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  • il y a 4 mois
Pour les 10 ans d'On refait la télé, Eva Kruyver a retrouvé quelques anecdotes improbables sur les invités marquants de l'émission. Thierry Ardisson, venu trois fois, avait livré les coulisses de ses émissions avec sa franchise légendaire. Yann Barthès, d'ordinaire très discret, s'était confié en 2022 sur lui et sur la fabrication de Quotidien. Anthony Kavanagh avait raconté comment TF1 l'avait poussé à continuer les NRJ Music Awards malgré lui, tandis que Gad Elmaleh était revenu sur l'impact des accusations de plagiat dont il avait fait l'objet en 2017. Enfin, Nicolas Sarkozy s'était replongé dans le soir du 6 mai 2007, lorsque son visage est apparu à 20 heures sur toutes les chaînes.

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Transcription
00:00Les improbables d'Evacrui Vert.
00:02Bonjour Eva.
00:03Bonjour tout le monde, bonjour Emmanuel.
00:04Bonjour Eva.
00:05Une fois n'est pas à coutume, vous n'êtes pas allé fouiller dans les archives de notre invité,
00:09mais dans les nôtres dix saisons dont refait la télé.
00:12Alors à quelques jours des vacances, vous allez nous faire vivre aujourd'hui et la semaine prochaine,
00:16les dix séquences qui ont le plus marqué l'histoire de l'émission, des aveux les plus improbables.
00:22On va commencer avec un monument de la télé qui nous a quittés l'été dernier.
00:26C'est Thierry Ardisson, habitué de l'émission.
00:29Il était venu trois fois et il nous avait aussi habitué à une grande franchise dans ses réponses,
00:33comme lorsqu'il nous avait amené dans les coulisses de ses émissions,
00:36souvenirs aussi pétillants que le champagne qui coulait à flot.
00:39Ce qu'il faut savoir, moi j'ai toujours, imaginez mes émissions,
00:43enfin ce genre d'émissions en tous les cas, comme des soirées.
00:45Les gens venaient, entre chaque interview on coupait pour fumer des cigarettes et boire du champagne.
00:50Avec Catherine, maman, ils disaient là on va finir.
00:52Parce qu'il y a des équipes, il ne faut pas, à partir de minuit ça coûte encore plus cher.
00:56Et des fois on finissait à deux heures du matin.
00:58Donc elle me dit, allez, allez, allez, allez.
01:00Et nous, mais laisse tomber Catherine, resserre-moi une petite gorgée.
01:04Du champagne pour les invités, pour l'animateur aussi ?
01:06Le champagne oui bien sûr, parce que c'était, on commençait des fois à 9h du soir,
01:10et vous sentiez l'ivresse monter comme ça, c'était très agréable.
01:13Et une manière de lutter contre l'angoisse, ça vous a pendant longtemps angoissé la télé Thierry Ardisson ?
01:16C'est surtout ça, c'est surtout ça.
01:18C'est-à-dire que quand j'ai commencé la télé, je me suis rendu compte, je veux dire, j
01:21'avais déjà 35 ans,
01:22je n'étais pas un poulet de l'année, ce n'était pas ma vocation,
01:25je n'avais pas envie d'être animateur depuis que j'étais tout petit.
01:28Et je me suis rendu compte que j'avais un trac épouvantable,
01:29ce qui fait qu'étant moi-même mal à l'aise,
01:31ça ne me dérangeait pas de poser des questions qui rendaient les gens mal à l'aise.
01:35Le jour où j'ai dit au chanteur d'Indochine, Nicolas Sirkis,
01:38le jour où je lui ai dit, ça ne te fait pas chier de chanter faux.
01:41On dit souvent d'ailleurs que vos interviews ne manquent pas de sel, Thierry Ardisson,
01:43et pour cause, vous avez fait une intoxication de sel à cause de ce trac.
01:46C'est bien, vous avez tout à fait raison.
01:47C'est-à-dire qu'un jour, Jacques Martin me dit, parce que je transpirais,
01:50j'avais un trac d'enfer, j'avais des sueurs froides dans le cou,
01:52à ma place, tout le monde aurait arrêté.
01:54Et un jour, Jacques Martin me dit, il faut que tu bouffes du sel,
01:56c'est un vieux truc, ça, que tu bouffes du sel.
01:58Et moi, comme je suis un obsessionnel,
02:01j'ai bouffé une salière de sel Sirebos,
02:04et j'ai eu des trucs dans le calcul rénaux,
02:06le sel qui passait à travers les rats.
02:08Ah bah là, vous pouviez plus transpirer, de toute façon.
02:10Ah bah là, tu transpirais rapidement, t'allais mourir.
02:12Vous aussi, vous étiez du genre tracker,
02:14quand vous faisiez de l'antenne, Emmanuel Chin ou pas ?
02:16Pas trop, mais je suis très ému d'écouter Thierry,
02:19ça fera dans quelques jours, un an qu'il nous a quittés.
02:22Le 14 juillet.
02:22Le 14 juillet.
02:23C'était un homme absolument extraordinaire,
02:26un grand, grand, grand talent de la télé,
02:28comme vous dites, ces interviews avec une franchise incroyable.
02:31Nous étions assez proches avec Thierry,
02:33et Thierry Biseau, mon associé, était très proche de Thierry.
02:35Nous sommes très très proches de sa femme, Audrey Crespo-Marra,
02:38qui réalise le portrait de cet à huit,
02:39et qui est une femme extraordinaire.
02:41Et c'est vrai qu'il a été d'un courage incroyable.
02:44On l'a beaucoup vu, les dernières semaines,
02:47avant sa disparition, d'un courage incroyable.
02:49C'était un homme d'une grande culture.
02:51Et c'est vrai que derrière le provocateur,
02:54le talent qui crée, qui a innové dans des tas de concepts à la télévision,
02:59il y avait aussi un homme derrière, d'une très grande qualité.
03:02Et le courage aussi d'Audrey Crespo-Marra,
03:04qui a continué les interviews, qui a s'est accrochée...
03:08Oui, Audrey, c'était une grande histoire d'amour.
03:11Et c'est une grande histoire d'amour,
03:13parce qu'elle est toujours là.
03:15Et nous avons d'ailleurs produit le documentaire
03:17qu'Audrey a réalisé sur Thierry,
03:19et avec Thierry,
03:20qui est magnifique.
03:21On ne savait pas du tout que cette issue serait celle-là.
03:26Et c'est vrai que c'est une femme magnifique, Audrey.
03:29Alors après le roi du talk show d'hier,
03:32l'un des rois du talk show d'aujourd'hui,
03:34vous allez nous parler de Yann Barthès.
03:36Le très discret animateur de Quotidien
03:39avait accepté de sortir de son silence
03:41pour la rentrée 2022 dont refait la télé.
03:43Une interview rare au cours de laquelle
03:44il nous en avait dit plus sur lui
03:46et aussi sur la fabrication de son émission Quotidien.
03:49Il y a combien de personnes en tout
03:50pour fabriquer tous ces reportages,
03:51ces compiles d'images hyper rythmées
03:54qui sont votre marque de fabrique ?
03:55Vous devez être extrêmement nombreux à la production de Quotidien.
03:59Honnêtement, je ne sais pas.
03:59Vous n'arrivez même plus à les compter.
04:00Non, non, mais je ne sais pas.
04:02Il y a 80 personnes ou quelque chose comme ça.
04:05Et là, je ne compte pas les monteurs.
04:07Je ne compte pas les gens du son.
04:08Je ne compte pas la compta.
04:10Je ne compte pas la production.
04:12C'est une grosse machine.
04:13Oui, c'est une très, très grosse.
04:14C'est très lourd, la télé.
04:15Moi, je travaille avec une, deux, trois, quatre, cinq personnes.
04:19Il y a des journalistes, des recherchistes.
04:21Il y a de la programmation.
04:22Il y a les droits d'images.
04:23Ils sont une dizaine sur les images.
04:25C'est très, très lourd.
04:28Chaque équipe est très lourde.
04:30Fin d'enregistrement vers 21h.
04:32Vous êtes toujours en léger décalé ?
04:33En fait, on est en léger différé de cinq minutes.
04:36Donc, ce qu'on voit, ce qui est diffusé à 20h10,
04:40en fait, pour nous, il est 20h05.
04:43Émission terminée, c'est directement le départ ?
04:45Oui, alors, il y a des briefs de l'émission.
04:46Non, mais je pense que le générique est encore en cours,
04:49que je suis déjà dans ma voiture.
04:52Pas vrai.
04:53Mais si, on se voit tous les jours.
04:56On se voit tous les jours, tous les jours, tous les jours.
04:58On se voit le lendemain, on ne va pas débriefer.
04:59C'est-à-dire que si vous débrouillez bien,
05:01si vous n'avez pas trop loin,
05:02vous pouvez vous faire la fin de l'émission chez vous, en fait.
05:04Peut-être.
05:04Mais ça m'est arrivé.
05:07Vous pouvez regarder la fin de ce qu'on a chez vous.
05:09Quand j'appelle quelqu'un, quand je pars,
05:11tu fais, t'es encore à la télé, tu m'appelles.
05:15Mais non, non, non, mais c'est...
05:17Il faut savoir couper, quoi.
05:18Il n'y a plus rien à dire.
05:19De toute façon, si vous voulez avoir un peu de temps pour vous,
05:20c'est seulement le soir, la nuit.
05:22Oui, c'est ça.
05:22Il ne vous reste pas grand-chose.
05:23Déjà 21h15, 20.
05:25Vous avez aussi rêvé, parfois, vous,
05:26d'une vie loin du monde de la télé,
05:28d'aller vous installer, par exemple, à Saint-Briac.
05:30C'est comme une bretonne qui vous aimez tant.
05:32Non, c'est...
05:33Oui, parce que ma famille a une maison là-bas.
05:34Non, moi, j'adore mon métier.
05:37Donc, j'ai beaucoup de mal, aujourd'hui,
05:39à imaginer décrocher.
05:41Mais je trouve ça très fort, ce que dit Yann.
05:43Et je pense que c'est sa force aussi,
05:45cette liberté qu'il a.
05:46Et ce qui est intéressant, c'est...
05:48Quand il dit 80 personnes, on ne se rend pas compte.
05:50Mais c'est une superbe émission au quotidien.
05:51C'est un super programme.
05:53Et c'est encore la force de la télévision, aujourd'hui.
05:55Donc, la télé, quand vous posez la question
05:57est-ce qu'elle est morte ?
05:58Non, parce qu'il y a des grands programmes comme ça
06:00que seule la télé peut fabriquer,
06:02qui font des audiences encore très fortes,
06:04qui réunissent beaucoup de monde.
06:06Et donc, je crois qu'aujourd'hui,
06:07moi, je crois en la télé,
06:08qui se réinvente,
06:10qui continue à innover.
06:11Et j'adore ce métier.
06:12Donc, non, je ne me vois pas trop décrocher pour l'instant.
06:15Alors, arrêter une émission n'est pas toujours facile.
06:18Vous allez nous en apporter la preuve, Eva.
06:20Il y a ceux qui ne veulent pas
06:21et puis, il y a ceux qui ne peuvent pas.
06:23Ça a été le cas d'Antoine Cavana,
06:25le premier présentateur des Energy Music Awards.
06:28Il nous avait révélé la manière
06:29dont la direction de TF1 de l'époque
06:31lui avait forcé la main
06:32pour qu'il continue de présenter la cérémonie.
06:35Pour dire la vérité,
06:36je voulais arrêter en 2005.
06:37Et en 2006,
06:39Étienne Moujotte,
06:40tout le monde me demande de le refaire.
06:43J'ai dit, non,
06:43laissez-moi respirer.
06:45Et donc,
06:47en 2006,
06:48il y a la conférence de presse de TF1
06:49qui annonce la programmation.
06:52Et TF1 me fait appeler.
06:54Ils essaient de me joindre.
06:55Il faut absolument...
06:56Étienne veut te parler.
06:57Je dis, mais ça ne m'intéresse pas.
06:59Je ne veux pas le faire.
06:59Je me retrouve en coulisses.
07:01Et là, c'était un film de...
07:04C'était le parrain.
07:06C'était le parrain.
07:07J'entre dans une salle,
07:08dans la pénombre.
07:09Je suis assis sur un bureau
07:11et puis il y a Moujotte
07:13qui tourne autour.
07:14Il met sa main sur mon épaule.
07:16Et voilà.
07:17En gros,
07:18avec des allusions,
07:19c'était,
07:19si tu le fais mal,
07:21si tu ne le fais pas,
07:21ce serait très bon pour ta carrière.
07:23Ce serait malheureux pour ta carrière
07:25que tu ne fasses pas ça cette année.
07:27Parce que TF1,
07:28c'est la famille.
07:28On a besoin de toi.
07:29Tu ne peux pas lâcher la famille.
07:31Gros coup de pression.
07:32Pas mal de sous-entendus.
07:33Plein de sous-entendus.
07:34Donc,
07:35il termine.
07:36Moi, je suis là.
07:37Putain,
07:37qu'est-ce qui vient de se passer ?
07:38Là, il me l'a fait en mode parrain.
07:41Il termine.
07:41Il dit, bon,
07:42je t'attends à côté.
07:43Et puis,
07:43la porte s'ouvre.
07:44Pouf,
07:45j'arrive sur scène.
07:45Mesdames et messieurs,
07:47il est de retour,
07:48Energy Awards,
07:48notre animateur,
07:49Anthony Cavana.
07:50Les journalistes qui attendaient
07:50de l'autre côté
07:51pour la conférence de presse.
07:52C'était la dernière.
07:54Et puis,
07:55je pars.
07:56Et puis,
07:56on m'a demandé chaque année
07:57de revenir pendant...
07:58Ils sont revenus vers vous après.
07:59Pendant cinq ans.
08:00C'est dingue.
08:00On se croit dans une série Netflix.
08:02Télé,
08:02ton univers impitoyable.
08:04Oui,
08:04et puis Moujotte,
08:04c'était un grand.
08:05Etienne Moujotte,
08:06c'est une scène.
08:07mais qui était,
08:07ça a été le grand patron
08:08des programmes de TF1.
08:10Et c'était,
08:11oui.
08:11Comme m'avait dit quelqu'un,
08:12Étienne,
08:13c'est le seul qui peut,
08:14dans la même minute,
08:15appeler Jacques Chirac
08:17et ensuite Johnny Hallyder
08:18et avoir la même qualité
08:19de relation avec l'un ou l'autre.
08:22Alors,
08:22au cours de ces dix ans d'émission,
08:24nous avons parfois été
08:25les témoins
08:26de grandes désillusions.
08:28Si le monde de la télé est cruel,
08:30celui du spectacle
08:30l'est tout autant.
08:32Gad Elmaleh nous en avait apporté
08:33la preuve en nous racontant
08:34ce qui lui était arrivé en 2017
08:36après les accusations
08:37de plagiat,
08:38de sketch dont il avait fait l'objet.
08:40Mais là,
08:40concrètement,
08:40vous n'avez pas beaucoup de soutien ?
08:41Les gens vous appellent peu
08:42ou vous répondent plus ?
08:43Mais j'ai pire que ça.
08:44J'ai des gens
08:45qui m'ont tourné le dos
08:47et attention,
08:49quand tout s'est arrangé,
08:50qui ont fait un tour complet
08:51sur eux-mêmes
08:52et qui sont revenus.
08:53Donc,
08:54je connaissais des gens
08:54qui tournaient le dos
08:55mais ceux qui font un 360,
08:57c'est une forme d'être humain
08:58qui est pourrie de l'intérieur.
09:00Des humoristes
09:01qui allaient en télé
09:03me démonter
09:04et quand j'ouvre
09:05la location
09:05de la billetterie
09:06de mon spectacle,
09:07on vend 140 000 billets
09:08en deux jours,
09:09palais des sports,
09:10cigales,
09:11les mêmes mecs,
09:11ils m'écrivent en DM
09:13sur Instagram
09:13est-ce qu'il y a moyen
09:14de faire ta première partie ?
09:15Et je me dis
09:16mais waouh,
09:17comment ça existe ?
09:19Et certains humoristes
09:20par exemple,
09:21tu vois,
09:21des humoristes
09:22qui sont installés,
09:23qui sont connus,
09:26ils ont tout,
09:27tu les respectes,
09:28tu les as aidés
09:28pour des trucs perso
09:30et tout,
09:30ils prennent la parole
09:32publiquement
09:32et moi je vois où ma mère,
09:34parce que mes parents
09:34ils se défendraient,
09:35on voit à la télé
09:36des gens qui disent
09:38ouais,
09:38il y a des mallets,
09:39de toute façon,
09:39j'ai toujours su que...
09:40Ah bon,
09:41t'as toujours su ?
09:42Mais il y a un mois
09:42on était ensemble
09:43et tu m'as demandé
09:44de venir à ton émission
09:45et puis tu m'as demandé
09:46un service
09:47et puis il y a trois ans
09:48tu m'as demandé
09:48pour ta femme un truc
09:49et moi j'ai répondu présent
09:52et puis t'as fait
09:52ma première partie
09:53et puis tu te rappelles
09:54t'as eu besoin
09:55d'un médecin tard la nuit ?
09:57Tu te rappelles,
09:57je t'ai prêté de l'argent ?
09:58Tu te rappelles un jour ?
09:59Mais vous,
09:59quand vous voyez à la télé
10:00à ce moment-là,
10:00vous les appelez ?
10:02Non,
10:03j'attends de les croiser.
10:04Il y en a certains
10:05que vous avez recroisés
10:05depuis j'imagine,
10:06ça fait quatre ans.
10:07Et ?
10:07Et bien la bonne surprise
10:09c'est que
10:10je leur ai souri,
10:12je leur ai dit bonjour
10:13et je leur ai ouvert mon cœur
10:14et mes bras
10:15et ils se sont effondrés.
10:19Ils se sont excusés ?
10:19Ben ils sont...
10:20Non.
10:21Ils ont...
10:22Tu sais,
10:23moi j'avais...
10:26Et voilà quoi.
10:27Et en fait,
10:27bizarrement,
10:28on croit qu'on va...
10:29On croit...
10:30Et c'est là que c'est beau,
10:31c'est là qu'on avance.
10:32On croit qu'on va être...
10:33Putain,
10:33lui je le vois,
10:34je lui mets une claque
10:34dans sa gueule.
10:35C'est ça que je pensais.
10:36Moi,
10:37je voyais des humoristes
10:38à la télé,
10:38je disais lui,
10:39s'il me parle mal,
10:40je lui mets un pain.
10:41Vous étiez dans la colère ?
10:42Ah ben ouais.
10:43Mais en fait,
10:43ces mecs-là aujourd'hui,
10:44je les vois,
10:45ils savent,
10:46ils savent que je sais,
10:46ils sont mal à l'aise.
10:47J'en ai croisé un autre
10:48il n'y a pas longtemps
10:49qui m'a dit,
10:49tu sais,
10:50moi,
10:51si t'as besoin...
10:53Je dis non,
10:54c'est cool,
10:54ça va,
10:54c'est bien.
10:55Mais je sais,
10:56comme dirait Thierry Lhermitte,
10:57je pardonne,
10:57mais j'ai la liste.
10:59La résilience de Gad Elmaleh
11:00qui est allé jusqu'à en faire
11:01un sketch
11:01dans son nouveau spectacle.
11:03Avoir le cuir épais,
11:04c'est indispensable
11:05dans nos métiers.
11:06Oui,
11:07oui,
11:07et en même temps,
11:09savoir pardonner,
11:10ce qu'a très bien dit Gad
11:11d'Elmaleh.
11:11Je crois que c'est le...
11:13C'est Georges Pompidou
11:14qui avait dit
11:14je sais qui j'ai la liste
11:16au moment où il y avait
11:17l'affaire Markovitch.
11:18Emmanuel Elchin,
11:19vous avez déjà interviewé
11:20Nicolas Sarkozy ?
11:21Jamais.
11:22Rencontré plusieurs fois,
11:22mais jamais interviewé.
11:23Eh bien,
11:24figurez-vous que
11:24nous l'avons reçu
11:25dans l'émission.
11:26Et il était revenu
11:28sur le jour le plus fort
11:29de sa carrière politique.
11:30Le 6 mai 2007,
11:32quand son visage
11:33était apparu au 20h
11:34sur toutes les chaînes
11:35faisant de lui
11:36le 23ème président
11:37de la République française.
11:39Ça y est,
11:40les Français ont tranché
11:41et c'est dans quelques secondes
11:42maintenant
11:42que vous allez découvrir
11:44notre estimation
11:45dont on peut dire
11:46qu'elle montre
11:47un écart conséquent.
11:50Voici le résultat
11:50de notre estimation
11:52Itzodel.
11:53C'est Nicolas Sarkozy
11:54qui est élu président
11:55de la République
11:55avec 53% des voix.
11:58Résultat salué
12:00par une ovation.
12:02Nicolas Sarkozy,
12:03où étiez-vous
12:04à 20h précise
12:05ce 6 mai 2007 ?
12:05Vous étiez vous aussi
12:06comme nous devant la télévision ?
12:07Oui, tout à fait.
12:08J'étais devant la télévision
12:09dans mon bureau
12:11que j'ai de campagne.
12:13Pourtant,
12:14vous aviez les résultats
12:15depuis plusieurs minutes,
12:16j'imagine.
12:16Non, non, non, non.
12:18Je savais que ça se passait bien,
12:19mais bon...
12:20Les résultats qu'il donne
12:21à 20h,
12:21ils les ont depuis 19h.
12:22Tant que vous les aviez
12:23donc aussi...
12:23Je vais vous dire un truc.
12:24Quand vous serez candidat
12:25à présidence de la République,
12:26tant que vous êtes élu,
12:30vous conjurez,
12:31vous croisez les doigts.
12:33Mais surtout,
12:35je ne sais pas pourquoi
12:36je me souviens plus
12:36des soirées d'échec
12:37que des soirées
12:39de succès.
12:40parce que dans les soirées
12:42de succès comme ça,
12:43après j'étais à Gaveau,
12:45j'étais place de la Concorde,
12:46etc.
12:48Les gens ne vous regardent pas,
12:50vous,
12:50ils regardent la lumière,
12:52ils regardent la chaleur,
12:53ils ressentent la chaleur,
12:54ils regardent la lumière.
12:56Dans les soirées d'échec,
12:57c'est vous,
12:59sans filtre.
13:00Donc je me souviens plus
13:01de la soirée de 2012
13:02que de la soirée de 2007.
13:04Et ça,
13:04on l'a vu comment,
13:05cette soirée-là,
13:05cette soirée d'échec,
13:06humainement parlant ?
13:07C'est dur ?
13:08Vous savez,
13:09tout le monde sait gagner.
13:11La différence entre
13:12la qualité des êtres humains,
13:15c'est quand ils savent perdre.
13:17Il faut perdre comme un seigneur
13:18et gagner
13:20comme un modeste.
13:22Vous êtes d'accord avec ça,
13:23Emmanuel Chant ?
13:24Oui.
13:24Dans votre vie d'entrepreneur
13:25au quotidien ?
13:26Oui, bien sûr.
13:27Et je me souviens d'ailleurs
13:27du discours de Nicolas Sarkozy
13:29quand il a perdu l'élection
13:30qui a suivi
13:31face à François Hollande.
13:33Et c'était un discours
13:35de seigneur,
13:36je ne sais pas,
13:36Oui, quelque part,
13:37c'était un beau discours.
13:39Un discours très fort.
13:41Eh bien, Crevard,
13:42merci beaucoup.
13:43À la semaine prochaine.
13:44Avec d'autres grands moments
13:45d'Orphée à la télé,
13:46samedi prochain.
13:47Sous-titrage Société Radio-Canada

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