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  • il y a 13 heures

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00:07Musique
00:21Non, non, non, non, non, je viens de vous dire, je ne me laisserai pas enjoler davantage.
00:26Oh, mon pauvre gars, je n'en ferai rien.
00:29Oh, aurais-tu bien le cœur si dur ?
00:31Je l'aurai dur comme un caillou, alors ?
00:34Oh, je ne vous y laisserai pas un iota davantage.
00:37Allez, hop, si quelqu'un allait vous trouver dans ma lojette, que dirait-on ?
00:40Ardène, qu'on en dirait, sera-t-il pas en ton désavantage ?
00:44Eh, ben, et si notre métier, les femmes, allez-vous trouver, où en serait-ce dans moi ?
00:49Oh, quand il sera que je suis une telle fille persécutée par sa belle-mère,
00:53abandonnée à l'illumitié de son propre père,
00:56qui fuit la maison fraternelle de crâne d'épouser un magot qu'elle me veut donner ?
01:01Parce qu'il est son neveu.
01:04Mais mes larmes le toucheront, et il aura pitié de moi, sans doute.
01:08Eh, morguez, je le connais mieux que vous, il est point pitoyable.
01:12Et moi, je gâche que ses larmes le débaucheront, comme elles m'ont débauchée.
01:18Oui, je ne les vis pas plutôt coulées,
01:20que je me résolus d'abandonner mon ménage pour aller courir les champs avec elles.
01:24Quoi qu'il n'y ait qu'enze mois, que je sois mariée à Thibault, le fermier de son père,
01:27qui est le meilleur homme du monde et de la meilleure humeur.
01:29Est-ce que ton maître sera plus rébarbatif que moi ?
01:31Oh, mais votre guêne, elle va me faire enrager, va !
01:34Est-ce que je ne savons pas bien ce que je savons ?
01:36Mais fais-moi parler à ce jeune homme, que tu dis qu'est son fils.
01:40Je le touche, je m'assure.
01:41Et je ne doute pas qu'il fasse quelque chose auprès de son père en notre faible.
01:45Non, dis bien, vrai qu'il n'y a donc rien de plus dur que la tête d'une femme.
01:49Est-ce que je ne vous ai pas déjà dit, servais l'ignorante,
01:52que le fils est le tuyau au thème du sujet ?
01:54Pourquoi on reçoit les femmes ici comme un chien dans un jeu de quille ?
01:57Et puis que le père, il ne veut pas que le fils, il n'envoie aucune ?
02:00Et puis que le fils, il n'en a jamais pas vu, que s'il n'en existait pas au
02:04monde ?
02:04Et puis que le père, il fout tout ça sautement dans la tête ?
02:07Et puis que le fils, il croit tout ça sautement, il fait que ma foi ?
02:09Mais en fait, est-ce que je ne vous ai pas déjà dit tout ça, quoi ?
02:13Mais d'où vient qu'il ne veut pas que son fils connaisse des femmes ?
02:16Qu'est-ce que c'est une si mauvaise connaissance ?
02:18Eh, d'où vient, d'où vient, d'où vient, stupide !
02:21Est-ce que je ne vous ai pas déjà mille fois compté
02:23que le père, il avait épousé une femme qui en savait bien lent ?
02:28Et puis que de fil en aiguille, pour pas que son fils ait la même malencombre qui l'a uni,
02:32il a juré sans grand juron que jamais une femme ne serait de rien à ce vis-là.
02:37Et puis c'est justement pour toi.
02:38Mais enfin, que de baby, est-ce que vous allez vous taire ?
02:40Et puis vous tournez les salles.
02:42Mon ami, mon pauvre ami.
02:44Eh, mon ami, mon pauvre ami.
02:47Voilà donc pas la chanson du ricochet qui recommence avec vous.
02:50Eh, femme, compte toujours.
02:52Oh, ben ma foi, hein, qu'est-ce que j'en prédends, alors ?
02:55Oh, pauvre garçon.
02:57Oh, pourquoi donc vous me tentez comme ça, va ?
03:00Oh, c'est bien Satan, celle-là-bas.
03:03Bertrand.
03:03Eh là, mon Dieu, ça est cause que vous avez déjà passé la nuit dans ma loge.
03:08Oh, le grand malheur.
03:09Oh, ça va être cause que vous allez encore y passer le jour.
03:12Oh, mon cher Bertrand.
03:14Oh, pourquoi donc vous me faites ça, va ?
03:16Oh, le prend, tu dis, je prends.
03:18Oui, prends, prends, prends, tiens, prends toi-même.
03:19Eh, ben donne-le moi, je le prendrai, donne.
03:21Ah, tu voudrais bien boire frotte, c'est quoi, dit ?
03:23Là, là, les prends fourrage.
03:26Oh, là.
03:26Une tes poings ruvées de mal cette nuit, il t'en arrivera quoi, cette journée ?
03:29Oh, le roloche.
03:29Oh, ben oui, mais, hé, là, si notre petit maître,
03:32que pour son départ toupie, que voit toujours,
03:34il dit à 14h, allez-vous trouver où donc danser, moi ?
03:37Mais, peut-être sera-t-il, Dianès, de nous voir et de nous parler ?
03:41Oh, Jarny, ne vous y fiez pas.
03:43Babillard comme il est, il va tout aller raconter à nous,
03:46mais ton nom, il vaut mieux que je vous boude en quelque endroit,
03:48on ne peut pas vous trouver. Attendez, je vais voir par là,
03:50si personne ne nous en a en fait.
03:52Allez-y, pêche-toi, oh, là, mon Dieu.
04:01Pérette, nous resterons ici jusqu'à ce soir.
04:03Mais oui, mais nous sommes bien loin du château de votre père.
04:06J'ai peur que nous n'ayons pas longtemps ici sans qu'on vienne nous y chercher.
04:08Nous nous y serons bien cachés.
04:10Mais, Pérette, viens.
04:12Dis, en conscience, voudrais-tu partir d'ici sans avoir la charité de tirer ce pauvre petit jeune homme de
04:18l'erreur où on le fait vivre ?
04:19Ouais, vous vous intéressez bien pour lui.
04:22Si j'osez, je croirais quelque chose.
04:24Et que croirais-tu ?
04:26Je croirais que vous ne seriez pas fâchés de l'avoir pour Marie.
04:28Bon, tu ne sais ce que tu dis.
04:30Par ma foi, j'ai mis le nez dessus.
04:31Mais que veux-tu dire ?
04:33Mon Dieu, je ne suis pas si sotte que j'en ai la mine.
04:37Quand je vous le vis regarder hier soir par le trou de la sarure, avec tant d'attention,
04:42je me dis, à part moi, plein d'autres maîtresses le sain qui se prend.
04:46Et si ce grand adec qu'on voulait vous bailler pour époux avait une aussi bonne tête que ce petit
04:50étournier aussi,
04:52ben, je ne serais pas sortie de la maison.
04:55Oh, Pérette, tu vois, plus clair que moi.
04:57Je t'avoue que derrière, je formais la résolution de faire tout mon possible pour détromper ce pauvre petit homme.
05:03Et que c'est ce à quoi j'ai pensé toute la nuit.
05:06Mais jusqu'à présent, je ne m'aperçois pas que mon cœur agisse par un autre mouvement que par celui
05:12de la compassion.
05:13Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais.
05:15Vous soyez de grosses dames, vous ne les pointe tout d'abord à la franquette.
05:17Non, non, vous faites toujours semblant de vous déguiser les choses.
05:20Moi, je n'entends pas tant de façon.
05:21Et quand Thibaut me prit la main la première fois pour danser,
05:24et qu'il me la serrit de toute sa force,
05:27elle va se deviner tout du premier coup ce que ça voulait dire.
05:30Oh, qu'elle va frapper mon oreille !
05:32Oh, là, c'est notre mari Thibaut. Nous sommes perdus, madame.
05:37Pourront te m'en nous cacher.
05:39Mon Dieu, courez-vous donc par la feuille.
05:41Mais Thibaut, le mari de Perrette qui vient par ici.
05:44Mais Jocelyne, le gouverneur de notre timet, te vient par Lila.
05:47Oh, là, il y a plein de questions, là.
05:49Oh, là, il y a plein de questions.
05:51Nous sommes perdus, c'est nous deux.
05:52Bertrand, oh, Bertrand.
05:54Hé, là, mon Dieu, écoutez-le, s'ils nous voient sans part-du.
05:57Mais, ils nous cacher.
05:58Cours les dents, vite en malheureux, et puis tâchez de vous montrer un parsoune, hein ?
06:02Mais qui est-ce donc, écrit de la sorgue ?
06:04Ah, ma foi, je nous te mets que ça sera que pas sans qu'il sera égalé.
06:09Allez, les dents.
06:12Et bien, pourquoi ne parlez-vous pas ? Êtes-vous donc muets ?
06:17Non !
06:18Oh, vous êtes donc sourds ?
06:22Encore moins ! Et bien, pourquoi ne répondez-vous point ?
06:26Parce qu'il ne nous plaît pas !
06:29Alors, pâle sanguier, si vous êtes ni sourd, ni mauvais, faut que vous embrassent !
06:35Mourier, je suis votre serviteur.
06:36Mais est-ce que nous nous connaissons, mon ami ?
06:38Je ne crois pas. Je ne crois même que nous ne nous sommes jamais point.
06:41Mais c'est ce qui me semble !
06:43Et bien, vous me l'avez bien étonné.
06:44Mais qui ne le serait pas ? Nous ne nous connaissons pas et vous m'embrassez !
06:47Comme si nous nous étions vus toute notre vie !
06:49Ah, pâle sanguier, j'avoue à votre mine que vous êtes un bon vivant, hein ?
06:53Et que vous m'enseigrez ce que ça.
06:54Mais que cherchez-vous ?
06:56Je cherche après ma femme. Ne l'avez-vous point vu ?
06:59Oh, vraiment, oui ! C'est bien ici qu'il faut chercher des femmes !
07:02La prône en Perrette, elle s'est enfouie de chez nous pour courir les champs,
07:06Morguech, c'est déjà drôle, avec la fille de M. Tavi, notre mère,
07:09que l'on voulait marier Maugrel au fils de M. Griffon, le neveu de notre maîtresse.
07:13Je ne sais comment les masques ont fagoté tout ça,
07:16mais le soir, je me coucoucille auprès de Perrette,
07:18et je l'ai trouvé plus le lendemain.
07:20Avez-vous rien vu de plus plaisant que cela ?
07:22Ah oui, cela est fort plaisant !
07:24Et ce qu'il y a de plus récréatif, c'est qu'elles sont toutes dauphines seules,
07:28et Morguech, fort jolies.
07:30Et si elles allions rencontrer que Gaillard,
07:32qui voulait enfuir comme les chelous de son jardin,
07:34elles seraient bien embarrassées, à Morguech.
07:36Quand je songe à cela, j'en rie, mais du bout des dents.
07:39Mais que craignez-vous, mon ami ?
07:41Je crains, je crains, je crains.
07:43Et ce qu'on sait, ce qu'on se craint,
07:44quand on ne sait où diable est sa femme.
07:47Si vous avez envie de savoir ce qui en est,
07:51nous pourrions vous donner satisfaction ?
07:53Pour s'en douter pas, ça.
07:54Pour en être sûr, nifle.
07:56J'aurais beau le demander à Perrette, elle ne l'avouerait jamais.
07:59Elle est bien trop dessalée.
08:00Nous avons ici un moyen sûr pour en savoir vérité.
08:03Qu'est-ce encore ?
08:06C'est une coupe qui est entre les mains du Seigneur de ce château.
08:11Lorsqu'elle est pleine de vin,
08:12si la femme de celui qui y boit lui est fidèle,
08:15il ne s'en perd pas une goutte.
08:17Si elle lui est infidèle, tout le vin se répand à terre.
08:21Oh, cela est beau.
08:24Mais au diable, il était fait chez cela.
08:26Il l'a acheté d'un arabe,
08:27qui, soit par composition, soit par enchantement,
08:31y avait attaché cette vertu.
08:33Mais pourquoi diable acheté-t-il ce joyau-là ?
08:36Par curiosité.
08:37Ah, mais est-ce qu'il était marié ?
08:40Eh oui.
08:41Ah, j'entends, j'entends, j'entends.
08:42Ils voulient savoir si sa femme, n'est-ce pas ?
08:44Justement.
08:46D'abord, qui lui l'a coupé ?
08:47Il est bu, je gage.
08:49Vous l'avez dit.
08:50Et elle répondit ?
08:52Non.
08:54Non ?
08:54Non.
08:55Morguet, c'est peut-être bien plus heureux que sage.
08:58Et il est rebus ?
09:02Oui.
09:03Et qu'est-ce qu'il a coupé ?
09:04Mais ta starie, c'est pas faux-sens.
09:06Ah, plus encore que vous ne le dites pas.
09:07Ah, allez, comptez-moi cela.
09:09Allez, comptez-moi cela.
09:10Allez, comptez-moi cela.
09:12Allez, comptez-moi tout.
09:21Il voulait éprouver sa femme.
09:23Ah, le bénin.
09:25Il lui écrivit sous un nom supposé.
09:28Le joclisse.
09:29Il lui envoya des présents.
09:30Un pertinent.
09:31Et il lui donna un rendez-vous.
09:34Elle y va ?
09:35Est-ce qu'on refuse les présents ?
09:37Et comment cela se passa-t-il ?
09:40En excuse du côté de la dame et en soufflet de la part du mari.
09:44Elle les souffrit pas seulement ?
09:46Oui.
09:47Mais quelques jours après, il rebuta la coupe.
09:52Oui.
09:53Oui.
09:54Oui.
09:55Et que fit la coupe ?
09:56Elle répondit.
09:58Ah, elle fit pas.
09:59Ah, elle fit pas.
10:00Quand on a ce qu'on mérite, on n'a qu'à s'en prendre qu'à soi.
10:02Oui, il s'en prit à tout le monde.
10:04Et de dépit, vint se loger dans ce château écarté en jurant qu'il ne reverrait femme de sa vie.
10:12Avec la coupe ?
10:13Avec la coupe.
10:14Mais à quoi lui sert-elle puisqu'il n'a plus de femme ?
10:17Elle lui sert à voir qu'il a beaucoup de confrères et ça le console.
10:23Mais comment le voit-il ?
10:25Il engage tous les gens que le hasard amène ici d'en faire l'épreuve.
10:30Mais y a-t-il bien longtemps qu'ils font ce métier-là ?
10:32En 14 ou 15 ans.
10:34Et en a-t-il beaucoup bien vu ?
10:36En quantité.
10:36Non, j'entends.
10:37En a-t-il beaucoup vu et bu la coupe sans qu'elle ait répandu ?
10:41Cela est si rare que je ne m'en souviens quasi pas.
10:44Par ma fille, par ma fille, voilà, tout fera droit ce qu'il faut pour goûter.
10:48Notre maître et son vieux frère à la maison.
10:50Assez.
10:51L'un est un bon, un bon ormant marié avec une langue d'Oscène, sœur de l'autre.
10:56L'autre est un bon Gascon marié à une Parisienne.
10:59Et comme ils sont logés, bisous, bisous, ils se tarabusteront toujours sur le chapitre de leur femme.
11:04Et je vais leur dire que la coupe les mettra d'accord.
11:07Ils rôdont autour de cette colline pour avoir des nouvelles de leur fille.
11:13Mais quel est ce vilain, monsieur ?
11:15C'est le maître de la coupe et le seigneur de ce château.
11:20Ah, monsieur Josselin, mon pauvre monsieur Josselin.
11:24Mais qu'y a-t-il de nouveau, monsieur ?
11:26Oh, je suis dans le plus grand de tous les embarras.
11:30Mon, qui est cet homme-là ?
11:32C'est un honnête paysan, monsieur.
11:35Il est en quête de sa femme.
11:37Elle s'est échappée de chez lui avec une jeune fille.
11:41Et il est avec deux messieurs qu'il va chercher pour faire l'essai de votre coupe.
11:46Je vais vous chercher de la pratique, hein.
11:48Laissez faire.
11:49Ah oui, vraiment de la coupe.
11:51J'ai bien d'autres teintrois dans la tête.
11:53Mais qu'avez-vous, monsieur ?
11:55Mon.
11:56J'ai vu.
11:57Eh, on est-il vu par là-bas ces masques de pape ?
12:02Attends, écoutons, voilà.
12:07Je viens te voir.
12:13Le fait-il là ?
12:14Eh, rien.
12:16Rien ?
12:16Ouais, non, ouais, parce que je suis dans le...
12:18Ouais, j'ai besoin.
12:20Et là, viens quand on t'appelle.
12:30Je viens de voir mon fils.
12:31Le petit pandore m'a posé des questions qui m'ont pensé mettre l'esprit sans dessus-dessous.
12:37Il lui vient des curiosités toutes contraires au chemin que je veux qu'il tienne.
12:42Ma foi, monsieur, si vous voulez que je vous parle franchement, il vous sera difficile de l'élever toujours dans
12:51l'ignorance où vous voulez qu'il soit.
12:54Je crains bien que toutes vos précautions ne deviennent inutiles et que cette démangeaison qui vous tient de vouloir lui
13:02cacher qu'il y a des femmes au monde ne porte davantage son petit génie aux connaissances du beau sexe.
13:12Et qu'il instruira qu'il y a des femmes ?
13:16Tout, monsieur.
13:18Le bon sens, premièrement.
13:22Oui, oui, ce certain bon sens qui vous vient avec l'âge.
13:26Cet âge-là qui vous retire insensiblement des bras de l'enfance pour vous porter à la puberté.
13:34L'esprit se porte alors à la conception de bien des choses.
13:40La raison vient et parmi plusieurs curiosités, vous font apercevoir que l'homme ne vient pas au monde comme un
13:49champignon.
13:51Que c'est une petite machine où il y a bien des ressorts.
13:57Ces ressorts commencent à se mouvoir par le moyen du cœur.
14:02Ce mouvement du cœur se porte à la cervelle.
14:05La cervelle est chauffée.
14:07Se forment des idées que l'on ne conçoit pas.
14:12Bien, tout d'abord, l'amour se met quelquefois de la partie.
14:19Il explique ses idées et prend soin de les rendre intelligibles.
14:27Et voilà comment la connaissance vient aux jeunes gens, ordinairement, malgré qu'on en ait.
14:36Tous ces raisonnements sont les plus beaux du monde, mais je m'en moque.
14:41Et j'empêcherai bien que mon fils...
14:44Le voici.
14:45Je ne suis pas en état de lui parler.
14:47Mon désordre paraîtrait à sa vue.
14:50Fortifiez-le dans mes pensées, cependant que je vais me remettre.
15:07D'où vient que mon père me fuit ?
15:11Oh, il a des affaires en tête.
15:14Lui, voulez-vous quelque chose ?
15:16Je ne sais.
15:19Vous ne savez !
15:20Non.
15:21Je ne sais ce que je lui veux.
15:23Je ne sais ce que je me veux à moi-même.
15:25Je sens bien que je m'ennuie et je ne sais pourquoi je m'ennuie.
15:28C'est parce que vous êtes un petit indolent
15:31qui n'avait pas l'esprit de jouir des beautés qui se présentent à vous.
15:35Et quelles sont ces beautés ?
15:38Euh...
15:38Le ciel.
15:40La terre, l'eau, l'air, le feu, le jour, la nuit.
15:45Les bois, les fruits, les fleurs, les fruits !
15:48Oh oui, tout cela est fort divertissant.
15:55Ah, mon cher monsieur Jocelyn, je voudrais bien...
15:57Quoi ?
15:57Vous ne le voudriez pas, vous.
16:01Qu'est-ce encore ?
16:02Promettez-moi que vous le voudriez.
16:04Salon !
16:05Je voudrais bien aller me promener autre part qu'ici.
16:07Qu'est-il ?
16:08Je savais bien que vous ne le voudriez pas.
16:09Avez-vous oublié que votre père l'a défendu ?
16:11C'est parce qu'il me l'a défendu que je meurs d'envie de le faire.
16:15Car enfin, je m'imagine qu'il y a dans le monde
16:18des choses qu'il ne veut pas que je sache.
16:20Et ce sont ces choses-là que je m'imagine que je brûle le savoir.
16:24Hum, le petit fripot.
16:25Oh, ça, monsieur Jocelyn, en bonne vérité,
16:27dites-moi qu'est-ce que c'est que ces choses-là.
16:29Mais... qu'est-ce à dire, ces choses ?
16:32Oui, qu'est-ce qu'il y a dans le monde qui n'est point ici ?
16:34Rien.
16:35Vous mentez, monsieur Jocelyn.
16:36Pas du tout.
16:39On me cache bien les choses, monsieur Jocelyn.
16:41Vous lisez dans des livres.
16:43Et mon père y sait lire aussi.
16:45Pourquoi ne m'a-t-on pas appris à y lire ?
16:47On vous l'apprendra.
16:49Donnez-vous patience.
16:50Mais je ne puis plus vivre comme cela.
16:52Et c'est une honte d'être aussi ignorant que je le suis à mon âge.
16:54Voilà un petit drôle qu'il n'y aura pas moyen de retenir.
16:57Et si mon père venait à mourir, monsieur Jocelyn,
16:59car je sais bien qu'on meurt,
17:00que deviendrai-je ?
17:02Eh bien, vous deviendriez mon fils.
17:05Et je serai votre père pour l'or.
17:07Vous vous moquez de moi, monsieur Jocelyn.
17:09Ça n'est pas comme ça que ça se fait, assurément.
17:11Et ça serait à mon tour d'être le père de quelqu'un.
17:13Eh bien, vous seriez le mien, si vous vouliez.
17:17Et je serai votre fils, moi.
17:22Oh, ça n'est pas comme ça que ça se fait, assurément.
17:25Vous ne voulez pas me le dire ?
17:26Mais je le saurais, vous avez beau fait.
17:28Oh, vous saurez.
17:29Vous saurez que vous êtes un tissot.
17:31Et que vos discours me fatiguent.
17:32Monsieur Jocelyn, si vous ne me menez promener,
17:34je m'irai promener tout seul, je vous en avertis.
17:36Oui, eh bien je vais de ce pas avertir votre père de vos extravagances.
17:39Et vous verrez après où je vous mèlerai promener.
17:41Voyez le petit impudent avec ses promenades.
17:44Oh ! Oh !
17:47Oh !
17:57Il a beau dire.
17:59Je sortirai d'ici quand je devrai mourir sur le pas de la porte.
18:03Madame, leve-la tout seul.
18:06Approchons-nous pour voir ce qu'il va dire en nous voyant.
18:11Mon père n'est pourtant pas un bon père de ne pas me montrer tout ce qu'il sait.
18:14Et c'est ce qui fait que je n'ai pas de peine à me résoudre à le quitter.
18:17Je vais pas lui dire à bord qu'il nous tolent.
18:18Mais je gâche bien qu'il le devinera.
18:22Je m'imagine que tout ce qu'on ne veut pas que je sache
18:25est cent fois plus beau que ce que je sais.
18:27Je pense.
18:29Je ne sais combien de choses plus jolies les unes que les autres.
18:32et je meurs d'impatience de savoir si je pense juste.
18:36Mais que vois-je ?
18:38Voilà deux jeunes garçons joliment habillés.
18:43Je n'en ai point encore vu comme ceux-là.
18:47Je voudrais bien les aborder, mais je suis tout hors de moi-même
18:49et je n'ai presque pas la force de parler.
18:52Ils se baissent
18:54et puis se osent.
18:56Qu'est-ce que ça signifie ?
18:58Nous hésitons à vous aborder.
19:00Ils parlent comme moi.
19:02Que de questions je vais leur faire.
19:04Mais vous semblez étonnée de nous voir.
19:07Oui.
19:08Je n'ai jamais rien vu de si beau que vous
19:10ni qui me fait tant de plaisir à voir.
19:11Oh, mort de ma vie que la nature est une belle chose.
19:14D'où venez-vous ?
19:15Qui vous a conduit ici ?
19:17Est-ce mon père ou moi que vous y cherchez ?
19:19De grâce, ne parlez point à mon père et demeurez avec moi.
19:23Mais est-ce que je puis voir ?
19:25Vous n'êtes point fâchée de nous voir.
19:27Je n'ai jamais eu tant de joie.
19:29Mais cela est admirable.
19:31Et que croyez-vous de nous, s'il vous plaît ?
19:33Ce que j'en crois ?
19:34Oui.
19:35Qui sommes-nous ?
19:37Les deux plus belles créatures du monde.
19:40Je n'ai jamais rien vu,
19:42mais je ne conçois rien de plus parfait que vous.
19:45Et je n'ai plus de curiosité pour tout le reste.
19:47Demeurez toujours avec moi, je vous en conjure.
19:49Je demeurerai toujours ici.
19:51Mon père et M. Jocelyn en sont ravis.
19:52Ah, mais vous en jugeriez tout autrement
19:55si vous saviez ce que nous sommes.
19:58Hé, n'êtes-vous pas des hommes comme nous ?
20:00Oh, vraiment non ?
20:02Et il y a bien à dire.
20:03Mais or, les habits et la beauté,
20:05je n'y vois pas une différence.
20:06Oui, dans ce bien tout-homme,
20:07mais ce n'est pas de même.
20:14Il est vrai que je sens en vous voyant
20:16ce que je n'avais jamais senti.
20:20Oh, mais si vous n'êtes point des hommes,
20:21dites-moi ce que vous êtes,
20:22je vous en conjure.
20:24Mais votre cœur ne peut-il vous l'expliquer tout à fait ?
20:28Non.
20:30Mais ce n'est pas la faute de mon cœur,
20:31c'est la faute de mon esprit.
20:33Eh bien, tenez, mon pauvre enfant,
20:35bien loin d'être des hommes,
20:36nous en sommes tout le contraire.
20:38Je ne vous entends point.
20:39Vous nous entendrez avec le temps,
20:40mais parlez franchement.
20:43Qui de nous deux aimez-vous le mieux ?
20:45Pousse point moi.
20:47Je vous aime beaucoup,
20:50mais je l'aime infiniment davantage.
20:53Oh, tout bon.
20:54Tout bon.
20:55C'est à cause que vous êtes la pourra.
20:57Non, non, je ne regarde pas aux habits.
20:59Je ne saurais vous dire ce qui fait
21:01que je l'aime plus que vous.
21:02Vous m'aimez donc ?
21:03Plus que toute chose au monde.
21:05Et que pensez-vous, mon aimant ?
21:07mille choses
21:10que je n'avais jamais pensées.
21:12Mais n'en avez-vous point à me dire ?
21:14En quantité.
21:17Mais je ne sais comment m'exprimer.
21:19Et que seriez-vous prêt à faire
21:20pour lui prouver que vous l'aimez ?
21:21Tout.
21:24Voudriez-vous quitter ce lieu
21:26pour me suivre ?
21:27De tout mon cœur.
21:30Pourvu que je vous suive toujours.
21:38Que vois-je ?
21:39Au ciel !
21:40Oh, mon cher monsieur Jocelyn,
21:42que vous allez être ravis !
21:44Tout est perdu !
21:45Voilà qui est bien pique la promenade.
21:47Mais je n'en avais jamais vu !
21:48Et je le savais bien, moi,
21:49qu'il y avait dans le monde
21:50quelque chose qu'on ne me disait pas.
21:52Oh, mon père !
21:52J'ai donné une réparmative.
21:54Comment d'entre ces deux carottes-là
21:55sont-elles venus ici ?
21:56Monsieur Jocelyn !
21:57Taisez-vous !
21:57Mais que nous nous regardent
21:58quand le vilain homme se voit là.
22:00Qui vous a conduites ici ?
22:02Impudente que vous êtes !
22:03Et s'il venez vous faire ?
22:04Monsieur Jocelyn,
22:05n'hésitez pas à roucher.
22:05Oh, comment, petit fripon !
22:07Vous osez !
22:08Vous osez !
22:10Vous o...
22:12Ouh, qu'elles sont jolies !
22:14Ah, Jocelyn !
22:16C'est un crime pour nous
22:17de nous trouver ici.
22:19Il n'est pas difficile
22:19de le réparer.
22:21Et notre dessin
22:22n'est pas différent
22:23de ces jours.
22:24Oh, le beau visage
22:25qu'a celle-ci !
22:26Nous n'y serions point venus
22:27si nous étions cru
22:27qu'on nous y suis mal reçus.
22:29Oh, le drôle de petit air
22:31qu'a celle-là !
22:33N'est-il pas vrai,
22:33Monsieur Jocelyn,
22:34qu'il n'y a rien
22:34au monde de plus beau ?
22:35Oh, non, ça n'est pas vrai.
22:36Vous ne savez pas
22:37ce que vous dites.
22:38Oh, les deux jolis
22:39petits bouchons
22:40que voilà !
22:41comme une roule des yeux !
22:42Monsieur Jocelyn,
22:43menons-les à mon père.
22:45À son père !
22:46À son...
22:47Comment peut-il t'effronter
22:48à votre père ?
22:49Tournez-moi les talons
22:51et ne regardez pas derrière vous !
22:52Je veux demeurer ici, moi !
22:53Tournez-moi les talons,
22:54vous dis-je !
22:54Et vous, décampez au plus vite !
22:55Je ne veux pas
22:56qu'il s'en aille !
22:56Et je le veux, moi !
22:57Je...
22:58Oui, eux,
22:59allez vous cacher
22:59dans ma chambre !
23:01Tenez, tenez, tenez !
23:02Voici la clé, là !
23:04Tenez, allez, allez, allez, allez !
23:06Chut !
23:09Si vous me dépêchez,
23:11Vite, vite, vite, vite !
23:12Demeurez ici,
23:13je vous en conjure !
23:14Partez francement,
23:14je vous l'ordonne !
23:15Pour la dernière fois,
23:16monsieur Jocelyn !
23:17Attendez-moi, je vous prie,
23:18je cours trouver mon père.
23:19Je retiendrai de lui
23:20que vous demeurez ici.
23:21Attendez-moi,
23:22je reviendrai dans un moment.
23:24Allez, allez !
23:26Malheureuse !
23:27Malheureuse !
23:29Petite femelle !
23:31Savez-vous bien
23:32où vous êtes
23:33et le malheur
23:34qui vous talonne ?
23:34Mais nous savons
23:35tout ce que vous pouvez nous dire,
23:37mais nous attendons
23:38tout de votre bonté.
23:39Vous êtes heureuse
23:41d'être belle.
23:42Sans ça !
23:43Écoutez-moi,
23:44oui,
23:45n'allez pas vous entêter
23:46de ce petit vilain-là,
23:47il gâcherait
23:47toutes vos affaires.
23:48Nous ne nous boutons rien
23:49dans la tête
23:50que de la bonne sorte, hein ?
23:51Oui, mais son père,
23:53son père veut étouffer
23:54toute sa race avec lui
23:55et il ne consentira jamais.
23:58Mais nous dans un lieu
23:59où nous puissions
24:00vous apprendre
24:00notre infortune
24:01et savoir de vous
24:03le conseil
24:04que nous devons suivre.
24:05Oui, ma chambre,
24:06ma chambre,
24:07écoutez-moi,
24:08est l'endroit du château
24:09où vous serez
24:10le mieux caché.
24:12Et je veux bien
24:12encourir le risque
24:13pour l'amour de vous
24:14à condition que
24:15pour l'amour de moi...
24:16Allons, mon bon monsieur,
24:18vous voyez de pauvres orphelines
24:19qui ne sont nullement
24:20entendies d'ingratitude.
24:21Alors, suivez-moi,
24:22suivez-moi.
24:25Oh, oh, oh, oh,
24:27Ah, bon chambier !
24:30Je vous prends
24:31sur le fait, là, hein ?
24:32J'en suis plus
24:33que de moitié.
24:34Voilà un marouf
24:35qui arrive bien
24:35mal à propos.
24:36Ah, puisque vous avez
24:38voulu les fourrer
24:38dans votre chambre,
24:40oh là là là là,
24:41je continue,
24:41et bien je ne vais pas
24:42être pendu tout seul
24:43pour les avoir fourrés
24:44dans ma cahute.
24:45Vous le traitez, hein ?
24:46Vous le veillez tout taire.
24:47Oh, je me tairais
24:48que si je tire
24:49mon épingle du jeu.
24:50Oui, mais qu'entends-tu par là ?
24:51Eh bien, j'entends
24:52que vous ne s'ayez pas
24:53du tout seul.
24:54Mais que veut dire
24:55cet animal-là ?
24:56Ah, ben je veux dire
24:57qu'à moins que vous ne disiez
24:58que ces boucles
24:59l'avaient fourrés
24:59dans votre chambre,
25:00hein ?
25:01Eh bien, je m'en vais
25:01tout raconter à notre maître.
25:02Non, ben, ben,
25:03soit, soit, soit,
25:04je dirais que c'est moi.
25:05Ah, bon, dans ce cas,
25:06je ne dirai rien,
25:07mais point de trisserie,
25:08au moins, hein ?
25:08Qu'est-ce qu'il veut dire ?
25:09Eh, l'homme, mon Dieu !
25:10Allez, vis-vous,
25:11courez dans ma caille, vous-là.
25:12Et puis, ne sortez pas
25:13de vous montrer à personne
25:14sur les yeux de bout de nez.
25:15Alors, allez, mon Dieu,
25:17chut, pas un mot,
25:18je te fais compris,
25:19ce mot de suite,
25:20ou je découvre le poton.
25:21Oui, mon père,
25:22il est impossible
25:23que vous m'auriez aussi
25:24quand vous les aurez vus.
25:25Venez seulement.
25:27Où sont-ils ?
25:28Qu'en avez-vous fait,
25:29monsieur Jocelyn ?
25:30Oh, mais que veut-il,
25:31d'ignire ?
25:32Eh, je sais ce qu'il veut bien compter.
25:33Que sont-ils devenus, Bertrand ?
25:35Qu'est-ce qu'il a attendant par là ?
25:36Je ne sais pas.
25:37Répondez-moi, monsieur Jocelyn.
25:38Ou malgré la présence de mon père.
25:40Oh, le petit drôle.
25:42Mais sur quelle ère
25:43bat-il marcher, monsieur ?
25:43Mais éclaircie-moi
25:44de ce que je veux savoir.
25:45Aïe, aïe, aïe, aïe,
25:46mais vous m'étranglez,
25:47mais il est fou ou quoi, d'en ?
25:48Mon père,
25:48commandez qu'on me les fasse retrouver
25:50où j'en mourrais de désespoir.
25:51Quoi, qu'y a-t-il ?
25:52Que veux-tu qu'on te rende ?
25:53Te voilà bien échauffé.
25:54Nous cherchons partout.
25:55Si je ne les retrouve,
25:56je sais bien à qui je m'en prendrai.
25:58Eh, eh, mon petit monsieur,
25:59c'est-il pas des moignons ?
26:00Où cherchez ?
26:00Non, traîtres,
26:01ce ne sont pas des moignons.
26:02Ah, bah, écoutez,
26:03que ce soit ce que ça voudra,
26:04je vais aller chercher avec vous autres.
26:06Mais t'avis que...
26:07Oh, là, mais...
26:08J'ai entendu quelque chose grouiller par là.
26:10Recourons-y, mon bonjour Bertrand.
26:11Ne me quitte pas.
26:14Monsieur Jocelyn,
26:16malheur à vous
26:16si je ne les retrouve.
26:19Des menaces.
26:20Voyez comme il perd le respect, monsieur.
26:22Oh, là, quelqu'un !
26:24Qu'on l'arrête.
26:25Non, non, non, non, non, non, non.
26:27Non, il vaut mieux qu'en courant,
26:28il aille dissiper ces valeurs
26:30qui lui troublent l'imagination.
26:33Attends.
26:34Mais je crois qu'en effet,
26:36il est devenu fou.
26:37Quel galimatium a-t-il fait ?
26:38Mais je ne sais pas, monsieur.
26:40Ce sont peut-être justement
26:42ces idées
26:42qui lui passent par la cervelle.
26:45Je ne serais pas étonné
26:46que ce ne fussent
26:47des idées de femmes.
26:49Des idées de femmes ?
26:51Vous voulez rire, monsieur Jocelyn ?
26:54Comment peut-on avoir des idées
26:55de ce qu'on n'a jamais vu ?
26:56Belle merveille !
26:58Est-ce qu'il vous est jamais arrivé
26:59de faire des songes, monsieur ?
27:01Oui.
27:02Et de voir en dormant
27:03des choses que vous n'aviez jamais vues
27:04et que vous n'auriez point imaginées
27:06si vous n'aviez dormi.
27:07D'accord.
27:08Ah.
27:08Mais ce petit garçon l'endort point.
27:10Ah, non, vraiment.
27:12Au contraire,
27:13je ne l'ai même jamais vu si éveillé.
27:15Eh ben !
27:15Eh ben !
27:16Il rêve tout éveillé, monsieur.
27:19Et c'est justement pour cette cause
27:20qu'il fait des comptes
27:21à dormir debout.
27:24Et pourquoi lui vient-il
27:26des idées de femmes
27:27plutôt que d'autres ?
27:28C'est parce que justement
27:29ces animaux-là
27:30se fourrent partout
27:31malgré qu'on en ait.
27:33Ce serait bien horrible
27:35que toutes mes précautions
27:36fussent inutiles.
27:37Elles le seront, monsieur.
27:39Et dès à présent,
27:40je vous en donne ma parole.
27:41Il n'importe.
27:41Et si je ne puis lui cacher
27:43absolument qu'il y a des femmes,
27:45il ne les connaîtra
27:46du moins que pour
27:47les haïr mortellement.
27:48Il ne les haïrera point ?
27:49Il les détestera
27:50en apprenant
27:51ce qu'elles savent faire.
27:53Mais qu'est-ceci ?
27:55Ah, c'est ce bon paysan, monsieur,
27:57qui vous amène
27:58ces deux personnes
27:58pour faire l'essai
27:59de votre coupe.
28:04Oui.
28:06Restons ici
28:06pour voir ce qui se passe
28:07puisque nous pouvons voir
28:09sans être vus.
28:13Je vous le dis,
28:15je vous le soutiens,
28:16vous êtes une sauf,
28:18mon frère.
28:19Oh, monsieur, monsieur,
28:20au mari de madame
28:21de votre soeur.
28:22Sauf !
28:23Je veux...
28:23Sauf !
28:25Sauf !
28:26Que termine un jour,
28:28ça ?
28:28Comment ?
28:30Nous sommes gens
28:31viens de notre race.
28:33Je suis le mari
28:34qui a pu être
28:34un petit chèner
28:35proche qu'on fait à la vente.
28:36Oh, monsieur,
28:37au frère de madame
28:38de votre soeur.
28:38Tout fait,
28:39viens de m'appartenir.
28:40Oh, c'est le plus vilain,
28:41en droit de ma vie !
28:42Messieurs, messieurs,
28:43venez m'aider à mettre le haut là
28:44entre deux bons frères
28:46qui vont se couper la gorge.
28:48Non, qu'avez-vous
28:49la victime ?
28:50Ah, messieurs,
28:52servidors,
28:53je vous fais
28:54et je vous intercèdez-vous ?
28:57J'ai fait l'honneur
28:58à ce monsieur
29:01de lui donner mon fils,
29:03qui est noble,
29:04comme moi,
29:05carajo,
29:07en mariage
29:08simple,
29:10et pour que la veille de nous,
29:12la sorte s'éclipse
29:13de la casa paternale,
29:15il a l'insolence
29:16de dire que c'est ma faute
29:19à cause qu'elle a eu peur
29:20d'entrer dans mon alliance
29:22pour la raison
29:23que je suis sévère
29:25dans ma famille
29:25et que je ne peux souffrir
29:27qu'un coup de lourou
29:29approche mon domaine
29:31de la banlieue.
29:33La banlieue ?
29:34Oui, de la banlieue.
29:36Ah, de la banlieue.
29:36Oui.
29:39Je donne ma fille
29:41qui aura
29:42dix mille livres
29:43de rente
29:44au fils
29:45de ce monsieur
29:46qui est gueux
29:47comme un rat.
29:52Et parce qu'elle
29:53s'en est enfuie
29:54de chez moi
29:54pour éviter ce mariage,
29:56il me dira
29:57en me traitant
29:57comme un n'importe qui
29:59que c'est parce que
29:59je suis trop beau
30:00dans mon domestique
30:01à cause que ma femme
30:04est toujours autour de moi
30:06à m'étouffer de caresses
30:08et que je souffre
30:09qu'elle m'appelle
30:10son petit papa,
30:12son petit femme fin,
30:14son petit camuset.
30:16Son petit quoi ?
30:17Son petit quoi ?
30:18Un petit camuset.
30:20Camuset.
30:21Voilà ce qui fait
30:23que ma maison est ouverte
30:24à tous les honnêtes gens.
30:26Voilà un différent
30:27qu'il est assez facile
30:29d'accommoder.
30:30Ces messieurs
30:31parlent de si bonne foi
30:33qu'on ne peut s'empêcher
30:34de les croire.
30:35Et pour savoir
30:36lequel des deux
30:37s'est fait le plus aimé
30:38de sa femme
30:39par ses manières,
30:41je crois que votre coupe
30:42enchantée sera
30:44d'un secours merveilleux
30:45et je suis sûr
30:46qu'elle mettra
30:47tout le monde d'accord.
30:48Je vais la porter.
30:50Allez, allez,
30:50monsieur Josselin.
30:51Allez, allez,
30:52cela finira la dispute.
30:53Mon fermier
30:55m'a fait
30:55les refils de la coupe.
30:57Je serais ravi
30:58de connaître par elle
30:59quoi elle de noces-dents
31:00s'il est fat.
31:01Tant mieux je suis sourd
31:02que ce n'est pas moi.
31:05Nous en allons voir
31:06tout à l'heure
31:07un bien penaud.
31:09Et je sais bien
31:10qui se te frappe.
31:16Voici la coupe.
31:21Donnez !
31:22Donnez !
31:24Je serais fâché
31:25de n'être pas
31:26le premier
31:26à en faire l'essai
31:28pour vous montrer
31:29combien je suis
31:30sûr de mon fait.
31:41Que voile !
31:43Le vin est répandu,
31:45je pense.
31:45Par ma foi,
31:46le petit camuset
31:48en tient.
31:50Dites-moi, monsieur,
31:52la prochaine fois
31:52qu'elle viendra
31:53vous étouffer
31:54de caresses,
31:54je vous conseille
31:55de l'étrangler
31:56par bonne amitié.
31:58Un caraïs,
32:00mon frère.
32:01Poin de notre temps
32:02s'il est fat.
32:03Vous me ferez la somme
32:05de la conduite
32:05de ma soeur.
32:07Voilà une méchante créature.
32:09Je ne l'aurais
32:10jamais cru.
32:12C'est chez vous
32:13qu'elle a su cesse
32:14mauvelle est là.
32:15La piscine
32:16n'est pas plus amère
32:17que le lait
32:18que je leur fais sous ça.
32:20À vous le tour,
32:22monsieur.
32:24Versez,
32:25versez vos ganimèdes.
32:27Elle pose à la voix,
32:29vos frères.
32:32À la salaud
32:33de la compagnie.
32:37je vous dis,
32:38vous avez un petit peu
32:39de la voix,
32:39mais prenez-vous
32:40aux gardes,
32:41monsieur.
32:41Vous voyez,
32:42vous voyez.
32:42La main
32:43m'épreuve.
32:46Ouf !
32:50On a approché
32:51votre domaine
32:52de plus près
32:53que de la banlieue.
32:56Je savais bien
32:57que ce n'était
32:58pas ma faute.
33:01ce n'est
33:01garde-lai
33:02donner ma fille
33:03à votre fils.
33:04Il n'en ferait
33:05qu'une vraie
33:05rien qui vaille.
33:07Madame,
33:07à quelque chose
33:08malheureux est bon.
33:09Il y a un complot
33:11que vous souviens.
33:12Monsieur est bon.
33:14On le trahit.
33:15Je suis rigide.
33:17Et l'on me trompe.
33:19Comment tient-il
33:20que faire
33:20avec ces dientes
33:21animaux-là ?
33:22On guesse
33:23la et ton balas.
33:25Mais on s'en mordra
33:26les doigts.
33:27On s'en mordra
33:28les doigts.
33:30On s'en mordra
33:31et s'en mordra
33:31jusqu'au mois.
33:32Signore,
33:34vous plairait-il
33:35encore boire un coup ?
33:37Oh,
33:39pèlomblé !
33:55Oh,
33:55ça,
33:56à vous le dé,
33:57pays.
33:59à moi ?
34:01T'en m'arrive
34:02à boire ?
34:03À quoi s'amuse-t-il ?
34:04Ce n'est pas
34:05que je craigne rien
34:05mais le cœur me tape.
34:07Parce que vous êtes
34:08un bon frère.
34:09Envoie la rasade.
34:10Buvez.
34:11Je n'ai pas souhait.
34:13Il ne s'agit pas
34:14d'avoir soif.
34:15C'est par curiosité.
34:16Je ne suis pas curieux.
34:18Pour savoir
34:19si vous êtes aimé
34:20de votre femme.
34:22Buvez.
34:23je ne boirai pas.
34:25Et quand je saurais ça,
34:26hein,
34:27on s'en reste plus grand.
34:28On n'aurait-je la jambe plus droite.
34:30On verrait-je plus de mes deux yeux.
34:31On mangerait-je autrement
34:33par la bouche.
34:34C'est pourquoi la vie,
34:35je suis votre serviteur,
34:36mais je ne boirai pas.
34:38Vous n'allez pas
34:39que ton âme
34:40puisse y inviter,
34:41par exemple.
34:41C'est mon sens.
34:43C'est ce qui me semble.
34:44Et je suis quasi fâché
34:46de n'avoir pas été
34:47de son humeur.
34:48Oh,
34:49pardis notre fermier,
34:51vous n'avez plus d'esprit
34:52que vous devez être.
34:52Je vous le cède.
34:54Je renigais,
34:54je ne sais si je fais bien,
34:56mais je sais bien
34:56que je serais fâché
34:57de faire autrement.
34:59Je me prête,
34:59elle est ma femme,
35:01et quand elles serions
35:02la femme d'un autre,
35:03je n'en l'aimerai
35:04point davantage.
35:05Je crois qu'elle m'aime
35:07fin fièrement,
35:07du moins,
35:08elle en fait le semblant,
35:09et quand je rentrons
35:10chez moi le soir,
35:11je la trouve toujours
35:12tâtre telle
35:12que je l'ai laissée.
35:13Il n'y a pas
35:13rien à dire.
35:15Elle aime batifoler,
35:16je suis dimer batifolante,
35:18et je batifolons
35:19sans cesse.
35:20Et si j'allais me mettre
35:20dans la cervelle
35:21tous vos ingrins gagnants,
35:23adieu le batifonnage.
35:24C'est pourquoi,
35:25l'ami,
35:25je ne boirai point.
35:27Voilà comment je veux être
35:29si je me marie,
35:30mais je ne me marierai point.
35:31Madame,
35:32tu s'y es,
35:32est-ce que je peux plus
35:32m'en tenir ?
35:33Il faut que j'aille embrasser
35:34mon mari.
35:34Mais attends,
35:35perec,
35:35que vas-tu faire ?
35:36Voilà la perle des maris.
35:38Ami, touche-la.
35:39Votre valet.
35:40Voilà l'exemple
35:42des honnêtes gens.
35:43Embrasse-moi.
35:44Votre serviteur.
35:46Voilà le miroir
35:48de la vie paisible.
35:49Votre vrais arme.
35:51C'est plein de frères,
35:55mon pauvre.
35:55Oh, ma perrette.
35:57Oh, que je te fiche
35:58de mon petit bout.
36:00J'ai pas bu dans la coupe.
36:01J'ai pas bu dans la coupe.
36:03J'aurais dû trop peur
36:03qu'elle réponde
36:04et qu'elle m'a eu chagriné.
36:06Non, elle n'a rien dit.
36:07Mais t'as bien fait,
36:08je t'en aime davantage.
36:11Perrette.
36:13Qu'as-tu fait de ma fille ?
36:16La voilà, mon pauvre.
36:19Je te jette à vos genoux
36:20et vous demandez pardon.
36:22Va, ma fille.
36:23Je te pardonne.
36:25Je ne sais pas.
36:26Je ne sais pas, monsieur.
36:26Quand elle est entrée chez moi.
36:27Je ne sais pas, monsieur.
36:28Ce sont peut-être
36:29elles sont fait naître
36:29chez monsieur votre fils.
36:30Ses idées.
36:31Allez, regardez,
36:32je vous dis quoi
36:32ce qui m'est fait.
36:34Mais non, mais non,
36:35mais non, mais non.
36:36La chouette.
36:37La chouette.
36:38Mais que vois-je ?
36:39Ah, c'est ce que je cherche.
36:40Oui, mon père.
36:42Les voilà.
36:42Permettez-moi de les emmener
36:43à ma chambre
36:44et je vous promets
36:45de n'en sortir jamais.
36:46Où suis-je content ?
36:48Oh, mon père ne les avait pas
36:49grandés de peur
36:50de les effaroucher encore.
36:52Sans effet,
36:54la nature et la destinée
36:56sont plus fortes
36:57que mes raisonnements.
36:58Leur seule présence
37:00lui en a plus appris
37:01en un moment
37:02que je lui en avais caché
37:04pendant seize années.
37:05Cela est admirable.
37:06Et si son père
37:07y consent,
37:09je commence moi-même
37:10à me rendre à la raison
37:11et je vais changer
37:13de manière.
37:13Mais qu'est-ce que tout ceci ?
37:15Vous le saurez, monsieur.
37:17En attendant
37:18qu'on vous l'apprenne,
37:20je vous dirai seulement
37:21que mon fils
37:21a beaucoup de noblesse
37:23et plus de bien
37:24et qu'il ne tiendra
37:25qu'à vous
37:26d'unir sa destinée
37:28à celle
37:28de mademoiselle
37:29votre fille.
37:31Volontiers,
37:31j'en serai ravie
37:33et ça fera enrager
37:34ma femme.
37:35Vous ne comprenez
37:35tous ces discours.
37:37Que veulent-ils dire,
37:38monsieur Jocelyn ?
37:39Cette belle
37:39vous l'apprendra.
37:41Oui, mon fils,
37:42je vous la donne
37:43en mariage.
37:44En mariage ?
37:46Cela signifie-t-il
37:47qu'elle demeurera
37:47toujours avec moi,
37:48mon père ?
37:49Oui, mon fils.
37:51Quelle joie !
37:52Ah, mon père,
37:53que je vous ai d'obligation.
37:54Jamais le petit fripon
37:55ne l'a serré si fort.
37:57Mon père et tout cela
37:58est bien, non ?
37:59Mais oui,
37:59tout cela est bel et bon.
38:01Mais cette chaîne
38:01de coupe,
38:02que deviendra-t-elle ?
38:03Oh, qu'il n'en soit
38:04plus parlé.
38:05Car fois que je ne craignons
38:06rien,
38:07vous en repos,
38:07voyez-vous.
38:08Ah, mon fils.
38:09Je ne vous inquiète pas.
38:11Je la briserai
38:12en votre présence.
38:13Quelqu'un veut-il faire
38:14l'essai à la coupe ?
38:16Allons, allons,
38:16qu'il se dépêche.
38:18Mais ma foi,
38:20je ne conseillerai
38:21à personne
38:21d'y boire.
38:23Et l'exemple du paysan
38:25est franchement
38:26le meilleur à suivre.
38:30Merci.
38:37Merci.
38:42Merci.
38:45Merci.
38:45Merci.
38:57Merci.
38:57Merci.
39:07Merci.
39:08Merci.
39:16Merci.
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