dans l'exécution des choses.
05:51C'est pour ça qu'il faut proposer une alternative politique à ces décennies et ces dernières années,
05:56notamment d'impuissance publique, de théâtre.
05:58Le problème du président de la République d'Emmanuel Macron, c'est qu'il détourne l'opinion.
06:02Le problème, il essaie de... Quand il parle de ça, c'est lui qui met le débat là-dessus.
06:08Donc il détourne l'opinion de ce qui relève de sa responsabilité.
06:12Sa responsabilité, c'est qu'il est au pouvoir depuis dix ans, plus de dix ans,
06:15parce qu'il était aussi avec François Hollande, et que comme d'autres, il n'est pas le seul,
06:18il a laissé s'installer un système d'impuissance publique dans le pays, je le répète,
06:24qui nuit le plus à l'activité économique.
06:26C'est une manière de détourner ?
06:28Bien sûr, évidemment.
06:29En fait, pour vous, la question, elle ne se pose pas, en réalité.
06:31La question ne devrait pas se poser si on avait une vraie perpétuité,
06:34si on avait une réelle exécution des peines.
06:36Je rappelle, vous vous souvenez de ce fait d'hiver,
06:39heureusement, il n'a pas été dramatique,
06:40d'Angèle qui avait 90 ans à Cannes, qui avait été agressée par trois jeunes de 15 ans.
06:45Je vous souviens très bien des vidéos qu'on avait vues.
06:46Voilà, et j'avais dit à l'époque, si ça avait été ma mère,
06:48c'est peut-être moi qui serais en prison.
06:50Je ne sais pas, une apologie de l'autodéfense,
06:52mais c'est tout simplement une réaction humaine.
06:55Et sur les trois jeunes, il y en a deux qu'on retrouve depuis,
06:57mais tout le temps, sur des faits de délinquance,
06:59sur des vols de véhicules, sur des refus d'obtempérer.
07:03Pourquoi on ne protège pas la société de ces gens-là ?
07:06Si dans deux ans ou un an, on a quelqu'un qui est tué par un de ces jeunes,
07:09qu'est-ce qu'on dira ?
07:10Ah ben eux, on savait.
07:11Voilà, donc, objectivement, que l'exécutif,
07:14puisque le chef de l'État, c'est le chef de l'exécutif,
07:17s'attache à exécuter les choses.
07:19Plutôt que de commenter, de détourner l'opinion.
07:21Et c'est valable sur tous les sujets.
07:22C'est valable sur la canicule, c'est valable sur tous les sujets.
07:25Et vous verrez que l'actualité, elle est une suite comme ça,
07:28de constats d'impuissance, de déclarations martiales,
07:31et puis d'appels à une fausse sagesse,
07:33qui n'est que le paravent de la lâcheté,
07:36de la paresse de beaucoup de politiques.
07:37Je voudrais que vous écoutiez le témoignage
07:39que l'on a recueilli sur RMC ce matin.
07:43Il s'agit de la fille de Monique.
07:44Monique, c'est une femme qui était rentrée à l'hôpital,
07:46dans un hôpital du Nord, pour une sciatique,
07:49et qui y est morte de chaud.
07:50Elle est morte de chaud dans sa chambre à l'hôpital,
07:53alors qu'elle y était soignée pour une sciatique.
07:57Les proches de Monique avaient pourtant même apporté une clim dans la chambre.
08:01Quand ils ont apporté la clim,
08:02ils ont constaté qu'il faisait 39 degrés.
08:05Écoutez le témoignage de sa fille.
08:07En fait, on est sonné en 36 heures.
08:09Ma mère est morte en 36 heures pour une sciatique.
08:12Oui, elle avait des pathologies,
08:13mais quand elle est arrivée à l'hôpital,
08:15il n'y avait rien.
08:16C'est la chaleur qui l'a fait décompenser, en fait.
08:18Appareil réel.
08:19Quand on dit qu'il va y avoir 1 000 morts,
08:202 000 morts, 3 000 morts,
08:21ce ne sont pas des petits bâtons qu'on fait sur un mur.
08:23Ce sont des familles qui sont dévastées.
08:26Cette femme est morte de chaud,
08:28alors qu'elle était soignée pour une sciatique.
08:30Oui, mais c'est...
08:31Après, il faut regarder dans le détail ce que dira l'hôpital aussi,
08:33mais c'est révélateur.
08:35On a aussi écouté l'auxiliaire de vie
08:37et plusieurs qui témoignent effectivement de cette réalité.
08:40Qu'est-ce que ça signifie sur le plan de la gestion du pays et politique ?
08:43Dans le pays, je le répète,
08:45qui a la plus forte dépense publique au monde,
08:48on a des hôpitaux publics qui ne sont pas équipés de climatisation.
08:51Et ça, c'est le fruit, non seulement d'une désorganisation,
08:53mais aussi d'idéologie.
08:56Cette nuit, après le match de l'équipe de France,
08:57je regardais les actualités pour essayer d'être au courant ce matin.
09:00Bien sûr, vous avez bien fait.
09:01Et j'ai bien fait.
09:01Et je regardais cette séquence un peu pathétique à l'Assemblée nationale
09:05d'échange entre les écologistes et le Premier ministre.
09:08Cyrielle Châtelain, la présidente du groupe écolo à l'Assemblée,
09:12qui a pointé la responsabilité à ses yeux du gouvernement
09:16dans ce qui s'est passé avec la canicule,
09:19dans le nombre de morts.
09:20Et Sébastien Lecornu,
09:22qui lui a répondu qu'ils étaient aussi...
09:25Qui étaient même indignés, disait-il.
09:26Et je me le disais, mais vraiment spontanément,
09:28c'est-à-dire qu'on a les comédiens d'une même tragique comédie.
09:30Pourquoi ?
09:31Les deux, vous les renvoyez de nos amis.
09:32Oui, je vais vous dire pourquoi.
09:33Et j'ai apporté, alors une synthèse,
09:35autrement, il faudrait faire une émission spéciale.
09:37Un résumé des textes qui nous empêchent
09:39ou qui nous entravent dans l'installation de climatisation.
09:42Moi, j'ai lancé un plan fraîcheur dans ma ville il y a dix ans.
09:44On crée des îlots de fraîcheur,
09:46on met des clims au moins dans des grandes salles dans chaque école,
09:49dans chacune des 34 écoles,
09:50parce qu'il y a beaucoup de jeunesse à Cannes,
09:51contrairement à un lieu commun véhiculé par les bobos habituels ici.
09:55Et donc, là-dessus, écoutez bien.
10:00Madame l'écologiste, elle, c'est celle qui était contre le nucléaire,
10:03donc qui, finalement, pour qu'il y ait la climatisation,
10:05il faut qu'il y ait une énergie décarbonée.
10:07Donc ces gens-là ont fait du mal à l'environnement
10:08en étant contre le nucléaire et contre l'hydroélectrique et les réserves d'eau.
10:11Et M. Lecornu, il a fait partie d'un exécutif
10:14qui a multiplié les normes qui entravent l'installation de climatiseurs.
10:18Quand j'ai refus une école récemment,
10:20on m'a dit, attention, si vous mettez des climatiseurs,
10:22et ça, ils étaient il y a 3 ou 4 ans,
10:24vous ne serez qu'en contradiction avec la trajectoire bas carbone
10:27qui exige que vous baissiez la consommation de 40% d'ici 2030 d'énergie,
10:33et donc vous n'aurez aucun financement.
10:34C'est ça, la réalité.
10:35Les services de l'État...
10:36Si vous mettiez la climatise, vous vous copiez des financements.
10:40On se coupe de financements.
10:41Écoutez, je vais essayer d'aller vite.
10:42La RE 2020, nouvelle réglementation pour la construction neuve
10:46visant à réduire l'empreinte carbone du secteur propre.
10:48Donc ça s'impose à tout le monde.
10:49Elle est entrée en vigueur à 2022.
10:50Elle est applicable aux rénovations lourdes depuis 2024.
10:53Et elle impose un seuil très strict de bioclimatique.
10:57En fait, elle a divisé le pays en 8 zones,
10:59donc c'est incompréhensible.
11:00Le texte fait 1892 pages qu'il faut décrypter.
11:05Vous avez la réglementation thermique existante,
11:08la T-H-E,
11:09qui, elle, exige une réduction de 30% des consommations énergétiques.
11:14Donc, on ne vous demande même d'enlever des clims.
11:16C'est ça la réalité.
11:17Vous avez le décret tertiaire,
11:19qui est applicable à la moitié des écoles en France,
11:21qui impose une réduction de 40% de la consommation énergétique d'ici 2030,
11:25puis 50% en 2040,
11:2760% en 2050.
11:29La climatisation est considérée comme poste majeur de consommation,
11:32avec un coût en plus pour nous de 5 milliards d'eux par an pendant 10 ans pour les communes.
11:36Vous avez la stratégie bas carbone,
11:40qui impose une réduction de 40% des émissions d'ici 2030.
11:43Vous avez MaPrimeRénov' qui n'accorde aucune aide pour l'installation du climatiseur traditionnel.
11:48Vous avez les certificats d'économie d'énergie qui n'attribuent aucun certificat pour une climatisation standard.
11:52Vous avez le fond vert de l'ADEME qui priorise les solutions passives
11:55contre la climatisation, c'est-à-dire l'isolation, la ventilation naturelle, la végétalisation.
11:58Vous avez le plan relance, volet bâtiment public qui conditionne ses subventions
12:02à une réduction de 30% de la consommation énergétique.
12:04Tout ça est à peu et jeu.
12:05La circulaire aussi du 20 juin 2022 du ministère de l'éducation nationale
12:08qui, pour la canicule...
12:10J'en rie, mais c'est quand même extrêmement complexe.
12:13Et surtout où c'est absurde, parce que si l'énergie est carbonée,
12:17évidemment qu'on accentue le problème climatique.
12:20Mais en l'occurrence, on a une énergie en France décarbonée par le nucléaire et l'hydroélectrique.
12:24Donc ça fait des années et des années qu'avec Nouvelle Énergie,
12:27d'ailleurs c'est mon parti, vous voyez, comme quoi c'est bien,
12:29on dit que la priorité des priorités, c'est de fournir de l'énergie abondante, bon marché.
12:33Et on ne se pose pas la question d'installer le chauffage.
12:37Donc la climatisation doit faire partie de la vie.
12:40Dans le même temps, Sébastien Lecornu a quand même pointé du doigt
12:43aussi la responsabilité des élus locaux.
12:45Ça c'était il y a deux jours, il vous a écrit une lettre,
12:47il a écrit une lettre aux différents maires de France,
12:49et il dit qu'il faudra regarder la réalité en face.
12:52Vous aurez, vous, les élus locaux, à prendre vos responsabilités et à adapter le parc public.
12:59Mais détournement d'opinion, c'est-à-dire qu'on a la responsabilité des bâtiments,
13:03de bâtiments scolaires.
13:05Je viens de vous dire tout ce qui entrave.
13:06Mais enfin, c'est sûr que vous êtes en train de vous défausser aussi, vous, de vos responsabilités.
13:09Non, non, pas du tout, madame, pour deux raisons.
13:11Première raison, dans ma commune, je l'ai fait.
13:13Donc voilà, ça c'est du concret.
13:15Deuxième raison, les investissements des collectivités sur l'adaptation au changement climatique,
13:20pour reprendre le vocable de l'époque, on était à 3,5 milliards il y a 15 ans,
13:24on est passé à 9 milliards.
13:25Il faudrait 19 milliards par an.
13:27Parallèlement, on nous entrave dans l'exécution des travaux.
13:32Parallèlement, les dispositifs d'ordre généraux,
13:34que moi je condamne parce qu'ils créent de la bureaucratie,
13:36mais qui ne nous permettent pas d'installer la clim.
13:40Je viens de vous le démontrer par A plus B.
13:42Donc il y a une hypocrisie totale de renvoyer des obligations tout en enlevant des moyens.
13:47Et c'est ce système complètement ubuesque, fou, avec lequel il faut en finir.
13:51David Lissnard, vous, vous prenez une baisse notamment des prélèvements obligatoires,
13:57vous prenez une baisse des impôts, comment vous allez faire ?
13:59Alors qu'on se retrouve avec le ministre de l'économie vient de le dire,
14:03à un moment un peu de vérité, avec une baisse de la croissance,
14:07des dépenses considérables, et sans doute, début juillet, l'annonce des forces supplémentaires.
14:14Et vous, dans ce même temps, vous dites, on va baisser les impôts, ça marche comment ?
14:16Mais bien sûr, puisque aujourd'hui, on n'a jamais autant dépensé d'argent public
14:21et jamais autant prélevé, jamais autant eu d'impôts.
14:24Et pourtant, on manque de policiers la nuit.
14:25On n'en a quasiment plus en zone police, je l'ai dénoncé il y a deux jours,
14:28je l'ai démontré par A plus B.
14:29On a des hôpitaux sous-dotés, on a des enseignants moins bien payés que eux.
14:32Mais est-ce qu'ils ne seront pas encore plus sous-dotés sinon ?
14:35Mais non, parce que c'est là où c'est contre-intuitif.
14:37Mais la cause du problème, c'est le prélèvement obligatoire, l'excès.
14:40C'est-à-dire que ce qui crée aujourd'hui la perte d'activité et la quasi-récession,
14:45c'est l'excès de prélèvement sur ceux qui créent de la valeur, sur les salariés.
14:48C'est l'excès de prélèvement obligatoire.
14:50C'est pour ça qu'il faut, si on veut gagner plus et avoir des meilleurs services publics,
14:54il faut cotiser moins, c'est pour ça qu'il faut déréguler.
14:56A l'hôpital aujourd'hui, 34% des dépenses ne vont pas sur le médical,
15:00elles vont sur l'administration et le technique, 34%.
15:04C'était 24% il y a 12 ans.
15:06Si vous voulez avoir plus d'euros pour la police, plus d'argent pour l'éducation,
15:12il faut qu'il y ait moins de bureaucratie.
15:13Où est-ce que vous baissez ? Vous baissez la bureaucratie, mais ça ne suffira pas.
15:16Quelles sont les dépenses que vous soupez ?
15:17L'État a créé 1153 agences et organismes depuis 25 ans,
15:22qui emploient 450 000 fonctionnaires, qui ont 100 milliards de dépenses de fonctionnement.
15:26On parlait de la canicule.
15:27Il y a une quinzaine d'organismes de l'État aujourd'hui
15:30qui peuvent intervenir sur la santé et sur la canicule.
15:33Quinzaine. J'en ai apporté la liste aussi, je vais vous l'éviter.
15:35Vous me la laisserez, comme ça je l'analyserai.
15:381153 qui ont été créés.
15:39Donc on a éparpillé l'argent public, on surprélève.
15:42Donc on est pénalisé en tant que contribuable
15:44et on a moins d'argent sur le terrain
15:46parce qu'il y a du détournement bureaucratique, technocratique
15:48et d'un système social qui est à bout de souffle.
15:51L'État-providence ne peut plus fonctionner tel quel.
15:53Donc il faut évidemment revoir tout le système social
15:56qui répondait aux Trente Glorieuses
15:58mais qui ne répond plus à la réalité démographique.
16:00Hier, vous étiez aux côtés de Sarah Knafow
16:02pour rencontrer un certain nombre de patrons.
16:05Vous étiez en débat avec Sarah Knafow ou pas ?
16:07Parce que franchement, quand on vous écoute,
16:08en tout cas elle, elle dit
16:09nous sommes les seuls à défendre la parole libérale
16:12et elle avait l'air d'être plutôt d'accord globalement avec vous.
16:14C'est ce que disent tous ceux qui ont aujourd'hui
16:16une épiphanie libérale et je m'en rejoins
16:18puisqu'on en retrouve aussi à Renaissance.
16:20J'entends des discours parfois, ça me fait rire.
16:22Ceux qui ont fait tout le contraire
16:23parlent de retraite par capitalisation.
16:26Bientôt ils vont dire comme moi
16:27qu'il faut enlever le principe de précaution de la Constitution
16:28parce que c'est une hérésie,
16:30y compris une aberration environnementale.
16:32Et moi je me réjouis de commencer à gagner la bataille des idées.
16:35Eric Ciotti va sur ce terrain-là.
16:37Vous pourriez travailler ensemble ?
16:39Mais moi, tous ceux qui viennent vers moi
16:42sont les bienvenus.
16:43J'aimerais débattre avec tout le monde.
16:44Je voudrais débattre par exemple...
16:45Mais est-ce que les amis de vos amis sont vos amis ?
16:46C'est-à-dire qu'Eric Ciotti est votre ami,
16:48Eric Ciotti est l'ami de Marine Le Pen.
16:49Vous êtes l'ami de Marine Le Pen ?
16:50Non, faux.
16:52Moi, le Front National,
16:53enfin le Rassemblement National se présente contre moi.
16:55Je viens de gagner contre eux aux élections.
16:57Je les trouve socialistes sur le plan de l'économie.
17:00Je les trouve dans l'homme en même temps.
17:01Et l'ambiguïté, je l'ai dit très clairement ailleurs.
17:03Vous écoutez le débat.
17:03Alors, mes confrères de l'opinion étaient là.
17:06J'ai rappelé aussi les déclarations d'Éric Zemmour
17:09qui disaient que l'excès de normes en France,
17:11c'est libéralisme,
17:11qui disaient qu'il était colbertiste.
17:13Donc, ça n'a qu'un fois un discours
17:14que j'ai trouvé très intéressant,
17:16comme d'autres, plus au centre
17:17ou même plus à gauche parfois.
17:19Mais c'est à eux de régler leur contradiction interne.
17:21Moi, j'ai créé une nouvelle énergie
17:23parce que je veux un mouvement
17:24qui soit aligné avec ce que je fais,
17:26avec ce que je suis,
17:26avec ce que je pense.
17:27David Lissnard, mes confrères de l'opinion
17:28qui étaient présents hier à ce débat,
17:31écrivent ce matin,
17:32les deux libéraux se sont retrouvés
17:34pour égratiner le RN
17:35avant d'assurer qu'il voterait sans hésiter pour lui
17:38en cas de second tour face à Jean-Luc Mélenchon.
17:40Alors, vos confrères de l'opinion
17:41ont dû entendre que j'ai dit très clairement
17:43que face à Jean-Luc Mélenchon,
17:44je voterai pour n'importe quel candidat.
17:47RN, même un macroniste,
17:49c'est vous dire jusqu'où je vais dans l'audace,
17:50vous voyez ?
17:51Je voterai pour n'importe quel candidat
17:52face à Jean-Luc Mélenchon.
17:53Pour vous, le plus grand danger,
17:55c'est donc Jean-Luc Mélenchon.
17:56Mais j'essaierai de voter pour moi
17:57à la présidentielle.
17:58Ça sera encore plus efficace.
17:59Puisque vous êtes candidat vous-même.
18:01Merci d'avoir répondu à mes questions.
18:02David Lissnard, maire de Cannes
18:04et donc candidat à l'élection présidentielle.
18:06Vous êtes bien sur RMC BFM TV.
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