00:00On va évoquer les affiches du soir, mais d'abord, je me tourne vers vous, Marie Debreur.
00:03Vous ne parlez pas de la Coupe du Monde, mais vous êtes venu nous dire tout simplement au revoir.
00:07Cher journal, c'est ma dernière chronique sur France Inter.
00:13Enfin, pas ma dernière dernière, mais ma dernière en tant que chroniqueuse en quotidienne.
00:18Tu sais ce que ça veut dire, une chronique quotidienne, mon cher journal ?
00:21Ça n'a rien à voir avec l'émission, là, avec le gars qui porte des Stan Smith depuis 12
00:26ans
00:26et qui dit des trucs engagés, genre en se moquant des politiciens qui parlent mal anglais.
00:31Non, non.
00:32Une chronique quotidienne, mon cher journal ?
00:34Ça veut dire que tous les jours, j'ai été forcée de déjeuner avec des collègues.
00:39C'est étrange, un collègue, entre un ami et un inconnu.
00:43Un collègue, contrairement à un ami, tu ne peux pas lui confier tes secrets.
00:47Je l'ai appris à mes dépens en disant à Manon que j'avais fait un rêve érotique avec Cyril.
00:53On ne m'a plus adressé la parole pendant huit jours.
00:56Comme je suis pudique, je n'en dirai pas trop sur ce rêve, mais oui, il y avait une histoire
01:02de plug en forme de brochette de bain.
01:04Ce n'est pas moi qui le portais, mon cher journal.
01:07Ça y est, cher journal, c'est ciao, terminado, finito, le cronico en quotidien.
01:14Mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Du cinoche ? Peut-être.
01:18Hier, j'ai joué mon premier rôle au cinéma.
01:21C'est dingue, mon cher journal.
01:22Mon rôle ? Une vendeuse chez Decathlon.
01:25Je me suis malheureusement faite virer du plateau par la réalisatrice car je n'arrivais pas à sortir du personnage.
01:32Je disais à tout le monde, vous avez besoin d'un petit renseignement ?
01:35Si c'est pour faire du bivouac, je partirai sur la tente qui échoua deux secondes.
01:39Pour la replier, il faut prendre un coup de main, mais ça se fait fastoche tranquilloche.
01:43J'ai mis des heures à revenir à la raison, cher journal.
01:47Quel drôle d'univers, les plateaux de cinéma.
01:49La plupart des techniciens sentent fort le tabac à rouler.
01:53Et il y avait comme unique snack des bananes et figues séchées.
01:57Ils nous ont donné des fruits secs pour s'alimenter.
02:01Mais suis-je un oiseau ? Ai-je un bec et des plumes ?
02:05Est-ce que je dis cuit, cuit, cuit ?
02:07Mon cher journal, plus jamais je ne ferai de cinéma.
02:10Ou si j'en fais, ça sera pour une seule et bonne raison, l'argent.
02:15Mon destin, c'est les planches, mon cher journal.
02:18Dans les théâtres, en région, on nous laisse commander autant de sushis qu'on veut
02:22depuis le téléphone de la productrice.
02:25En contre, je tiens d'ailleurs à m'excuser d'avoir fait fermer le théâtre Bistrot de la Seine à
02:31Dijon
02:31suite à une commande de 456 euros en février.
02:35Je suis désolée.
02:37Mon cher journal, pour ces deux dernières années en quotidienne, je tiens à dire merci.
02:42Merci pour les leçons de vie que m'ont appris tous mes collègues.
02:45Et je répète une nouvelle fois le mot, collègue, collègue, pas amis Manon, nous ne sommes pas amis.
02:53Je rappelle que tu m'as obligé à regarder dans ta culotte à trois reprises aujourd'hui.
02:57Et le résultat est sans appel.
02:59Oui, le savon de Marseille a un pH bien trop élevé pour ta flore.
03:03Chez le journal, je dis merci à Mathieu, qui m'a appris qu'on peut devenir une immense star de
03:08la radio
03:09et ne prononcer aucun mot hors antenne.
03:12Un jour, il m'a dit « Salut, j'ai cru voir un fantôme.
03:16J'ai eu si peur que je me suis fait un peu dessus. »
03:19Alors, pour cette expérience presque paranormale, merci.
03:23Merci à Quentin, qui m'a toujours demandé « Comment ça va, vraiment ? »
03:27Et qui m'a appris qu'en réalité, le film Benjamin Button n'est pas une fiction, mais son biopic.
03:33Quelle vieille âme, ce Quentin.
03:35Merci Manon, qui m'a laissé finir son assiette tous les jours.
03:39Et merci Cyril pour…
03:44Mais si, chère journal, merci.
03:47Merci Cyril pour…
03:50Et non, j'ai rien.
03:52On se retrouvera l'année prochaine, mon cher journal.
03:54Mais moins, beaucoup moins.
03:56Beaucoup moins, en fait, parce que ça suffit maintenant.
03:58Big bisous bien baveux.
04:00Oh, merci beaucoup, Marie Debreur.
04:03Et puisque la fois où je vous ai dit « Salut », ça vous a donné des frissons,
04:06imaginez si c'est Michel qui vous le dit.
04:08Oh là là, mais je fais vraiment bien de partir.
04:11Ça fout les poils quand même, admettez.
04:13Merci, encore bravo Marie Debreur.
04:15Merci à vous.
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