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  • 2 weeks ago
Transcript
00:01Salut les internautes, bonjour, bonsoir. Je m'appelle Lucien Jean-Baptiste, j'ai 42 ans.
00:07Je réfléchis un petit peu pour savoir mes origines à l'âge de 3-4 ans. Parcours classique, Paris,
00:16banlieue, événement, et puis un jour j'en ai eu marre, je me suis dit qu'il fallait que je
00:19vive mes
00:19rêves et donc je suis allé au cours Florent à 30 ans et maintenant ça fait dix ans que j
00:26'oeuvre
00:26bête et saine. Jean-Baptiste, je vous remercie infiniment d'avoir été sensible à l'idée
00:31d'Hervé, accueillir au sein de notre entreprise des personnes dites différentes. C'est tout à fait
00:35normal. D'ailleurs c'est aujourd'hui que nous recevons notre nouvel recrut, je vais le chercher
00:39à la réception et puis on vous attend pour la photo avec la presse locale. Oui, d'accord. Surtout qu
00:45'avec
00:45les subventions allouées, on pourra refaire le hall de l'immeuble. Je suis très content de cette
00:51expérience parce que pour la première fois j'étais pas dans un rôle, je dirais, stéréotypé. J'étais
00:59le psy de la boîte, c'était une nouvelle aventure donc je remercie encore Solo et le Bolog de m
01:04'avoir
01:04fait confiance sur Caméra Café mais malheureusement c'est arrivé une période où j'ai commencé à travailler
01:12un peu au cinéma. Donc savoir qu'avec la première saison Caméra Café on mettait quelque chose en route, donc
01:20une
01:20organisation, une façon de fonctionner etc. Et ça prenait beaucoup de temps et moi il me fallait du
01:25temps pour faire autre chose et du coup malheureusement j'étais obligé d'arrêter, mais pour faire autre chose quoi.
01:32Il n'y a pas de... mais c'est vrai que je me suis quand même bien marré mais à
01:35un moment bon ben parce que la télé ça prend beaucoup de temps donc donc fallait que je passe à
01:40autre chose quoi.
01:40Et puis moi j'ai besoin de m'exprimer et là c'est vrai que c'était toujours des petites
01:45pastilles, des petits trucs comme ça. Alors peut-être que j'ai pas eu la patience mais je regrette absolument
01:49pas
01:50puisqu'après il y a eu plein d'autres choses quoi. Donc on peut considérer que j'ai une sorte
01:54de guest, tu sais, sur Caméra Café quoi, voilà.
02:01Parmi toutes les choses au collège qui pouvaient marquer notre vie à tout jamais, se faire des amis, passer des
02:06contrôles, il y en avait une seule qui pouvait vraiment la changer, c'était la photo de classe.
02:10Si votre photo était réussie, tout le monde vous trouvait superbe et toutes les filles en voulaient une.
02:15J'en ai une !
02:16Alors ben Will Smith dans Wide Wide West et La Légende de Bagovance, voilà, c'est deux extrêmes, très bien.
02:23Après j'ai rendu à César ce qui appartient à César, Greg Germain qui me fait divinement bien.
02:30Martin Lorenz, que les gens le connaissent, enfin les gens le connaissent parce qu'il a fait Bad Boys, tout
02:33ça, mais surtout à travers Big Mama.
02:36Il y a aussi Chris Rock, voilà, c'est un peu ceux que je double régulièrement, Chris Rock.
02:43Et puis il y a une série qui s'appelle House où il y a Omar Epps et lui je
02:51l'ai doublé quelques fois, voilà.
02:53Ah non, mais il y a Don Chidal aussi. Ah ouais, Don Chidal, oui, je le fais pas mal. L
02:56'Hôtel Rwanda, là je vais faire son prochain film, je l'ai fait dans Collision, voilà.
03:01Chose très différente. Mais j'ai fait aussi, comment il s'appelle, Ice Cube. Oh là là, j'en ai
03:04fait trop, je me cache. Arrêtez, c'est lui ! Ah non !
03:08Non, non, mais j'ai fait Ice Cube ou Ice T, je sais plus comment il s'appelle. C'est
03:11qui fait avec les gamins, là. C'est Ice Cube ?
03:15Qui est super mou, là. Chaque fois, il faut que je dynamise un peu, parce que le mec il est
03:20tellement mou en anglais. Excuse-moi Ice, il fait me, man, no, yo.
03:26Donc voilà, et puis il y a quelques-uns comme ça, quoi.
03:30Faroski avec les enfants. Où tu vas au ski ? Non, c'est pas vrai. Ah, bien, bien, bien. Bon
03:34alors, en fait, l'Euromillion, c'est vous, quoi ?
03:36Partez quand, comment ? Bah, avec ta caisse. Hein ?
03:44Ah ! Eh, mais t'as dit idée ! Foufou ! Il est con, ça n'est. Eh, Faroski !
03:53Ah, c'est bien l'idée de nana, ça. Ben, tu dis ça, frère. De toute façon, c'est pas
03:57elle, c'est moi.
03:59Comment ça, c'est toi ?
04:01J'ai promis.
04:02Oh, putain, DJ, DJ, qu'est-ce que je t'ai dit ?
04:04Ça ne vaut rien les promesses, arrête ça ! Tais-toi, juste tais-toi.
04:08Mais t'as rien à faire à la neige.
04:09Et puis c'est cher, là-bas. Comment tu vas faire pour y aller des jeux ?
04:12Avec ta caisse.
04:14Bah, déjà, tu restes correct, ok ? C'est pas une caisse, ça.
04:17C'est même pas une voiture. Oh, s'il te plaît, s'il te plaît.
04:20Trois franchement, six cylindres.
04:22600 heures de main-d'oeuvre, sans compter le turbo, T3, arrivée directe de Hong Kong.
04:26Juju, tu crois que ça lui ferait plaisir à ta mariage d'apprendre que t'as déjà une petite famille
04:29aux Antilles ?
04:34J'suis dans la merde, Juju. T'es mon seul ami.
04:37Si j'emmène pas les gamins au ski, Suzy, elle se barre.
04:39Et si je les emmène, elle se barre aussi.
04:42Eh ben ouais, c'est compliqué.
04:43En France, pour qu'il y ait un noir dans un film, il faut que sur le scénario il y
04:50ait écrit noir.
04:51Voilà. Il faut qu'il y ait écrit noir.
04:52Bien que les choses soient en train de changer, les choses sont en train de changer tout doucement.
04:59Mais au départ, et c'est une règle qui reste encore valable malheureusement, je dirais à 70-90% des
05:04cas,
05:05il faut qu'il y ait écrit ou Mamadou Diop ou Patrick entre guillemets noir.
05:11Ou quand ils veulent pas mettre noir, ils mettent Patrick Antillais.
05:14Mais moi, encore une fois, j'ai de la chance parce que souvent, dernièrement, j'ai fait une série pour
05:17France 2.
05:19Mon personnage, ben alors là, c'était le...
05:22Le gars s'appelait Patrick, bon c'est un hasard.
05:2528 ans, jeune gars, dynamique et tout.
05:29Homosexuel, je me suis retrouvé là-dessus et bon ben, je sais pas, je l'aurais plus.
05:31Alors après, on peut considérer que si on m'a pris, c'est peut-être parce qu'il voulait mettre
05:34des noirs et tout, mais tant mieux.
05:35Enfin, maintenant, c'est comme ça.
05:36Alors, je sais qu'il y a des noirs qui s'offusquent.
05:38Oh, comment ? Tu vas faire un homo ? Nanana, nanana.
05:40Attendez les gars, je vais faire un rôle.
05:43Je suis pas en train de porter le drapeau et dire que tous les noirs sont pédés, tu vois.
05:45Mais parce que c'est ça aussi, tu sais, c'est des deux côtés.
05:50Donc oui, parce que moi, je diverge, donc faut me recadrer.
05:54Mais la comparaison avec les Etats-Unis est très difficile.
06:00Parce qu'aux Etats-Unis, on est dans un autre marché, on est dans un autre monde.
06:05Être noir aux Etats-Unis, tu es noir américain.
06:08En France, tu es noir, ça ne veut rien dire.
06:12Alors, je risque d'en choquer beaucoup, mais il y a ceux qui sont d'origine sénégalaise.
06:16Il y a ceux qui sont antillais.
06:18Il y a ceux qui sont machins.
06:19Il y a...
06:20Alors, je pense que dans 20 ans, peut-être, il y a une génération, quand on dira noir,
06:27on aura quelque chose de... on aura une image globale.
06:29Mais pour l'instant, noir en France, moi, je ne sais pas, mais...
06:37J'ai des copains d'origine sénégalaise qui n'ont rien à voir avec d'autres qui sont d'origine
06:41camerounaise,
06:42qui ont d'autres trucs, d'autres affinités, etc.
06:45Il y a les Antillais, c'est encore autre chose.
06:48C'est dur d'avoir une unité comme ça.
06:51Alors, tu vois, moi, des fois, il y a les mecs qui sont sympas dans le scénario.
06:53Ils mettent, ouais, j'ai mis un rôle de noir.
06:55Mais ils ont mis le rôle de...
06:57Mamadou Diop qui arrive du Congo, je ne sais pas quoi.
07:01Moi, je lui dis, je ne sais pas, moi, ça...
07:04Ouais, mais tu peux le faire et tout.
07:08Écoute...
07:09Alors, mais moi, j'aurais peut-être plus de facilité à faire Roger, la saucisse...
07:14Tu vois, non mais...
07:15Tu vois, qui viennent de Belleville que faire...
07:19Tu vois, c'est tout ça, noir, aujourd'hui, c'est...
07:23Donc, aux États-Unis, eux, ils ont ce truc.
07:25Noir américain, c'est noir américain.
07:27Et puis, il faut savoir qu'il y a une vraie industrie là-bas.
07:29Et puis aussi, il y a un vrai public, un vrai marché.
07:33En France, si moi, je fais quelque chose au cinéma,
07:36il n'est pas dit que toute la communauté camerounaise ou sénégalaise
07:41viennent me voir parce qu'ils ne vont pas se retrouver en moi.
07:43Peut-être, si je fais un film sénégalais,
07:45ah, ils vont dire, ah, là, on va voir le pays, quoi.
07:47Tu vois où...
07:49Je crois qu'on a aussi ce problème de public, nous, comédiens noirs.
07:54C'est-à-dire que les gens pensent, quand un noir fait un truc,
07:57il y a tous les noirs qui...
07:58Mais non, mais non, mais non.
07:59Moi, j'ai joué au théâtre des pièces ou ça.
08:01Je disais à des gars du...
08:03J'habite à Barbès, ils me disent, bon, ils s'en foutent, quoi.
08:07Et puis, si, si, il y a un travail énorme à faire.
08:10Parce que c'est vrai qu'on a...
08:11Il y a un petit retard, quoi.
08:14C'est-à-dire que moi, ma famille, des fois, je leur dis, je joue au théâtre,
08:17ils mettent du temps à venir, tu vois.
08:18Mais pour regarder Foucault où ça battait à la télé, ça...
08:23Ça, il n'y a aucun problème, tu vois.
08:24Il faut dire les choses, hein.
08:25C'est...
08:27Je pense qu'il y a un gros travail à faire.
08:29Mais là-dessus, les Américains sont en avance parce que, aussi,
08:34il y a eu, entre les noirs américains et donc les blancs américains,
08:39il y a une vraie rupture.
08:40On a dit, on ne se mélange pas.
08:42Donc, à partir du moment où il n'y a pas d'hypocrisie,
08:45le gars, il te dit, tu es un enculé, tu es un enculé,
08:46on est des enculés, on ne se parle pas.
08:48Ben, toi, tu te retrouves avec tes potes et tu te dis, qu'est-ce qu'on fait ?
08:50Ben, on va faire nos films.
08:52Puisque les blancs, ils ne veulent pas nous faire jouer.
08:54Ben, on va faire nos films avec notre public, avec nos producteurs,
08:57avec nos machins et on va faire notre petite salade à nous.
09:00Mais comme en France, c'est l'hypocrisie totale, qu'on dit,
09:04mais non, nous, on vous aime.
09:05Il n'y a pas de problème.
09:08Reste bien endormi.
09:10Ne, n'avance pas.
09:11On va te donner le RMI.
09:13Non, non, on vous aime bien.
09:15On ne vous a jamais mis à l'arrière des bus.
09:17Alors le noir, il dit, oh ben non, je suis bien.
09:19Donc, il n'y a pas de rupture, il n'y a pas de fêlure.
09:21Il ne se rend même pas compte qu'on est en train de l'amadouer,
09:24de l'endormir.
09:25Donc, il se dit, bon ben voilà.
09:26Alors effectivement, on pourrait dire que j'ai un discours communautariste,
09:30que si les Noirs étaient entre eux, ils avaient...
09:32Je ne veux pas être un communautariste, mais je dis que malheureusement,
09:36il va falloir qu'on se prenne en main, qu'on se dise, bon les gars,
09:38s'ils ne veulent pas nous faire travailler,
09:39eh ben, on va se réunir et puis on va faire nos trucs
09:42pour essayer d'avoir une production cinématographique noire.
09:45Qu'est-ce que tu veux faire ?
09:46Voilà.
09:46Ou essayer de faire un cinéma avec, comme je vais essayer de faire moi,
09:50un cinéma métissé où je vais mettre des blancs, des noirs, voilà.
09:53Et tous ces gens vont avancer ensemble dans une histoire.
10:19Sous-titrage Société Radio-Canada
10:24Sous-titrage Société Radio-Canada
10:26Sous-titrage Société Radio-Canada
10:27Sous-titrage Société Radio-Canada
10:52...
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