00:00Alors que les coupures d'eau et d'électricité continuent d'alimenter le mécontentement populaire,
00:05le débat sur l'avenir de la société d'énergie et d'eau du Gabon revient avec insistance.
00:10Faut-il privatiser davantage le secteur ou donner une nouvelle chance aux compétences nationales ?
00:15Pour de nombreux observateurs, la réponse dépend désormais de la capacité des techniciens et dirigeants de la SEG
00:21à démontrer que la souveraineté énergétique défendue par les autorités peut produire des résultats concrets.
00:27Lors de son discours sur l'état de la nation du 15 juin 2026, le président de la République,
00:32Brice Clotaire-Olé Guignema, a adressé un message particulièrement ferme
00:37aux acteurs impliqués dans les dysfonctionnements du secteur de l'eau et de l'électricité.
00:41Sans citer directement des responsables, le chef de l'État a dénoncé
00:44des comportements qui compromettent les efforts financiers consentis par la puissance publique.
00:49« Je tiens à mettre en garde toutes ces sociétés de récupération de rébus ferreux
00:53qui achètent auprès de ces jeunes des câbles électriques volés sans jamais les dénoncer
00:57à la justice », a-t-il déclaré.
00:59Pointant du doigt un système parallèle qui prospère sur les difficultés des populations.
01:04Le paradoxe est que le Gabon dispose déjà d'exemples démontrant que la maîtrise nationale
01:08de secteurs stratégiques peut être une réussite.
01:11Dans le pétrole notamment, les ingénieurs gabonais ont progressivement prouvé leur savoir-faire.
01:16Chez Asala Énergie, les performances opérationnelles ont été maintenues et même améliorées
01:21sur plusieurs actifs. Malgré les craintes initiales, la production n'a pas connu l'effondrement
01:25annoncé par certains observateurs. Cette réussite nourrit aujourd'hui un discours de souveraineté
01:30économique porté par les autorités. Elle démontre que lorsque les intérêts de l'entreprise
01:35et ceux de la nation convergent, les compétences locales sont capables de relever les défis
01:39les plus complexes.
01:40La situation apparaît cependant différente à la SEG. Depuis le départ de Veolia et la reprise
01:46en main nationale, les attentes étaient immenses. Les Gabonais espéraient une amélioration
01:50durable de la qualité du service et une meilleure prise en compte des réalités
01:54locales. Pourtant, les coupures récurrentes, les pénuries d'eau et les soupçons de sabotage
01:58continuent de fragiliser la confiance des usagers. Plus inquiétant encore, plusieurs observateurs
02:03dénoncent l'émergence d'activités parallèles qui prospèreraient sur les défaillances du
02:08service public. La vente d'eau par camion-citerne, le trafic de matériel électrique ou encore
02:12certaines formes de sous-traitance alimentent l'impression qu'une économie de la pénurie s'est
02:17progressivement installée autour de l'entreprise. Le discours présidentiel apparaît ainsi
02:22comme une mise en garde mais aussi comme une ultime chance accordée au modèle actuel.
02:27Car derrière les investissements de plusieurs centaines de milliards de francs CFA engagés
02:31par l'État, c'est la crédibilité même de la souveraineté énergétique qui est en
02:35jeu. Les Gabonais ne réclament ni une gestion publique ni une gestion privée par principe.
02:40Ils réclament avant tout de l'eau au robinet et de l'électricité dans leur foyer. Si l'option
02:46de la privatisation doit être écartée, les techniciens, ingénieurs et responsables
02:49de la SEG devront désormais faire la démonstration que les compétences nationales sont capables
02:54de produire les mêmes résultats que ceux observés dans d'autres secteurs stratégiques
02:58comme le pétrole. A défaut, le débat sur l'ouverture accrue du capital et sur une nouvelle
03:03restructuration du secteur pourrait rapidement revenir au centre des discussions. Car au-delà
03:08des discours, la souveraineté se mesure d'abord à la qualité du service rendu aux citoyens.
03:16Merci.
03:16Merci.
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