00:00Mise-en là.
00:03Et le trapenard du vendredi avec vous Augustin, je suis pressée.
00:07Les négociations devaient débuter aujourd'hui en Suisse, entre Iran et Etats-Unis, elles sont reportées,
00:11mais elles devraient faire suite malgré tout à cet accord signé mercredi soir à Versailles par Donald Trump.
00:17Et un dîner présidentiel qui vous a fait penser, vous le disiez, à un film de Sacha Guitry.
00:21C'est ça, moi, je vois être bizarre, j'ai pensé qu'à ça, écoutez.
00:24On nous dit que nos rois dépensaient sans compter, qu'ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.
00:30Mais quand ils construisaient de semblables merveilles, ne nous mettait-il pas notre argent de côté ?
00:36C'est l'ouverture de Si Versailles m'était compté.
00:39Sacha Guitry, en personne, nous explique que Versailles est un lieu de faste, de pouvoir et de rentabilité.
00:45Alors ça, c'est pas évident, comme ça vous conviendrez.
00:47On a entendu quelques cris d'orfraie sur ce grand dîner de mercredi soir en l'honneur de Donald Trump.
00:51Trop chic, trop cher, en plus c'est son anniversaire.
00:53Tout ça balayé d'un revers de main par le président, qui a bien noté que Versailles, c'était un
00:58instrument diplomatique et un instrument de pouvoir.
01:01C'est le plus beau palais du monde, pour reprendre l'expression de Donald Trump en personne, qui s'est
01:05émerveillé de sa splendeur.
01:07C'est « the real deal » qu'il a dit.
01:09C'est-à-dire de l'authentique, du vrai, mais aussi peut-être un très bon deal pour les Etats
01:13-Unis et la France.
01:13Quand on y pense, en l'occurrence dans l'histoire de nos deux pays, c'est à Versailles que le
01:18traité de 1783 a reconnu l'indépendance américaine.
01:20Il ne faut pas se tromper. En invitant Trump à Versailles, on lui rappelle, au passage, que l'Amérique doit
01:25quelque chose à la France et qu'on s'en souvient.
01:27Donald Trump qui est quand même arrivé avec deux heures de retard.
01:29Oui, alors effectivement, pour le quart d'heure de politesse à la française, on repassera.
01:33Vous savez ce que ma mère aurait dit, Céline ?
01:34C'est pas Versailles, hein ?
01:35Bah si, c'est Versailles, maman. En l'occurrence, il a fallu attendre 10 heures du soir pour qu'il
01:39arrive, Donald Trump, et qu'on lui claque la bise.
01:41Bref, au menu, la fine fleur de la gastronomie française qui, elle aussi, est la gloire de notre pays.
01:47Ajoutez les miroirs, les lumières, c'est pas Versailles, les galeries, et vous avez la France dans toute sa splendeur.
01:54Et c'est là où ça devient intéressant, parce que ça m'évoque, moi, vous me connaissez, une phrase de
01:58Saint-Simon, au début du XVIIIe siècle,
02:00qui écrivait dans ses mémoires que Louis XIV, en fait, aimait la splendeur, la magnificence, la profusion de Versailles,
02:06et que ce goût, par politique, il l'avait inspiré à sa cour.
02:10En fait, le roi soleil incitait ses courtisans à dépenser toujours plus pour lui plaire.
02:15En fait, on ne le rappelle jamais, il les ruinait, il les rendait totalement dépendants.
02:20En fait, historiquement, Versailles, c'est le luxe, mais c'est le luxe comme piège pour asseoir son pouvoir.
02:26Et si c'était ça qui s'était joué mercredi soir ?
02:28C'est ce qu'aurait dit, en tout cas, Sacha Guitry.
02:30Guitry, en tout cas, il avait tout compris.
02:32Son film, si Versailles m'était compté, c'est une fresque de près de trois heures qui parcourt l'histoire
02:35du château et de son pouvoir du XVIIe siècle jusqu'aux années 50.
02:39Alors, il y a Guitry qui joue Louis XIV, on croise Gérard Philippe, Jean Marais, Edith Piave, Bourville, Bardot, Orson
02:45Welles, Tino Rossi,
02:46combien d'anecdotes, de portraits, de mots d'esprit, c'est un film où on comprend que Versailles, ce n
02:51'est pas un monument, c'est une machine, une machine à fabriquer de la grandeur.
02:55Et pour la petite histoire, vous savez qu'en 1954, Versailles est un petit peu délaissé par les Français et
02:59Guitry obtient l'autorisation exceptionnelle d'y tourner son film.
03:02Et le succès, il va être tel qu'il va relancer la fréquentation du château et qu'il va financer
03:07une partie de sa restauration.
03:08Et ça, c'est une bonne leçon.
03:10Au fond, à la fin, c'est toujours Versailles qui gagne.
03:12Écoutez Bourville dans le film de Guitry, Bourville en guide de château de Versailles, hilarant, qui a tout compris lui
03:17aussi.
03:17Pourquoi affirmer que tel fait historique s'est produit là ou là ?
03:22L'important, à mon sens, c'est qu'il se soit produit, n'est-ce pas ?
03:26Ce qui prime tout, c'est de se souvenir que toute l'histoire de notre pays s'est déroulée dans
03:32ce château pendant plus de 300 ans.
03:34Voilà, c'est ça, il a tout compris, Bourville.
03:36Les rois passent, le château demeure.
03:38Merci beaucoup, Augustin. Votre invité de variété demain ?
03:41Je suis sûr que Sacha Guitry aurait adoré Franck Dubosque.
03:43Il est à l'affiche mercredi prochain d'une réjouissante comédie de KPDP,
03:47Les Caprices de l'Enfant-Roi, du panache, de l'autodérision et la drôle d'humilité de Franck Dubosque.
03:52C'est le programme de variété.
03:53Merci.
03:53Merci.
03:53Merci.
03:53Merci.
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