00:007h54, La Politique avec vous, Paul Sujit, journaliste au Figaro. Bonjour Paul.
00:04Bonjour Romain.
00:04Un gamin fait parler de lui depuis plusieurs jours, il s'appelle Hamza.
00:08C'est une, comment dire, c'est un jeune turbulent qui rend la vie impossible aux gens près du canal
00:15Saint-Martin.
00:16De quoi cet individu est-il en quelque sorte le symbole ?
00:20Je vous avais proposé de dire que c'était une petite racaille.
00:22Vous n'avez pas voulu le dire, mais je vais le dire à votre place.
00:23Effectivement, c'est une petite racaille qui est amusante, il faut bien le dire, parce qu'il a du bagou,
00:27il est culotté.
00:28On ne sait pas très bien face à lui s'il faut en rire, en pleurer ou s'en indigner,
00:32et sans doute en réalité un peu les trois à la fois.
00:34La magie de l'actualité, c'est que parfois un événement, une figure, semble tellement ciselée dans ses détails qu
00:39'on le croirait fait pour exprimer allégoriquement toute l'époque.
00:41En l'occurrence, c'est vrai que les effronteries répétées de cette petite frappe d'Hamza sont quand même un
00:45condensé de tout ce qui nous fait défaut pour vivre dans une société apaisée.
00:49On est un peu au théâtre, il y a une unité de lieu, c'est le canal Saint-Martin de
00:51temps, les quelques jours de canicule.
00:53Les personnages sont d'une simplicité biblique, il y a même un génie dans la façon dont ils ont été
00:57pensés.
00:57Le personnage principal, c'est donc cette racaille grassouillette qui se fait appeler la douane, parce qu'il arrête les
01:01vélos et les véhicules comme les douaniers.
01:03Et face à lui, vous avez le cœur des riverains, le cœur des passants, le cœur des policiers.
01:07Tout ce qu'on sait sur ce garçon mériterait qu'il ait reçu une sérieuse correction, et ce depuis un
01:11moment.
01:12Il était défavorablement connu des services de police depuis des années, vendeur de mortilles d'artifice sur les réseaux sociaux
01:17à 16 heures perdues,
01:18interpellé ces derniers jours à plusieurs reprises, on le voit même sur une vidéo, s'échapper de la voiture de
01:22police pour aller renager dans le canal Saint-Martin.
01:25Bon, nous ne savons pas traiter la délinquance des mineurs, en voici une preuve flagrante.
01:31Ça c'est fou, on l'a vu sur des vidéos, s'échapper de cette voiture de police alors qu
01:36'il venait d'être arrêté.
01:37Oui, en fait, lui, il voit ça comme un jeu, évidemment.
01:39Alors, ça n'est pas d'abord à la police de s'occuper d'un garçon comme lui, qui embête
01:43le monde avec son pistolet à eau.
01:44Dieu merci, on n'envoie encore pas les enfants en prison pour ça.
01:48Mais ce qu'on aimerait entendre depuis le début de cette histoire, dans les haut-parleurs, vous savez, comme au
01:51supermarché quand on a perdu son enfant,
01:53c'est les parents du petit Hamza sont priés de venir chercher leur sale garnement à l'accueil du commissariat.
01:58Parce qu'au fond, c'est ça. La réalité, c'est où sont les parents de cet enfant délinquant.
02:02On aimerait vivre dans un pays où l'on sait siffler la fin de la récréation.
02:06Là, le moment est venu, mais les parents ne sont pas intervenus depuis le début de sa trajectoire délinquante.
02:10C'est le symptôme de la disparition de l'autorité.
02:13Oui, et cette autorité, il va falloir la rétablir étape par étape.
02:15La famille, donc, qu'il faut responsabiliser, j'en parlais à l'instant.
02:18L'école, comment se fait-il qu'il ne soit pas à l'école ?
02:21Ce garçon, je crois qu'au mois de juin, on avait encore cours.
02:23En réalité, on a laissé, à force de souplesse et de laxisme,
02:26on a laissé ces faciles idées que l'école était obligatoire pour tous,
02:30parce qu'on ne sait pas, sanctionner correctement un garçon ou une fille d'ailleurs,
02:33enfin un enfant, qui multiplie les absences répétées.
02:36Et évidemment, ensuite, le système qui permet d'appréhender pénalement les mineurs
02:39lorsqu'il y a des actes de délinquance répétés.
02:41En l'occurrence, ici, on parle quand même de violences aux personnes
02:42et d'actes de dégradation, de vandalisme.
02:45C'est pour ça qu'il a été interpellé à plusieurs reprises.
02:47Et là encore, on ne sait pas quoi faire de ces mineurs,
02:49à la fois trop gentils pour être traités comme des méchants
02:51et en même temps trop insupportables pour qu'on les laisse faire comme si de rien n'était.
02:55Voilà un petit peu tout ce qu'il faudrait commencer par faire
02:57si on voulait qu'il y ait un peu plus d'autorité dans ce pays.
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