00:00Ce matin, il est 7h45, où en sont les LR ?
00:03Le parti Les Républicains, qui était très implanté dans les Alpes-Maritimes,
00:07avec même la quasi-totalité des leviers du pouvoir, a perdu beaucoup d'influence depuis.
00:13On en parle avec l'un de ses chefs de file, conseiller municipal d'opposition à la ville de Nice,
00:18c'est Pierre-Paul Léonelli.
00:19Bonjour Pierre-Paul Léonelli.
00:20Bonjour.
00:21Michel Tabarro vient d'être réélu à la tête des Républicains dans les Alpes-Maritimes.
00:25Une élection sans grand bruit, presque aucune interview dans la presse.
00:29Les LR sont-ils encore là ?
00:31Écoutez, les LR sont encore là, même si effectivement la situation n'est pas si facile que cela.
00:37Mais ils sont encore là.
00:38Je n'en veux que pour preuve, c'est que pour l'élection de notre président Bruno Retailleau,
00:43dans les Alpes-Maritimes, nous avions à peu près 6 000 adhérents.
00:48Et qu'aujourd'hui, effectivement, nous avons 3 000 adhérents à jour de cotisation.
00:54Vous êtes sûr que c'est une preuve que les LR sont encore là ?
00:56Les adhérents vivent par deux ?
00:58C'est un signe quand même où il y a encore une activité qui n'est plus effectivement...
01:03Il y en a encore, mais il y en a deux fois moins.
01:04Oui, tout à fait.
01:05Mais vous savez, vous voulez qu'on aille voir dans les autres parties ?
01:08Voilà, c'est une réponse que je n'ai pas envie de vous faire aussi.
01:10Ce n'est pas à cela qu'on mesure l'activité.
01:13Ce qu'il y a ici, c'est que nous avons un ancien président qui a déserté les LR,
01:18qui a abandonné le navire en pleine mer.
01:20Oui, et qui est allé rejoindre une nouvelle formation qu'il a créée pour faire alliance
01:25avec le Rassemblement national.
01:27Alors, on va prendre quand même d'autres indicateurs.
01:29Aux dernières élections, les LR ont perdu Menton.
01:32Qu'à une sur-mer, Nice est tombée aux mains d'Éric Ciotti,
01:36qui est un ex-LR mais qui ne l'est plus.
01:38David Lysnard, maire de Cannes, a claqué la porte du parti.
01:41Ça, ça veut quand même dire quelque chose.
01:43Bien sûr que ça veut dire quelque chose.
01:44Il y a un malaise au LR.
01:45Moi, je ne le nie pas.
01:46D'ailleurs, aujourd'hui, le fait qu'il y ait ce malaise au LR,
01:50on le voit et on l'observe et on le constate à Nice et dans les Alpes-Maritimes.
01:55Vous venez de le décrire.
01:56Mais il n'y a pas que cela.
01:58Aujourd'hui, quand on lit, par exemple, votre confrère de la presse écrite,
02:02on se rend compte qu'il y a des positionnements de personnes
02:05qui se sont devenues, qui se sont mis en congé du parti,
02:08ou on les a mis en congé du parti, parce qu'il y a une hésitation.
02:11Non, effectivement, est-ce qu'au LR, il va y avoir un schisme
02:14et qu'une partie des militants qu'il reste vont aller d'un côté
02:19ou est-ce qu'ils vont aller du côté du socle commun ?
02:23Est-ce qu'ils vont rejoindre Éric Ciotti ou pas ?
02:25C'est ça la question.
02:25Mais bien évidemment, bien sûr que la question se pose.
02:27Éric Ciotti ou sinon aller du côté socle commun.
02:32Ou nouvelle énergie.
02:33Vous savez, nouvelle énergie, je pense que c'est une aventure personnelle
02:36de David Lysnard qui est intéressante parce qu'effectivement,
02:39il cible beaucoup sur la réforme de l'État et sur l'économie.
02:44Mais il n'en demeure pas moins que que va faire Bruno Retailleau ?
02:47C'est quand même le président de notre famille politique.
02:50Et on le voit bien, ce n'est pas encore décidé.
02:52Vous vous en pensez quoi ?
02:54Vous pouvez venir rejoindre l'un ou l'autre ?
02:55Moi, je ne sais pas.
02:56Honnêtement, vous savez, j'ai une expérience un petit peu de la politique.
03:02Moi, j'attends de voir ce qui va se passer au mois de décembre ou au mois de janvier.
03:06Moi, j'ai vu des personnalités politiques très hautes dans les sondages.
03:11Maladur, à l'époque, j'étais pour Chirac.
03:13Juppé, à l'époque, j'étais pour Sarkozy.
03:16Voilà.
03:16Et on a vu que ce qui peut indiquer, être un indicateur à un moment donné,
03:21je sais que les sondages ont leur importance.
03:23Et on l'a bien vu pour les municipales.
03:24Je ne suis pas si certain qu'une fois le procès de Marine Le Pen passé,
03:31qu'au Rassemblement National, ils seront tous unis et rassemblés.
03:36Et que nous, on soit dans une stratégie peut-être différente.
03:41Parce que, effectivement, Bruno Retailleau aura certainement son mot à dire.
03:45Les cartes peuvent encore être rebattues.
03:48J'aimerais bien vous faire réagir, Pierre-Paul Léonelli,
03:50à cette déclaration du maire de Tourette-Levince, Bertrand Gazilia,
03:54qui est un ex-LR, qui est proche d'Éric Ciotti.
03:56Il qualifie les Républicains de micro-parti
03:58et il prédit même la disparition des LR.
04:01Qu'est-ce que vous lui répondez ?
04:02Écoutez, d'abord, aujourd'hui, je lui souhaite son anniversaire.
04:04Parce que c'est son anniversaire.
04:06Mais bon, quand on est, je dirais, collaborateur d'Éric Ciotti,
04:10on ne peut pas avoir un autre propos.
04:13Moi, je ne suis le collaborateur de personne.
04:15J'ai ma parole qui est redevenue libre.
04:17Je suis quelqu'un qui a soutenu deux hommes politiques dans ce département,
04:22Jacques Médecin et Christian Estrosi.
04:24Est-ce que les LR peuvent disparaître aujourd'hui ?
04:26Écoutez, moi, je ne le souhaite pas.
04:27Je pense que c'est un parti de gouvernement.
04:29Mais les LR peuvent, effectivement, se recomposer.
04:33Ça, j'en suis intimement convaincu.
04:34Vous savez, moi, j'ai adhéré à 18 ans au RPR.
04:37Puis après, nous sommes devenus l'UMP.
04:39Puis aujourd'hui, c'est LR.
04:40Et à un moment donné, je suis intimement convaincu
04:42qu'il va y avoir un choix à faire.
04:44Parce que parmi les militants,
04:45il y a des militants qui vont peut-être aller vers
04:48ce que nous appelons le socle commun
04:49avec M. Édouard Philippe.
04:52Et puis peut-être d'autres choisiront
04:54d'aller rejoindre l'UDR.
04:55C'est quoi la stratégie pour la prochaine échéance électorale
04:59qui se joue au Sénat en septembre pour les Républicains ?
05:03Écoutez, la stratégie, elle est compliquée.
05:06Celui qui a la clé du scrutin, c'est Éric Ciotti.
05:09D'accord ?
05:10Parce que ça se passe avec des grands électeurs
05:12et que sont nombreux à être l'UDR aujourd'hui.
05:14Mais quand je vois que Charles Ginési, aujourd'hui,
05:17déclare qu'il faudra soutenir que les départementalistes
05:21et les ciottistes, et pas les régionalistes,
05:22heureusement que Renaud Muselier,
05:24puisque je suis président de la majorité à la région,
05:26ne m'a pas demandé de financer que les maires
05:29qui sont régionalistes.
05:30Parce que je trouve ça, ce propos, pas du tout responsable.
05:33Je pense que ça va être compliqué.
05:35Mais je rappelle à tous ceux qui donnent des leçons sur le Sénat
05:38qu'en 89, à l'époque, c'était la machine médecin,
05:42Pierre Lafitte a été élu sénateur envers et contre tous.
05:45Que Jean-Pierre Leleu a été élu sénateur envers et contre tous.
05:49Que René Vestry a été élu sénateur envers et contre tous.
05:53Et que les maires, dans les isoloirs,
05:55ils font ce qu'ils ont envie de faire.
05:57Alors, vous nous parlez beaucoup du passé,
05:58mais quel grand projet vous avez à Nice, par exemple,
06:01pour faire exister les Républicains ?
06:03Vous avez raison.
06:04Mais le passé, des fois, vous savez, éclaire l'avenir.
06:08Et quelquefois, on se rend compte qu'en politique,
06:11il y a des recommencements.
06:13Quels sont vos projets que vous avez à donner à nos auditeurs ce matin ?
06:16Bien évidemment, ce qu'il faut, c'est avoir quelqu'un qui incarne les LR.
06:20Et c'est vrai que les élections sénatoriales ne seront pas un bon exemple.
06:25En revanche, sur les présidentielles,
06:27il ne faudra pas qu'on se trompe et qu'on choisisse le bon candidat.
06:30Mais pour l'instant, ce n'est pas l'heure de le choisir,
06:34puisque si je fais les comptes,
06:37les LR, non, ne sont pas morts,
06:38quoi qu'en dise Bertrand Gaziglia.
06:40Ils sont bien vivants.
06:41Il y en a encore.
06:42Peut-être que certains auraient aimé que l'on soit mort.
06:45Et j'estime que notre famille politique,
06:48eh bien, elle est encore active.
06:50Et bien évidemment, c'est la présidentielle
06:52qui va déterminer, effectivement,
06:54l'avenir de cette famille politique.
06:56Et c'est votre analyse, Pierre-Paul Léonelli,
06:58un des chefs de file des LR dans le département
07:00et conseiller municipal d'opposition à Nice.
07:02Vous étiez l'invité d'ici matin.
07:03Bonne journée.
07:04Merci.
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