00:00Premier sur l'actu locale en Lorraine, ici matin.
00:03Et oui, dans le quart, c'est le moment de retrouver notre invité, l'ancien maire de Metz, Dominique Gros,
00:07est donc avec nous en ce moment en studio et il mène un combat face au Luxembourg.
00:11Il répond à vos questions, François.
00:12Bonjour Dominique Gros.
00:13Bonjour.
00:14Alors vous présidez aujourd'hui, c'est pour ça qu'on vous invite l'association Au-delà des frontières
00:18pour obtenir davantage d'équilibre financier avec le Grand-Duché.
00:21Parce que, reposons le débat, le constat, la richesse de notre voisin,
00:25elle est produite en très grande partie par les 126 000 frontaliers lorrains qui y travaillent.
00:30Plus les Allemands, plus les Belges.
00:32Mais alors, quel intérêt aurait le Luxembourg, lui, à verser de l'argent à la France,
00:36alors que pour l'instant, le système fonctionne bien pour lui ?
00:39Eh bien écoutez, effectivement, si les 4, 5e ou même plus, les 9, 10e des cigarettes achetées au Luxembourg
00:47sont fumées à l'extérieur, il a les impôts et puis c'est tout, et nous on a les cancers.
00:51Alors comment on va se contenter de cet équilibre-là ?
00:55Nous avons, nous, effectivement, avec 126 000 frontaliers du côté français,
01:00nous avons les charges résidentielles, à savoir les crèches, les écoles, les voiries, les logements.
01:06L'accueil périscolaire, on a parlé à 7h30 à Longoui, par exemple.
01:09Exactement, on a besoin de faire fonctionner les services publics de ces personnes qui vont travailler de l'autre côté.
01:17Or, ces personnes laissent leurs impôts intégralement de leur côté,
01:20et mieux encore, les entreprises dans lesquelles ils travaillent passent leurs impôts aussi au Luxembourg,
01:25si bien qu'on a des territoires maintenant qui sont extrêmement pauvres ou en voie de paupérisation.
01:30Je pense au nord de la Meurthe-et-Moselle, je pense même à un secteur de la Moselle,
01:34où, eh bien, la plupart, jusqu'à 80% des actifs sont des frontaliers,
01:41et qui se trouvent dans des situations extrêmement fragiles.
01:45Pauvres, alors qu'avec des citoyens qui ont un niveau de revenu, quand même, un pouvoir d'achat.
01:49Justement, les citoyens au niveau de revenu, ils se disent, mais qu'est-ce que c'est que ça ?
01:52J'ai besoin d'une crèche à 6h30 du matin, puisque je vais travailler tôt le matin.
01:55Et donc, il faut qu'on me paye ce qu'il me faut comme équipement public.
01:59Je me tourne vers le maire et je lui dis, ben, dites-donc, pourquoi votre crèche n'ouvre pas plus
02:03tôt ?
02:03Vous voyez bien que je pars travailler au Luxembourg, où je vais payer mes impôts,
02:06et vous, eh bien, vous devez me payer ma crèche.
02:09Vous voyez, les raisonnements sont aussi simples que ça, mais c'est valable pour tout.
02:13C'est valable pour la culture, c'est valable pour le sport, c'est valable pour tout ce que vous
02:15voulez.
02:16Vous, Dominique Gros, vous militez pour une rétrocession fiscale.
02:18Ça va un peu plus loin qu'une simple compensation financière demandée par, par exemple,
02:23Chahines Kierouni, présidente du CD54.
02:25On peut appeler ça un peu comme on veut, mais jusqu'à présent, Luxembourg a dit,
02:29écoutez, si vous voulez vraiment que je vous paye les guirlandes de Noël des villes françaises,
02:34c'était Xavier Bettel, mais je ne suis pas là pour vous payer les guirlandes de Noël.
02:37C'est-à-dire qu'il y a une espèce de distance, quelquefois de mépris,
02:42pour ces demandes de collectivités locales qui, en réalité, ont les charges de ces personnes.
02:49Et Chahines Kierouni, dans le département de la Morte-et-Moselle, a fait délibérer son assemblée départementale.
02:55Et cette délibération me convient parfaitement.
02:58Nous avons des amis allemands qui pensent la même chose.
03:01Je pense au maire de Trèves, Wolfheim-Leibe, avec lequel je suis en relation.
03:06Le Luxembourg ne peut pas se contenter de prélever, quelque part, les ressources et les finances,
03:12et de dire à son espace circumvoisin, celui de son territoire réel, celui qui sort de ses frontières.
03:21Eh bien, débrouillez-vous.
03:22Alors, les projets cofinancés existent quand même.
03:24Alors, ils sont ponctuels, certes, mais ils existent sur les transports, sur les parkings de covoiturage.
03:29Ce n'est pas suffisant ?
03:30Alors, écoutez, ce sont des projets qui intéressent le Luxembourg.
03:33Moins de voitures, s'il vous plaît, beaucoup de talent, comme dit le Luxembourg,
03:37mais pas de voitures, s'il vous plaît, parce que ça, ça me fait des embouteillages.
03:39Donc, faisons des parkings au voisinage des gares en France.
03:44Je veux bien vous en apporter une petite partie.
03:47Si bien que, en ce qui concerne les trains et les parkings de covoiturage,
03:51il y a trois sous qui ont été donnés, mais par rapport aux enjeux dont je parle, c'est dérisoire.
03:56Le Luxembourg, avec ça, permet de faire durer le plaisir, si je puis dire,
04:01en disant, écoutez, oui, on va s'occuper de choses, à condition que ça nous intéresse.
04:06Alors, soumettez-nous vos projets, puis financez-en quand même la moitié,
04:10et je verrai si je peux donner le reste.
04:13Et ce sera à moi de décider.
04:15Si bien que, pour une collectivité locale, ça ne va pas.
04:18La libre expression, la libre décision et la libre gestion des collectivités locales est fondamentale.
04:23Ceux de moyens dont on a besoin, et pas d'aumône.
04:25Vous dites que le maire de Thionville a obtenu trois sous en cofinançant un parking de covoiturage.
04:30Écoutez, le maire de Thionville, il a des gros problèmes d'halte-garderie, par exemple,
04:35à cause des frontaliers.
04:36Il le dit, et il demande, lui, des moyens, mais il les cible,
04:40en disant, ce serait bien si on m'aidait dans ce domaine-là.
04:43Moi, je pense que le maire de Thionville, comme les autres maires,
04:46ont besoin d'avoir une visibilité sur ses finances,
04:50et, quelque part, il y a à Thionville, comme à Metz, d'ailleurs,
04:53je suis à Metz, il y a plus que 10 000 frontaliers,
04:56eh bien, on a besoin d'avoir une visibilité pour des moyens
04:59qui soient véritablement partagés dans un esprit européen, équilibrés.
05:02Le problème, c'est que le maire de Thionville, l'actuel maire de Metz,
05:05ne sont pas sur votre ligne.
05:07Ils ne demandent pas de compensation financière au Luxembourg.
05:10Il y a beaucoup d'élus qui évoluent sur ce domaine-là.
05:13Alors, vous avez des maires qui, effectivement, disent, c'est parfait,
05:16mettons-nous d'accord contre Bercy avec le Luxembourg,
05:19et on fera des affaires avec nos voisins.
05:20Il y en a qui pensent que ce n'est pas forcément une bonne chose
05:23de se mettre d'accord contre Bercy avec nos voisins luxembourgeois,
05:28mais j'aimerais bien avoir tel ou tel service.
05:30Et puis, il y en a d'autres qui réfléchissent en disant,
05:32finalement, on est dans un espace européen, ça s'appelle la Grande Région,
05:36et le Luxembourg est, d'une certaine façon, le moteur de la Grande Région
05:40pour un certain territoire.
05:42À ce moment-là, il est normal que, fiscalement,
05:45eh bien, il y ait une partie de la richesse produite par les habitants
05:48qui soit répartie sur les territoires où vivent ses habitants,
05:50de façon à ce qu'il puisse y avoir un niveau de vie, par exemple,
05:53comme ça se fait autour de Genève, où ça marche très bien.
05:55Merci à vous, Dominique Gros, ancien maire de Metz,
05:58mais vous étiez là aujourd'hui sur ICI Lorraine,
06:00en tant que président de l'association Au-delà des frontières.
06:03Bonne journée.
06:03Merci d'avoir fait le déplacement jusqu'à notre studio.
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