- il y a 9 minutes
L'adolescent a été roué de coups et laissé pour mort le vendredi 19 juin dernier avant qu'il ne succombe de ses blessures quatre jours plus tard, le 23 juin. Le procureur de la République de Narbonne a écarté le "motif d'ordre racial" après la violente agression de Louis à Narbonne.
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00:00Je voudrais tout de suite que l'on accueille en direct Nicolas Hervé, qui est en direct avec nous.
00:05Vous êtes le père de Louis.
00:08D'abord, Nicolas Hervé, sachez qu'évidemment, on pense très très fort à vous, à votre famille.
00:13On a tous été bouleversés par les images insoutenables, la vidéo de la mort de votre fils lynchée.
00:22D'abord, dites-nous, vous avez choisi BFM TV ce matin pour rendre hommage à votre fils.
00:26Comment vous aviez appris, comment vous avez appris, comment vous avez su pour votre fils ?
00:32J'ai su par sa maman à 17h, alors qu'il l'a retrouvé à 9h.
00:41Il a fallu qu'on aille à Perpignan pour aller le voir tout de suite, parce qu'ils attendaient pour
00:46pouvoir l'opérer.
00:49Parce que quand ils l'ont retrouvé, ils l'ont déclaré SDF, parce qu'il n'avait pas de papier
00:52sur lui.
00:55C'est le temps qu'ils vous retrouvent, qu'ils retrouvent le contact de la maman, votre contact à vous.
01:05Quand vous êtes arrivé, il respirait encore ?
01:09Oui, il respirait. Il était juste inconscient avec plusieurs hématomes au cerveau.
01:19Ils attendaient pour lui faire une opération. Ils nous ont tout de suite dit qu'il y avait très peu
01:24de chances qu'il survivre.
01:26Mais comme il était très jeune, ils ont quand même tout fait.
01:31Ils l'ont opéré et l'opération s'est bien passée.
01:41Après, on est resté à son chevet pendant trois jours.
01:45Le dernier jour, ils nous ont dit que ça s'était trop aggravé, qu'ils ne pouvaient plus rien faire
01:49et qu'on lui dise adieu.
01:55Nicolas Hervé, on n'imagine pas, on ne sait pas quoi dire, on ne sait plus quoi faire, on ne
02:01sait plus quoi penser.
02:02Il y a la mort de votre fils et puis il y a les vidéos, il y a cet acharnement,
02:08cette espèce de quasi-insouciance des cinq jeunes.
02:12Ensuite, ça redouble votre peine ?
02:17C'est horrible. Surtout que mon fils était vraiment un beau garçon. Je ne comprends pas pourquoi tant de haine
02:24sur mon petit garçon.
02:27Je ne comprends pas. Surtout, je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas été informé que mon fils était
02:36harcelé.
02:37Sinon, il serait dit de rester au foyer, de ne plus bouger ou de ne plus rien récupérer ou je
02:41ne sais pas.
02:43Une semaine avant sa mort, il avait passé son week-end chez vous, Louis. Il y a beaucoup de choses
02:48à dire.
02:48On a envie de parler de lui, évidemment, mais quand il est avec vous, les quelques jours avant, il vous
02:54parle de ces violences qu'il subit ?
02:56On sait qu'en réalité, il en avait subi plus tôt.
02:59Oui, il sait. Maintenant, je sais qu'il le savait. Non, non, il ne nous a rien dit.
03:04Moi, j'ai parlé toute la nuit avec lui. J'ai été invité à la fête de la pêche à
03:09Trèbes pour faire des démonstrations et je l'avais pris avec moi tout le week-end.
03:15On a discuté toute la nuit, on a rigolé. Je me manque.
03:24C'est terrible.
03:27C'est terrible. C'est terrible. Est-ce que vous pouvez nous parler de Louis ? On va revenir évidemment
03:34sur la circonstance de sa mort, mais prenez le temps de nous parler de lui. Dites-nous.
03:39Mon fils, c'était un gentil garçon. Il faisait de la guitare. Je l'emmenais souvent à la pêche avec
03:46moi. Il voulait faire youtubeur, donc je lui ai dit, quand il était plus jeune, il voulait faire youtubeur dans
03:54des pétiches.
03:55Donc je lui ai dit, non, mais on va faire youtubeur. C'est pour ça qu'on avait créé une
03:58chaîne pour la pêche.
04:03Il faisait de la musique tout le temps. C'est la seule chose qu'il a toujours réussi, que ça
04:08l'a toujours canalisé. Parce qu'avec ses troubles, c'était compliqué.
04:15Et on avait réussi à trouver un truc pour lui.
04:19Un truc pour lui, la musique, la pêche avec vous. Vous dites, ça réussissait à le canaliser parce que c
04:27'était un enfant qui avait des troubles.
04:30C'était des âges, des troubles du comportement, des troubles de l'attention. C'est ce qui fait aussi que
04:35vous aviez du mal.
04:36Ce n'était pas forcément facile de l'avoir avec vous au quotidien. C'est ce qui fait qu'à
04:39un moment, l'aide sociale à l'enfance, vous étiez apparue comme un refuge,
04:44comme quelque chose qui allait pouvoir l'aider.
04:48Oui, ça paraissait. Jusqu'à ses 16 ans et demi, j'ai toujours su gérer ses émotions.
04:57Dès qu'il faisait une crise, je lui faisais un câlin. Ça marchait très bien, jusqu'à ses 16 ans
05:01et demi.
05:02Après, c'est un adolescent. C'est normal. Moi, je n'en ai jamais voulu.
05:08C'est quoi une crise ? Ça se manifestait comment, ces crises, Nicolas ?
05:13Ben, il tapait dans les murs, il criait.
05:21Puis comme son gros problème, c'est la frustration, il n'a jamais su la gérer.
05:31Et voilà, jusqu'à ses 16 ans et demi, j'avais toujours réussi à le calmer.
05:38Et là, ça devenait de trop souvent.
05:41Et puis, il a son petit frère, sa petite sœur, qui voyait tout ça.
05:47Il fallait bien que je trouve une solution.
05:50J'ai demandé de l'aide à tout le monde.
05:54à tout le monde. On a essayé de le mettre chez son parrain, qui est ancien militaire.
05:58On s'est dit peut-être que ça va l'aider à prendre un cadre, mais ça n'a pas
06:01marché.
06:05Voilà.
06:06Et c'est là que, finalement, vous trouvez la solution de l'aide sociale à l'enfance.
06:12Il était donc dans ce foyer.
06:14Dans ce foyer, j'ai du mal à dire le mot aide sociale à l'enfance,
06:18puisqu'effectivement, ça n'a pas protégé votre fils.
06:21Ben non.
06:23Mon fils n'a jamais eu de problème avec qui que ce soit.
06:25Il ne s'est jamais battu de sa vie.
06:28Je l'ai toujours protégé.
06:30Quand il était à la maison, du coup,
06:32je ne laissais pas trop sortir,
06:33parce que je connaissais ses difficultés.
06:37Il n'a pas la notion du danger.
06:40Il suit tout le monde comme ça,
06:42parce qu'il était très sociable.
06:46C'est compliqué.
06:48Très sociable.
06:49Et il se retrouve donc plusieurs fois,
06:51parce qu'il y a eu, évidemment, le jour du drame absolu, le 20 juin,
06:55mais il y avait déjà eu le 12 juin dernier.
06:58Votre fils, Louis, s'était rendu dans une brigade de gendarmerie dans le Tarn
07:02pour dire qu'il avait été victime de violences en Réunion,
07:06qu'il avait subi ces violences.
07:08Racontez-nous.
07:09Le 12 juin, en fait, il a été au commissariat pour se réfugier,
07:16après qu'il avait pris son carreau, qu'on a vu à la télé.
07:19Mais en fait, il n'a même pas déposé plein.
07:21C'est pour ça que je ne suis pas au courant.
07:23Il y a été, mais il n'a pas voulu pour ne pas avoir de représailles.
07:31Comment vous essayez d'expliquer ce qui s'est passé ?
07:34Est-ce que vous avez en tête le scénario ?
07:36Comment il se retrouve face à ces cinq jeunes qu'il tabasse ?
07:40Je ne comprends pas, je ne comprends pas.
07:43Moi, quand il faisait...
07:45Parce qu'en plus, on arrivait au foyer, il a fait des fugues.
07:48Il n'avait jamais fait de sa vie.
07:52Et quand il faisait ses fugues, moi, j'arrivais à l'appeler.
07:55Je voulais savoir où est-ce qu'il était.
07:57Il me répondait toujours.
08:01Donc, j'arrivais à lui dire de rentrer, ou ça dépendait.
08:04Des fois, il me disait, là, je vais à la plage.
08:06Je lui dis, pas, va à la plage.
08:07Tu rentres quand t'as fini.
08:09Là, je suis chez ma copine.
08:10Eh bien, passe-moi sa maman.
08:11Elle me passait sa maman.
08:12Je lui disais, bon, tu peux rester la nuit.
08:14Mais je prévenais le foyer pour qu'il n'y ait de problème.
08:17Il fallait bien qu'il vive, mon petit bébé.
08:20Il avait une copine, Nicolas, votre fils ?
08:24Oui, à Narbonne.
08:26À Narbonne ?
08:27Oui, il avait réussi à avoir une copine sur place.
08:32Nicolas, est-ce que vous savez s'il connaissait les cinq jeunes
08:35qui l'ont tabassé, qui ont filmé l'agonie ?
08:39Ben oui, parce que c'est les mêmes qui l'ont tapé plusieurs fois.
08:44C'est les mêmes pour vous qui l'ont tapé plusieurs fois ?
08:46Ben oui.
08:47C'est ce que vous ont dit les enquêteurs ?
08:49Oui.
08:52Et ils disent, les enquêteurs, qu'ils ne savent pas quel est le mobile,
08:55mais qu'il y a préméditation.
08:57C'est-à-dire qu'en quelque sorte, ils ont été vraiment de chercher.
09:01Ils ont prévu.
09:02Oui, ils ont fait un dit tapant, comme on l'a dit.
09:07Qu'est-ce que vous mettez comme mot là-dessus ?
09:09Quand on écoute les vidéos, t'as qu'il n'y a pas à aller au flic,
09:11tout ça, ils disent.
09:14Comment, comment, quel mot vous mettez là-dessus ?
09:17Comment vous, qu'est-ce que, quel, comment vous vous racontez ?
09:21Comment vous essayez de comprendre ?
09:22Comment vous imaginez le scénario ?
09:26Je ne sais pas.
09:28Je ne sais pas.
09:29Je ne comprends pas comment il en a fait pour en arriver là-bas.
09:33Il nous manque un élément qu'on ne sait pas.
09:35C'est obligé.
09:36Est-ce qu'il y a des adultes qui vous ont été fait ?
09:38Est-ce qu'il y a des adultes qui vous avaient alerté ?
09:40Est-ce que vous aviez eu avant ?
09:42Non, jamais personne.
09:43Jamais personne ?
09:44Jamais personne ?
09:45Non.
09:46L'aide sociale à l'enfance, personne, aucun de ces animateurs
09:49ne vous avait appelé avant ?
09:51Mais non.
09:52Personne.
09:54Comme s'il n'existait pas, moi.
09:59Aucune, aucune information.
10:01Et du côté de sa mère, non plus ?
10:03Non.
10:04Avec sa maman, on s'entend très bien.
10:06On se parle tous les jours.
10:10Donc, non.
10:12Alexandra a une question pour vous.
10:14Oui.
10:15Est-ce qu'aujourd'hui, vous estimez qu'il y a des adultes
10:17qui ont failli dans la protection de votre fils ?
10:21C'est ma première question.
10:22Et la deuxième, est-ce que depuis sa mort,
10:24est-ce que des adultes de l'aide sociale à l'enfance
10:27à qui vous aviez confié sa responsabilité vous ont contacté ?
10:32Non, personne ne m'a contacté.
10:34Par contre, de moi-même, j'ai été voir le foyer
10:38pour comprendre.
10:39Quand j'ai déposé la fleur à mon fils au chantier,
10:43j'en ai profité pour voir le foyer.
10:47Tout ce qu'ils ont pu me dire, c'est qu'ils ne sont pas assez pour...
10:51pour ne pas les laisser sortir, quoi.
10:54Ce n'est pas normal.
10:57Personne ne vous a appelé ?
10:59Personne n'avait pris de même contact avec vous ?
11:03Non.
11:07Moi, j'arrivais à voir mon fils.
11:08Le foyer m'appelait juste quand il fuguait.
11:13Donc voilà.
11:16Qu'est-ce qui vous fait tenir aujourd'hui, Nicolas ?
11:20Mon fils a été fort pour nous.
11:22Il nous a accordé son adieu.
11:24Il a attendu que toute ma famille arrive.
11:27Trois minutes après, il est parti.
11:29Je suis obligé de...
11:30Pour mon fils, c'était vraiment un bon garçon.
11:34Mais vraiment, c'est...
11:36En 2022, il a sauvé une dame de la mort.
11:43C'est-à-dire qu'il faisait des visites, on sait.
11:46Mes anciens voisins,
11:48là où j'habitais avant, à Carcassonne,
11:52mon fils était dehors
11:53et il a vu la voisine tomber dans un trou.
11:57Il nous a tout de suite prévenus.
12:00On a appelé les pompiers.
12:01Il est resté auprès d'elle.
12:03Et en fait, elle avait fait un AVC.
12:08Donc voilà.
12:09Mon fils a aidé toutes les personnes handicapées,
12:13tous les jeunes.
12:14Il ouvrait les portes, il portait les courses.
12:18Toujours bonjour, toujours à sourire.
12:21Vraiment, c'est...
12:25C'est trop dur.
12:28Est-ce que vous avez confiance quand même en...
12:30J'allais dire en l'État,
12:33en la France, en la justice aujourd'hui ?
12:37La justice, on verra bien au moment venu,
12:39parce que ça, pour l'instant, je n'ai pas.
12:43Et l'État, ben...
12:47Je ne sais plus quoi me dire.
12:51Parce que...
12:53Enfin, je ne suis pas prévenu de rien.
12:55Moi, j'ai toujours protégé mon enfant.
12:59Je l'ai donné à la protection de l'enfance.
13:01Enfin, je ne sais pas.
13:03Vous vous êtes senti complètement abandonné, en fait ?
13:07Ben oui.
13:09Parce que mon fils n'a jamais été placé.
13:11J'ai demandé de l'aide.
13:12Donc je ne comprends pas pourquoi on ne m'appelle pas.
13:14C'est pas...
13:16En fait, quand vous dites, j'ai demandé de l'aide...
13:17Déjà que c'était assez dur de l'emmener là-bas.
13:20C'est ce que j'allais vous dire.
13:22J'aimerais comprendre.
13:23Vous dites, j'ai demandé de l'aide.
13:24On n'y arrivait plus.
13:24On était dépassés.
13:25On ne savait plus comment...
13:27Voilà.
13:27Comment l'aider au mieux.
13:28Vous demandez de l'aide.
13:30Comment vous vient l'idée de l'ASE,
13:32de l'aide sociale à l'enfance ?
13:33Est-ce que c'est quelqu'un que vous rencontrez
13:35qui vous dit, ben écoutez,
13:36c'est peut-être la meilleure solution ?
13:37Est-ce que vous...
13:38Comment ça vient ?
13:39Non, c'est parce que...
13:40Ben parce qu'avant, il était dans un ITEP.
13:42C'est que je l'avais sorti.
13:43Parce que déjà, là-bas, il se faisait harceler.
13:45Un internat ?
13:47Il était en internat.
13:49Enfin, semi-internat.
13:50Il dormait trois jours là-bas.
13:52Il était tout le temps à la maison.
13:54Et il était harcelé ?
13:57Oui, oui.
13:57Il a toujours eu des...
14:00Il a toujours eu des problèmes avec les jeunes.
14:03Il était le souffre-douleur.
14:05Oui, toujours.
14:06Mais comment...
14:07Pardon, il n'y a pas d'explication.
14:10Mais je veux dire, comment...
14:10Est-ce que ça veut dire que cette espèce d'hyperviolence
14:12dont on parle toujours dans la société,
14:14pour vous, c'est sain ?
14:15C'est ça dont est mort votre fils ?
14:17L'hyperviolence des jeunes, une sorte de...
14:18Quand on voit les vidéos, c'est terrible.
14:20Parce qu'on sent qu'il n'y a aucune retenue.
14:23Oui, c'est...
14:25Mais je ne comprends pas pourquoi ces gens-là
14:27sont placés au même endroit que mon fils.
14:31Une partie.
14:31Alors, ils n'étaient pas exactement dans le même foyer.
14:33Mais ils sont trois des cinq.
14:34C'est effectivement dans l'aide sociale.
14:36C'est l'abstraction de tous les médias.
14:38Parce que c'est dur.
14:39Vous avez raison.
14:41Je n'ai jamais vu les vidéos.
14:42Je ne peux pas.
14:43Je ne t'en garderai jamais.
14:45Vous ne les avez pas regardées.
14:46Je n'ai pas une belle image de mon fils.
14:49C'est très fort ce que vous nous dites,
14:52Nicolas Hervé.
14:52Vous n'avez pas regardé les vidéos.
14:54Vous ne voulez pas les voir.
14:55Vous voulez vous protéger.
14:56Non.
14:57Vous avez raison.
14:58Vous avez raison.
14:58Alexandra.
14:59Votre fils avait aussi déjà déposé plainte en mai dernier contre des jeunes qui le harcelaient,
15:05qui l'avaient violenté.
15:06Est-ce que vous aviez été au courant de cette plainte et de cet épisode ?
15:10Jamais, jamais, jamais.
15:11Jamais.
15:12Non.
15:13C'est-à-dire que lui...
15:14Ni la police m'a appelé.
15:15Moi, on ne m'a jamais appelé.
15:17Lui ne vous l'avait pas dit.
15:18Oui, lui, il devait se sentir coupable.
15:20Il ne m'a jamais rien dit.
15:22Donc, lui, ne vous l'avait pas dit.
15:24Et la justice, non plus, ne vous a pas contacté pour le dire ?
15:26Non, jamais.
15:27On ne m'a jamais appelé.
15:29Et ni votre ex-compagne, la mère de Louis, n'avait pas dit ?
15:33Non, non plus.
15:34Non, non plus.
15:34Sinon, j'aurais...
15:35C'est tout de suite.
15:36Oui.
15:37Géraldine.
15:38J'ai également une question pour vous, Nicolas.
15:41Là, on est le 29 juin.
15:43Vous nous apprenez que l'aide sociale à l'enfance ne vous a pas contacté.
15:48Est-ce que, pour vous, il savait simplement ce que subissait votre fils ?
15:53Ou est-ce qu'il est possible que, dans ce foyer, il était un peu livré à lui-même
15:57et que personne n'ait rien remarqué ?
15:59Je ne sais pas.
16:01Il faudrait leur demander à eux directement.
16:04Mais à vous, ils ne vous ont juste pas appelé.
16:09Voilà.
16:10Comment vous ne vous sentez pas ?
16:11Même quand ils l'ont retrouvé, c'est sa maman qui m'a prévenu.
16:17Et comme vous nous le dites, à 17h, alors qu'effectivement, il a été découvert à 9h.
16:23Alors, ayant déjà passé la nuit...
16:25Il y a déjà passé plus de 9h inconscient.
16:30Inconscient, abandonné sur ce chantier.
16:37Nicolas Hervé, je sais que vous prenez énormément de temps aussi pour répondre à la cagnotte.
16:40Vous avez lancé cette cagnotte.
16:42Vous avez aussi besoin d'aide, tout simplement, pour soutenir la famille.
16:46Vous parliez aussi de son frère et de ses soeurs, de vous-même.
16:50Et on a constaté que quasiment tous les messages qui sont postés, vous prenez le temps d'y répondre.
16:55C'est important pour vous.
16:57Oui, pour la mémoire de mon fils.
16:59C'était vraiment un garçon, mais gentil.
17:02Mais vraiment au-dessus de la moyenne.
17:08J'ai une question encore, Nicolas Hervé, à vous poser.
17:13Le procureur a dû préciser que le mobile raciste était exclu.
17:20Et il l'a précisé parce que, semble-t-il, un certain nombre de messages, d'interprétations sur les réseaux
17:26sociaux
17:27voulaient y voir un mobile raciste.
17:31Comment vous réagissez-vous à ça ?
17:33Oui, ça, ils font toujours comme ça, de toute façon.
17:37Alors que nous, on n'a aucun lien politique.
17:41Franchement, je ne vote même pas.
17:42Je vous le dis franchement.
17:44Mon fils, c'est ce qui faisait partie d'un parti.
17:46Il avait 17 ans.
17:50Pour vous, il n'y a aucun début.
17:51N'importe quoi, mon beau-frère, c'est un malien.
17:54Je ne sais pas, dans notre famille, on était en crise.
17:58Vous ne savez pas d'où ça vient.
18:00C'est-à-dire que, pour vous, il n'y a aucun élément tangible, aucun début de message de quoi
18:05que ce soit qui puisse étayer cette thèse ?
18:08Non, pas du tout.
18:12Et dans le reste de la famille, vous en avez parlé de ça ?
18:16Oui, c'est pour ça que j'ai été obligé d'intervenir.
18:20Je ne suis pas intervenu au début, c'est parce que j'ai mes deux petits en 6 ans, 8
18:23ans.
18:24Il faut bien que je protège aussi mes enfants qui me restent.
18:26Non, je ne sais pas.
18:31Vous estimez que c'est une forme de récupération ?
18:33Mais carrément, et puis ça me fait mal parce que, moi, je pensais que l'équipe de France allait parler
18:39de mon fils,
18:41qu'ils allaient gagner la Coupe du Monde pour lui, je ne sais pas.
18:46Il aimait le foot aussi.
18:48On n'en parle pas.
18:51Enfin, tout le monde en parle sur les réseaux partout, mais sur les chaînes nationales, on n'en parle pas.
18:56J'ai demandé à Téléphone, France 2, France 3, on ne m'a jamais répondu.
19:03Vous auriez aimé que les joueurs de l'équipe de France disent un mot ?
19:08Bien sûr.
19:10Le message, au moins, il est passé.
19:12Il est passé sur BFM TV.
19:14Merci beaucoup, Nicolas Hervé, pour votre témoignage.
19:19Dites-moi si vous avez encore quelque chose que vous voulez absolument dire de Louis.
19:22Je vous écoute.
19:25Si vous pouvez venir pour voir tous les voisins qui vous expliqueront la crème, la pépite de mon fils que
19:31j'avais.
19:33C'était une pépite.
19:34Il a dit que c'était le plus souci, mais...
19:38On le fera.
19:39On le fera.
19:40On le fera.
19:42On le fera.
19:43Parce que vous pouvez demander à tout le monde.
19:45Mais à tout le monde, vous pouvez demander.
19:46N'importe où, vous irez dans Toulon.
19:48Mon fils était connu.
19:50Aimé de tout le monde.
19:53C'est franchement, c'est trop dur.
19:55Comme on dit tout.
19:56C'est les meilleurs qui partent en premier.
19:59On le fera.
20:00On le fera.
20:02Merci, Nicolas Hervé, d'avoir témoigné avec nous ce matin.
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