00:0113h15, Europe 1 Info.
00:03La suite avec vous Clélie Mathias et votre chroniqueur Jules Thoresse, journaliste politique au journal du dimanche.
00:08Bonjour Jules Thoresse.
00:09Bonjour Clélie, bonjour à tous.
00:11Cinq jeunes dont trois mineurs ont été mis en examen, placés en détention provisoire pour le passage à tabac mortel
00:16d'un jeune homme de 17 ans.
00:18C'était à Narbonne le week-end dernier.
00:21La victime c'était un jeune qui était confié à l'aide sociale à l'enfance.
00:25Elle a été découverte inanimée sur le site d'un chantier.
00:28C'était samedi matin, après avoir été rouée de coups la veille au soir.
00:32Elle a succombé ce mardi de ses blessures.
00:35Écoutez, Bruno Bartocetti du syndicat Unité SGP Police et Faux, pour qui cette ultra-violence sidère autant qu'elle l
00:43'inquiète les policiers.
00:44Ce jeune qui a été laissé pour mort, il a été découvert le lendemain matin, suite après ce passage à
00:50tabac.
00:50On ne peut pas être présent dans tous les quartiers en permanence, même si on doublait les effectifs.
00:55En fait, on ne pourrait pas, aujourd'hui, guérir les maux de cette société qui bascule dans l'ultra-violence.
01:03On considère que la justice est dépassée.
01:06La police peut l'être également dans certaines situations par manque de moyens.
01:09Il y a un vrai problème.
01:11Lorsqu'on interpelle un jeune et que celui-ci va être présenté à la justice, parfois un an après, ça
01:18veut dire qu'il y a un souci.
01:20Les sanctions doivent être beaucoup plus fermes, immédiates.
01:23En fait, on ne donne pas les moyens.
01:25Julie Torres, les mots ne suffisent pas, dit Gabriel Attal.
01:28Les mots, non, mais la répression, oui.
01:31Si seulement il y avait une répression, le jeune Louis, qui est une nouvelle victime de l'ensauvagement, avait déjà
01:37été tabassé.
01:38On ne sait pas encore si c'était par les mêmes personnes qui sont aujourd'hui mises en examen, les
01:43trois mineurs et les deux majeurs.
01:45C'était il y a quelques jours, quelques semaines.
01:48Et figurez-vous que les vidéos étaient publiques.
01:51Les vidéos étaient publiées, notamment par ces agresseurs, sur leur compte Instagram.
01:55Elles étaient mises en avant et on le voyait se faire lyncher.
01:58Alors là, c'était un lynchage qui n'était pas mortel.
02:00Mais ça a amené à cela puisque Louis a été tabassé, a été lynché, parce qu'il avait osé se
02:06rendre au commissariat après son premier lynchage.
02:08Donc, non, la répression, elle ne fonctionne pas aujourd'hui.
02:12On a une loi sur la justice des mineurs.
02:13Vous parliez de Gabriel Attal qui a été voté l'an dernier et qui a été censuré par le Conseil
02:17constitutionnel,
02:18qui a prétexté que c'était contraire à la loi de 1906, la loi de 1912 et l'ordonnance de
02:231945.
02:24Et on voit bien dans ces images, qui sont complètement innommables,
02:29et peut-être que le meilleur moyen, finalement, de rendre hommage à Louis, c'est de la regarder, ces images.
02:34Parce qu'elles sont inconcevables, parce qu'elles font mal au cœur,
02:37et parce qu'elles nous montrent que les jeunes de 2026, ce n'est pas les jeunes de 1945,
02:41ce n'est pas les jeunes de 1912 et ce n'est pas les jeunes de 1906.
02:44Et donc, qu'il faut agir parce qu'aujourd'hui, on est dans une forme de sauvagerie, de barbarie,
02:49qui implique qu'un mineur de 17 ans, quand il y a une tentative d'assassinat qui va être qualifiée,
02:55puisque Louis est mort, ce sera un assassinat, c'est la réclusion à perpétuité.
03:00Écoutez, Gérard Larche, le président LR du Sénat, qui a estimé qu'il faut réformer cette ordonnance de 1945 dont
03:06vous parliez.
03:06Donc, sur la justice pénale des mineurs, il était l'invité de Laurence Ferrari ce matin sur CNews et Europe
03:111.
03:12L'ordonnance de 1945, vous savez, elle était basée en opposant, en quelque sorte, le répressif à l'éducatif.
03:19Il faut les deux, et il faut les deux, et il faut sortir du sentiment que l'ordonnance de 1945
03:25aurait une valeur quasi constitutionnelle.
03:28Même Gabriel Attal, sur sa proposition de loi, s'est vu retoquer, je le rappelle.
03:33Donc, il faut vraiment poser la question.
03:36Les mineurs de 2026 ne sont pas les mineurs de 1945.
03:42Oui, c'est ce que vous disiez, Gérard Larche.
03:44Et je n'avais pas entendu Gérard Larche ce matin, mais heureusement, j'ai envie de vous dire,
03:48vous savez, on parle beaucoup en ce moment, avec certaines décisions qui sont prises par des hautes autorités,
03:53de débats et de pluralismes.
03:54Là, il n'y a pas de pluralisme.
03:56Je ne vois pas comment on pourrait dire l'inverse de ce que dit M. Larche.
03:59Je ne vois pas comment on peut dire quelque chose d'inverse de ce qu'a dit Gabriel Attal.
04:04Encore heureux !
04:04J'ai vu un tweet ce matin du député de la France Insoumise, Antoine Léaumant,
04:08qui évoquait la mort de Louis.
04:10Encore heureux, qu'on puisse encore, sur ce genre de drame, avoir une sorte de concorde.
04:14Mais ensuite, c'est comment on essaye de les éviter.
04:17Parce que, moi, je peux revenir sur votre plateau...
04:19Là-dessus, il n'y a pas forcément concorde, oui, sur comment on essaie de les éviter.
04:22Sur comment, et puis surtout, sur le constat.
04:24Parce que moi, j'en ai marre de devoir égrener des prénoms de ces adolescents
04:28qui sont massacrés dans cette France orange mécanique.
04:31On a eu Lola, on a eu Philippine, on a eu Elias, on a eu Thomas Acrépole.
04:35D'ailleurs, pardonnez-moi de faire une sorte de parallèle,
04:38mais ce qu'on a vu dans ces images-là,
04:41cette bande organisée, ce lynchage mortel,
04:44alors là, il n'y avait pas de couteau,
04:45mais ça m'a rappelé le meurtre, pour ne pas dire l'assassinat de Thomas Acrépole,
04:49qui avait 16 ans, Louis en avait 17.
04:53Donc voilà, jusqu'à quand ?
04:55C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron nous disait la semaine dernière
04:57qu'il ne fallait pas réagir à ce genre de faits divers,
05:00en l'occurrence, il parlait du faits divers et du drame de Liana,
05:04par des cris, par de la précipitation et par de la démagogie.
05:07Quelques mois plus tôt, il avait parlé de brainwashing.
05:09Bah, ces cris-là, on est obligé de les entendre,
05:11et ce matin, dans 100% Frontières,
05:13il y a eu le témoignage de la tante de Louis,
05:15elle a le droit d'avoir des cris,
05:17elle a le droit de se précipiter,
05:18et même elle a un petit peu le droit de la démagogie,
05:20parce que quand il y a ce genre de drame, ce genre d'horreur,
05:22eh bien oui, la colère,
05:24c'est finalement le dernier ressort qui nous reste.
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