00:01Dans la plupart des expositions sur la diaspora, on retrouve presque toujours le même cadre.
00:05L'artiste présentait comme un trait d'union, comme un traducteur chargé d'expliquer un monde à l'autre.
00:10Les photographes réunis ici travaillent contre cette logique.
00:13Aucun ne se pose en traducteur.
00:15Aucun ne cherche à rendre le Maroc lisible, consommable, conforme à ce qu'un public lointain attend de lui.
00:21Anna Souazis photographie les communautés du Haut-Atlas, en silhouette et en ombre.
00:25Ce choix de l'opacité est une réponse directe du regard qui voudrait tout voir, tout nommer, tout prélever.
00:31Zakaria Wakrim sépare le voyage qui consomme du mouvement qui traverse.
00:35Badri Mami rend à ceux qui photographient leur part de l'image avant même de l'exposer.
00:40Ce que ces gestes ont en commun, c'est un refus de l'extraction,
00:44une attention qui se tient en relation avec ce qu'elles regardent sans jamais le confisquer ni le résumer.
00:49Cette posture vient d'une expérience particulière.
00:52Vivre entre plusieurs langues et plusieurs géographies produit une lucidité sur la nature qu'on suit des catégories qui organisent
00:58le monde.
00:59L'identité, l'appartenance, la nation, la frontière apparaissent pour ce qu'elles sont des fictions collectives qui tiennent parce
01:05qu'on y croit ensemble.
01:07C'est le cœur du titre.
01:08Les certitudes du monde sont des architectures conceptuelles que les structures sociales érigent pour ranger le réel en catégories rassurantes.
01:16La diaspora n'est pas donc traité ici comme une catégorie identitaire ni comme une expérience de l'arrachement,
01:22mais comme une structure de perception.
01:24Une façon d'habiter un monde fait d'interruptions, de décalages, de temporalités qui ne coïncident pas.
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