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  • il y a 3 mois
Les premières conclusions de la mission d'inspection diligentée par les ministres de la Justice et de l'Intérieur après la mort de Lyhanna, 11 ans, sont tombées ce lundi. Le document fait état d’une succession « d’erreurs, de négligences et de mauvaises décisions » pour reprendre les mots du Premier ministre Sébastien Lecornu. Par ailleurs, le Garde des Sceaux a réclamé le réexamen de 70.000 dossiers en France impliquant des mineurs, pour éviter toute nouvelle défaillance

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Transcription
00:00Ici Matin, 8h moins le quart, le rapport d'inspection sur les défaillances de la justice qui ont conduit à
00:06la mort de la petite Liana dans le Gers
00:07pointe les dysfonctionnements qui ont permis à Jérôme Barrella de passer à l'acte.
00:12Emmanuel Champal, vous recevez ce matin le procureur de la République de Valence.
00:16Bonjour Laurent Dekény.
00:17Bonjour Emmanuel Champal.
00:18Perte de temps, absence de suivi de la part du parquet d'Auche, erreur, négligence, dit le Premier ministre.
00:25Qu'est-ce que ça vous inspire ce rapport ?
00:27Alors d'abord, je me garderai bien de m'exprimer sur ce qui se passe à Auche.
00:31C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a eu une inspection qui a été légentrée par deux inspections
00:34générales notamment.
00:35Et comme tout le monde, je prends connaissance des résultats.
00:38La première chose que je voudrais dire d'abord, de toute façon, magistrat comme citoyen,
00:42personne ne peut rester insensible et indifférent au drame absolu qu'est la mort de Liana.
00:47Donc déjà, il faut commencer par remettre en perspective les choses.
00:50Qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas des fautes individuelles, des erreurs, des choses à corriger,
00:54et de toute façon, la mort de Liana est un drame absolu devant lequel on doit s'incliner.
00:59Après, effectivement, ce que révèle à travers les premiers éléments qui sont communiqués,
01:05notamment par l'inspecteur général de la justice,
01:08le rapport concernant l'affaire dite Liana,
01:13doit nous inciter à regarder dans nos parquets ce que nous a demandé le ministre,
01:16comment nous travaillons et comment nous pouvons, le cas échéant, mieux travailler.
01:19J'aimerais dire que déjà, nous travaillons les 70 000 procédures dont le ministre fait état
01:24et nous demande de les regarder, de dire ce que nous en faisons.
01:28Ce n'est pas 70 000 procédures qui dorment.
01:30Un 70 000 dossier donc à vérifier d'ici le 14 juillet a demandé le ministre.
01:33Il y en a combien dans la drame sur votre bureau aujourd'hui ?
01:36Alors, sur mon bureau ou dans les services d'enquête,
01:38parce qu'il faut bien comprendre que le chiffre,
01:41c'est le travail en cours dans les services d'enquête et les parquets,
01:47la liste qui a été arrêtée après les circulaires de M. le garde des Sceaux
01:50début du mois de juin me propose,
01:53puisque c'est les services centraux qui nous ont évidemment indiqué
01:57quelle était la méthodologie à employer pour pouvoir répondre utilement à la demande,
02:01me propose d'examiner au moins 470 affaires.
02:04Je dis au moins pourquoi ?
02:05Parce que c'est une première liste issue de l'enregistrement dans les parquets des dossiers.
02:11Il va falloir vérifier que ces enregistrements ne sont pas fautifs pour certains d'entre eux.
02:14Et puis, il y a aussi des affaires qui sont en cours,
02:17mais qui n'ont pas encore été portées à la connaissance du parquet,
02:20ce que nous allons évidemment découvrir et ajouter à la liste
02:23dans le cadre des revues de portefeuille que nous faisons.
02:26On est le 23 juin, vous avez 470 dossiers,
02:29plus de 470 dossiers à vérifier d'ici le 14 juillet,
02:32dans à peu près trois semaines.
02:34C'est possible ça, techniquement ?
02:35Alors, ça demande évidemment un effort qui est normal.
02:39Les parquets ont l'habitude de rendre des comptes.
02:40Vous savez, un procureur de la République...
02:41Mais rendre des comptes, c'est une chose, mais techniquement c'est possible ?
02:44Mais techniquement, pour rendre des comptes,
02:45il faut savoir ce qu'il y a dans les dossiers,
02:47sinon on ne rend pas compte.
02:48Voilà, donc oui, c'est possible.
02:50Vous dire que c'est un exercice aisé, non.
02:54Ça veut dire effectivement qu'il faut organiser spécifiquement
02:57le travail du parquet aussi pour réaliser cette commande.
03:01Mais pendant ce temps-là, l'actualité,
03:03et malheureusement l'actualité criminelle dans la Drôme,
03:06on l'a encore vu ce week-end,
03:07n'est pas exempt d'autres drames, avec des morts aussi.
03:11Eh bien, nous travaillons, nous faisons les deux.
03:12Mais oui, bien sûr, on va le faire.
03:15De toute façon, nous le devons aussi bien à la mémoire de Liana,
03:18comme je l'ai dit, devant qui ?
03:19Devant laquelle tout le monde doit s'incliner,
03:22et j'ai envie de dire magistrat compris,
03:23s'il y avait un doute sur le fait que nous sommes des êtres humains.
03:25et deuxièmement, parce que de toute façon,
03:31la pédocriminalité et les violences sexuelles faites aux mineurs,
03:34je vais vous dire une chose ce matin, Emmanuel Champal,
03:38c'est un contentieux de masse.
03:40Donc quand vous me dites que c'est possible,
03:42ben oui, mais parce que tous les jours,
03:43nous devons faire face à un nombre de plaintes,
03:46à un nombre de dossiers,
03:47qui n'est pas quelques dossiers ou quelques faits divers.
03:51Ce n'est pas du fait divers, c'est un contentieux de masse.
03:53Ce n'est pas vous qui faites mal le boulot,
03:54c'est la petite musique qu'on entend depuis des semaines maintenant,
03:57autour de cette affaire,
03:58la justice qui ne travaille pas assez, qui ne travaille pas mal.
04:01Alors d'abord, je crois qu'il faut avoir l'humilité de dire qu'on peut se tromper.
04:05Donc je ne vais pas vous dire ce matin,
04:06je fais tout très bien Emmanuel Champal,
04:08parce que vous ne me croiriez pas,
04:09que vous arriveriez très certainement à avoir en ligne un auditeur
04:13qui vous téléphonerait en disant,
04:14mais qu'est-ce que raconte le procureur ?
04:15Moi dans mon affaire, il se passe ceci ou cela,
04:17ou j'ai telles difficultés.
04:18Donc nous rencontrons aussi des difficultés dans l'exercice de nos missions.
04:22Des difficultés qui ne sont effectivement pas nécessairement
04:24des difficultés de moyens.
04:26Je n'ai pas d'état d'âme à le dire.
04:27Oui, nous savons tenir le discours des moyens,
04:30mais il y a aussi l'emploi des moyens,
04:33et donc nous devons regarder comment nous les employons,
04:36comment nous pouvons mieux les employer.
04:38Ce que m'inspire pour moi ici localement,
04:41par rapport à ces 470,
04:42peut-être plus, je vous le dis,
04:44sans me dissimuler d'affaires,
04:46c'est comment avoir mieux connaissance de l'encours réel,
04:49comment m'assurer que toutes les affaires sont enregistrées au parquet
04:52pour que je puisse demander à mes services d'enquête
04:55où ils en sont,
04:56pour qu'ils puissent me rendre compte
04:57en étant parfaitement informé
05:00de l'état d'avancement d'un dossier.
05:02Comment je peux mieux utiliser les logiciels métiers ?
05:05Vous voulez aussi une précision ?
05:07Les logiciels métiers du parquet,
05:09qui sont des outils modernes
05:11et qui nous permettent de suivre les dossiers,
05:13à Valence, je n'ai pu, pour des raisons matérielles,
05:16les déployer que depuis une grosse année.
05:18Croyez-vous que ça a facilité le suivi par mon parquet
05:21avant de ces dossiers ?
05:23Non, donc nous rattrapons un retard
05:25qui avait été pris à un moment,
05:26nous avons été actifs,
05:28et même, comme on dit, parfois proactifs,
05:30pour essayer de rattraper,
05:31et après, nous avons l'humilité de regarder,
05:34puisque c'est ce qui nous est demandé,
05:35dans l'encours,
05:36si nous faisons correctement le travail
05:38ou si nous devons donner des instructions rapides.
05:41Au 14 juillet, potentiellement,
05:42vous pouvez nous annoncer peut-être des gardes à vue ?
05:45Mais il y en a des personnes qui couvrent,
05:47Emmanuel Champal, si vous voulez.
05:48Mais des nouvelles, en tout cas.
05:49Mais peut-être à l'heure où je vous parle,
05:51mes collègues ont-ils ce matin,
05:53sur la boîte mail,
05:55de leur section de permanence,
05:58en matière de violences faites aux mineurs,
06:00un mail disant qu'une personne est en garde à vue
06:02pour des violences sexuelles sur mineurs ?
06:04Ça ne s'arrête pas, si vous voulez.
06:05Ce que vous dites, c'est que ça avance.
06:07Mais, je vais vous dire,
06:09ça avance d'autant que nous n'avons jamais voulu reculer.
06:12Alors après, effectivement, pour mieux avancer,
06:15il faut être mieux informé,
06:16il faut effectivement qu'on sécurise
06:19nos circuits de suivi,
06:21et il faut qu'on soit plus actifs.
06:23Je le dis, vous voyez, je ne me dissimule pas.
06:27Quand on a plus de 470 affaires,
06:29on peut très bien dire,
06:30les enquêteurs vont nous appeler,
06:31vu le nombre qu'il y en a.
06:32Je vous ai dit, c'est un contentieux de masse.
06:34On peut très bien dire,
06:34je crois qu'il faut aussi que nous reprenions parfois
06:37plus la main sur certains dossiers,
06:39parce que les enquêteurs aussi,
06:40qui ne font pas rien,
06:41peuvent rencontrer des difficultés,
06:43et il faut que nous les dialoguons
06:44et que nous essayons de les dépasser.
06:45Laurent Dequigny,
06:46le procureur de la République de Valence,
06:48ce matin sur Isidro-Mardèche,
06:49avec, donc, on l'entend,
06:50plus de 470 dossiers
06:51à traiter d'ici le 14 juillet
06:53concernant des affaires potentielles
06:54de pédocriminalité.
06:56Merci à vous,
06:56passez une bonne journée.
06:57Je vous en prie,
06:58Emmanuel Champal,
06:59merci pour votre écoute.
07:00Il est 7h52.
07:00Ici Isidro-Mardèche,
07:03le réveil 100% local.
07:05Ici matin, jusqu'à 9h.
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