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Moselle Info, le journal du mardi 16 juin 2026 - partie 2
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00:05Vous êtes sur Moselle TV, bienvenue, voici ce qu'il faut retenir ce mardi.
00:09A Rédange, près de 250 tonnes de déchets sauvages déposés illégalement depuis 2019
00:14s'amassent toujours sur un ancien site minier.
00:17Dans la nuit du 13 au 14 juin, un incendie s'est déclaré sur la décharge en marge des feux
00:21de la Saint-Jean.
00:22Le maire évoque une origine vraisemblablement criminelle
00:25et réclame toujours une solution pour nettoyer ce site devenu un réel danger.
00:30Dans l'actualité également, Donald Trump menace d'imposer 100% de droits de douane sur les vins français
00:36si la France ne supprime pas sa taxe sur les services numériques.
00:39Une annonce qui inquiète la filière viticole.
00:42Dans le Grand Est, le président de région, Franck Leroy, dénonce des viticulteurs pris en otage
00:47dans un conflit commercial qui les dépasse.
00:49Selon lui, cette mesure pénaliserait aussi les consommateurs américains.
00:53Championnes d'Europe depuis une semaine, les dragonnes de messe en balle
00:56réclament toujours leur place dans la lumière.
00:58Premier club français à remporter la Ligue des champions.
01:01Elles n'ont pourtant pas été reçues à l'Elysée.
01:03Une absence de reconnaissance qui fait réagir.
01:05Une pétition adressée à Emmanuel Macron demande un traitement équitable du sport féminin.
01:10En quelques jours, elle a déjà dépassé les 5000 signatures.
01:17Après le meurtre de la jeune Eliane à 11 ans et la révélation de possibles dysfonctionnements
01:22dans le traitement de précédentes plaintes visant le suspect,
01:25Gérald Darmanin a demandé le réexamen de l'ensemble des procédures
01:29concernant des violences sexuelles commises sur des mineurs.
01:32A l'échelle nationale, près de 70 000 dossiers sont concernés, dont environ 700 en Moselle.
01:37Pour en parler, Luc Roar, délégué départemental UNSA Police Moselle est avec nous en visio.
01:43Bonsoir.
01:44Bonsoir.
01:44Donc concrètement, que représentent, pour les services de police Moselland,
01:50environ 700 plaintes dans un délai au secours ?
01:52Donc 700 plaintes à réexaminer.
01:54Alors 700 plaintes à réexaminer, en plus des dossiers qui sont courants,
02:00qui sont toujours en route, la date nous semble très courte.
02:06On peut constater à l'heure actuelle qu'on priorise malheureusement tout.
02:10Tout est une priorité, donc une priorité de plus.
02:14Alors c'est effectivement quelque chose qui est très important,
02:16mais à l'heure actuelle, nos collègues enquêteurs dans les différents SCPJ de Moselle
02:20sont noyés par la masse de procédures qui arrivent au quotidien.
02:25Pour vous donner un exemple, en fait, il y a plus de procédures,
02:27plus de plaintes qui rentrent que de dossiers qui sortent.
02:30Problème d'effectifs, bien évidemment.
02:32Problème également de la procédure pénale qui est très lourde.
02:38Donc au niveau de l'UNSA Police, nous on réclame une simplification de la procédure pénale
02:44justement pour qu'on ait une rapidité plus importante pour travailler sur le fond des enquêtes
02:50et pas justement faire que de la paperasse pour faire de la paperasse,
02:54mais vraiment avoir le cœur de métier, c'est-à-dire investiguer.
02:59Donc aujourd'hui, cette demande du ministre n'est tout simplement pas réalisable dans les faits ?
03:06Au niveau des SCPJ de Moselle, on sait très bien que nos collègues vont faire de leur mieux
03:13avec les moyens qu'ils ont.
03:14Donc je pense effectivement que le délai me semble court.
03:19Comment ces dossiers vont-ils être passés en revue ?
03:22Est-ce que vous pouvez nous expliquer quels critères peut-être permettront
03:25d'identifier les situations les plus urgentes ?
03:28Alors je pense que ça, ça va être un lien avec les magistrats, faire un état complet
03:33des procédures qui sont en attente et voir les directions pénales que chaque magistrat veut prendre.
03:43On ne va pas nous juger seulement de l'importance et de la priorité de certaines procédures,
03:50on va, je pense, en commun travailler avec les magistrats.
03:53– Donc vous avez évoqué tout à l'heure une surcharge de travail.
03:57Est-ce que les effectifs actuels sont-ils suffisants pour mener cette mission à bien ?
04:02– Alors malheureusement, dans les SLPJ, pas qu'en Moselle, on a un manque d'effectifs cruels.
04:11Tout ce qui était investigation avant était, comment dire, fait demander,
04:18alors que maintenant, effectivement, manque d'activité.
04:22Le manque d'attractivité, la surcharge de travail, la surcharge mentale également,
04:26puisque, je veux dire, on travaille avec des humains en face,
04:29avec des délits et des crimes plus ou moins impactants.
04:33Donc tout ça fait en sorte que les gens ne veulent plus venir dans les services d'enquête.
04:39– Vous avez évoqué tout à l'heure le fait qu'il y avait plus de dossiers qui sortent finalement
04:45que l'inverse.
04:46Est-ce que vous, après cette affaire, Liana, vous redoublez de vigilance ?
04:50– Alors la vigilance, on ne redouble pas de vigilance.
04:53La vigilance, on l'a toujours eu. La difficulté là-dedans, c'est justement de pouvoir travailler correctement sur des
05:01procédures
05:01et de pouvoir apporter une réponse à chaque plaignant dans un temps suffisant et un temps qui ne soit pas
05:12trop long.
05:12Malheureusement, la complexité de la procédure nous noie en plus dans un temps de rédaction, entre autres.
05:20Et puis après, il ne faut pas oublier que quand on enquête sur un crime, c'est des enquêtes de
05:26longue haleine.
05:26Il y a des expertises, des auditions, etc.
05:29– Alors quelles sont les solutions concrètes aujourd'hui pour faire face à cette situation et l'améliorer ?
05:35– Alors au niveau de l'UNSA Police, on est parti sur plusieurs axes.
05:39On a d'ailleurs rendu 50 propositions à la DGPN.
05:46C'est renforcer les effectifs des services d'enquête, simplifier la procédure pénale,
05:52développer les outils numériques, permettre aux enquêteurs de se rencentrer sur le cœur du métier,
05:56comme je vous le disais, pour vraiment qu'ils soient à investiguer et pas à faire de la paperasse.
06:02– Est-ce qu'après toujours cette affaire Léania, bien sûr, les policiers peuvent craindre une sorte de chasse aux
06:11sorcières,
06:12une forme de chasse aux sorcières, de mise en cause individuelle,
06:15alors que les difficultés sont souvent structurelles ?
06:18– Alors je pense que c'est légitime qu'après un drame qu'on vient de connaître,
06:24des vérifications soient réalisées, afin d'avancer positivement et de trouver des pistes d'amélioration.
06:31Mais néanmoins, il ne faut pas que ce contrôle devienne justement une mise en cause
06:35des différents acteurs qui travaillent, alors que ce soit les policiers ou les magistrats.
06:40Il ne faut pas oublier que nos enquêteurs, comme les magistrats,
06:44subissent une forte pression dans ce genre d'enquête.
06:48– Bien, merci beaucoup Luc Roar d'avoir répondu à nos questions sur Moselle TV.
06:52On souhaite bon courage, merci.
06:53– Merci à vous.
06:55– Et on enchaîne tout de suite avec notre rubrique politique,
06:57on va parler de la campagne à l'élection présidentielle.
07:04– Et pour en parler, Jonathan Bauchet, bonsoir Jonathan.
07:06– Bonsoir.
07:07– Dans moins d'un an, fin avril 2027, les Français seront appelés à voter
07:10pour leur nouveau président de la République.
07:12– Oui, on dit souvent qu'en France, il n'y a que deux élections qui comptent,
07:15les municipales et la présidentielle, et celle de 2027 a forcément déjà commencé.
07:20Alors officiellement, il n'y a pas de date précise pour se déclarer,
07:23mais la vieille tradition républicaine, c'est au moins un an avant.
07:26Et si on peut déjà le voir dans les conseils régionaux ou les conseils départementaux,
07:30c'est encore plus concret sur le terrain, dans les villes.
07:33Tous les cinq ans, les candidats sillonnent le pays.
07:36Alors pourquoi ? Pour aller à la rencontre des électeurs, participer à des événements
07:40ou des conférences, officiellement toujours pour un sujet précis,
07:43et la Moselle n'échappe pas à la règle.
07:46Ce week-end, par exemple, la députée insoumise Mathilde Panot était présente à Metz
07:50à l'occasion de la Marche des Fiertés, un déplacement qui s'inscrit évidemment
07:54dans l'actualité militante, notamment après la mort de Noam,
07:57mais qui permet aussi à la présidente du groupe, à l'Assemblée nationale,
08:00de préparer le terrain pour le candidat du parti, Jean-Luc Mélenchon,
08:04en évoquant les récents drames qui ont touché la France.
08:08Ce n'est pas une fatalité, c'est nourri évidemment,
08:12Charlotte Leduc en parlait par les campagnes de haine de la droite et de l'extrême droite,
08:16c'est nourri aussi par une inaction du gouvernement.
08:18L'élection présidentielle doit aussi être le moment de réaffirmer
08:21que non seulement on veut protéger nos droits,
08:25mais qu'on veut aussi conquérir de nouveaux droits,
08:27et notamment nous à la France insoumise,
08:28on porte le fait d'inscrire dans la Constitution l'autodétermination de genre,
08:33on demande à ce qu'il y ait un vrai plan d'action cadre
08:36qui donne véritablement les moyens pour lutter et arrêter qu'on soit tué en France
08:41parce que homosexuel, lesbienne ou personne transgenre,
08:45parce qu'on voit partout dans le monde que l'extrême droite s'attaque toujours
08:48aux droits des personnes LGBT, aux droits des femmes et aux droits des enfants.
08:54Voilà une campagne qui n'est pas seulement, Jonathan, destinée aux électeurs.
08:57Non, autre exemple, ce sera avec Nicolas Dupont-Aignan.
09:01Cette semaine, le président de Debout la France fait étape à Metz
09:04pour une séance de dédicace de son livre intitulé
09:06« 2027, la liberté ou la mort ».
09:08Officiellement, il vient dédicacer un ouvrage.
09:11Dans les faits, le titre du livre ne laisse aucun doute sur sa campagne,
09:14d'autant que l'autre raison très concrète à ces déplacements des candidats,
09:17ce sont les fameux 500 parrainages.
09:19Pour se présenter, un candidat doit obtenir des signatures d'élus,
09:22principalement des maires, mais aussi des parlementaires,
09:25des conseillers régionaux ou départementaux.
09:27Donc, après Metz, le candidat Debout la France, déjà déclaré,
09:31ira aussi à Molrin, où le maire, Maurice Bellot, lui avait donné sa voix en 2022.
09:35La présidentielle s'est aussi invitée la semaine dernière au Conseil régional.
09:39Lors des débats consacrés au lancement du pacte de l'industrie,
09:42le député mausélan, Laurent Jacobelli, également président du groupe RN à la région,
09:46a projeté ses interventions vers 2027,
09:49évoquant ce que ferait le RN au pouvoir.
09:54« 1245 jours, c'est le temps qu'il vous aura fallu pour prendre enfin conscience
09:58que l'Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne méritaient une stratégie industrielle.
10:03Comment prétendre vouloir réindustrialiser nos territoires lorsque, depuis des années,
10:07vous vous obstinez à mettre des boulets au pied de ceux qui créent de la richesse ?
10:11Si nous voulons réindustrialiser notre pays, recréer des emplois,
10:14nous devons commencer par desserrer les taux fiscales qui étranglent nos entreprises.
10:19C'est pourquoi, en 2027, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella,
10:22nous supprimerons les impôts de production,
10:25nous instaurerons un guichet unique pour les industriels
10:27et engagerons le chantier de la simplification pour supprimer toutes les normes néfastes. »
10:32Vous le voyez, à mesure que la présidentielle arrive,
10:34tout sujet risque de devenir national,
10:37car à l'approche d'une présidentielle, il y a toujours une deuxième lecture derrière la première.
10:40Et par le passé, être proche du terrain et se déplacer en province,
10:44est-ce que cette stratégie a fonctionné ?
10:45Alors, ce n'est pas une science exacte, forcément,
10:47mais ces déplacements et ces prises de parole, hors des plateaux télé et de Paris,
10:51ne sont pas anodins.
10:52Et là, on va regarder dans le rétro un petit peu les déplacements de Jacques Chirac,
10:55par exemple, dans les communes rurales ou sur les foires agricoles en 1995.
10:59Ça lui a permis d'être considéré comme un candidat proche du terrain,
11:02face à Edouard Balladur, qui était en tête des sondages
11:05et qui a eu une image de technocrate parisien.
11:07En 2011, François Hollande se déclare candidat pour la primaire du Parti Socialiste
11:11directement dans sa ville de Tulle, où il était l'ancien maire.
11:14Son élection se joue aussi dans les petites communes,
11:16lui qui se présente comme le candidat du peuple,
11:18notamment face à DSK, qui a été directeur général du Fonds Monétaire International.
11:21Car outre le fait de convaincre électeurs et parrains,
11:24il y a surtout l'intérêt pour rallier son propre parti.
11:27On pourrait prendre un exemple qui s'est déroulé ici, en Moselle.
11:30C'était en 1979, lors du 62e congrès du Parti Socialiste,
11:34qu'on connaît dans l'histoire sous le nom de Congrès de Metz.
11:37L'affrontement entre François Mitterrand, fragilisé par les législatifs de 1978,
11:42et Michel Rocard, incarnant une deuxième gauche,
11:45se solde par un soutien de Jean-Pierre Chevènement.
11:47Alors que Rocard était en tête des sondages,
11:49ce congrès a ouvert la voie à la candidature,
11:51puis à la victoire de Mitterrand en 1981.
11:54Au présidentiel, la conquête commence souvent à l'intérieur du parti,
11:58avant même de passer devant les électeurs.
11:59Merci beaucoup, Jonathan, pour cette chronique politique qui est très intéressante.
12:03Allez, ne bougez pas, Moselle Info reprend dans un instant.
12:06A tout de suite.
12:06Sous-titrage Société Radio-Canada
12:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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