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"Le cannabis n'est plus une drogue douce" (Épisode 3)

Mail : emmanuelabete@outlook.fr

Emmanuel Abété

#guadeloupe #martinique #guyane #lareunion #tahiti #polynésie #polynesie #haïti #dominique

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Déjà, pour se droguer, c'est très facile.
00:02On allait acheter notre petit bout directement.
00:04D'ailleurs, c'est à cette période-là que j'ai commencé à devenir addicte au cannabis
00:07et que je le suis encore 15 ans après.
00:10Je n'arrive pas à gérer l'addiction toute seule.
00:12Je n'arrive pas à arrêter.
00:13J'ai des traumatismes qui sont trop gros.
00:15Ça veut dire que quand j'arrête de fumer, par exemple,
00:17mes nids, elles sont horribles.
00:19Je vous jure, les cauchemars que je fais, ça me rappelle
00:21quand je me suis fait enlever, quand j'étais petite,
00:23quand je me suis fait V.
00:24En fait, ça me réveille tout le temps.
00:32Moi, c'est Camille et je fais cette vidéo pour vous raconter mon histoire.
00:36J'ai été placée pendant environ 8 ans dans ma vie.
00:40Je dirais peut-être un peu plus, je ne sais pas.
00:42Du coup, c'est parti.
00:44Du coup, j'ai bientôt 31 ans.
00:47Moi, je suis née dans les Pyrénées-Orientales.
00:49Mon début de vie, il était assez simple, assez basique.
00:52Je pense que j'avais des parents un petit peu instables,
00:55mais je n'en ai pas de souvenirs particuliers, à vrai dire.
00:59On a été placés pour une histoire qui ne me dépasse, je ne vous mens pas.
01:05Je ne connais pas la vérité réellement et je ne la connaîtrai jamais.
01:09À part peut-être si j'assemblais plein de pièces du puzzle,
01:13mais dans tous les cas, il en manquerait
01:14parce qu'il y a des personnes qui ne sont plus là.
01:16Déjà, il y en a qui sont morts.
01:18Et il y a des personnes que je n'ai pas du tout de contact avec,
01:21ni de près, ni de loin.
01:23Donc, pareil, le récit de tout le début de ma vie,
01:26de mes zéros à mes six ans,
01:27c'est ce que je sais, de près ou de loin.
01:30Ce n'est pas des certitudes à 100%.
01:32C'est ce qu'on a pu me raconter,
01:35ce que j'ai pu vite fait lire à travers quelques rapports.
01:39Mais voilà, je ne suis pas sûre de tout.
01:41En tout cas, j'ai commencé ma vie plutôt calmement,
01:44on va dire, dans les Pyrénées-Orientales.
01:46Ma mère, elle a eu mon petit frère en suivant,
01:48on a 13 mois d'écart.
01:50Et après, elle en a eu un autre.
01:52Avant 2000, en fait, elle a eu les trois.
01:53Et le tout dernier, il est né en 2021.
01:56Lui, il n'est pas encore inclus dans l'histoire
01:58parce qu'il n'était pas né, tout simplement.
02:00Du coup, je commence à vous raconter
02:03comment ça a commencé,
02:04comment les services sociaux ont commencé
02:06à s'intéresser à nous.
02:08C'était un jour, apparemment,
02:10avec mon petit frère qui est un moment moins que moi
02:12et le deuxième et moi-même.
02:14on est parti à la fête foraine avec ma grand-mère
02:17et son conjoint de l'époque.
02:19Et apparemment, quand on serait rentré de cette fête foraine,
02:21on aurait dit comme quoi on aurait subi quelque chose.
02:26Encore une fois, je ne sais pas vraiment,
02:27c'est tout ce que j'ai pu entendre.
02:29À partir de ce moment-là, mes parents,
02:31ils ont fait une psychose.
02:33Je ne sais pas exactement encore une fois
02:36ce qui s'est passé,
02:37mais ils ont fait une psychose
02:38et ils ont accusé plus d'une dizaine de personnes
02:41dans le village où on était à l'usure-tête
02:43de pédophilie.
02:45Ça veut dire qu'il y a énormément de personnes
02:47qui ont été interrogées,
02:50dont ma grand-mère et son conjoint de l'époque.
02:52En fait, il y a eu toute une histoire autour de ça.
02:55Mais encore une fois, comme je vous dis,
02:56moi j'étais très jeune,
02:57je n'ai pas de souvenirs en fait,
02:58donc je ne sais pas.
03:00Ce que je sais, c'est qu'à partir de ce moment-là,
03:02mes parents, ils ont dû fuir de la France.
03:05Donc, on a commencé à se retrouver SDF,
03:08du coup, en faisant un peu le tour de l'Europe.
03:10On a fait la Bulgarie, la Roumanie,
03:14on a fait l'Allemagne, la Norvège, la Finlande,
03:16il me semble.
03:17Après, je ne sais plus exactement.
03:19Mais de cette période-là, honnêtement,
03:21il ne me reste pas grand-chose,
03:22à part mes premiers traumatismes,
03:24parce que j'avais déjà 4-5 ans,
03:26donc j'ai des premiers flashs.
03:28Je revois mon dernier petit frère,
03:31pas celui qui n'était pas encore né,
03:32mais le deuxième du coup,
03:35dans la poussette, avec moi qui tiens la poussette,
03:37du bruit, des autoroutes.
03:39Mais ça, c'est des flashs.
03:40Pareil, j'ai un autre flash à Berlin.
03:43Je sais que je me suis fait enlever.
03:45Ils m'ont retrouvée peu de temps après,
03:48dans une voiture.
03:49J'ai le flash juste de policiers allemands
03:52qui me tentent des barres de chocolat
03:54et je ne comprends pas vraiment ce qu'ils me disent.
03:57Voilà, c'était un petit peu flou.
03:59J'ai un bon souvenir de cette période-là.
04:01On était en Finlande ou en Norvège,
04:03je ne sais plus exactement.
04:04Mais ce que je sais, c'est qu'on était un groupe de SDF
04:08et que mes parents, ils avaient trouvé
04:11derrière un magasin de jouets comme Toys R Us,
04:14une grande benne avec plein de jouets.
04:15Et j'avais eu un doudou.
04:17Et ce doudou-là, je l'ai gardé jusqu'à mes 17 ans.
04:20Et je l'ai perdu dans un hôtel à Carcassonne
04:22parce qu'ils ont eu peur du doudou, je pense,
04:24quand je l'ai oublié.
04:25Et ils ne l'ont pas gardé.
04:27Bref, ils avaient dû se dire qu'on avait fait du shaman ou quoi
04:29parce qu'il n'avait plus de yeux, plus de bras et tout.
04:31Mais voilà, il avait connu la street, le pauvre bébé.
04:33À partir de ce moment-là, on était SDF,
04:35on continue à faire le tour de l'Europe et tout.
04:38Et je pense que ma mère,
04:39quand elle est tombée enceinte du petit dernier,
04:41ils ont vu rentrer en France.
04:43Et quand on est rentré en France,
04:45on est parti vers Lourdes.
04:47Et à partir de ce moment-là,
04:49mes parents, du coup, faisaient la manche avec moi
04:51et mes petits-frères, plus ma mère qui était enceinte.
04:54Et la police, tout simplement, nous a arrêtés.
04:58Voilà, ils les ont arrêtés pour mendiciter
05:00dans des lieux sains avec mineurs.
05:02Et nous, du coup, on a été placés automatiquement,
05:05moi et mes deux petits-frères.
05:06Le troisième, je dis non parce que lui,
05:09il était tout dans le ventre,
05:10donc il n'a pas été passé.
05:11On est placés dans notre première famille d'accueil.
05:14Cette famille d'accueil-là, honnêtement,
05:16je n'ai pas trop de souvenirs.
05:18Mise à part un,
05:19qui m'a quand même impactée.
05:21Et je sais qu'elle me mettait devant des films érotiques.
05:25Ce n'était pas des films pour P.O.R. et nous,
05:28mais c'était des films érotiques.
05:29Et je me rappelle que ça m'avait super mal à l'air.
05:32Un garçon en train de faire des visus,
05:34je suis encore d'une femme.
05:35Voilà, c'est quelque chose qui m'avait vraiment perturbée.
05:39En fait, ils ont décidé très rapidement
05:40de nous séparer, mes frères et moi,
05:43parce qu'on était trop proches, d'après eux.
05:45Et aussi, nous étions trop froyants.
05:47Parce que du coup, voilà, comme je vous ai dit,
05:49on a été arrêtés à Lourdes.
05:50Et ce n'est pas anodin,
05:52c'est parce que mes parents, du coup,
05:53ils étaient quand même très catholiques.
05:54Nous, les enfants, on avait été éduqués comme ça.
05:57Ça veut dire qu'on a toujours fait notre bénédicité
05:59avant de manger.
06:00On a toujours remercié le Seigneur.
06:02Enfin, voilà, Dieu faisait partie
06:03à part entière de notre vie.
06:05Ça leur a posé soucis très, très vite.
06:07Donc, ils ont décidé de mettre
06:09mes deux petits frères et moi
06:11dans des familles d'accueil différentes.
06:13Ça, en vrai, ça a été le début
06:15de la descente aux enfers.
06:17Ça n'a pas du tout été mieux
06:19que quand on était, au final,
06:21avec nos parents,
06:22mis à part le fait qu'ils étaient SDF.
06:24Mais bon, sinon, en vrai,
06:25à partir de là, moi, mes frères,
06:27je ne vais pas parler en leur nom,
06:28mais mes deux frères
06:29qui étaient dans la même famille d'accueil,
06:30se sont fait maltraiter pendant des années.
06:32Ils ont subi des services très graves
06:35qui auraient pu être réprimandés
06:36si les services sociaux étaient correctement gérés
06:40avec des contrôles qui ne sont pas déclarés.
06:45Ça serait vraiment génial de mettre ça en place
06:47parce que, bon, c'est quand même très, très grave
06:49ce qui se passe au sein des familles d'accueil
06:51et des foyers.
06:52Je vais en revenir à moi.
06:54Ma famille d'accueil, à moi,
06:55ils étaient un peu spéciaux.
06:57À vrai dire, c'était des petits vieux.
06:58Je ne sais pas pourquoi
07:00les chefs de service de l'époque
07:02ont décidé de mettre un jeune homme
07:03qui avait 12 ans à l'époque,
07:06qui avait été vée toute sa vie par son père.
07:08Il était placé pour ça.
07:09Et ils ont décidé de mettre un petit gamin
07:11en plein début de puberté
07:13avec une gamine de 6 ans.
07:14Les demandez pourquoi.
07:15Parce que, du coup, vous allez comprendre
07:17très vite sans que je parle la suite
07:19qui paraît tellement logique, en fait.
07:23Rien que de le dire, vous comprenez tout de suite.
07:25Il a juste essayé de reproduire
07:26ce qu'il avait pu subir.
07:27Donc, il l'a reproduit sur moi, tout simplement.
07:30Ça a duré pendant plusieurs temps.
07:32J'ai été reconnue victime.
07:33On est passé en procès.
07:35À l'époque, lui, il avait 18 ans
07:36lors du procès.
07:38Honnêtement, je vous dirais
07:39que c'est quelqu'un à qui je pardonne.
07:41S'il n'a jamais récidivé,
07:42qu'il s'est fait soigner,
07:43c'était là au mauvais moment,
07:44au mauvais endroit, on va dire,
07:46à un moment donné de sa puberté,
07:48je n'en veux pas.
07:49En vrai, c'est un gamin.
07:51Comme je vous le dis,
07:51c'est quelqu'un qui s'est repenti,
07:53qui a jamais refait.
07:54Il m'a demandé pardon.
07:56Voilà.
07:56Ça n'effacera jamais tout.
07:58Mais j'en veux plus aux adultes,
08:00en fait, concrètement,
08:01oui, qui nous entouraient.
08:02Je les déteste.
08:03Et même pas forcément la famille d'accueil,
08:04puisque ce n'est pas eux
08:05qui ont décidé de prendre forcément ce jeune.
08:07C'est quelqu'un...
08:08Enfin, on leur a attribué.
08:10Je ne sais pas si on peut dire ça comme ça.
08:11Après, la famille d'accueil,
08:12ce n'était pas non plus
08:12quelqu'un de super émotionnel,
08:15on va dire.
08:15Donc, c'est vrai que,
08:16dès très jeune,
08:17j'ai tout de suite été livrée
08:19émotionnellement à moi-même.
08:20C'était quelqu'un
08:21qui était assez froid et dur.
08:24Elle me disait tout le temps,
08:25j'ai eu mal de ma mère.
08:27Et je n'ai jamais vraiment compris pourquoi.
08:29Parce qu'à vrai dire,
08:29même si ma mère,
08:30après, par la suite de ma vie,
08:31je ne vous ment pas,
08:31elle n'a pas du tout été parfaite.
08:33Je ne vois pas pourquoi,
08:34à cette période-là,
08:35cette femme se permettait,
08:36en fait,
08:36de faire des brisures émotionnelles
08:38comme ça avec ma maman.
08:39j'avais à peine 6 ans.
08:40Elle me racontait plein de choses
08:42qui sont fausses.
08:43Par exemple,
08:43ma mère m'envoyait des cadeaux
08:44dans un sac droguerie.
08:46Elle me disait,
08:46tu vois,
08:47ta mère,
08:47elle se drogue.
08:49Des choses bizarres comme ça,
08:50alors que pas du tout.
08:51Maintenant,
08:51je sais ce que c'est une droguerie,
08:52ça n'a rien à voir.
08:54Pareil,
08:54elle a caché ses cadeaux
08:55au-dessus des armoires.
08:57C'était plein de choses comme ça.
08:59Elle me disait,
08:59oui, ta mère,
09:00il ne faut pas que tu l'appelles maman.
09:01Franchement,
09:01c'était plein de choses comme ça.
09:03Jusqu'au jour où
09:03j'ai décidé de parler
09:09si c'est pour un peu
09:10étouffer l'affaire
09:11du coup dans le Gers
09:12puisqu'on était vers Tarbes et tout.
09:14Et ma mère,
09:14entre-temps,
09:15elle avait aussi déménagé
09:16à Montluçon.
09:16Donc peut-être que
09:17pour un rapprochement familial,
09:18ils ont décidé
09:20de nous ramener
09:21à Montluçon.
09:22En fait,
09:23je ne sais pas.
09:23En tout cas,
09:24quand j'ai ouvert ma bouche
09:25par rapport à ce qui se passait
09:26avec ce jeune homme,
09:27ils ont pris mes deux frères
09:29et moi.
09:29Ils nous ont sorti
09:30des familles d'accueil
09:31où on était
09:31et ils nous ont transféré
09:32à 600 kilomètres
09:34pour nous mettre
09:34dans un foyer
09:35qui s'appelle
09:35l'étourelle
09:36à Montluçon.
09:37Et à partir de là,
09:39pareil,
09:40en vrai,
09:40les foyers,
09:41je ne vais pas vous mentir,
09:41c'est pas quelque chose
09:42d'exceptionnel.
09:44Je n'ai pas trop de souvenirs
09:45mis à part
09:46beaucoup de sexualité
09:47autour de moi.
09:48J'ai été avec des adolescents,
09:49je les revois et tout.
09:52Après,
09:52il ne m'est rien arrivé
09:53de spécial.
09:53Mes frères,
09:54oui,
09:54j'ai un de mes frères
09:55à qui il arrive
09:56des choses graves
09:56en foyer
09:57à cette période-là.
09:58Ensuite,
09:59je vais passer
09:59à un autre moment.
10:01Du coup,
10:01c'est quand ma mère
10:02a réussi à nous récupérer
10:03avec mon beau-père
10:05à cette période-là
10:06de ma vie,
10:06du coup,
10:06je devais avoir 10 ans.
10:08Je suis arrivée au foyer,
10:09j'avais 9 ans.
10:10Ouais,
10:10donc on est resté
10:11un an,
10:11un an et demi
10:12dans ce foyer-là.
10:13Donc ouais,
10:13je suis arrivée
10:13quand j'avais 10 ans,
10:15j'étais en CM1,
10:15exactement,
10:16ma mère,
10:16quand elle nous a récupérés.
10:17À vrai dire,
10:18on avait enfin
10:18une petite vie normale.
10:20C'était plutôt cool.
10:21À l'heure actuelle,
10:22c'est les seuls souvenirs
10:22que j'ai encore
10:23avec mes petits frères
10:24de quand j'étais jeune.
10:26Et encore,
10:27je n'en ai vraiment
10:27pas tant que ça
10:28parce que mon cerveau,
10:28il a fait un blackout total
10:32en fait de ma vie.
10:33Je n'ai que des flashs,
10:34malheureusement.
10:35Je n'ai pas de réels souvenirs
10:36et ça,
10:36ça m'embête parfois.
10:38J'ai un autre
10:38de mes frères pareil,
10:39il ne se rappelle de rien
10:40et un autre
10:40qui se rappelle de tout.
10:41On passait plutôt
10:42des moments heureux.
10:44Voilà,
10:44on était quand même
10:45des enfants perturbés,
10:46assez hystériques,
10:48je dirais.
10:50Si je peux me permettre
10:51pour mes frères,
10:52désolée quand vous verrez
10:52la vidéo.
10:53Là,
10:53on était quand même
10:53assez durs,
10:54mais ça va.
10:55Enfin,
10:55je veux dire,
10:55on était juste des enfants
10:56un peu perturbés.
10:57Sauf qu'on avait une mère
10:58qui était aussi perturbée,
11:00malheureusement,
11:01comme j'en reviens.
11:02Si elle avait réellement
11:03été accompagnée,
11:04je pense,
11:05humainement,
11:05à un moment donné,
11:06peut-être que ça ne se serait
11:07pas passé comme ça.
11:07C'était tous
11:08des très bons élèves.
11:10On était du coup
11:10en école privée
11:11à Montluçon.
11:12Franchement,
11:12tout se passait bien.
11:13Moi,
11:14je ne vous demande pas
11:14de mes 10 ans,
11:15mes 14 ans,
11:15à part quelques crises
11:17qu'il y a pu avoir
11:18à la maison
11:18qui,
11:18avec le recul,
11:19je sais que ce n'est
11:20quand même pas
11:20dans tous les foyers
11:21comme ça.
11:22Sinon,
11:22dans le gros,
11:23OK,
11:23on n'avait pas d'habits,
11:24on n'avait pas de poids
11:25à manger,
11:26on n'avait pas forcément
11:27tout ce qu'on voulait,
11:28mais c'était quand même
11:30mieux d'être en famille
11:31plutôt que d'être tout seul.
11:33Mais voilà,
11:34ça aurait été trop beau
11:35pour être vrai.
11:36Quand j'ai eu 15 ans,
11:37ma mère a fait une crise
11:38de la trentaine,
11:39trente-cinqaine,
11:40je ne sais pas comment dire,
11:41je ne sais pas
11:42ce qui lui est passé
11:42par la tête.
11:43Elle a serré.
11:44À l'heure actuelle,
11:44en tant que femme,
11:45je peux comprendre.
11:47En tant qu'enfant,
11:47j'ai toujours eu du mal,
11:48vous ne m'en pas.
11:50je ne vais pas parler
11:52trop vite,
11:52je n'ai pas encore eu
11:53d'enfant et tout,
11:53mais que Dieu me préserve
11:56de vriller comme ça
11:57un jour dans ma tête.
11:58Ce qui est passé,
11:58c'est que je pense
11:59qu'elle était vraiment malheureuse
12:01et qu'elle avait fait
12:02en fait juste tout ce
12:03qu'on lui demandait
12:04pour pouvoir nous récupérer
12:05et que quand elle nous a récupérés,
12:07ça a été beaucoup pour elle.
12:09On était enfin
12:09un petit peu perturbés.
12:10Elle, ce n'était pas une femme
12:11qui était fine de construire.
12:12Ce n'était pas une femme accomplie.
12:14Je pense qu'elle était malheureuse
12:15plus son cancer
12:16qui a tué sa féminité
12:18parce qu'elle a mis un cancer
12:19du côte de l'utérus.
12:20Je pense que, je ne sais pas,
12:21voilà, elle a vrillé,
12:22la gadgie,
12:23elle a serré dans sa tête.
12:24En fait, elle a retrouvé
12:25un gars qu'elle aimait
12:27quand elle était jeune.
12:27Elle l'a retrouvé
12:28sur les réseaux sociaux
12:29et elle a commencé
12:30à vouloir redescendre
12:31en le sud.
12:32Elle a dit,
12:32un lundi,
12:33on déménage samedi.
12:35Autant vous dire
12:36que moi,
12:37j'étais en troisième.
12:38Je venais d'avoir
12:38ma première relation
12:40avec mon petit chéri.
12:41J'étais une bonne élève
12:42et en fait,
12:44j'avais enfin retrouvé
12:45une stabilité
12:45et elle me l'a enlevée.
12:48Voilà, moi, j'ai commencé
12:49à briller un petit peu plus
12:50dans la délinquance.
12:51C'est à partir vraiment
12:52de ces moments-là
12:53que j'ai traîné dehors.
12:54Genre, tout en fait,
12:55je ne voulais pas être chez moi.
12:56On a débarqué du coup
12:57à Estagel.
12:58Je suis arrivée du coup
12:59de Montluçon à Estagel.
13:01Alors, Montluçon,
13:02certes, c'est une petite ville
13:02du centre de la France
13:03éclatée au sol,
13:04mais il y a énormément
13:05de diversité,
13:06énormément d'immigration,
13:07énormément de gens différents.
13:09Et en fait,
13:09quand je me suis retrouvée
13:10à Estagel à 15 ans
13:11avec que des baptous
13:14et que des gens en plus
13:16qui étaient anti-religions,
13:17tout ça et tout,
13:18parce que je m'étais déjà
13:19convertie à l'islam
13:19à 13 ans.
13:21Donc, je me suis retrouvée
13:22vraiment à 15 ans
13:23dans un monde
13:23qui n'était pas du tout bien
13:25et j'ai étouffé.
13:26Ce qui est,
13:26c'est que j'ai passé mon brevet.
13:28J'ai eu mon brevet,
13:28en fait, je suis partie.
13:30Il faut savoir
13:30que je n'avais jamais redoublé.
13:32Et en fait, ma mère,
13:32elle m'a laissée partir
13:33parce que j'ai rencontré
13:34une fille sur Facebook,
13:35Estelle.
13:36Mouah !
13:37Gros bisous,
13:37ma petite Estelle.
13:38Du coup, en fait,
13:39on a sympathisé
13:40et à l'époque,
13:40on était innocente
13:41en fait, on avait 15 ans.
13:42Elle, elle habita à Limoges.
13:43Rien à voir de mon Lucien,
13:44même si c'est à côté,
13:45mais mon petit chéri
13:46de la base,
13:48il habitait à Limoges.
13:48Je voulais me rapprocher de lui.
13:49Bon, au final,
13:50je suis partie à Limoges,
13:50je ne l'ai jamais redoublé.
13:51Mais bon, bref,
13:51là n'est pas l'histoire.
13:52Du coup, cette fille,
13:53j'ai commencé à sympathiser avec elle
13:54et en fait, ma mère,
13:55pour se débarrasser de moi,
13:56en fait,
13:56parce que mon comportement,
13:57il était trop hargneux.
13:59En fait, moi,
13:59je ne supportais pas
13:59de voir son amant chez nous.
14:01Je ne supportais pas tout ça.
14:02Mon beau-père,
14:03je venais tous les deux week-ends
14:04et puis, il fallait que je me taise.
14:05Et puis, tout le monde me disait,
14:06ouais, ce n'est pas tes histoires
14:07parce que c'est des histoires d'adultes.
14:08Mais en fait, à 15 ans,
14:09tu es totalement consciente
14:10de ce qui se passe devant toi.
14:11Et enfin, voilà,
14:12c'était un milieu trop, trop malsain.
14:14Du coup, ma mère,
14:14elle m'a autorisée
14:15à partir chez cette fille
14:16qu'on ne connaissait pas.
14:18Elle a signé une dérogation
14:19pour sa mère.
14:20Elle a dit, oui,
14:21je laisse ma fille
14:22à cette dame
14:23pendant six mois
14:24et je m'engage
14:25à lui donner
14:25les allocations
14:26que j'ai pour elle.
14:27En gros, ma mère,
14:28elle lui donnait, je crois,
14:2850 euros ou 100 euros par mois
14:30et ça a duré
14:31très, très peu de temps.
14:33Là, je me suis retrouvée
14:33à Limoges
14:34pendant plusieurs mois
14:35chez cette fille
14:37que je n'oublierai pas.
14:38Franchement,
14:38ils m'ont accueillie
14:39avec le cœur ouvert
14:39malgré qu'ils avaient
14:40eux-mêmes des problèmes.
14:42Son papa,
14:42il habitait à la ZUP.
14:43Sa maman,
14:44elle avait aussi des soucis.
14:46Donc, enfin,
14:48je suis franchement
14:49très gentille
14:49de leur part
14:50de m'avoir accueillie.
14:50Bien sûr,
14:51toute bonne chose
14:51à une fin.
14:52À un moment donné,
14:52ces gens-là,
14:53ils avaient d'autres problèmes
14:57qui n'étaient pas leurs filles.
14:59Donc, à un moment donné,
14:59je me suis retrouvée
15:00à la rue.
15:00Je ne sais plus pourquoi,
15:01ce qui s'est passé et tout,
15:02mais en tout cas,
15:03je suis toujours en contact
15:04avec Estelle.
15:05Donc, je ne pense pas
15:06que c'était quelque chose
15:06de si grave,
15:07mais ça devait être
15:08peut-être un petit conflit,
15:08vous savez,
15:09de 15 ans,
15:10un truc ridicule.
15:11À partir de ce moment-là,
15:12je me suis retrouvée
15:13du coup à la rue,
15:14à Limoges.
15:15Ça a été aussi
15:16très, très dur.
15:17On était un groupe de jeunes
15:18environ 10-15
15:20et on était assez soudés,
15:22à vrai dire.
15:23On était plusieurs
15:23dans la même situation,
15:24des gens qui fument,
15:26sinon des jeunes majeurs
15:27qui, du coup,
15:27n'avaient pas de solution.
15:28On était beaucoup,
15:29vous savez,
15:30les troupes à la gare,
15:31en fait,
15:31qui font la manche.
15:32Il y en avait beaucoup
15:33qui faisaient des arrachés.
15:34J'ai vu énormément
15:35de violence devant moi aussi.
15:37J'ai vu des choses
15:38que je n'aurais jamais dû voir.
15:40J'ai vu des gens en sang,
15:41j'ai vu des gens vraiment
15:42dans des...
15:44La violence,
15:44moi, maintenant,
15:45je ne peux plus.
15:46Même si des fois,
15:46j'ai encore des petits
15:47excès de colère,
15:48malheureusement.
15:48Cette histoire,
15:49ça a duré quasiment un an
15:50que j'étais à la rue à Limoges.
15:51Voilà,
15:51je l'avais abondé.
15:53C'était les prostituées
15:53de la gare
15:54parce qu'il y a un énorme
15:55réseau de prostituées,
15:56des prostitutions à Limoges,
15:57à la gare.
15:58Je m'en rappellerai toujours
15:58à chaque fois.
15:59Elles étaient dans
15:59leur petit camion
16:00ou leur truc.
16:01Et en fait,
16:02quand elles voyaient
16:03que j'étais une petite
16:03et tout,
16:04je ne sais pas,
16:05elles faisaient grave
16:05attention à moi.
16:06Elles me donnaient
16:07tout le temps de l'eau.
16:08Je veux dire,
16:09c'était vraiment
16:09des gentilles femmes.
16:10Elles ont vraiment
16:11pris soin de moi.
16:11Quand voilà,
16:12au bout d'un moment,
16:13j'en ai eu marre
16:13de faire la manche,
16:14d'être arrêtée
16:15par la police.
16:16Préciser,
16:16je ne juge pas du tout
16:17ceux qui s'assoient
16:18par terre,
16:18par la manche et tout.
16:19C'est vrai que moi,
16:20j'ai toujours eu la chance
16:20d'être un minimum mignonne
16:22et tout.
16:22J'ai toujours plutôt opté
16:24pour la carte de
16:25« Ah, salut,
16:26vous n'avez pas
16:26un euro pro de bus
16:28» ou quelque chose
16:29comme ça.
16:29De ce moment-là,
16:30j'ai demandé de l'aide.
16:32Je suis allée au commissariat,
16:33je leur ai dit
16:33« Écoutez,
16:33voilà,
16:34moi,
16:34je suis des Pyrénon-Orientales,
16:36j'aimerais descendre
16:37dans le sud,
16:40blablabla. »
16:40Il faut savoir qu'entre-temps,
16:41mes frères aussi
16:42ont été replacés.
16:43Il n'y avait pas que moi
16:44comme souci.
16:45Mes frères ont pété un câble
16:47pour les mêmes raisons
16:47que moi.
16:48Les enfants négligés,
16:49on était mal habillés.
16:53Mes frères,
16:54leurs cheveux,
16:55ils n'étaient pas coupés.
16:56On pouvait prendre une douche
16:56qu'une fois par semaine
16:57pour économiser l'eau.
16:59C'était plein de choses
17:00comme ça.
17:0018 ans,
17:01je pense que j'ai dû manger
17:01peut-être trois fois
17:03McDo dans ma vie.
17:04Et encore,
17:05c'est un mal pour un bien,
17:06mais ça crée des frustrations
17:07et ça crée aussi...
17:08On a tous,
17:09tous,
17:09tous,
17:10tous mes frères et moi,
17:11pour le coup,
17:11sans exception,
17:12on a tous des troubles
17:13du comportement alimentaire.
17:15Genre,
17:15vraiment,
17:16tous.
17:16Bref,
17:17du coup,
17:18à ce moment-là,
17:19ils m'ont rapatrié
17:19dans le sud.
17:20Avant ça,
17:21je suis restée une semaine
17:22sur Limoges
17:22dans une famille d'accueil
17:23d'urgence
17:23qui d'ailleurs,
17:25je les retiens
17:25parce que franchement,
17:26c'était des gens incroyables.
17:28Ils m'ont fait passer
17:29une semaine
17:30où je pense que j'étais
17:31juste une adolescente.
17:32Ils m'ont écoutée.
17:34Par exemple,
17:34je voulais manger.
17:35C'est la première fois
17:36que j'allais faire manger,
17:36je m'en rappelle.
17:37Ils avaient accepté
17:39que je fasse une petite tarte
17:40avec des pommes de terre,
17:41de la crème fraîche,
17:42du saumon.
17:43Bref,
17:43ils m'avaient acheté
17:43tout ce que je voulais
17:44et bref,
17:45je ne me rappelle plus
17:46leur nom.
17:47Mais c'est des gens
17:48que je sais
17:49que je m'en peux passer
17:49un bon moment
17:50et je les remercie
17:52parce que c'était déjà
17:53très dur pour moi.
17:54J'avais déjà très peur
17:54d'où c'est que j'allais
17:55tomber à Perpignan.
17:56C'est un moment à la rue,
17:57j'étais d'une maigreur extrême.
17:59Vraiment,
17:59c'était très dur.
18:00Oui,
18:01à Limoges,
18:01la police nous a arrêtés
18:02plusieurs fois aussi.
18:03Donc en vrai,
18:04on a été placés
18:04plusieurs fois dans des foyers
18:05mais c'était des foyers
18:06tellement glauques
18:07si vous saviez que
18:08même vous,
18:08vous auriez fugué
18:09parce qu'à chaque fois,
18:10on blâme les jeunes
18:11qui fuguent
18:12mais je vous assure
18:12que ça dépend des départements.
18:13Il y a des départements
18:14qui sont tellement insalubres,
18:16tellement violents
18:17avec les jeunes
18:18que vous ne pouvez pas
18:20comprendre
18:20tant qu'ils n'y aident pas.
18:22Ensuite,
18:22je suis arrivée
18:23à Perpignan.
18:25Ils m'ont placée
18:25dans un foyer
18:26à la ville à Juventude.
18:27D'ailleurs,
18:29j'aimerais bien comprendre
18:30les services sociaux aussi
18:31du langue d'accrusion
18:32parce que je ne comprends pas
18:33pourquoi
18:34tu mets une villa
18:36pour jeunes
18:37entre 15 ans
18:38et 18 ans
18:40collés
18:40à une rue
18:41d'une cité.
18:42Je trouve ça
18:43tellement stupide.
18:44Mais stupide,
18:45mais genre à un point.
18:46Déjà,
18:46pour se droguer,
18:47c'est très facile.
18:48On allait acheter
18:49notre petit goût
18:50directement.
18:50D'ailleurs,
18:51c'est à cette période-là
18:51que j'ai commencé
18:52à devenir addicte au cannabis
18:53et que je le suis encore
18:5515 ans après.
18:56Savoir que j'étais la seule
18:57qui était scolarisée
18:58sur plus de 10 personnes.
19:01Et du coup,
19:02au lycée,
19:03je fumais tout le temps.
19:04Au foyer,
19:04je fumais tout le temps.
19:05C'est comme ça
19:05que je suis tombée
19:06un petit peu dans la fumette.
19:07Je vous ferai un jour
19:08une autre vidéo explicative
19:10aussi de comment j'essaye
19:11de vaincre mon addiction.
19:12C'est super dur
19:13puisque mon cerveau
19:14s'est construit avec.
19:15Je vais plutôt passer
19:16une bonne année de foyer.
19:17Sincèrement,
19:17en vrai,
19:17c'était ghetto,
19:19mais c'était sympa.
19:20En vrai,
19:20on rigolait bien.
19:21C'était l'insouciance
19:22et tout.
19:22Franchement,
19:23c'était top.
19:24Jusqu'au jour
19:25où en fait,
19:25pareil,
19:26le chef de service
19:27de Perpignan
19:27a décidé
19:28que comme j'étais
19:29la seule scolarisée
19:30du foyer,
19:31il fallait me mettre
19:32au foyer
19:33des bonnes sœurs
19:34à la villa du cube.
19:36C'est ça,
19:37le château du cube,
19:38je ne sais pas quoi,
19:38là vers le soleil.
19:39Je me suis retrouvée
19:40chez les bonnes sœurs,
19:41les gars.
19:42C'est très dur pour moi
19:43qui était déjà
19:44terre-terre.
19:45Vous voyez,
19:45c'était un petit peu,
19:46moi j'étais déjà
19:46un petit peu,
19:47c'était un peu la street.
19:48Et là,
19:49je me suis retrouvée
19:50chez les bonnes sœurs.
19:51Autant vous dire
19:51que ça a été
19:52un millième traumatisme
19:54en fait
19:54parce que j'avais
19:55mes copines,
19:55j'avais encore fait
19:56mes marques,
19:57il ne me manquait
19:57même pas un an
20:00pour être majeure.
20:02Eh ben non,
20:03ils ont voulu me changer.
20:04Eh ben voilà.
20:05Et comme moi,
20:05je déteste
20:06et en fait,
20:07je pense qu'à cette période-là,
20:09je ne supportais plus
20:10qu'on me prenne
20:11pour un objet
20:11et qu'on me transporte
20:12d'un endroit
20:13à un endroit
20:14comme si ma vie
20:14ne valait rien,
20:15qu'on ne me demandait
20:16même pas mon avis
20:17alors que je tenais
20:18quand même ma scolarité.
20:19Elle n'était pas parfaite
20:20mais je la tenais.
20:21Eh ben non,
20:22eux,
20:22ils ont voulu en faire
20:23qu'à leur tête.
20:24C'était insupportable.
20:25À partir de ce moment-là,
20:26c'est simple,
20:26j'ai décidé de fuguer
20:28tout le mois de juillet-août
20:29à mes 17 ans
20:29parce que moi,
20:30j'ai eu 17 ans en mai.
20:32J'ai fugué
20:33tout le mois de juillet-août
20:34et tout.
20:34En fait,
20:34quand je suis revenue
20:35à 17 ans,
20:3717 ans encore
20:38parce que septembre,
20:39j'avais encore 17 ans
20:40pour qu'ils me payent
20:41mes fournitures scolaires
20:42et qu'ils me payent
20:43du coup ma carte de bus,
20:45ils m'ont dit
20:46mademoiselle,
20:47vous n'êtes plus
20:47dans les effectifs.
20:49Sauf que du coup,
20:50j'étais dans les effectifs
20:51de nulle part
20:53puisque ma mère
20:53n'avait pas ma garde
20:55et je n'étais plus
20:57dans leurs effectifs
20:57soi-disant.
20:58Moi,
20:59maintenant,
20:59je pense plutôt
20:59qu'ils ont gardé
21:01l'argent de mon placement
21:01et qu'ils l'ont détourné
21:03et que je ne sais pas où il est.
21:04Je pense qu'ils m'ont volé,
21:05clairement.
21:05Le chef de service de l'époque,
21:07je ne me rappelle plus son nom
21:09mais je suis quasiment sûre
21:11qu'ils m'ont volé.
21:11En tout cas,
21:12tout ce qui est sûr,
21:13c'est que pareil,
21:13si un jour,
21:14j'étais bien accompagnée
21:15par des associations,
21:16si j'étais bien accompagnée
21:17par des avocats,
21:18peut-être que j'attaquerais
21:19l'État
21:20parce que,
21:21tout simplement,
21:22ils n'ont pas su
21:23me protéger.
21:24Je me suis retrouvée
21:24à la rue
21:25à 17 ans,
21:26du coup,
21:27puisqu'ils m'ont dit
21:27tu n'es plus dans les effectifs
21:28sauf que du coup,
21:29je n'avais nulle part
21:30où aller.
21:30Donc,
21:31chez ma type,
21:32de la plupart des jeunes filles
21:33de voyer,
21:34je me suis retrouvée
21:34à la rue
21:35par une petite cochale.
21:36Commençait du coup
21:38à continuer à faire la manche,
21:39tout ça.
21:40Et j'ai rencontré
21:41à cette période-là
21:42du coup,
21:42avec une copine,
21:42vous croyez,
21:43on est parti dormir
21:43chez un ami à elle
21:44et j'ai rencontré
21:45mon ex de l'époque
21:46qui du coup,
21:47m'a frappée pendant 4 ans.
21:48Voilà,
21:48c'était ma première relation
21:49après mes 17 à mes 21 ans.
21:51Mais je vais arrêter
21:52après à 18 ans,
21:52comme ça,
21:53je vous referai
21:53d'autres vidéos
21:54sur ma vie.
21:55Mais voilà,
21:56ça a été un schématique.
21:57Voilà,
21:57je me suis retrouvée
21:57à la rue
21:58comme une merde
21:58et après,
22:00je n'ai plus jamais
22:00eu de nouvelles,
22:01à vrai dire,
22:02des services sociaux.
22:03Je suis partie,
22:03voilà.
22:04Et à l'époque,
22:05il n'y avait pas encore,
22:05vous savez,
22:07le site où tu peux récupérer
22:08certaines choses à toi,
22:09tout ça et tout,
22:10ça a été mis en place
22:11que pour ceux
22:11qui sont nés après 98
22:13et je suis née en 95.
22:14Bref,
22:15mon argent,
22:15il a été détourné,
22:16j'en suis persuadée
22:17et ce,
22:18pendant des années.
22:19Perpignan,
22:20je pense que c'est
22:20des très très gros voleurs
22:21de subventions,
22:22mais bon,
22:22soit on n'était pas nourris
22:25à la Village Ventude,
22:26on mangeait des trucs
22:28en barquette,
22:29c'était horrible.
22:31Les logements,
22:31ils étaient complètement insalubles.
22:33Je ne vais même pas vous parler
22:35de la maltraitance
22:36qu'on a subie là-bas,
22:37je ne vais pas vous parler
22:37des éducateurs
22:38qui s'en prenaient tout le temps
22:40à une fille
22:40que d'ailleurs je déteste
22:41mais qui était orpheline
22:43et même si je ne l'aime pas
22:44à titre personnel,
22:46c'est des gens
22:47qui lui ont fait la misère
22:48parce que c'était une orpheline
22:50et qui savaient pertinemment
22:52qu'elle n'avait pas
22:53de gens qui pourraient la défendre.
22:55Une éducatrice,
22:55pareil,
22:55qui a recroisé
22:56une autre copine à moi
22:58un jour
22:59qui était avec moi au foyer
23:00et qui a dit
23:00« Ah Camille,
23:01tu diras bonjour,
23:02pas du tout.
23:03Pas du tout.
23:04Je ne vous pardonnerai jamais.
23:05Vous aviez plus de 30 ans,
23:06vous avez mon âge,
23:07vous vous emprenez
23:07à des gamines de 16 ans,
23:0917 ans. »
23:10Non,
23:10plus jamais.
23:11Je crée aussi une vidéo
23:12sur comment on se sent
23:13en tant qu'enfant
23:14qui est toujours placé,
23:15qui est toujours différent
23:16par rapport aux autres
23:17parce que c'est quelque chose
23:18aussi que moi personnellement
23:20j'ai très mal vécu.
23:21On a toujours été considérés
23:22comme les personnes
23:22avec qui il ne faut pas traîner,
23:24les personnes qui sont mauvais
23:27alors que pas du tout.
23:28Je n'ai plus de stockage,
23:29il faut que j'arrête
23:30mais j'espère que mon témoignage
23:32en tout cas vous aura plu.
23:34Je n'arrive pas
23:34à gérer l'addiction toute seule,
23:36je n'arrive pas à arrêter.
23:37J'ai des traumatismes
23:37qui sont trop gros,
23:39ça veut dire
23:39quand j'arrête de fumer par exemple.
23:41Mes nids,
23:41elles sont horribles,
23:42je vous jure,
23:42les cauchemars que je fais,
23:43ça me rappelle
23:44quand je me suis fait enlever,
23:45quand j'étais petite,
23:46quand je me suis fait ver.
23:47ça me réveille tout le temps.
23:49J'entends-tu le chant joyeux ?
23:54Jésus sauve aujourd'hui.
23:57Il retentit en tout lieu.
24:00Jésus sauve aujourd'hui.
24:04C'est un cri de délivrance,
24:08un cantique d'espérance
24:11qui remplit l'espace immense.
24:15Jésus sauve aujourd'hui.
24:19Jésus sauve aujourd'hui.

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