- il y a 2 jours
Commission des affaires culturelles : Leviers de l’enseignement agricole pour enseigner à produire autrement
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00Merci.
00:00:30Merci.
00:01:06Merci.
00:01:30Merci.
00:02:00Merci.
00:02:30Merci.
00:03:00Merci.
00:03:30Merci.
00:04:00Merci.
00:04:30Merci.
00:05:00Merci.
00:05:30Merci.
00:06:00Merci.
00:06:30Merci.
00:07:00Merci.
00:07:30Merci.
00:08:00Merci.
00:08:30Merci.
00:09:00Merci.
00:09:30Merci.
00:09:35Merci.
00:09:42Chers collègues, bonjour à tous.
00:09:44Notre ordre du jour rappelle la présentation de la mission FLASH sur les leviers de l'enseignement agricole pour enseigner
00:09:49à produire autrement, conduite par nos collègues Rodrigo Arenas et Madame Géraldine Bannier.
00:09:54Cette mission flash fait notamment suite aux travaux de la loi du 24 mars 2025 d'Orientation pour la souveraineté
00:09:59alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture,
00:10:02dont notre commission s'était saisie pour avis des articles relatifs à l'enseignement agricole.
00:10:06Je vais tout de suite donner la parole à nos deux rapporteurs pour 10 minutes chacun, en commençant par Mme
00:10:11Géraldine Bagné.
00:10:14Monsieur le Président, chers collègues, le sujet abordé ce matin est crucial.
00:10:18La manière dont les établissements de l'enseignement agricole participent à la nécessaire adaptation de notre système de production au
00:10:25dérèglement climatique et à la transition vers des pratiques plus sobres.
00:10:28On connaît bien l'ampleur des défis agricoles.
00:10:31Faiblesse des rémunérations, rentabilité fluctuante, accès aux fonciers limités, pénurie de manœuvres qualifiées, concurrence toujours plus intense sur des marchés
00:10:40mondialisés,
00:10:41conditions de travail très exigeantes, auxquelles répond trop souvent un manque de reconnaissance sociétale, voire un véritable agribashing, mur démographique,
00:10:51etc.
00:10:52Les aléas climatiques sur les récoltes, la dépendance aux intrants, souvent importés, le risque de diminution des rendements du fait
00:10:58de l'épuisement des sols,
00:11:00le sujet haut, sont des questions d'ores et déjà prises à bras le corps par nos agriculteurs.
00:11:05Ainsi, l'organisation et le contenu des formations dispensées dans l'enseignement agricole doivent être appréhendées à l'aune de
00:11:11ces réalités.
00:11:12Si la dimension agroécologique était au cœur de notre mission, il nous a semblé indispensable de nous intéresser également dans
00:11:18le cadre du Produire Autrement
00:11:19à l'ensemble des nouvelles technologies numériques, intelligence artificielle et robotique, ainsi qu'à toutes les techniques agronomiques donnant des
00:11:27solutions concrètes aux agriculteurs
00:11:29pour résoudre les problèmes auxquels ils se heurtent au quotidien.
00:11:32Et Produire Autrement doit avoir pour corollaire incontournable, consommer Autrement, ce qui suppose d'éduquer davantage le consommateur et d
00:11:41'impliquer pleinement l'agroalimentaire.
00:11:44Enseigner à Produire Autrement n'a rien d'un concept inédit.
00:11:47Dès l'origine, c'est la raison d'être de l'enseignement agricole, dont l'organisation se fait dans les
00:11:53pas de la République
00:11:53et qui a toujours eu vocation à diffuser dans les campagnes les progrès agronomiques et techniques.
00:11:59Il ressort clairement de nos travaux que la profession agricole a toujours dû et su répondre et s'adapter aux
00:12:06injonctions de l'Etat.
00:12:08Il y a un écho ?
00:12:11Il y a sans doute un forage.
00:12:15On a dû trouver du pétrole.
00:12:18Bon, on va continuer comme ça avec l'écho.
00:12:20On dirait du sardou, si tu veux dire.
00:12:21Nous tenons ainsi à rendre hommage aux élèves enseignants, chefs d'établissement et à tous ceux qui contribuent à faire
00:12:26au quotidien de l'enseignement agricole français une authentique filière d'excellence.
00:12:30Le réseau est constitué de près de 800 lycées agricoles publics et privés et de 16 écoles de l'enseignement
00:12:35supérieur.
00:12:36Il s'appuie sur des relations étroites avec les secteurs professionnels et les acteurs des territoires et couvre toutes les
00:12:41voies de formation scolaire, apprentissage et formation continue, souvent sur un même site.
00:12:46Il prépare de la quatrième au BTSA et même à la rentrée prochaine au bachelor agro, près de 220 000
00:12:52élèves étudiants et apprentis cette année.
00:12:55Dans le public, au cœur des campus, on trouve les exploitations à visée pédagogique pour transmettre les gestes et les
00:13:01techniques que les jeunes appliqueront dans leur activité professionnelle.
00:13:04Après une baisse entre 2013 et 2019, les effectifs progressent de manière constante depuis 7 ans, à raison de 7
00:13:10% depuis 5 ans.
00:13:12Pour autant, l'objectif fixé par la Lausarga de plus de 30% d'apprenants d'ici 2030 reste ambitieux.
00:13:20Pour le second degré, pour rappel, les établissements publics accueillent 44% des élèves étudiants et apprentis, contre 56%
00:13:27dans les établissements privés.
00:13:30Désormais, la part d'élèves issus du monde agricole est très réduite, 9%.
00:13:35Autrement dit, parmi les jeunes scolarisés dans l'enseignement agricole, plus de 9 sur 10 sont ce qu'on appelle
00:13:39des NIMA, pour non-issus du milieu agricole.
00:13:41Cela signifie, mes chers collègues, que l'avenir de notre agriculture, c'est-à-dire le nôtre, est entre les
00:13:47mains de jeunes dont une immense majorité n'a pas de lien direct avec la terre.
00:13:52Avons-nous suffisamment pris conscience du changement civilisationnel opéré ainsi ?
00:13:57L'attractivité de l'enseignement agricole est donc une question de survie pour notre pays.
00:14:01La qualité de ce système n'est plus à démontrer qu'il s'agisse des taux de réussite ou du
00:14:06taux d'insertion professionnelle.
00:14:08Et ce, alors même que l'origine sociale des élèves est plus modeste que dans l'éducation nationale et la
00:14:13part d'élèves en situation de handicap plus élevée.
00:14:15Le premier plan, enseigné à produire autrement, a été lancé en 2014 par M. Stéphane Le Foll, ministre de l
00:14:22'Agriculture.
00:14:23Est introduite alors l'idée selon laquelle les politiques publiques visent à promouvoir et à pérenniser les systèmes de production
00:14:29agroécologiques
00:14:30qui combinent performances économiques, sociales, environnementales et sanitaires.
00:14:36L'agroécologie recouvre des pratiques diverses.
00:14:38Agriculture de conservation des sols, agroforesterie, agriculture biologique, diversification des assolements, gestion raisonnée des ressources en eau, préservation des haies.
00:14:47Elle implique aussi de nouvelles formes de coopération entre agriculteurs, de nouveaux outils de suivi et de conseil
00:14:53et une réflexion approfondie sur les systèmes de production, les débouchés, l'organisation des filières et la relation entre producteurs
00:14:59et consommateurs.
00:15:01Produire autrement ne signifie donc pas seulement modifier des techniques, cela implique des évolutions bien plus globales.
00:15:08L'enseignement agricole constitue de fait un levier fondamental pour faire évoluer les pratiques.
00:15:12Les exploitations des établissements font office de démonstration et s'appuient sur les relations tissées avec l'ensemble de l
00:15:19'écosystème.
00:15:20Voici quelques-uns des résultats obtenus entre 2014 et 2018 pour le plan EPA1.
00:15:25Sans reprendre exhaustivement tous les chiffres que vous trouverez dans le rapport,
00:15:29le plan EPA1 montre un engagement de 191 exploitations dans un des plans du projet agroécologique pour la France,
00:15:3764 aides-cas d'art, 59 engagements vers l'abandon du glyphosate, 64% d'engagement dans le réseau des
00:15:44filles
00:15:45et une progression de la surface agricole utile bio de 74% sur la période dans les exploitations des lycées.
00:15:54Un deuxième plan enseigné à produire autrement a été lancé en 2020 par le ministre Didier Guillaume.
00:16:00Ce nouveau plan a clarifié les objectifs par un nouvel intitulé et la définition d'objectifs quantifiés.
00:16:06Il annonçait aussi l'abandon du glyphosate pour les exploitations des établissements,
00:16:10espérés pour la fin de l'année 2020, sauf un pass avéré,
00:16:14un développement ambitieux du bio dans ses exploitations
00:16:17et la mobilisation de la restauration collective des lycées pour atteindre les objectifs de la loi EGalim.
00:16:23Conformément à l'objectif fixé en 2014, la rénovation des référentiels de formation a été menée à bien.
00:16:29Néanmoins, l'inscription d'une ambition dans un référentiel ne dit rien de son appropriation dans les classes.
00:16:35A cet égard, les résultats du plan semblent perfectibles.
00:16:39Certains progrès traduisent aussi un engagement croissant des établissements,
00:16:43en dépit de certaines disparités, notamment sur la restauration collective.
00:16:47Ainsi, fin 2024, la restauration collective des établissements d'enseignement agricole
00:16:51proposait 25% de ses approvisionnements totaux en produits de qualité,
00:16:55dont 12% de produits certifiés en agriculture biologique.
00:16:5878% des exploitations de l'enseignement public agricole n'avaient pas utilisé de glyphosate.
00:17:0436% de la SAE de ses exploitations étaient en agriculture biologique ou en conversion.
00:17:09Des voies d'amélioration ont été relevées concernant la formation des équipes pédagogiques
00:17:13et la transformation des pratiques.
00:17:15Une autre difficulté tient à la distance entre le monde enseignant et les exploitations,
00:17:20d'où le fait que celles-ci soient peut-être insuffisamment mobilisées dans le cadre de l'EPA.
00:17:25Les enseignements sur les transitions et l'agroécologie, ainsi que leur réception,
00:17:30varient selon les filières.
00:17:31Dans le domaine de la production et la filière STAV,
00:17:35l'enseignement à l'agroécologie est présent, souvent controversé.
00:17:39Si de nombreux élèves, y compris ceux qui sont issus du milieu agricole,
00:17:43sont plus ouverts qu'on ne le pense aux pratiques agro-environnementales,
00:17:47on ne saurait négliger l'importance de la discordance entre ce qu'ils apprennent en cours
00:17:52et ce qu'ils observent durant leur stage ou dans leur famille.
00:17:55Le lien entre un choix technique de production et sa pertinence évaluée sur le terrain est fondamental.
00:18:01Une mesure agro-environnementale qui se traduit concrètement par une amélioration du rendement
00:18:06des conditions de travail ou de la santé humaine et animale
00:18:09suscitera nécessairement l'adhésion des apprenants
00:18:12et pourra être partagée dans le milieu familial et professionnel.
00:18:16Le troisième plan EPA est en préparation au ministère.
00:18:20Il doit permettre de franchir des étapes décisives.
00:18:23Le pilotage national pourra être plus ferme, le suivi plus précis.
00:18:28Pour atteindre les objectifs assignés en matière de renouvellement des générations,
00:18:32il conviendra d'attirer davantage d'élèves, ce qui rend inéluctable l'augmentation corrélée des moyens.
00:18:37Le renforcement de la formation des enseignants aux enjeux de la transition,
00:18:41en particulier de leur formation continue à travers l'intervention des experts associés, est un levier.
00:18:45Il semble aussi indispensable d'aider les élèves à mieux appréhender les courants idéologiques
00:18:50qui traversent le monde agricole et à développer leur esprit critique face aux intervenants.
00:18:54Il convient aussi de créer un outil numérique dédié afin de favoriser le partage des pratiques.
00:18:59De la même manière, il importe de systématiser le recueil de données relatives à la mise en œuvre des plans
00:19:04EPA,
00:19:05en particulier le nombre et la nature des projets menés, pour construire une base de données reliée à l'outil
00:19:10précédent.
00:19:11Ces données pourraient inclure les résultats d'enquêtes d'insertion menées auprès des anciens élèves de l'enseignement agricole,
00:19:16afin de savoir s'ils appliquent certaines des méthodes innovantes qu'ils ont apprises dans le cadre d'EPA.
00:19:23La recherche doit se montrer plus réactive par rapport aux demandes du monde agricole, aux besoins du champ,
00:19:28en mettant à disposition si rapidement que possible les solutions innovantes et prouvées
00:19:32qui préservent le patrimoine productif, les sols et la biodiversité,
00:19:35sans pour autant porter atteinte à la rentabilité économique des exploitations.
00:19:41Il est nécessaire de partir des impasses réelles auxquelles sont confrontés les agriculteurs
00:19:45pour mobiliser la science et la technologie, puis traduire le résultat dans les enseignements
00:19:50et les partager avec les professionnels.
00:19:53L'insertion de nouvelles solutions technologiques, utilisant par exemple l'intelligence artificielle ou le numérique,
00:19:58doit bien évidemment laisser toute sa place à la maîtrise des savoirs de base
00:20:02qui repose sur l'observation, la connaissance et la manipulation du vivant.
00:20:07En outre, le techno-solutionnisme ne doit pas nous conduire à ne pas changer les modes de production,
00:20:13de conditions de mise sur le marché et de consommation.
00:20:17Enfin, les exploitations des établissements doivent devenir réellement la clé de voûte du plan EPA,
00:20:22le lieu dans lequel peuvent être démontrés à la fois l'efficacité et la rentabilité des systèmes de production écologique,
00:20:26ces deux aspects étant fondamentaux pour convaincre les élèves de l'intérêt d'opérer cette transition.
00:20:33Pour conclure, le jargon didactique et scientifique qui encombre EPA ne doit pas faire perdre de vue l'essentiel,
00:20:40à savoir la mission de nourrir les hommes.
00:20:42Avec 24% d'habitants en plus sur Terre en 20 ans, près de 10% en plus en France
00:20:48sur la même période,
00:20:49cette mission reste première, vitale.
00:20:51Or, nous avons deux fois moins de producteurs en France par rapport à il y a quelques années.
00:20:57Les agriculteurs sont les premiers affectés par le changement climatique,
00:21:00parce qu'ils sont au quotidien en contact de la nature et de la biodiversité.
00:21:04Aucun d'entre eux, qu'ils soient installés ou apprenants, n'est hostile à l'innovation,
00:21:08pourvu qu'elle amène une amélioration en termes de quantité ou de qualité de production, voire les deux.
00:21:14Nous le savons, cet équilibre est interrogé en permanence sur une ferme,
00:21:18dont la vocation première est aussi de faire vivre ses exploitants, leurs familles, des salariés,
00:21:23et un écosystème accompagnant très important qui repose totalement sur les exploitations.
00:21:30J'assure donc de mon soutien inébranlable, les jeunes, qui dans nos établissements agricoles feront le choix de la production.
00:21:37Mais nous ne pouvons faire reposer sur les agriculteurs seuls la responsabilité de ce que nous mettons dans nos assiettes.
00:21:41Enseigner à produire autrement ne peut se faire qu'à la condition de consommer autrement,
00:21:46et de faire le choix du local, français, mieux disant à tout point de vue, sanitaire, écologique et social,
00:21:52plutôt que celui d'une alimentation bien moins contrôlée ailleurs, et par conséquent bien moins chère,
00:21:58et de ce fait, paradoxalement, plébiscité pour son coût.
00:22:03Paradoxe du consommateur, mais aussi du politique,
00:22:06qui n'a pas peur de proposer des repas pour tous à 1 euro dans nos collectivités,
00:22:11quand certains qui en ont les moyens pourraient assurément mieux soutenir l'effort des producteurs.
00:22:16Même paradoxe sur les traités de libre-échange.
00:22:20Voilà ce que je voulais vous dire ce matin,
00:22:22et merci encore aux administrateurs qui nous ont accompagnés dans ce travail.
00:22:26Rodrigo, c'est à toi.
00:22:30Bonjour à toutes et à tous.
00:22:33Je pense que Géraldine a conclu aussi, comme il fallait,
00:22:36dans la mesure où celles et ceux qui ont fait des missions flash ou des rapports
00:22:39savent que sans les administrateurs, nos travaux seraient extrêmement compliqués.
00:22:43Nous avons auditionné plus de 22 tables rondes, pour être clair.
00:22:47Nous avons fait plusieurs déplacements également, y compris en Mayenne,
00:22:51dans la circonscription de Géraldine, et plus proche en Ile-de-France aussi,
00:22:55parce qu'il y a beaucoup de production agricole dans l'Ile-de-France.
00:22:57Ça ne se résume pas à Paris, ça se saurait.
00:23:00Et donc, vous dire que ce rapport est aussi dans un contexte où je pense que nous le partageons.
00:23:05Nous partageons le fait que le changement climatique s'est invité dans notre pays,
00:23:10comme il s'invite à l'échelle de la planète,
00:23:12et qu'il convient aujourd'hui d'impulser cette révolution dans le monde agricole
00:23:16que nous avons su faire après la Seconde Guerre mondiale,
00:23:19quand tu l'as dit très justement, les pouvoirs publics et la société toute entière s'étaient mobilisés
00:23:23pour nourrir la population.
00:23:25C'est quelque chose qui s'est fait dans notre pays, mais qui s'est fait aussi à l'échelle
00:23:28de la planète,
00:23:28et ça a aussi créé des dépendances, notamment vis-à-vis des États-Unis,
00:23:31notamment à travers le modèle dont nous héritons aujourd'hui
00:23:35et dont nous voyons aussi certaines limites.
00:23:36Vous le savez, en tout cas, je sais que vous êtes tous très attachés à vos territoires.
00:23:41Nous allons d'ici demain, et ça a déjà commencé, pour ne pas dire ce week-end,
00:23:45vers un épisode caniculaire, dans lequel les ingénieurs en risque climatique disent
00:23:51que nous sommes dans une approche de canicule comme en 2003, mais sous stéroïde.
00:23:55Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas prêts.
00:23:57Les écoles ne sont pas prêtes, les pouvoirs publics ne sont pas prêts,
00:24:01et que le monde agricole non plus n'est pas prêt à cela,
00:24:03parce que l'accompagnement que nous nous donnons n'est pas de nature à faire ce changement.
00:24:08Vous le savez, normalement, en tout cas, je vous le réaffirme,
00:24:12ce ne sont pas les chiffres des rapporteurs, ce sont les chiffres officiels,
00:24:1620% de la production des gaz à effet de serre en France viennent du monde agricole.
00:24:20Ils se placent en deuxième derrière les transports.
00:24:23Ce qui veut dire que c'est un vrai acteur du changement.
00:24:25Et celles et ceux qui pensent que nous pourrons nous en sortir sans le monde paysan,
00:24:29je pense qu'ils sont dans l'erreur.
00:24:31Nous devons soutenir la puissance publique.
00:24:33Tu l'as dit, les consommateurs, c'est-à-dire les citoyens, les citoyennes,
00:24:35doivent soutenir ce changement, parce que sinon, nous ne nous sortirons pas.
00:24:39D'ailleurs, je sais que Géraldine est très attachée, parce que ce sont ses origines aussi familiales.
00:24:45La culture de l'élevage, notamment bovine, produit 60% des gaz à effet de serre.
00:24:51C'est-à-dire que si nous soutenons pas ces filières, si nous n'impulsons pas le changement,
00:24:54si nous ne faisons pas aussi jouer son rôle, qui, de mon point de vue, est contestable
00:24:58à toute la chaîne de transformation agroalimentaire,
00:25:00nous aurons un problème pour nous en sortir collectivement.
00:25:03Et c'est ça, aujourd'hui, qui essaie de pointer ce rapport,
00:25:05à savoir que si nous ne prenons pas garde, si nous ne faisons pas attention à changer les pratiques
00:25:09dans l'enseignement agricole en France, qu'ils soient publics ou privés,
00:25:13eh bien, nous aurons du mal à impulser cela, parce que c'est là où nous formons les futures générations
00:25:17et elles doivent être accompagnées et soutenues par les générations que nous sommes,
00:25:20puisque nous sommes censés, aujourd'hui, édicter les lois,
00:25:23mais aussi voter les budgets afférents à ce modèle que nous prenons dans ce rapport,
00:25:28à partir des différentes préconisations que nous faisons
00:25:31et qui peuvent être discutables et discutées, nous aurons l'osir de le faire, chers collègues.
00:25:35Oui, nous pensons que le monde paysan, d'une façon générale, agriculteur, éleveur
00:25:39et tout ce qui est afférent, sont des acteurs centraux de cette transformation.
00:25:44Et nous pensons aussi, il me semble, en tout cas,
00:25:47que la façon dont la chaîne de valeur est construite
00:25:49fait que ce ne sont pas ceux qui produisent l'alimentation,
00:25:52ce ne sont pas ceux qui prennent soin des champs et des forêts, souvent,
00:25:55qui, aujourd'hui, sont l'essentiel de ceux qui captent la valeur ajoutée de la production.
00:26:01Et il semble que ce modèle, aujourd'hui, doit évoluer,
00:26:03parce que nous avons tous émis dans les différents groupes
00:26:07que la question du revenu des paysans, des paysannes, des éleveurs, des éleveuses
00:26:12sont au cœur, en fait, de ce modèle de chambre.
00:26:13Nous ne pouvons pas, aujourd'hui, avoir une société
00:26:15qui assoit son mode de vie et son confort
00:26:18sur le mal-être de toute cette population qui est constituée.
00:26:21C'est une des raisons, d'ailleurs, qui a été pointée au fur et à mesure des auditions
00:26:25sur le fait que ce milieu devient peu attractif
00:26:28et qu'aujourd'hui, le dumping social qu'a pointé Géraldine,
00:26:32c'est-à-dire que nous produisons ailleurs
00:26:33parce que les conditions de travail sont moins disantes,
00:26:36eh bien, nous le retrouvons dans nos assiettes.
00:26:38C'est aussi pour cette raison que,
00:26:39quand nous faisons une agriculture qui essaye,
00:26:42bon an, mal an, même si ce n'est pas le cas de façon globale,
00:26:45de se passer des intrants chimiques,
00:26:47dont nous sommes dépendants en termes d'exploitation de matières premières,
00:26:49eh bien, nous avons une agriculture, aujourd'hui,
00:26:51qui est compliquée,
00:26:52qui est compliquée parce que nous dépendons, en fait,
00:26:54de pays qui, d'un point de vue géopolitique, d'ailleurs,
00:26:57peut être un obstacle à ce changement qui est souhaitable.
00:27:00Alors, nous avons su faire, par le passé sur d'autres champs,
00:27:02le fait que notre pays était innovant,
00:27:04était novateur et qu'il pouvait servir de modèle.
00:27:07Il y a d'autres pays aussi qui ont déjà engagé ce changement.
00:27:11Par exemple, dernièrement, le Vietnam a mis en avant le fait
00:27:14qu'au niveau du Mekong,
00:27:15qui est le principal producteur de riz dans le monde,
00:27:18est en difficulté du fait du changement climatique.
00:27:20Et nous savons, en tout cas celles et ceux qui s'intéressent à ce sujet-là,
00:27:23si la production de riz s'effondre dans le Vietnam,
00:27:25c'est la planète entière qui va être affectée.
00:27:27J'ai la prétention de dire que si la France,
00:27:30nous n'engageons pas ce changement,
00:27:31nous allons mettre aussi en péril l'équilibre alimentaire de notre pays.
00:27:35Vous savez, l'excédent commercial au niveau des céréales que produit la France,
00:27:38c'est grâce à cette arme géopolitique que nous assurons la stabilité
00:27:42dans beaucoup de pays dans le monde,
00:27:43et y compris que nous pouvons lutter au fait que des régimes plus autoritaires,
00:27:47voire des régimes dogmatiquement, idéologiquement religieux,
00:27:50prennent le pouvoir dans des pays avec qui nous avons des relations,
00:27:53et ça, ce n'est pas acceptable par rapport à la façon dont nous concevons les relations internationales.
00:27:57Donc, voyez, ce changement se pose à cette zone-là,
00:28:00se pose à partir de la place que nous voulons occuper dans le monde,
00:28:02mais aussi comment est-ce que nous engageons la transformation essentielle
00:28:05par rapport au risque du changement climatique,
00:28:08que j'ai essayé de décrire de façon peut-être un peu caricaturale,
00:28:11mais l'urgence va être demain, et dans vos territoires,
00:28:13vous aurez, je pense, à accompagner les maires qui auront à cœur de sauver des vies,
00:28:18parce que c'est de ça dont nous parlons aujourd'hui.
00:28:20Aujourd'hui, nous avons, pour digresser deux secondes,
00:28:23nous avons la ville de Malakoff, par exemple,
00:28:25avec les parents d'élèves qui ont scotché des couvertures de survie
00:28:30sur les fenêtres des écoles, à l'envers, pourquoi ?
00:28:33Pour empêcher le rayonnement à l'intérieur des salles de classe,
00:28:36parce que nous avons construit des salles de classe qui, aujourd'hui, font effet de serre.
00:28:39Alors, c'est des solutions de la débrouille, c'est des solutions pragmatiques,
00:28:42mais voyez, c'est un changement global que nous devons appréhender,
00:28:45et nous pensons, je pense en tout cas avec Géraldine,
00:28:47que le monde paysan, l'agriculture, l'élevage est au cœur de ce changement,
00:28:51et c'est pour ça que les lycées agricoles méritent toute notre attention
00:28:53en tant que représentants nationaux.
00:28:56Donc, vous dire cela, que si nous n'arrivons pas à convaincre
00:28:59les nouvelles générations, et aussi les générations aujourd'hui,
00:29:02qui sont en mesure de faire ces exploitations,
00:29:04alors nous aurons du mal à impulser ce changement.
00:29:07Parce que, oui, c'est vrai, qu'au cours des auditions,
00:29:09nous avons vu un certain scepticisme,
00:29:11à aller vers des changements différents.
00:29:13Nous avons eu un certain doute
00:29:15à faire en sorte d'utiliser moins de phytosanitaires,
00:29:17même si l'essentiel est en train d'engager ce changement.
00:29:19Il y a beaucoup de doutes aussi
00:29:21à engager, par exemple, des productions biologiques,
00:29:23et la puissance d'État a été défaillante
00:29:26dans certains territoires.
00:29:26Donc, au sein de la formation, il y a ce doute-là.
00:29:31Je n'en parlerai pas le mot de climato-scepticisme.
00:29:34C'est-à-dire que quand vous héritez d'une ferme d'élevage
00:29:37ou de production agricole,
00:29:38et que vos parents ou vos grands-parents
00:29:41ont mis en place des process de production
00:29:43qui fonctionnent d'une certaine façon,
00:29:45parce que, vous le savez,
00:29:46le monde agricole français est largement soutenu
00:29:48par la puissance publique à travers les subventions
00:29:51qui sont données, soit par l'Europe, soit par la nation.
00:29:53Donc, en gros, il n'y a pas une agriculture
00:29:54qui se suffise à elle-même du point de vue
00:29:56du modèle de rentabilité.
00:29:58Les rendements sont décroissants, nous le savons.
00:30:00Aujourd'hui, c'est compliqué,
00:30:01une exploitation qui n'a pas de subvention pour survivre.
00:30:04C'est vraiment comme les poissons volants.
00:30:06Ça existe, mais ce n'est pas la majorité du genre.
00:30:08Et donc, à partir de là, une fois qu'on se dit ça,
00:30:10c'est comment est-ce qu'on impulse ce changement-là.
00:30:13Et aujourd'hui, oui, il y a du scepticisme
00:30:15quand le modèle de papa ou de maman,
00:30:18c'est minoritaire, mais ça existe,
00:30:20et des grands-parents est un modèle qui fonctionne.
00:30:21Et donc, les enfants se heurtent aussi
00:30:23à cette résistance au changement.
00:30:25Et les lycées agricoles sont exactement là.
00:30:27Je ne vais pas être très long pour essayer
00:30:28de donner le plus de place au débat entre nous,
00:30:31chers collègues,
00:30:32mais oui, il y a un sujet de ce point de vue-là
00:30:35pour faire en sorte aussi
00:30:37qu'il y a un vrai frein à tout ça.
00:30:38Même si EP1-1, EP1-2 a été un succès,
00:30:42il faut le dire,
00:30:42parce que la France, aujourd'hui,
00:30:43peut s'enorgueillir d'avoir
00:30:44un des systèmes éducatifs,
00:30:46peut-être les plus performants de la planète.
00:30:48En tout cas, je me risque à cette comparaison.
00:30:49Pourquoi ?
00:30:50Parce que les fermes agricoles détiennent aussi
00:30:52des exploitations in situ
00:30:54qui permettent justement de former,
00:30:56on va dire, de façon pratique
00:30:58et pragmatique aux choses.
00:30:59Ce n'est pas juste de la théorie.
00:31:01Mais par rapport à ça,
00:31:02il y a deux sujets.
00:31:03D'abord, on oblige, pour l'essentiel,
00:31:06à ce que les exploitations soient rentables
00:31:07pour mettre en place
00:31:09que les élèves apprennent.
00:31:10Les apprenants, on dit maintenant,
00:31:11on ne dit pas élèves,
00:31:12moi je suis vieux, je dis élèves toujours.
00:31:13Mais quand les élèves apprennent,
00:31:15eh bien, je me risquerai à garder élèves,
00:31:17si vous le permettez.
00:31:18Quand les élèves apprennent,
00:31:19eh bien, quand le modèle ne fonctionne pas,
00:31:22alors, eh bien,
00:31:22ils ne sont pas amenés à le produire.
00:31:23Sauf qu'il y a des modèles
00:31:24qui ne sont pas rentables aujourd'hui
00:31:26pour deux raisons.
00:31:27D'abord, parce que ce n'est pas
00:31:29de cette façon-là
00:31:29que fonctionne la logique
00:31:30des lycées agricoles.
00:31:31Et aussi, parce qu'il y a une,
00:31:35je vais dire,
00:31:35pas une imperméabilité,
00:31:37mais une très grande difficulté
00:31:38à faire descendre la recherche fondamentale
00:31:40qui est d'excellence en France
00:31:41directement dans les lycées agricoles.
00:31:43Ce qui veut dire que
00:31:44le changement des référentiels éducatifs,
00:31:47des référentiels pédagogiques
00:31:49tarde par rapport à ce que nous produisons.
00:31:51Et d'ailleurs,
00:31:52une grande partie de ce que nous produisons
00:31:53à l'université
00:31:54est largement exploité
00:31:55dans les universités
00:31:56qui ne sont pas françaises.
00:31:58C'est-à-dire que nous produisons des connaissances,
00:31:59nous produisons des savards,
00:32:00nous pouvons avoir une agriculture intensive
00:32:02en connaissance et en savoir
00:32:04après avoir été intensive en main-d'œuvre,
00:32:07puis intensive en intranchimique.
00:32:08Et nous savons que ça affaiblit les sols,
00:32:10que ça pose un problème sur la gestion de l'eau,
00:32:12que ça pose un problème sur la biodiversité,
00:32:13mais le changement est en cours.
00:32:15On sait qu'aujourd'hui,
00:32:16le monde paysan protège les territoires,
00:32:18notamment en faisant des aménagements
00:32:19qui remettent de la biodiversité.
00:32:21Nous savons aujourd'hui
00:32:22qu'il y a, y compris parfois,
00:32:24une sorte d'assolument triennal
00:32:25qui se met en place dans certaines exploitations,
00:32:27qui permet de prendre en compte
00:32:28les choses différentes.
00:32:29Mais si on ne crée pas les conditions
00:32:31pour que la recherche fondamentale
00:32:32arrive plus vite dans les salles de classe,
00:32:34nous allons avoir un retard.
00:32:36Et ce retard,
00:32:37il se paye à la fois par rapport au contexte
00:32:40que j'expliquais tout à l'heure
00:32:41dans un cadre international,
00:32:42mais il se paye aussi sur la question
00:32:44de ce que nous produisons,
00:32:45comment nous le produisons,
00:32:46et in fine, comme disait Richard Dine,
00:32:47ce que nous consommons dans l'assiette.
00:32:49Il n'est pas acceptable aujourd'hui,
00:32:50nous venons de voter une proposition
00:32:51sur le cadmium,
00:32:53que les questions de santé publique
00:32:54ne soient pas au cœur de cette production.
00:32:56Donc vous voyez,
00:32:57toutes ces problématiques-là,
00:32:58elles s'apprennent à l'école.
00:32:59Et précisément, nous avons aujourd'hui
00:33:00une lycée agricole
00:33:01qui appréhende ces questions-là,
00:33:03et nous pouvons, je vous le dis,
00:33:06être fiers de ce qui s'y fait,
00:33:07même si aujourd'hui,
00:33:08ça devient compliqué.
00:33:09Oui, il y a du lobby
00:33:11qui s'exerce dans les conseils d'administration
00:33:12par des intérêts divergents,
00:33:14et nous devons veiller
00:33:15en tant que responsabilité nationale
00:33:18à travers le législateur
00:33:19et les législatrices
00:33:20à faire en sorte
00:33:21que ces lobbies
00:33:21ne soient pas déterminants
00:33:23dans les choix pédagogiques
00:33:24qui sont faits,
00:33:25d'où qu'ils siennent.
00:33:25On ne peut pas avoir une école
00:33:26qui soit dans le dogmatisme
00:33:29ou dans l'imposition d'un modèle
00:33:31parce qu'il n'y a pas un modèle,
00:33:32il y a des modèles.
00:33:33Et la France, justement,
00:33:34et vous le savez,
00:33:35puisque nous disons
00:33:35que nous avons beaucoup de fromage
00:33:37dans notre pays,
00:33:37c'est précisément parce que
00:33:38nous avons des territoires
00:33:39qui sont différents.
00:33:40Et cette différence,
00:33:41il faut la cultiver,
00:33:42la cultiver pour faire en sorte
00:33:43que nous préservions aussi
00:33:45des modes de vie,
00:33:46que nous posissions aussi
00:33:46des traditions,
00:33:47et que les écosystèmes
00:33:48qui régissent dans les territoires
00:33:50puissent se nourrir
00:33:50les uns des autres
00:33:51afin que le monde paysan,
00:33:52en tout cas c'est la thèse
00:33:53que je pense nous portons,
00:33:55soit au cœur de ce changement
00:33:56parce que nous pouvons,
00:33:57à travers ce levier-là,
00:33:58mettre une impulsion
00:33:59qui aura des résurgences
00:34:00et des implications
00:34:01à l'échelle de toute la nation.
00:34:03En tout cas,
00:34:04c'est le pari que nous faisons
00:34:04et c'est le rapport
00:34:05que nous vous proposons aujourd'hui
00:34:06à votre sagacité,
00:34:08votre sagesse.
00:34:08Je vous remercie.
00:34:09Merci, chers collègues,
00:34:11merci pour le travail réalisé,
00:34:12pour ces interventions engagées.
00:34:14Je rappelle que c'était
00:34:15une mission proposée
00:34:16par le groupe ELEFI
00:34:17dans le cadre de son droit de tirage.
00:34:19Je voudrais remercier
00:34:19également nos administrateurs
00:34:20avant de pouvoir céder la parole
00:34:22aux différents orateurs de groupe
00:34:23pour une durée de deux minutes,
00:34:24en commençant par Mme Christelle Minard
00:34:26pour la droite républicaine.
00:34:32Monsieur le Président,
00:34:33Madame et Monsieur le rapporteur,
00:34:35chers collègues,
00:34:36ce rapport va plutôt dans le bon sens.
00:34:39Il met en lumière
00:34:40le rôle stratégique
00:34:41de l'enseignement agricole
00:34:42et c'est une bonne chose.
00:34:45Néanmoins,
00:34:46plusieurs orientations proposées
00:34:47sont déjà pour moi
00:34:48largement engagées
00:34:50dans les établissements.
00:34:51L'enjeu principal
00:34:53est donc davantage
00:34:54d'accompagner
00:34:55et soutenir les acteurs
00:34:56de terrain
00:34:56qui innovent
00:34:57au service d'agriculture
00:34:59plutôt que d'édicter,
00:35:01à mon sens,
00:35:01de nouvelles obligations.
00:35:03Depuis une décennie,
00:35:04l'enseignement agricole,
00:35:05vous l'avez dit,
00:35:06a connu une mutation profonde
00:35:08pour mieux répondre
00:35:09aux enjeux
00:35:09de transition écologique,
00:35:11de souveraineté alimentaire
00:35:13et de renouvellement
00:35:14des générations.
00:35:15d'ailleurs,
00:35:16dans un contexte
00:35:19démographique défavorable,
00:35:21les effectifs,
00:35:22vous l'avez dit aussi,
00:35:23des élèves
00:35:23en établissement agricole
00:35:24ont évolué
00:35:26de 7% en 5 ans.
00:35:28Les référentiels
00:35:29de formation
00:35:29intègrent déjà
00:35:30les enjeux
00:35:31de l'agroécologie,
00:35:33de la transition climatique,
00:35:34de la préservation
00:35:35des ressources,
00:35:36le déploiement numérique,
00:35:37l'innovation
00:35:38et le développement durable.
00:35:40Et à titre d'exemple,
00:35:41au campus de Nermont,
00:35:42dans mon département
00:35:43de Rélois,
00:35:44l'établissement a développé
00:35:46une ferme pédagogique,
00:35:47un village de start-up
00:35:49by CA,
00:35:50une ferme de maraîchage
00:35:51bio-intensif,
00:35:52des ateliers technologiques
00:35:54et de nombreux autres projets
00:35:56d'expérimentation
00:35:57qui permettent aujourd'hui
00:35:59d'observer,
00:36:00de tester
00:36:00et de comprendre,
00:36:02de mettre en oeuvre
00:36:03les transitions agricoles.
00:36:05Je pense aussi
00:36:06au lycée professionnel
00:36:07dans ma circonscription
00:36:09d'Annette
00:36:10qui a développé
00:36:11le partenariat
00:36:13avec des producteurs
00:36:14des locaux
00:36:15pour développer
00:36:17une boutique
00:36:17à la ferme,
00:36:18sensibiliser les élèves
00:36:20au circuit court
00:36:21et à l'ancrage territorial.
00:36:22L'agriculture de demain
00:36:24sera à la fois,
00:36:25pour moi,
00:36:26agronomique,
00:36:27numérique,
00:36:27humaine
00:36:28et je pense qu'on a déjà
00:36:30engagé ces enjeux.
00:36:32Mais ce dont le monde
00:36:33agricole a besoin,
00:36:34à mon sens,
00:36:34ce ne sont pas
00:36:35de nouveaux outils,
00:36:36de nouvelles mesures
00:36:37difficiles à mettre en place
00:36:38puisque aucun autre secteur
00:36:40n'a connu en quelques décennies
00:36:42une transformation
00:36:43aussi profonde
00:36:44que l'agriculture.
00:36:46j'avais fait trois minutes
00:36:48donc je suis à la moitié.
00:36:52Désolé,
00:36:52la règle sera malheureusement
00:36:53la même pour tout le monde
00:36:55même si je ne donne pas
00:36:56de la qualité
00:36:56de votre intervention,
00:36:57madame la députée.
00:36:58Pour le groupe
00:36:58Ensemble pour la République,
00:36:59monsieur Bertrand Sœur.
00:37:02Merci monsieur le Président,
00:37:03madame et monsieur les rapporteurs.
00:37:04Je vous remercie tout d'abord
00:37:05pour la qualité de votre présentation
00:37:07ainsi que pour le travail réalisé
00:37:08sur ce sujet essentiel
00:37:09qui est l'enseignement agricole.
00:37:10L'agriculture française
00:37:12fait aujourd'hui face
00:37:13à de nombreux défis
00:37:14et notamment celui
00:37:14du renouvellement des générations.
00:37:16C'est d'ailleurs
00:37:17une des ambitions
00:37:18portées par la loi d'orientation
00:37:19pour la souveraineté alimentaire
00:37:21et le renouvellement
00:37:22des générations en agriculture,
00:37:23la loi Lozarga,
00:37:24promulguée en mars 2025
00:37:26qui fixe des objectifs ambitieux
00:37:28à l'horizon 2030,
00:37:29augmenter de 30%
00:37:30le nombre d'élèves et d'apprentis
00:37:32dans les formations agricoles
00:37:33et agroalimentaires,
00:37:34renforcer le nombre
00:37:35de vétérinaires formés
00:37:36et accroître aussi
00:37:37celui des ingénieurs agronomes.
00:37:39L'enjeu est clair,
00:37:40apprendre à produire autrement,
00:37:42notamment face aux défis climatiques,
00:37:44tout en restant
00:37:44économiquement performants.
00:37:46La question de la rentabilité
00:37:47est essentielle
00:37:48pour assurer la pérennité
00:37:49de nos exploitations agricoles.
00:37:50Nous le constatons
00:37:52quotidiennement sur le terrain.
00:37:53Les difficultés économiques
00:37:54peuvent être une source
00:37:55de grande détresse
00:37:56pour un grand nombre
00:37:57d'agriculteurs.
00:37:58Notre système
00:37:59d'enseignement agricole
00:38:00est pourtant une véritable réussite,
00:38:01comme vous le soulignez
00:38:02dans votre rapport.
00:38:03Cette filière d'excellence
00:38:04propose une grande diversité
00:38:05de parcours,
00:38:06de la classe de 4e
00:38:07jusqu'aux formations supérieures.
00:38:08Et je tiens d'ailleurs
00:38:09à ce moment
00:38:09à saluer
00:38:10l'excellent travail réalisé
00:38:12dans les lycées agricoles.
00:38:13J'en ai deux
00:38:13sur mon territoire,
00:38:14à Coutances et Saint-Hilaire-du-Harcoué,
00:38:15dans la Manche,
00:38:16mais également
00:38:17au sein des maisons familiales
00:38:18et rurales.
00:38:19J'en ai également
00:38:20dans ma circonscription,
00:38:21où l'on forme au quotidien
00:38:22des jeunes
00:38:23en leur offrant
00:38:23de réelles perspectives d'avenir.
00:38:25Les derniers chiffres
00:38:26sont encourageants.
00:38:27Après plusieurs années
00:38:27de baisse,
00:38:28les effectifs
00:38:29repartent à la hausse
00:38:30et les jeunes
00:38:30reviennent vers ces formations
00:38:32dont les taux de réussite
00:38:33et d'insertion
00:38:33demeurent particulièrement élevés.
00:38:35Par ailleurs,
00:38:36les nouvelles technologies
00:38:37transforment profondément
00:38:38l'outil de production agricole,
00:38:39numérique,
00:38:40intelligence artificielle,
00:38:41robotisation.
00:38:42Ces innovations
00:38:43peuvent contribuer
00:38:44à améliorer
00:38:45la rentabilité
00:38:46des exploitations,
00:38:47à réduire
00:38:48la pénibilité
00:38:48du travail
00:38:49et à renforcer
00:38:50l'attractivité
00:38:50des métiers.
00:38:51Alors une question importante
00:38:52lorsque l'on rencontre
00:38:53les jeunes
00:38:53au sein des établissements,
00:38:55on sent chez eux
00:38:56une grande motivation.
00:38:57Beaucoup sont issus
00:38:58non pas du monde agricole
00:38:59mais de filières
00:39:00totalement diverses.
00:39:01Mais ils ont une question
00:39:02primordiale et première.
00:39:04Comment faire
00:39:05pour que leur passion
00:39:06coïncide
00:39:07avec une réalité économique ?
00:39:09C'est-à-dire
00:39:09comment est-ce qu'on fait
00:39:10ce travail de passion
00:39:11en étant assuré
00:39:12qu'économiquement
00:39:13on pourra en vivre
00:39:14décemment ?
00:39:16Merci chers collègues.
00:39:17Pour le groupe LFI,
00:39:18Madame Marie Messmer.
00:39:20Merci Monsieur le Président.
00:39:21Madame et Monsieur les rapporteurs,
00:39:23collègues,
00:39:23je veux tout d'abord
00:39:24saluer le travail
00:39:25de nos deux rapporteurs.
00:39:26Les conclusions
00:39:26de cette mission Flash
00:39:27tracent une feuille de route
00:39:28intéressante et indispensable
00:39:30pour l'avenir
00:39:30de notre agriculture.
00:39:32L'enseignement agricole
00:39:32est un pilier
00:39:33d'un modèle éducatif
00:39:34et républicain.
00:39:35Malgré un public
00:39:36souvent issu
00:39:37de milieux moins favorisés,
00:39:38ces structures affichent
00:39:39de remarquables taux
00:39:40de réussite aux examens
00:39:41et une excellente
00:39:42insertion professionnelle.
00:39:44Pourtant,
00:39:44le constat est là.
00:39:45Depuis la fin
00:39:45de la Seconde Guerre mondiale,
00:39:47cet enseignement
00:39:47s'est vu imposer
00:39:48une vision productiviste
00:39:49dont nous mesurons
00:39:50aujourd'hui les limites.
00:39:51Face aux échecs
00:39:52des plans précédents,
00:39:53faute de véritables
00:39:54impulsions politiques
00:39:55des gouvernements successifs,
00:39:57l'agroécologie
00:39:57a trop souvent été
00:39:58non priorisée.
00:39:59Avec l'élaboration
00:40:01du plan
00:40:01enseignes à produire
00:40:02autrement 3,
00:40:03nous avons une occasion
00:40:04historique de changer
00:40:05de paradigme.
00:40:05C'est pourquoi
00:40:06nous soutenons
00:40:07les propositions du rapport.
00:40:08Il faut faire
00:40:08des exploitations
00:40:09pédagogiques de nos lycées,
00:40:10la véritable clé
00:40:11de voûte de la transition.
00:40:13De même,
00:40:13réformer la gouvernance
00:40:14en clarifiant
00:40:15les missions
00:40:15des référents
00:40:16et en sanctuarisant
00:40:17les enseignements
00:40:18scientifiques
00:40:18et agronomiques
00:40:20et en les protégeant
00:40:21de toutes les formes
00:40:22de lobbies
00:40:22de grands groupes
00:40:22pollueurs
00:40:23et ce qui est
00:40:24aujourd'hui
00:40:25une nécessité absolue.
00:40:26Cependant,
00:40:27deux points de vigilance
00:40:28majeurs doivent guider
00:40:28nos débats.
00:40:29D'abord,
00:40:29la neutralité
00:40:30de nos établissements.
00:40:31Il faut remettre
00:40:31nos lycées
00:40:32au cœur
00:40:32de nos priorités.
00:40:33C'est pourquoi
00:40:33nos lycées
00:40:34ne peuvent plus
00:40:34subir des pressions
00:40:35de syndicats
00:40:35agricoles majoritaires
00:40:36ou d'acteurs
00:40:37de l'agroindustrie
00:40:38qui censurent
00:40:39des projets pédagogiques
00:40:40comme par exemple
00:40:41la censure
00:40:42de la diffusion
00:40:42du film
00:40:43La part du loup
00:40:44à l'école forestière
00:40:45de Mémac
00:40:45en mars 2025.
00:40:47L'instauration
00:40:48d'un registre public
00:40:49des intervenants
00:40:49est un premier pas
00:40:50mais nous devons
00:40:51aller plus loin
00:40:51pour garantir
00:40:52le pluralisme
00:40:53et l'indépendance
00:40:53des équipes enseignantes.
00:40:55Enfin,
00:40:55soyons vigilants
00:40:56face au mirage technologique.
00:40:58Présenter l'intelligence
00:40:59artificielle
00:40:59comme la solution miracle
00:41:00à la transition environnementale
00:41:02sans interroger
00:41:03son empreinte carbone massive
00:41:04est un non-sens écologique
00:41:05parce que ce rapport
00:41:07pose les fondations
00:41:07d'un service public
00:41:08de l'enseignement agricole
00:41:09moderne,
00:41:10féministe,
00:41:10inclusif
00:41:11et authentiquement écologique
00:41:12donc profondément
00:41:13en accord
00:41:14avec le programme
00:41:14de la France Insoumise
00:41:15et ce que nous ferons
00:41:16une fois au pouvoir
00:41:17l'année prochaine.
00:41:17Notre groupe votera
00:41:18pour les conclusions
00:41:19de ce rapport.
00:41:20Je vous remercie.
00:41:21Merci beaucoup.
00:41:22Pour le groupe socialiste
00:41:23et apparenté,
00:41:24Madame Claudia Rouault.
00:41:25Merci Monsieur le Président,
00:41:27Madame et Monsieur
00:41:27les rapporteurs,
00:41:28mes chers collègues.
00:41:29L'enseignement agricole
00:41:30est une richesse
00:41:31de notre République.
00:41:32Trop souvent méconnu,
00:41:33il forme pourtant
00:41:33chaque année
00:41:34des dizaines de milliers
00:41:35de jeunes
00:41:35aux métiers essentiels
00:41:36de notre pays.
00:41:37L'agriculture,
00:41:38l'alimentation,
00:41:38la forêt,
00:41:39l'environnement
00:41:39et l'aménagement
00:41:40des territoires.
00:41:41Alors que nous faisons face
00:41:43à des défis majeurs,
00:41:44renouvellement,
00:41:44dégénération agricole,
00:41:45transition écologique,
00:41:47souveraineté alimentaire,
00:41:48l'enseignement agricole
00:41:49est une partie de la réponse.
00:41:50Il prépare les professionnels
00:41:51qui devront produire mieux,
00:41:53préserver nos ressources naturelles,
00:41:54répondre aux attentes
00:41:55toujours plus nombreuses
00:41:56de la société
00:41:57et adapter leurs méthodes
00:41:59de travail
00:41:59au réchauffement climatique.
00:42:01Mais cet enseignement
00:42:01ne peut remplir pleinement
00:42:02ses missions
00:42:03que si nous lui donnons
00:42:04les moyens nécessaires.
00:42:05Depuis plusieurs années,
00:42:06les établissements alertent
00:42:07sur les difficultés
00:42:08de recrutement,
00:42:08le manque de personnel
00:42:10et les tensions budgétaires
00:42:11qui fragilisent leur action.
00:42:13Pour le groupe socialiste
00:42:14et apparenté,
00:42:15investir dans l'enseignement
00:42:15agricole
00:42:16n'est pas une dépense,
00:42:17c'est un investissement
00:42:18stratégique pour l'avenir.
00:42:19C'est permettre
00:42:20à davantage de jeunes,
00:42:21notamment issus
00:42:22des territoires ruraux
00:42:23et des milieux modestes,
00:42:24d'accéder à des formations
00:42:25d'excellence
00:42:26et à des débouchés
00:42:27professionnels porteurs.
00:42:29Enfin,
00:42:29nous devons réaffirmer
00:42:30notre rôle
00:42:31dans la transition agroécologique.
00:42:33Former les agriculteurs
00:42:34de demain,
00:42:35c'est leur donner des outils
00:42:36pour concilier
00:42:37performance économique,
00:42:38justice sociale
00:42:39et respect de l'environnement.
00:42:41C'est le sens
00:42:41de l'amendement
00:42:42que mon groupe
00:42:42avait déposé
00:42:43lors de l'examen
00:42:44de la dernière loi de finances
00:42:45qui visait à abonder
00:42:46de 684
00:42:48ETP d'enseignants
00:42:49et de 65
00:42:50ATLS
00:42:51administratifs,
00:42:52techniciens
00:42:52de laboratoire
00:42:53et de santé
00:42:54d'enseignement
00:42:55agricole public.
00:42:56Malheureusement,
00:42:56pour nos jeunes,
00:42:57le Premier ministre
00:42:57a jugé que ce n'était
00:42:58pas une priorité
00:42:59et n'a donc pas retenu
00:43:00cet amendement
00:43:01lorsqu'il a fait usage
00:43:02de l'article 49.3
00:43:03de la Constitution.
00:43:05Lorsqu'il prépare
00:43:06l'avenir de notre agriculture
00:43:07et de nos territoires,
00:43:08l'enseignement agricole
00:43:09mérite toute l'attention
00:43:10de la représentation nationale
00:43:12et je vous remercie,
00:43:13chers collègues,
00:43:14pour votre travail
00:43:15qui, je l'espère,
00:43:16permettra de renforcer
00:43:17l'enseignement agricole.
00:43:19Je vous remercie.
00:43:20Merci beaucoup.
00:43:21Pour le Rassemblement national
00:43:22que je remercie
00:43:23d'avoir accepté
00:43:23d'intervertir,
00:43:24Madame Florence Joubert.
00:43:29Monsieur le Président,
00:43:30Madame et Monsieur
00:43:31les rapporteurs,
00:43:32notre groupe
00:43:33l'a déjà signalé
00:43:34à de multiples reprises.
00:43:36L'un des défis majeurs
00:43:37de l'enseignement agricole
00:43:38aujourd'hui
00:43:38est celui du renouvellement
00:43:40des générations.
00:43:41Rappelons les chiffres éloquents
00:43:42et très inquiétants
00:43:43à ce sujet.
00:43:44Sur les 496 000 chefs
00:43:46d'exploitation agricole
00:43:47qui sont en activité,
00:43:49environ 166 000
00:43:50vont partir à la retraite
00:43:51dans les 10 ans qui viennent.
00:43:53Or, le taux de renouvellement
00:43:54est de deux installations
00:43:55pour trois départs.
00:43:57Bien entendu,
00:43:58après une baisse des effectifs
00:43:59pendant environ 10 ans,
00:44:01nous nous réjouissons
00:44:02de la hausse des effectifs
00:44:03de l'enseignement agricole
00:44:04depuis 2019,
00:44:06avec environ 220 000 jeunes
00:44:08en formation initiale,
00:44:09soit 15 %
00:44:10de l'ensemble des élèves
00:44:11qui sont en formation professionnelle.
00:44:13En outre,
00:44:14ces élèves obtiennent
00:44:15en moyenne
00:44:15de meilleurs résultats
00:44:16de réussite au baccalauréat
00:44:18que les filières générales,
00:44:19ainsi que de meilleurs
00:44:20taux d'insertion professionnels.
00:44:22Pourtant,
00:44:23malgré ces chiffres encourageants
00:44:25et la grande qualité
00:44:26de l'enseignement agricole
00:44:27en France,
00:44:28celui-ci reste encore dévalorisé
00:44:29par rapport
00:44:30aux filières générales.
00:44:32En réalité,
00:44:32les métiers agricoles
00:44:33souffrent toujours
00:44:34d'une image dégradée
00:44:35auprès d'une partie
00:44:36de la jeunesse
00:44:37en raison des difficultés
00:44:38économiques de la filière,
00:44:40sans oublier
00:44:41les discours d'agribashing
00:44:42qui s'imposent trop souvent
00:44:43dans le débat public.
00:44:45En outre,
00:44:46en exprimant clairement
00:44:47une volonté
00:44:47d'assumer pleinement
00:44:49un tournant écologique,
00:44:50ce rapport
00:44:51semble prôner
00:44:52une agriculture biologique,
00:44:53ceci au détriment
00:44:55d'autres types d'agriculture
00:44:56pourtant nécessaires
00:44:57afin d'assurer
00:44:58une souveraineté alimentaire
00:45:00grâce à une rentabilité
00:45:01suffisante et pérenne.
00:45:03Notons enfin
00:45:04que si la piste
00:45:05d'un renforcement
00:45:06de la formation initiale
00:45:08des enseignants
00:45:09est intéressante,
00:45:10la seule qualité
00:45:11dans l'enseignement
00:45:11ne suffira pas
00:45:12à assurer
00:45:13le renouvellement
00:45:14des générations.
00:45:15En ce qui nous concerne,
00:45:16nous prenons
00:45:17des incitations fiscales
00:45:18fortes
00:45:19comme l'exonération
00:45:20de droits
00:45:20de succession
00:45:21de la transmission
00:45:21des exploitations agricoles
00:45:23à la seule condition
00:45:24que l'agriculteur
00:45:25qui reprend l'exploitation
00:45:26s'engage
00:45:27à conserver celle-ci
00:45:29pour une durée
00:45:30d'au moins 10 ans.
00:45:31Je vous remercie.
00:45:33Merci beaucoup
00:45:33pour le groupe
00:45:34écologiste et social
00:45:35M. Jean-Claude Rau.
00:45:37Merci M. le Président,
00:45:38Mme et M. les rapporteurs.
00:45:40Je tiens d'abord
00:45:40à vous féliciter
00:45:41pour votre travail
00:45:42et votre présentation.
00:45:43Vous savez que je suis
00:45:44particulièrement sensible
00:45:45à cet enjeu
00:45:46de l'enseignement agricole.
00:45:47Votre rapport
00:45:49établit
00:45:49plusieurs constats
00:45:50que je veux
00:45:51relayer ici.
00:45:52Le premier,
00:45:53même si ce n'est pas
00:45:53une découverte,
00:45:54nous alerte
00:45:55sur l'influence
00:45:56de l'industrie
00:45:57agroalimentaire
00:45:58dans nos établissements
00:45:59d'enseignement agricole.
00:46:00Quand vous confirmez
00:46:01que tant de conseils
00:46:02d'administration
00:46:03sont verrouillés
00:46:04par un seul courant syndical
00:46:06qui s'évertue
00:46:06à défendre
00:46:07les intérêts
00:46:08de l'agroindustrie,
00:46:09il y a de quoi
00:46:09s'inquiéter.
00:46:11Je soutiens
00:46:11votre proposition
00:46:12d'un registre public
00:46:14qui consigne
00:46:14ceux qui viennent
00:46:15s'exprimer devant
00:46:16les élèves.
00:46:17Un lycée,
00:46:17c'est le lieu
00:46:18où on apprend
00:46:18à penser par soi-même
00:46:20et à exercer
00:46:20son esprit critique,
00:46:22pas un lieu
00:46:23d'influence.
00:46:24Le deuxième,
00:46:24c'est la préservation
00:46:25des sols.
00:46:26Vous vous rappelez
00:46:26à juste titre
00:46:27le cercle vicieux
00:46:28dans lequel on s'enferme.
00:46:29Plus on traite,
00:46:30plus le sol durcit,
00:46:31plus il s'appauvrit
00:46:32et plus il faut traiter
00:46:33encore et toujours plus.
00:46:35Apprendre à nos jeunes
00:46:35à faire vivre
00:46:37durablement les sols
00:46:38plutôt qu'à les épuiser,
00:46:39c'est leur transmettre
00:46:40le béabat
00:46:40d'une agriculture durable
00:46:42dans un contexte
00:46:43de grands dérèglements.
00:46:45Et vous rappelez
00:46:46à juste titre
00:46:46qu'il faut que
00:46:47l'exploitation du lycée
00:46:48elle-même pratique
00:46:49ses méthodes
00:46:50couverts végétaux,
00:46:51agroforesterie,
00:46:52réduction des intrants.
00:46:53Mais voilà
00:46:54ce que je ne peux pas taire
00:46:56pendant que nous parlons
00:46:57d'apprendre
00:46:58à produire autrement
00:46:59d'autres s'emploient
00:46:59à faire prospérer
00:47:00un modèle ultra-productiviste
00:47:02à bout de souffle.
00:47:03Le projet de loi
00:47:04d'urgence agricole
00:47:05de Mme Gennevard
00:47:05est en passe
00:47:06de devenir le véhicule
00:47:07de tous les reculs.
00:47:08Au Sénat,
00:47:09M. Duplon
00:47:09veut réintroduire
00:47:10l'acétamipride
00:47:11aussi dangereux
00:47:13pour les abeilles
00:47:13que pour les cerveaux
00:47:14de nos enfants.
00:47:15Et M. Rousseau
00:47:16va encore plus loin,
00:47:17il veut sans vergogne
00:47:18en finir
00:47:19avec le principe
00:47:20de précaution.
00:47:20Alors je pose la question
00:47:21simplement.
00:47:22Comment apprendre
00:47:23à nos élèves
00:47:24le matin
00:47:24à préserver les sols,
00:47:26l'eau et les pollinisateurs
00:47:27quand l'après-midi
00:47:28des parlementaires
00:47:29font tout
00:47:29pour réautoriser
00:47:30des substances dangereuses
00:47:32qu'on leur apprend
00:47:32à ne plus utiliser ?
00:47:34Je forme donc un vœu
00:47:35que ce rapport
00:47:36dépasse le scepticisme
00:47:38souligné
00:47:39qu'il ne reste pas
00:47:40l'être morte
00:47:40et que nos projets
00:47:41de loi agricole
00:47:42se mettent à la hauteur
00:47:43de ce que nous devons
00:47:44transmettre à nos jeunes,
00:47:45une agriculture durable,
00:47:47respectueuse du vivant,
00:47:49de notre eau
00:47:49et de notre santé.
00:47:50Merci chers collègues.
00:47:51Pour le groupe démocrate,
00:47:52Madame Delphine Lingemann.
00:47:55Merci Monsieur le Président.
00:47:57Madame et Monsieur le rapporteur,
00:47:59au nom du groupe
00:47:59Les Démocrates,
00:48:00je tiens tout d'abord
00:48:01à remercier les deux rapporteurs
00:48:02pour la qualité
00:48:03de ce travail.
00:48:05Face aux défis climatiques,
00:48:07environnementaux et alimentaires,
00:48:08l'enseignement agricole
00:48:09constitue aujourd'hui
00:48:10un levier essentiel
00:48:12pour réussir
00:48:12la transition agroécologique
00:48:14et assurer le renouvellement
00:48:15des générations.
00:48:16Je le constate
00:48:17à chacune de mes visites
00:48:18dans les deux lycées agricoles
00:48:19de ma circonscription,
00:48:21celui de Massabielle
00:48:22Auvergne-Échamère
00:48:22et celui du Brogues-sur-Couze.
00:48:24Alors Madame la rapporteure,
00:48:26vous avez rappelé
00:48:26que près de 90% des élèves
00:48:28sont aujourd'hui des NIMA,
00:48:29c'est-à-dire des jeunes
00:48:30non-issus du monde agricole.
00:48:32Cela suppose
00:48:32un accompagnement renforcé,
00:48:34adapté,
00:48:34afin de leur transmettre
00:48:36les savoir-faire,
00:48:36les repères
00:48:37et la culture professionnelle
00:48:39indispensables à leur réussite.
00:48:40Ma première question
00:48:41est donc la suivante.
00:48:42Comment le plan
00:48:43enseigné à produire autrement
00:48:45s'adapte-t-il
00:48:46à cette évolution
00:48:47du profil des élèves
00:48:48et à l'arrivée croissante
00:48:49de ces jeunes
00:48:50issus d'autres horizons ?
00:48:51Vous avez également
00:48:52évoqué la nécessité
00:48:53de développer
00:48:54leur esprit critique
00:48:55face à certaines idéologies
00:48:56et très concrètement,
00:48:58comment cet objectif
00:48:59se traduit-il
00:49:00dans les formations ?
00:49:01Je souhaite également
00:49:02attirer votre attention
00:49:03sur la situation économique
00:49:04de certains établissements
00:49:05agricoles,
00:49:06pourtant indispensables
00:49:07à la vitalité
00:49:09de nos territoires ruraux
00:49:10et à la pérennité
00:49:11d'une agriculture française forte.
00:49:13Nous soutenons donc
00:49:15votre recommandation
00:49:16visant à mieux accompagner
00:49:18les exploitations pédagogiques
00:49:20intégrées au lycée agricole.
00:49:22Quels leviers pourraient être mobilisés
00:49:24pour encourager davantage
00:49:25les régions
00:49:25à prendre en charge
00:49:27les surcoûts
00:49:28liés à leur mission
00:49:29de formation ?
00:49:30Et enfin,
00:49:31comment concilier
00:49:32la nécessaire indépendance
00:49:34académique
00:49:35de l'enseignement agricole
00:49:37avec le développement
00:49:37de partenariats vertueux
00:49:38entre établissements
00:49:39et acteurs économiques locaux ?
00:49:41Je pense notamment
00:49:42à l'entreprise Rochias
00:49:43sur mon territoire
00:49:44qui contribue activement
00:49:46à la reconstruction
00:49:47d'une véritable filière high
00:49:49en facilitant
00:49:51l'installation des jeunes.
00:49:53Dernière question,
00:49:54les jeunes agriculteurs
00:49:55ont envie
00:49:56non seulement
00:49:57de produire autrement
00:49:58mais aussi
00:49:58de vivre dignement
00:49:59de leur métier.
00:50:00Comment le plan
00:50:01enseigné à produire autrement
00:50:03prépare ces jeunes
00:50:04à gérer une exploitation
00:50:05leur permettant
00:50:06de générer un revenu
00:50:08à la hauteur
00:50:08de leur engagement ?
00:50:09Je vous remercie.
00:50:10Chers collègues,
00:50:11pour le groupe
00:50:11Horizon et Indépendant,
00:50:12Mme Béatrice Piron.
00:50:14Merci, M. le Président,
00:50:15Mme la rapporteure,
00:50:16M. le rapporteur,
00:50:17mes chers collègues.
00:50:18Cette mission d'information
00:50:20pose une question essentielle.
00:50:21Notre enseignement agricole
00:50:23est-il aujourd'hui
00:50:23en mesure d'accompagner
00:50:24efficacement
00:50:25la transition écologique
00:50:26de notre agriculture ?
00:50:28Pour y répondre,
00:50:29le rapport a d'abord
00:50:30une réalité
00:50:31que l'on oublie trop souvent.
00:50:32L'enseignement agricole
00:50:34constitue une véritable réussite.
00:50:36Deuxième système éducatif
00:50:37de notre pays,
00:50:38il accueille des élèves
00:50:39issus des milieux
00:50:40souvent plus modestes
00:50:41que ceux des lycées généraux
00:50:42et technologiques,
00:50:44tout en obnotant
00:50:44de meilleurs résultats
00:50:45aux examens
00:50:46et une meilleure insertion
00:50:47professionnelle.
00:50:48Le rapport s'intéresse
00:50:50également au plan
00:50:50enseigné à produire autrement,
00:50:52lancé en 2014
00:50:53puis en 2020,
00:50:54afin d'accompagner
00:50:55la transition
00:50:56agroécologique
00:50:57de l'enseignement agricole.
00:50:59Un troisième plan
00:50:59est d'ailleurs annoncé
00:51:00pour la rentrée prochaine.
00:51:02Votre évaluation
00:51:03est nuancée.
00:51:04Si le premier plan
00:51:05a permis
00:51:05des réels à penser,
00:51:07le second semble avoir
00:51:08souffert d'un pilotage
00:51:09devenu progressivement
00:51:10complexe et parfois
00:51:12difficilement lisible
00:51:13pour les établissements.
00:51:14Dès lors,
00:51:15quelles recommandations
00:51:16concrètes formulez-vous
00:51:17pour garantir
00:51:18une gouvernance
00:51:19plus efficace
00:51:20et une meilleure appropriation
00:51:21des futurs objectifs
00:51:22par les acteurs de terrain ?
00:51:24Le rapport met également
00:51:25en lumière
00:51:26une difficulté
00:51:27particulièrement préoccupante,
00:51:28le manque d'enseignants.
00:51:30Dans l'enseignement public,
00:51:31un concours sur deux
00:51:32ne pourvoit pas
00:51:33pour l'ensemble
00:51:35des postes ouverts.
00:51:36En agroéquipement,
00:51:38à peine un poste sur trois
00:51:40est aujourd'hui pourvu.
00:51:41Or,
00:51:41sans enseignants
00:51:42dans les disciplines techniques,
00:51:45aucun projet
00:51:45de transformation
00:51:46aussi ambitieux soit-il
00:51:47ne pourra aboutir.
00:51:49C'est pourquoi
00:51:49le groupe Horizon
00:51:50et Indépendance
00:51:51soutient les pistes
00:51:52avancées par les rapporteurs,
00:51:54sécuriser davantage
00:51:55les parcours
00:51:55des enseignants contractuels
00:51:56grâce à des contrats
00:51:57pluriannuals,
00:51:58faciliter les reconversions
00:52:00professionnelles
00:52:00vers l'enseignement
00:52:01et développer le recours
00:52:02à des experts extérieurs
00:52:04au sein des établissements.
00:52:06Enfin,
00:52:06nous souhaitons revenir
00:52:07sur une faiblesse majeure
00:52:08soulignée dans votre rapport,
00:52:10l'absence d'outils
00:52:11permettant d'évaluer
00:52:12l'impact réel
00:52:12des enseignements dispensés.
00:52:14Dix ans après le lancement
00:52:15du premier plan,
00:52:16nous ne disposons toujours
00:52:17pas de données
00:52:18permettant de mesurer
00:52:19dans quelles mesures
00:52:19les pratiques enseignées
00:52:20sont effectivement
00:52:21mises en œuvre
00:52:22par les diplômés
00:52:23une fois installés.
00:52:25Je termine par la conclusion
00:52:26même du rapport
00:52:27que le groupe Horizon
00:52:28Indépendant
00:52:29fait clairement sienne,
00:52:30produire autrement
00:52:31dans le sens
00:52:31que si l'on accepte
00:52:32de consommer autrement.
00:52:34L'agriculteur ne décide
00:52:35pas seul
00:52:35de la manière de produire,
00:52:36le consommateur,
00:52:37le distributeur,
00:52:38l'industriel
00:52:39pèsent sur ses choix
00:52:40autant que lui.
00:52:41Je vous remercie.
00:52:42Merci, chers collègues.
00:52:43Pour le groupe
00:52:43Luiot,
00:52:43Mme Nicole Sanker.
00:52:46Merci, M. le Président,
00:52:48Mme et Messieurs les rapporteurs,
00:52:49mes chers collègues.
00:52:50Je salue à mon tour
00:52:51le travail des rapporteurs.
00:52:53Vous montrez bien
00:52:53que l'enseignement agricole
00:52:55doit être un levier
00:52:56des transitions agroécologiques
00:52:58et qu'il doit s'appuyer
00:52:59davantage sur les exploitations
00:53:01pédagogiques pour démontrer
00:53:02la viabilité
00:53:04des nouveaux systèmes
00:53:04de production.
00:53:05Il s'agit d'une recommandation
00:53:07de bon sens
00:53:08que le groupe Luiot
00:53:09partage pleinement.
00:53:10Je souhaiterais vous
00:53:11interroger sur deux points.
00:53:13Le premier concerne
00:53:14la place de l'enseignement
00:53:15agricole dans les stratégies
00:53:17de développement
00:53:17des territoires.
00:53:18En Polynésie française,
00:53:20le projet polynésien
00:53:21de l'enseignement agricole
00:53:222021-2025
00:53:23a été élaboré
00:53:25avec l'objectif
00:53:26de mieux articuler
00:53:27les formations
00:53:28avec les besoins
00:53:29des filières,
00:53:29l'installation
00:53:30des jeunes agriculteurs
00:53:31et les enjeux
00:53:32d'autonomie alimentaire.
00:53:34Dans son avis
00:53:34du 30 septembre 2021,
00:53:36le CESEC
00:53:37de la Polynésie française
00:53:38insistait d'ailleurs
00:53:39sur cette nécessaire
00:53:40adéquation
00:53:41entre les formations,
00:53:42les débouchés professionnels
00:53:43et les perspectives
00:53:44de développement
00:53:45agricole du territoire.
00:53:47Or, votre rapport
00:53:48aborde principalement
00:53:50l'enseignement agricole
00:53:51comme un levier
00:53:52de transition
00:53:53des pratiques.
00:53:54Pensez-vous
00:53:55qu'il devrait également
00:53:56être conçu
00:53:56comme un outil
00:53:57de planification
00:53:58au service
00:53:58des stratégies
00:53:59territoriales
00:54:00de souveraineté alimentaire
00:54:01et de structuration
00:54:03des filières ?
00:54:04En d'autres termes,
00:54:05qui doit définir
00:54:06les compétences
00:54:07agricoles de demain ?
00:54:08Les seules filières
00:54:09professionnelles
00:54:10ou les territoires
00:54:10eux-mêmes
00:54:11au regard
00:54:12de leurs objectifs
00:54:13de développement ?
00:54:14Mon second point
00:54:15concerne les exploitations
00:54:16pédagogiques.
00:54:17Vous leur confiez
00:54:18un rôle central
00:54:19d'expérimentation,
00:54:20mais expérimenter
00:54:21suppose parfois
00:54:22de prendre des risques
00:54:23techniques,
00:54:24agronomiques ou économiques
00:54:25qu'une exploitation classique
00:54:26n'accepterait pas
00:54:27nécessairement.
00:54:28Les cadres actuels
00:54:29d'évaluation
00:54:30et de pilotage
00:54:31permettent-ils réellement
00:54:32de valoriser cette fonction
00:54:33d'expérimentation ?
00:54:34Ou existe-t-il un risque
00:54:36que les impératifs
00:54:37de gestion
00:54:38ou d'équilibre budgétaire
00:54:40limitent dans l'effet
00:54:41la capacité d'innovation
00:54:43que vous appelez
00:54:43pourtant de vos voeux ?
00:54:45Je vous remercie.
00:54:47Merci, chers collègues.
00:54:48Je vous informe
00:54:49que nous prendrons
00:54:49les questions directement
00:54:50après la dernière intervention,
00:54:52en l'occurrence,
00:54:52celle de Mme Soumya Bouroua
00:54:54pour le groupe GDR.
00:54:55Merci, M. le Président,
00:54:57Mme et M. le rapporteur,
00:54:59chers collègues.
00:54:59Je voudrais tout d'abord
00:55:01vous remercier
00:55:01et vous féliciter
00:55:02pour la qualité
00:55:03de votre rapport
00:55:03et pour cette communication
00:55:06très complète
00:55:07sur un sujet
00:55:08au carrefour
00:55:09de l'enseignement
00:55:09et de la production agricole.
00:55:11Face au changement climatique,
00:55:13le monde agricole
00:55:14est en première ligne,
00:55:15sécheresse plus fréquente,
00:55:17épisodes de chaleur extrême
00:55:18ou encore événements
00:55:19météorologiques violents
00:55:21affectant directement
00:55:22les productions.
00:55:23Pourtant,
00:55:24alors même que ces évolutions
00:55:26sont déjà perceptibles
00:55:27sur le terrain,
00:55:28une partie des agriculteurs
00:55:29manifeste des réticences
00:55:30face aux adaptations
00:55:32proposées
00:55:32et aux nouveaux enseignements
00:55:33visant à produire autrement.
00:55:35On peut s'interroger
00:55:36sur ces résistances.
00:55:37Elles s'expliquent d'abord
00:55:39pour des raisons économiques.
00:55:40En effet,
00:55:41modifier ces pratiques
00:55:42impliquent souvent
00:55:43des investissements importants.
00:55:44alors même que
00:55:45de nombreuses exploitations
00:55:47connaissent une forte pression
00:55:48sur leurs revenus
00:55:49et peinent parfois
00:55:50à assurer
00:55:51leur viabilité économique,
00:55:53à cette dimension économique
00:55:54s'ajoute également
00:55:55une dimension culturelle
00:55:57et humaine
00:55:58de savoir-faire agricole.
00:55:59Ils se transmettent
00:56:01souvent de génération
00:56:02en génération.
00:56:03Dès lors,
00:56:04lorsque de nouveaux enseignements
00:56:06recommandent
00:56:07la diversification des cultures,
00:56:08l'agroécologie,
00:56:10la réduction
00:56:11de certains entrants
00:56:12ou encore de nouvelles techniques
00:56:13de gestion de l'eau,
00:56:14certains agriculteurs
00:56:15peuvent avoir le sentiment
00:56:16que leur expérience
00:56:17et leur connaissance
00:56:19sont remises en cause.
00:56:20Par ailleurs,
00:56:21ces réticences
00:56:22peuvent être renforcées
00:56:23par un sentiment
00:56:24d'éloignement
00:56:25entre les décisions
00:56:26ou les recommandations formulées
00:56:28et la réalité du terrain.
00:56:29Les agriculteurs
00:56:30peuvent avoir le sentiment
00:56:31que les solutions
00:56:32sont élaborées loin
00:56:33de leur exploitation
00:56:34sans tenir suffisamment compte
00:56:36des réalités locales,
00:56:37des contraintes techniques
00:56:38ou des spécificités
00:56:39propres à chaque territoire.
00:56:41Pour autant,
00:56:42l'adaptation apparaît
00:56:43aujourd'hui
00:56:44comme une nécessité
00:56:45si l'on veut préserver
00:56:46durablement
00:56:46notre capacité
00:56:47de production agricole
00:56:48et accompagner
00:56:49les exploitants
00:56:50face aux défis climatiques.
00:56:52Et dans ce contexte,
00:56:54comment faire,
00:56:54selon vous,
00:56:55pour répondre
00:56:56à ces réticences
00:56:57et comment les nouveaux
00:56:58enseignements
00:56:59pourraient-ils être
00:56:59mieux reçus
00:57:00et mieux appréhendés
00:57:02non seulement
00:57:03par les nouvelles générations
00:57:04d'agriculteurs
00:57:05mais également
00:57:05par celles et ceux
00:57:07qui ont construit
00:57:07leur activité
00:57:08autour d'autres modes
00:57:10de production.
00:57:11Je vous remercie.
00:57:12Merci, chers collègues.
00:57:13J'ai ensuite une demande
00:57:13de question
00:57:14de Mme Graziella-Milcar
00:57:15pour une durée
00:57:16de une minute.
00:57:18Merci, M. le Président.
00:57:20Mme et M. le rapporteur,
00:57:22j'ai avant tout
00:57:22pour vous remercier
00:57:24pour ce rapport
00:57:25consacré à l'enseignement
00:57:26agricole
00:57:26qui présente
00:57:27un panorama précis
00:57:28et disons-le
00:57:29assez positif.
00:57:30De manière quantitative,
00:57:32d'abord,
00:57:32puisqu'alors que les effectifs
00:57:33d'élèves baissaient,
00:57:34ils augmentent
00:57:35de manière constante
00:57:36depuis le 2019.
00:57:37L'agribashing
00:57:38ne touche donc pas
00:57:39tant que ça
00:57:39de notre jeunesse.
00:57:41Cela est notamment
00:57:42dû au bon virage
00:57:42pris par la France
00:57:43grâce au plan
00:57:44Produire Autrement
00:57:45qui, depuis 2014,
00:57:47a permis à l'enseignement
00:57:47agricole
00:57:48d'opérer une transition
00:57:49vers l'agroécologie.
00:57:50En outre,
00:57:51votre rapport pointe
00:57:52les réussites qualitatives,
00:57:53sont notamment cités
00:57:54le maillage territorial,
00:57:55la qualité de l'enseignement,
00:57:57les taux d'insertion.
00:57:58Tout cela est propice
00:57:59à assurer l'avenir
00:58:00des jeunes.
00:58:01Toutefois,
00:58:02si nous voulons encore
00:58:03faire progresser
00:58:03l'enseignement agricole,
00:58:04je crois que nous devons
00:58:05encore le décloisonner
00:58:06qu'il s'agisse
00:58:07du recrutement
00:58:08des enseignants
00:58:08et des passerelles
00:58:09à créer avec les élèves
00:58:10de l'enseignement général
00:58:11afin de les sensibiliser
00:58:13au consommé autrement.
00:58:14Je salue également
00:58:15la proposition
00:58:16que vous formulez
00:58:17pour mettre en place
00:58:18un outil numérique
00:58:19afin de partager
00:58:19les bonnes pratiques
00:58:20d'enseignement.
00:58:21Il me semble néanmoins
00:58:22qu'il nous faut décloisonner
00:58:24aussi en matière
00:58:25de féminisation
00:58:26des formations agricoles.
00:58:28Pouvez-vous nous en dire
00:58:29plus à ce sujet ?
00:58:30Je vous remercie.
00:58:31Merci,
00:58:32chers collègues.
00:58:32Monsieur Lionel Duparais.
00:58:39Pardon.
00:58:40Merci,
00:58:40Monsieur le Président.
00:58:41L'enseignement agricole
00:58:43se caractérise
00:58:44par un travail collaboratif
00:58:45de tous les acteurs
00:58:46de la filière,
00:58:47qu'il soit public
00:58:48ou privé,
00:58:48et c'est une force.
00:58:50Certaines de vos préconisations
00:58:52interrogent
00:58:52et jettent l'opprobre
00:58:53sur une partie
00:58:54des agriculteurs
00:58:54presque en distribuant
00:58:56les bons points
00:58:56et les mauvais points,
00:58:57sous-entend parfois
00:58:59la mainmise
00:59:00de certains syndicats
00:59:01ou de lobbies.
00:59:02Il sera intéressant
00:59:03peut-être de faire
00:59:04le parallèle
00:59:04avec l'enseignement général
00:59:05par la mainmise
00:59:06de certains partis politiques
00:59:08ou certains syndicats.
00:59:09Mais l'ouverture
00:59:11de la réflexion
00:59:12sur les influences
00:59:12politiques et syndicales
00:59:14se caractérise aujourd'hui
00:59:15par finalement
00:59:16cette opprobre
00:59:17qui est jetée
00:59:17sur certains agriculteurs.
00:59:20Est-ce qu'on vise
00:59:21encore une fois
00:59:21à opposer
00:59:22une agriculture
00:59:23à une autre
00:59:23et est-ce qu'on veut
00:59:25déconnecter complètement
00:59:26de notre agriculture
00:59:28de l'industrie
00:59:29agroalimentaire
00:59:30qui est pourtant
00:59:30un maillon essentiel
00:59:32de notre souveraineté
00:59:33alimentaire
00:59:33pour répondre
00:59:34à un besoin
00:59:35mais l'adaptation
00:59:36de cette industrie
00:59:37doit se faire
00:59:37et on est tous d'accord
00:59:38avec les nouveaux enjeux
00:59:40divers et variés
00:59:41que l'on a évoqués
00:59:42tout à l'heure
00:59:42de l'eau,
00:59:43de l'écologie
00:59:44et autres.
00:59:45Merci chers collègues.
00:59:46S'il n'y a pas
00:59:47d'autres questions
00:59:48je n'en vois pas.
00:59:49Je vais céder la parole
00:59:50à nos deux rapporteurs
00:59:51en commençant
00:59:52par madame
00:59:55Alors on va essayer
00:59:56de répondre
00:59:56à un sur deux
00:59:57on va essayer
00:59:58de s'organiser
00:59:58alors Christelle Ménard
01:00:00m'interrogeait
01:00:01sur les efforts
01:00:01déjà engagés
01:00:02dans le cadre
01:00:03de l'EPA
01:00:04on ne dénie pas
01:00:06qu'il y a eu
01:00:06des efforts d'engagés
01:00:07puisqu'on revient
01:00:08sur le déroulé
01:00:09justement des EPA
01:00:111, 2, 3
01:00:12en revanche
01:00:13nous on est là
01:00:14pour pointer
01:00:14ce qui peut être
01:00:15améliorable
01:00:16notamment le suivi
01:00:18des résultats
01:00:19de l'EPA
01:00:19est clairement
01:00:20perfectible
01:00:21puisqu'on a vu
01:00:22qu'on n'a pas
01:00:23forcément de recensement
01:00:24de tout ce qui s'est passé
01:00:25dans l'ensemble
01:00:26des établissements
01:00:26et manque aussi
01:00:27le partage
01:00:28des expériences
01:00:29qui sont menées
01:00:30dans les lycées
01:00:32agricoles
01:00:32donc je pense
01:00:33que l'outil numérique
01:00:34qu'on propose
01:00:34pour partager
01:00:35les expériences
01:00:36est bénéfique
01:00:37on a aussi pointé
01:00:39quand même
01:00:40un défaut
01:00:40c'était le statut
01:00:42du référent EPA
01:00:43statut
01:00:44qui est assez
01:00:47en fait
01:00:47qui n'est pas pérenne
01:00:50les référents EPA
01:00:51sont choisis
01:00:52s'il leur reste du temps
01:00:53dans leur emploi du temps
01:00:53tout simplement
01:00:54donc ils deviennent
01:00:55référents EPA
01:00:56et puis l'année d'après
01:00:57c'est peut-être pas le même
01:00:58donc il y a vraiment
01:00:58quelque chose à faire
01:00:59au niveau de ce statut
01:01:01du référent EPA
01:01:02et puis on a proposé
01:01:03également d'autres améliorations
01:01:05voilà pour madame Ménard
01:01:07tu fais la suivante
01:01:08ou
01:01:09alors pour Marie Messmer
01:01:11et puis reprendre à les autres
01:01:13donc vous parlez
01:01:14de neutralité
01:01:14dans l'enseignement
01:01:16bien évidemment
01:01:16puisqu'on a rappelé
01:01:17qu'il devait y avoir
01:01:18une liberté pédagogique
01:01:19des professeurs
01:01:20qui est respectée
01:01:20vous demandez
01:01:21comment elle peut s'appliquer
01:01:22alors si je prends
01:01:23un exemple précis
01:01:24qui a été donné
01:01:24par un professeur
01:01:25d'enseignement agricole
01:01:26c'était
01:01:26son projet
01:01:28était de montrer
01:01:29un projet de méthanisation
01:01:30donc il fait venir
01:01:31des acteurs
01:01:32qui ont mené
01:01:33à bien un projet
01:01:34de méthaniseur
01:01:36il travaille
01:01:37avec la préfecture
01:01:38du département
01:01:39le projet est présenté
01:01:41et puis parce que
01:01:41c'est un sujet
01:01:42socialement sensible
01:01:44sociétalement sensible
01:01:45il fait venir également
01:01:47une association
01:01:47qui milite
01:01:48contre
01:01:48les méthaniseurs
01:01:50c'est tout simplement
01:01:51pour montrer
01:01:52aux futurs
01:01:54agriculteurs
01:01:55qui peuvent être
01:01:55confrontés
01:01:56à des difficultés
01:01:57dans le cadre
01:01:57des projets
01:01:58qu'ils veulent bien mener
01:01:59bien évidemment
01:02:00le professeur
01:02:01avait eu des remarques
01:02:01de parents
01:02:02nous avons rappelé
01:02:03que le professeur
01:02:05doit garder
01:02:05cette liberté pédagogique
01:02:06une forme
01:02:07de neutralité
01:02:09dans ce qu'il présente
01:02:10pour que
01:02:11les agriculteurs
01:02:12aient bien conscience
01:02:13de ce à quoi
01:02:14ils se préparent
01:02:15nous sommes
01:02:15dans une société
01:02:16où les agriculteurs
01:02:18font l'objet
01:02:18d'agribashing
01:02:19on ne peut l'ignorer
01:02:21et donc il est bien évident
01:02:22que les professeurs
01:02:23doivent pouvoir
01:02:24présenter
01:02:25ce qu'est la réalité
01:02:27du terrain
01:02:27et puis
01:02:28vous parlez également
01:02:30des solutions
01:02:31techniques
01:02:32qui ne doivent pas
01:02:33devenir la norme
01:02:34alors quand même
01:02:35les ceintures
01:02:36pour vélage
01:02:36le ciblage
01:02:37des intrants
01:02:38les robots de traite
01:02:40ont bien amélioré
01:02:40les conditions de travail
01:02:41des agriculteurs
01:02:42donc on ne peut pas
01:02:43se passer du progrès
01:02:45tout simplement
01:02:45technique
01:02:46maintenant
01:02:47c'est vrai que
01:02:48les agriculteurs
01:02:48sur le terrain
01:02:49nous rappellent
01:02:49qu'il ne faut pas
01:02:50non plus oublier
01:02:50qu'il y a des savoirs
01:02:51zootechniques de base
01:02:52qu'il faut toujours
01:02:53observer les animaux
01:02:55plutôt que de recourir
01:02:56immédiatement
01:02:56à la technologie
01:02:58c'est un sujet
01:02:59auquel les futurs
01:03:00agriculteurs
01:03:01sont bien initiés
01:03:03alors pour
01:03:03Florent Joubert
01:03:06sur la dévalorisation
01:03:07de l'enseignement
01:03:09lié aux difficultés
01:03:10de la filière
01:03:10c'est un fait
01:03:11c'est vrai que l'enseignement
01:03:12agricole a souvent été
01:03:13perçu comme la deuxième voie
01:03:15une voie un peu de garage
01:03:16il s'avère que par les chiffres
01:03:18de réussite dans l'enseignement
01:03:19agricole
01:03:20du taux d'insertion
01:03:21il y a aussi un modèle
01:03:22qui peut être proposé
01:03:24par les établissements privés
01:03:25avec des internats
01:03:26un travail directement
01:03:27dans les exploitations
01:03:28je pense que l'enseignement
01:03:30agricole peut devenir
01:03:31plus attractif
01:03:32mais évidemment
01:03:33la rémunération
01:03:33de l'agriculteur
01:03:34son statut
01:03:35ce qu'il touchera
01:03:37à sa retraite
01:03:37ça a un rôle fondamental
01:03:39dans la vision
01:03:40qu'on a
01:03:41du métier d'agriculteur
01:03:42et donc c'est vrai
01:03:43qu'on doit travailler
01:03:44à tous valoriser
01:03:45l'enseignement agricole
01:03:46parce qu'on a
01:03:47impérativement besoin
01:03:48d'avoir des producteurs
01:03:49dans les exploitations
01:03:50c'était un des axes forts
01:03:52de notre message
01:03:53ce matin je crois
01:03:54et puis
01:03:55a été abordé
01:03:56l'histoire
01:03:57de l'agriculture biologique
01:03:58qui serait le seul sujet
01:03:59abordé
01:04:00non pas du tout
01:04:00parce que l'EPA
01:04:01regroupe des choses
01:04:02comme la rotation des cultures
01:04:04c'est vrai
01:04:04la conservation des sols
01:04:06mais il y a aussi
01:04:06le SMI directe
01:04:07l'agroforesterie
01:04:08le fait d'utiliser
01:04:09moins d'intrants
01:04:09de protéger
01:04:11les réserves en eau
01:04:12c'est bien plus large
01:04:13que l'agriculture biologique
01:04:14qui pour rappel
01:04:15fait l'objet
01:04:16d'interrogations
01:04:18l'agriculture biologique
01:04:20est en crise
01:04:20depuis l'après-Covid
01:04:22avec moins de volume
01:04:25tout simplement
01:04:25de vente
01:04:26une baisse
01:04:27aussi des surfaces
01:04:28au moins une restriction
01:04:29des surfaces
01:04:30après-Covid
01:04:31il y a des prospectives
01:04:33qui sont faites par l'Etat
01:04:34pour savoir
01:04:34quel est l'avenir
01:04:35de l'agriculture biologique
01:04:36je tiens à préciser
01:04:38d'ailleurs
01:04:38qu'il y a un scénario
01:04:39qui prévoit
01:04:40que l'agriculture biologique
01:04:41ne serait pas forcément
01:04:42l'agriculture de demain
01:04:42parce que si le consommateur
01:04:44ne joue pas le jeu
01:04:44et bien on ne peut pas avoir
01:04:46d'agriculture biologique
01:04:47par contre il y a un autre scénario
01:04:48qui prévoit
01:04:49l'agriculture biologique
01:04:50en plein boom
01:04:51en 2040
01:04:53sauf que dans ce cas-là
01:04:54la prospective prévoit
01:04:55que la part
01:04:57que le consommateur
01:04:58consacre à son alimentation
01:04:59passerait de 15 à 25%
01:05:01de ses revenus mensuels
01:05:03donc on voit bien
01:05:03que l'enjeu
01:05:04de ce que va choisir
01:05:05le consommateur
01:05:06il est crucial
01:05:06par rapport
01:05:07à cette agriculture biologique
01:05:08alors pour Delphine Lingemann
01:05:11vous avez abordé
01:05:11beaucoup de sujets
01:05:12difficile de revenir sur tous
01:05:14vous avez notamment
01:05:16insisté
01:05:18sur le fait
01:05:19que l'enseignement agricole
01:05:20doivent s'adapter
01:05:21aux jeunes
01:05:22effectivement
01:05:22qui sont non issus
01:05:23du milieu agricole
01:05:24c'est un enjeu fondamental
01:05:25c'est peut-être
01:05:28une prise en charge
01:05:29adaptée évidemment
01:05:31à ces jeunes
01:05:31qui n'ont pas
01:05:32comme j'ai pu l'avoir
01:05:33une connaissance
01:05:34par le fait
01:05:37de voir les choses
01:05:38c'est quelque chose
01:05:39qui est très spécifique
01:05:41aux fermes
01:05:42en fait
01:05:42on apprend
01:05:43sur le tas
01:05:44et c'est quelque chose
01:05:46c'est vrai que moi
01:05:47j'ai grandi
01:05:47avec des agriculteurs
01:05:48qui disaient
01:05:49tu vois
01:05:50tu fais
01:05:50c'est tout simple
01:05:52ça s'apprend en fait
01:05:52en voyant les choses
01:05:54donc celui qui est non issu
01:05:55du milieu agricole
01:05:55il part avec quelque part
01:05:56un handicap
01:05:57mais cela est rattrapé
01:05:58par effectivement
01:05:59l'enseignement agricole
01:06:00qui a bien conscience
01:06:01de cet enjeu
01:06:02d'accompagner les jeunes
01:06:03et puis évidemment
01:06:04vous avez parlé
01:06:04de comment vivre dignement
01:06:06en ayant un revenu
01:06:07là encore
01:06:08je crois
01:06:09que c'est la société entière
01:06:11qui doit prendre conscience
01:06:12que si on veut
01:06:13un revenu dans les fermes
01:06:14il faut aussi
01:06:15y mettre
01:06:15l'argent
01:06:16dans l'assiette
01:06:18parce que c'est ça
01:06:18qui conditionne
01:06:19le revenu
01:06:20de l'agriculteur
01:06:21voilà
01:06:22ce que j'ai à dire
01:06:23pour ça
01:06:23alors maintenant
01:06:24Nicole Sanker
01:06:25pour l'IOT
01:06:27évidemment
01:06:28vous avez parlé
01:06:29de l'enseignement agricole
01:06:30qui doit prendre
01:06:31une place
01:06:31dans le développement
01:06:32du territoire
01:06:34évidemment
01:06:34il doit y avoir
01:06:35une adéquation
01:06:36entre la formation
01:06:37et les débouchés
01:06:38l'enjeu de souveraineté
01:06:39alimentaire
01:06:40et capitale
01:06:41sur certains territoires
01:06:42on vous rejoint
01:06:42parfaitement
01:06:43dans cette optique
01:06:45normalement
01:06:45les lycées agricoles
01:06:46travaillent vraiment
01:06:47avec l'écosystème
01:06:48local
01:06:49donc c'est bien
01:06:50évidemment
01:06:51dans votre territoire
01:06:53et dans d'autres
01:06:54ils doivent évidemment
01:06:55développer des filières
01:06:56qui sont en lien direct
01:06:57avec les territoires
01:06:58ça se fait très bien
01:06:59je pense à mon département
01:07:00où la filière hippique
01:07:01est très présente
01:07:02puisqu'on a un écosystème
01:07:04de course
01:07:05d'hippodrome
01:07:06etc
01:07:06donc je suppose
01:07:08que ça se fait partout
01:07:09mais c'est évidemment
01:07:10un axe très important
01:07:13et puis
01:07:14je vais répondre aussi
01:07:16à madame Melchior
01:07:17qui a évoqué
01:07:19dans sa question
01:07:19le sujet
01:07:20de la féminisation
01:07:21c'est un sujet
01:07:22fondamental
01:07:23alors on a demandé
01:07:24un petit rajout
01:07:25dans le rapport
01:07:26qui concerne
01:07:27l'enseignement agricole
01:07:28côté femmes
01:07:29parce qu'en fait
01:07:29pendant longtemps
01:07:30les femmes
01:07:31elles étaient complètement
01:07:31exclues
01:07:32de l'enseignement agricole
01:07:33dans les années 60
01:07:33elles n'avaient pas
01:07:34accès aux lycées agricoles
01:07:35ou aux maisons familiales rurales
01:07:37mais à ce qu'on appelle
01:07:38les écoles ménagères
01:07:39moi j'ai une maman
01:07:40qui a un brevet
01:07:41d'études ménagères
01:07:42elle en est très fière
01:07:43mais c'était
01:07:44tout simplement
01:07:44une formation
01:07:45pour apprendre
01:07:46à être une bonne épouse
01:07:46cuisine, couture,
01:07:48soins des animaux
01:07:49etc
01:07:49bon depuis
01:07:50ça a bien progressé
01:07:53et on a des chiffres
01:07:54qui sont quand même
01:07:54encourageants
01:07:55alors en 2022
01:07:56par exemple
01:07:56les femmes représentent
01:07:5738,6%
01:07:59des salariés agricoles
01:08:00donc près de
01:08:0140% des salariés
01:08:0326,7%
01:08:04de l'ensemble
01:08:04des non salariés
01:08:05du régime agricole
01:08:07donc il y a
01:08:07120 000 femmes
01:08:08à la tête
01:08:09d'une exploitation
01:08:11c'est un chiffre
01:08:12qui stagne
01:08:12malheureusement
01:08:13depuis 10 ans
01:08:14et on s'aperçoit
01:08:16qu'elles vont prendre
01:08:17des fermes
01:08:17un peu plus tard
01:08:18que les hommes
01:08:19parce qu'elles ont
01:08:20en moyenne d'âge
01:08:21les femmes qui tiennent
01:08:22une exploitation
01:08:2251,7 ans
01:08:24contre 49 ans
01:08:25pour les hommes
01:08:25parce que traditionnellement
01:08:27elles prennent
01:08:27l'exploitation
01:08:28comme chef
01:08:29d'exploitation
01:08:30quand le mari
01:08:31arrive à la retraite
01:08:32donc ça explique
01:08:33cette tâche tardive
01:08:34enfin bref
01:08:35elles sont un tiers
01:08:35des nouvelles installées
01:08:36donc il faut vraiment
01:08:37être vigilante
01:08:38à leur place
01:08:39et je le rappelle
01:08:40notamment quand je vais
01:08:40dans les lycées agricoles
01:08:42parce qu'on s'aperçoit
01:08:42que les femmes
01:08:43ont parfois plus de mal
01:08:44à prendre la parole
01:08:45prendre leur place
01:08:46je l'ai vu aussi
01:08:47à un forum
01:08:48sur l'agriculture
01:08:49il n'y a pas longtemps
01:08:49pendant une heure et demie
01:08:50il n'y avait pas une femme
01:08:51qui parlait au micro
01:08:52et je trouvais que devant
01:08:53des futures agricultrices
01:08:55c'était quand même
01:08:56un peu dommage
01:08:57donc c'est vrai
01:08:57qu'il faut donner
01:08:58toute leur place
01:08:58aux femmes
01:09:04il faut laisser le temps
01:09:06à ce que ça infusque
01:09:07on a changé d'époque
01:09:08et c'est très heureux
01:09:10si vous permettez
01:09:11je vais essayer
01:09:12de balayer thématiquement
01:09:13les choses
01:09:14pour ne pas répondre
01:09:16de façon nominative
01:09:16parce que les questions
01:09:17sont transversales
01:09:18et je sais qu'elles sont
01:09:19dans l'esprit
01:09:19de tous les groupes
01:09:21mais tout de même
01:09:22dire que
01:09:24l'enseignement agricole
01:09:26n'échappe pas
01:09:27à la façon
01:09:27dont s'est structuré
01:09:28l'enseignement en général
01:09:29oui la France
01:09:31d'une façon structurelle
01:09:32met entre guillemets
01:09:34les mauvais élèves
01:09:34dans les filières professionnelles
01:09:35les bons élèves
01:09:36étant destinés
01:09:37aux filières générales
01:09:38nous héritons
01:09:39d'un système
01:09:40nous héritons
01:09:40ça veut pas dire
01:09:41qu'on ne peut pas le changer
01:09:42dans lequel on a séparé
01:09:43la tête et les mains
01:09:44et aujourd'hui
01:09:45nous voyons bien
01:09:46que face au changement climatique
01:09:47face aux questions genre
01:09:48que vient d'aborder
01:09:49j'arrête de bagner
01:09:50et je souscris pleinement
01:09:51à ce qu'elle vient
01:09:51évidemment d'annoncer
01:09:53nous avons effectivement
01:09:55une école
01:09:56qui doit aujourd'hui
01:09:57rassembler cela
01:09:59le lycée est au cœur
01:10:00de cela
01:10:00avoir des lycées
01:10:01d'un côté généraux
01:10:04et des lycées professionnels
01:10:06dont la vocation
01:10:07dont la vocation
01:10:07n'est pas de former
01:10:07des républicains
01:10:08ou des citoyens
01:10:08mais des travailleurs
01:10:10et bien c'est peut-être
01:10:11une vision qui a vécu
01:10:12c'est une vision qui a vécu
01:10:14si nous voulons affronter l'avenir
01:10:15nous pouvons continuer
01:10:16à faire cela
01:10:16mais nous allons au devant
01:10:18de grandes difficultés
01:10:19il me semble
01:10:21nous avons beaucoup aujourd'hui
01:10:24d'élèves
01:10:24d'enseignants
01:10:25de citoyens
01:10:26de citoyens
01:10:26et celles et ceux
01:10:27qui à travers tous les bancs
01:10:28d'ailleurs s'intéressent
01:10:29à ces questions là
01:10:29qui remettent en question
01:10:32ce fonctionnement
01:10:32et c'est heureux
01:10:34parce que le lycée agricole
01:10:35pour le coup
01:10:36est au cœur
01:10:36de ce changement
01:10:37pourquoi ?
01:10:38parce que la France
01:10:39est un pays
01:10:39dans lequel la terre
01:10:41est quelque chose de central
01:10:43je prendais des exemples
01:10:44un peu à l'étranger
01:10:45sur les choix de société
01:10:46auxquels fait référence
01:10:47Géraldine Manier
01:10:47moi je suis originaire
01:10:48d'un pays sud-américain
01:10:49qui s'appelle le Chili
01:10:50et le Chili a fait le choix
01:10:53comme la France
01:10:53d'installer des data centers
01:10:55et il y en a un
01:10:56qui s'est installé
01:10:57dans la banlieue de Santiago
01:10:59les data centers
01:11:00nécessitent
01:11:00une très grande consommation d'eau
01:11:02tout le monde le sait
01:11:03le résultat
01:11:04c'est que tous
01:11:05les paysans
01:11:06les agriculteurs
01:11:07et les éleveurs
01:11:07qui étaient autour
01:11:08des data centers
01:11:08sont en crise
01:11:09parce que
01:11:10les data centers
01:11:11ont l'autorisation légale
01:11:12de pomper l'eau
01:11:13des rivières
01:11:14pour refroidir
01:11:15les data centers
01:11:16aux dépens
01:11:17du monde paysan
01:11:17ce qui veut dire
01:11:18que toutes ces régions
01:11:19tout cet espace
01:11:20territorial
01:11:21qui n'est pas des moindres
01:11:23était producteur
01:11:24en denrées alimentaires
01:11:25et bien
01:11:26va certainement disparaître
01:11:28donc nous sommes
01:11:29nous aussi
01:11:29au cœur
01:11:30de ces choix là
01:11:31parce que
01:11:32le changement
01:11:32qui s'impose
01:11:34au lycée agricole
01:11:35ce n'est pas
01:11:36le législateur
01:11:37qui le détermine
01:11:38c'est le changement
01:11:39climatique
01:11:40oui
01:11:41dans le sud
01:11:41de la France
01:11:42nous allons
01:11:43très certainement
01:11:43devoir produire
01:11:44autre chose
01:11:45que ce que nous
01:11:46produisions jusqu'à présent
01:11:47et d'ailleurs
01:11:48le monde paysan
01:11:49ne s'y est pas trompé
01:11:50il y a beaucoup
01:11:51d'agriculteurs
01:11:51d'agricultistes
01:11:52d'éleveurs
01:11:52et d'éleveuses
01:11:53qui changent
01:11:54soit
01:11:54les bêtes
01:11:56qu'ils exploitent
01:11:57soit
01:11:58les produits
01:11:59qu'ils produisent
01:12:01parce que
01:12:02simplement
01:12:02le climat
01:12:03ne permet plus
01:12:04de continuer
01:12:04à le faire
01:12:05donc quand nous
01:12:06produisons du maïs
01:12:07dans des endroits
01:12:08où il n'y a pas
01:12:09assez d'eau
01:12:09pour le faire
01:12:10quand nous produisons
01:12:12des bovins
01:12:14qui ne sont plus
01:12:15dans les prés
01:12:16parce que quand on pose
01:12:17la question de la traite
01:12:18des vaches
01:12:19oui c'est vrai
01:12:19ça améliore les conditions
01:12:21de vie des paysans
01:12:22pour les vaches
01:12:22je ne sais pas
01:12:24pourquoi je dis ça
01:12:25parce que
01:12:25les nouveaux élèves
01:12:27qui arrivent
01:12:27eux sont conscients
01:12:29des enjeux
01:12:29par rapport
01:12:30à la souffrance animale
01:12:31et ils n'opposent pas
01:12:33contrairement
01:12:33à ce qu'on peut entendre
01:12:34leurs conditions de vie
01:12:36à l'introduction
01:12:38des nouvelles technologies
01:12:38en préservant
01:12:40aussi
01:12:40la condition animale
01:12:41parce qu'il n'est pas acceptable
01:12:42d'ailleurs
01:12:43le consommateur
01:12:44n'accepte pas
01:12:44qu'on exploite
01:12:46des animaux
01:12:46qui font souffrir
01:12:48du vivant
01:12:50et là nous avons
01:12:51un problème
01:12:52et Géraldine le dit
01:12:53très clairement
01:12:54c'est que
01:12:54tout ça c'est un coût
01:12:56oui le coût
01:12:57n'est pas le même
01:12:57quand on ne produit pas
01:12:59de façon intensive
01:13:00et que nous produisons
01:13:01de façon à respecter
01:13:02l'environnement
01:13:03quand nous respectons
01:13:04la denrée
01:13:04qui est l'eau
01:13:05quand nous respectons
01:13:06le changement
01:13:06quand nous respectons
01:13:07les animaux
01:13:08que nous mangeons
01:13:09donc oui
01:13:09c'est un changement
01:13:10sociétal qui incombe
01:13:12et sur ce que
01:13:13sur ce que disait
01:13:14le collègue du Perret
01:13:15oui vous avez raison
01:13:16mais le rapport
01:13:17n'oppose pas
01:13:18le monde paysanien
01:13:19au contraire
01:13:20ce qu'il dit
01:13:21c'est que
01:13:22dans la chaîne de valeur
01:13:23il n'est pas normal
01:13:24que ce soit
01:13:26l'industrie
01:13:27de la transformation
01:13:28pour ne pas la nommer
01:13:30ou de l'agro-industrie
01:13:30pour être plus général
01:13:32qui prennent
01:13:33et qui captent
01:13:34la valeur du travail
01:13:34des paysans
01:13:35et des éleveurs
01:13:36c'est ça
01:13:37où on a un problème
01:13:37mais vous savez
01:13:38cette question
01:13:38ne se pose pas seulement
01:13:39dans le monde agricole
01:13:40elle se pose
01:13:41d'une façon générale
01:13:41dans la société
01:13:42c'est qu'aujourd'hui
01:13:43il y a des gens
01:13:43qui travaillent
01:13:44mais qui n'arrivent pas
01:13:45à vivre
01:13:45de leur travail
01:13:48donc voyez
01:13:49ces exemples-là
01:13:50pour ne pas être plus long
01:13:51monsieur le président
01:13:51je me rends compte
01:13:52que je suis un petit peu long
01:13:53c'est que ce changement
01:13:54est là
01:13:55les élèves sont
01:13:56sur ce changement-là
01:13:57et donc à partir de là
01:13:58pour conclure là-dessus
01:13:59sur ce que disait
01:14:00monsieur Rouy
01:14:00ça doit se traduire
01:14:01dans les conseils
01:14:02d'administration
01:14:02qu'on soit dans un lycée général
01:14:04professionnel
01:14:05ou ici agricole
01:14:06la composition
01:14:07d'un conseil d'administration
01:14:09détermine aussi
01:14:10la façon
01:14:11dont l'écosystème
01:14:12se met en place
01:14:13et pour vous rassurer
01:14:14il n'y a pas
01:14:15de politisation
01:14:16de cela
01:14:16le seul espace
01:14:17dans lequel il y a
01:14:18une représentation politique
01:14:19dans le cadre éducatif
01:14:21s'appelle le conseil
01:14:21support des programmes
01:14:22et d'ailleurs
01:14:23votre sensibilité politique
01:14:24est majoritaire
01:14:25la question ce n'est pas
01:14:26de poser
01:14:26des injonctions dogmatiques
01:14:29d'y mener une bataille
01:14:30idéologique
01:14:31c'est de faire en sorte
01:14:32que la représentation nationale
01:14:33qu'elle soit sénatoriale
01:14:34ou députée
01:14:35dans le cadre du conseil
01:14:36support des programmes
01:14:36se fasse dans l'intérêt
01:14:37des élèves
01:14:38dans l'intérêt du pays
01:14:38et non pas pour défendre
01:14:39des précarés
01:14:40il me semble que
01:14:41malgré la question
01:14:42des lobbies
01:14:42qui sont une réalité
01:14:43malgré la question
01:14:44des pressions idéologiques
01:14:46qui sont une réalité
01:14:46dans les conseils
01:14:47d'administration
01:14:47il me semble que
01:14:48les lycées agricoles
01:14:50résistent assez bien
01:14:50parce que la réalité
01:14:51du changement climatique
01:14:52notamment s'impose
01:14:54et la rareté des ressources
01:14:55s'impose de toute façon
01:14:56à la fin
01:14:56parce que comme le disait
01:14:57Géraldine
01:14:57ce sera le moment de la fin
01:14:59on produit l'alimentation
01:15:00on produit la façon
01:15:01dont nous y vont
01:15:02on y produit un mode de vie
01:15:03et que cela doit nous déterminer
01:15:05les uns les autres
01:15:05à travers des préconisations
01:15:06qui sont faites
01:15:07et qui me semble balayent
01:15:08en tout cas
01:15:09sur de nature
01:15:09à rassurer
01:15:10les différentes interventions
01:15:10qui ont eu lieu
01:15:11je vous remercie
01:15:13merci madame Bagné
01:15:14oui un ajout peut-être
01:15:15à faire sur la question
01:15:16de la réticence des jeunes
01:15:18dans les lycées agricoles
01:15:19je crois qu'elle est liée
01:15:20aussi à la question
01:15:20de la rentabilité
01:15:21qui a été soulevée
01:15:22par monsieur Bertrand Sors
01:15:23c'est à dire que
01:15:24dès qu'on va changer
01:15:26le fonctionnement
01:15:27d'un système
01:15:27sur une exploitation
01:15:29il y a un risque
01:15:30pour le producteur
01:15:31il y a un risque
01:15:32pour l'exploitant
01:15:33or si ce risque
01:15:34n'est pas accompagné
01:15:35par la puissance publique
01:15:36évidemment le jeune
01:15:37ne va pas avoir envie
01:15:38d'appliquer
01:15:39ou d'essayer quelque chose
01:15:40qui peut ne pas marcher
01:15:41alors que le système
01:15:42qu'il a en place
01:15:43fonctionne
01:15:43c'est ce qui nous a
01:15:45souvent été dit
01:15:45donc l'accompagnement
01:15:47du risque
01:15:47il doit se faire
01:15:48à la fois dans les exploitations
01:15:49pédagogiques
01:15:50de démonstration
01:15:51des lycées
01:15:51puisque là
01:15:52parfois il faut investir
01:15:54pour avoir du matériel
01:15:56d'expérimentation
01:15:57il y a un surcoût
01:15:58pédagogique lié
01:15:59à ces tentatives
01:15:59d'expérimentation
01:16:00il faut que ce surcoût
01:16:01soit pris en charge
01:16:02par les régions
01:16:03et dans les exploitations
01:16:05il faut évidemment
01:16:05qu'il y ait une prise
01:16:06un accompagnement
01:16:08de la prise de risque
01:16:09de l'exploitant agricole
01:16:11notamment lorsqu'il va investir
01:16:13sur un agroéquipement
01:16:14alors on sait que parfois
01:16:15quand on aide
01:16:16par des subventions
01:16:17l'acquisition d'agroéquipement
01:16:19les prix augmentent
01:16:20donc il y a peut-être
01:16:21quelque chose à réguler
01:16:22à ce niveau-là
01:16:22mais en tout cas
01:16:23il faut que
01:16:24si l'agriculteur
01:16:25a un changement de système
01:16:26il a une perte de production
01:16:28il faut qu'il soit accompagné
01:16:29sinon il ne va pas avoir envie
01:16:30d'essayer le changement
01:16:32c'est un sujet fondamental
01:16:33je me souviens
01:16:34pour donner un exemple
01:16:35très précis
01:16:36il y a quelques années
01:16:37d'un changement d'alimentation
01:16:38sur un système intégré
01:16:40dans un poulailler
01:16:41l'alimentation passait
01:16:42d'une alimentation
01:16:43qui contenait des farines animales
01:16:45à une alimentation végétale
01:16:47c'est assez logique
01:16:48c'était au moment
01:16:48de la crise de la dioxine
01:16:49sauf que évidemment
01:16:51la perte était considérable
01:16:52en termes de production
01:16:53les poulets ne grossissaient
01:16:54beaucoup moins
01:16:54énorme perte de production
01:16:56énorme perte de revenus
01:16:58tout simplement
01:16:59pour l'agriculteur
01:17:00qui prend en charge
01:17:01donc c'est un des exemples
01:17:02que je voulais vous donner
01:17:03très précis
01:17:03puis un exemple
01:17:04qui était peut-être
01:17:06dans notre rapport
01:17:06je terminerai là-dessus
01:17:07mais pour dire que
01:17:08vraiment l'agroalimentaire
01:17:09doit aussi jouer son rôle
01:17:10c'est un agriculteur
01:17:11qui nous explique
01:17:12qu'il y a une variété
01:17:13de pommes
01:17:13qui est en ce moment
01:17:14en vente
01:17:14elle est très belle
01:17:15magnifique
01:17:15sauf qu'elle est très fragile
01:17:17cette pomme
01:17:17et qu'elle nécessite
01:17:18des traitements phyto
01:17:19beaucoup de traitements phyto
01:17:20il y a quelques années
01:17:21on avait une autre pomme
01:17:22qui était peut-être
01:17:23moins jolie
01:17:24mais alors
01:17:24qui avait nécessité
01:17:26beaucoup moins
01:17:26de produits phyto
01:17:27comment se fait-il
01:17:28qu'on ait sur le marché
01:17:29une pomme très belle
01:17:31mais qui soit fragile
01:17:32et la même question
01:17:33se pose quand on voit
01:17:34nos jeunes devant
01:17:35les restaurants croustilles
01:17:37très bien
01:17:38ils adorent
01:17:38mais sauf que la viande
01:17:40vient de Pologne
01:17:40ou de Roumanie
01:17:41il y avait un reportage
01:17:42sur France 2
01:17:42il y a quelques jours
01:17:43j'étais très heureuse
01:17:44parce que c'est la première fois
01:17:45que je voyais un poulailler
01:17:46à l'écran
01:17:47un vrai poulailler
01:17:47qui montrait qu'en France
01:17:48aussi on a des normes
01:17:49c'est pas plus de 30 000 poulets
01:17:51dans un poulailler
01:17:52en Pologne
01:17:52c'est pas tout à fait
01:17:53la même chose
01:17:54je pense qu'il faut éduquer
01:17:55le consommateur
01:17:56voilà
01:17:58merci beaucoup
01:17:59chers collègues
01:18:00pour cette présentation
01:18:01pour les échanges
01:18:02je pense qu'on peut
01:18:03vous féliciter
01:18:04pour votre travail
01:18:05cette communication
01:18:06sera mise en ligne
01:18:06sur la page de la mission
01:18:08je voudrais simplement
01:18:09vous rappeler
01:18:10que nous nous retrouvons
01:18:11mardi 23 juin
01:18:12à 16h30
01:18:13pour l'audition
01:18:14de monsieur Christophe Leribaud
01:18:15le nouveau président
01:18:16du musée du Louvre
01:18:17nous étudierons ensuite
01:18:18les articles 88
01:18:19des amendements
01:18:20sur les deux
01:18:20propositions de loi
01:18:21inscrites à l'ordre du jour
01:18:22la journée UDR
01:18:23le lendemain
01:18:24le 24 juin
01:18:26à 9h30
01:18:27nous nous retrouvons
01:18:27pour une table ronde
01:18:28sur le thème
01:18:28diriger un établissement
01:18:29scolaire en 2026
01:18:30difficultés et perspectives
01:18:32elle nous permettra
01:18:33d'entendre les représentants
01:18:34des syndicats représentatifs
01:18:35des chefs d'établissement
01:18:36du second degré
01:18:37et avant de vous souhaiter
01:18:39une très bonne journée
01:18:40je rappelle simplement
01:18:41pour les personnes concernées
01:18:43que nous avons
01:18:44une réunion de bureau
01:18:44dans la foulée
01:18:45merci beaucoup
01:18:54merci beaucoup
Commentaires