00:00Il est 7h46, les Alpes-Maritimes, vous le savez, font partie des départements qui accueillent le plus de réfugiés ukrainiens
00:07en France,
00:084 ans après le début de la guerre.
00:10Quelle est leur situation aujourd'hui sur notre territoire ?
00:12Avec nous, Nathalia Dubosc, présidente de l'association Agir et soutenir l'Ukraine,
00:17qui accueille en ce moment des réfugiés ukrainiens venus se reconstruire quelques jours sur la Côte d'Azur.
00:22Bonjour Nathalia Dubosc.
00:24Bonjour.
00:24Alors on va en parler de ces enfants, mais d'abord une date le 24 février 2022.
00:30La Russie lance l'invasion à grande échelle de l'Ukraine depuis c'est la guerre.
00:34Avant de parler de votre association, on va faire connaissance ce 24 février.
00:38Comment apprenez-vous la nouvelle ?
00:40Malheureusement, comme tout le monde, qu'il y a avec l'Ukraine, c'était à 4h du matin.
00:46C'était une situation assez dramatique et triste.
00:51À la maison, on était tous debout parce qu'on en recevait des appels et des messages.
00:56La guerre a commencé.
00:57Et à partir de là, votre vie a basculé ?
01:00Absolument, oui.
01:01Comme la vie de tous les Ukrainiens qui ont vécu dans le monde entier ou en Ukraine particulièrement.
01:07En quoi elle a basculé pour vous et votre famille ?
01:09Parce que ma mère, en ce moment-là, elle était en Ukraine.
01:13Et les Russes sont venus de Bélorussie.
01:17Et c'est notre ville.
01:21Ils se trouvent entre Bélorussie et Kiev.
01:25Beaucoup d'inquiétude.
01:26Beaucoup, beaucoup, beaucoup.
01:27Alors votre association, on l'a entendu ce matin dans les journaux,
01:30elle accueille actuellement des enfants ukrainiens en séjour sur la côte d'Azur.
01:34De quels enfants s'agit-il exactement ?
01:36Oui. En fait, c'est une collaboration avec une association Cœur d'Avenir.
01:42Le projet Les Enfants de l'Avenir d'Irina Komara.
01:49Elle porte ce projet depuis plusieurs années.
01:55Et donc, aujourd'hui, par exemple, c'est le huitième groupe qu'elle amène des enfants.
02:00Et cette année, nous sommes les partenaires financiers, on peut dire.
02:05Et aussi physique, parce que toute équipe d'Azur et soutenir l'Ukraine est mobilisée pour l'aider.
02:14Alors, c'est 72 enfants, je crois, cette année pour le moment, d'après les chiffres.
02:18Ces enfants, ils ont perdu leur père, parfois, à la guerre.
02:21Qu'est-ce que vous ressentez chez eux ?
02:23C'est quoi ? De la douleur, de la tristesse, de la colère aussi ?
02:27Malheureusement, c'est une tragédie énorme pour les enfants.
02:31Je ne peux pas imaginer.
02:34Mais eux, ils viennent ici pour vivre les vacances.
02:40Donc, nous, on voudrait leur ouvrir un rêve.
02:44Et on fait tout, le maximum, pour que ce soit positif.
02:49Donc, les vraies vacances de rêve.
02:51Une vraie bulle, en fait.
02:52Oui.
02:52Une bulle de 10 jours.
02:53Je ne les vois pas en tragédie.
02:57Je les vois sourire, étonner la beauté.
03:02Donc, ouais.
03:02Et quel est leur ressenti par rapport à la Russie, justement ?
03:06Est-ce qu'ils haïssent ce pays ?
03:07Je n'ai pas vu ça.
03:09C'est les enfants.
03:10Ça reste les enfants.
03:11Et je ne vois pas la haine dans les yeux.
03:14Et les Ukrainiens, justement, dans les Alpes-Maritimes.
03:17Comment ils vont aujourd'hui ?
03:19Ils sont combien dans le département ?
03:21Moi, je sais qu'au début de la guerre, en Paka, il y avait à peu près 20 000.
03:25En ce moment, c'est entre 11 000 et 15 000 en notre région, les réfugiés ukrainiens.
03:33Mais c'est plutôt 70 %, je pense, c'est plutôt les femmes et les enfants.
03:39Parce que c'est essentiel.
03:41Les femmes, elles voulaient sortir et faire le maximum pour sécuriser ces enfants.
03:47Et pour ces personnes, il y a du changement depuis quelques semaines.
03:49La carte de séjour, qui est désormais payante depuis le mois de mai.
03:53Qu'est-ce que ça change pour eux ?
03:54Je crois que c'est un sacré coût, quand même.
03:56Je voudrais dire que la plupart des réfugiés, c'est les femmes intelligentes, diplômées, etc.
04:06Toutes ont envie de travailler.
04:08Elles travaillent déjà, depuis tout le début.
04:10Et c'est plutôt de SMIC.
04:12C'est plutôt les salaires pas très élevés.
04:16Et oui, bien sûr.
04:17C'est 100 euros, je crois, quand même.
04:18100 euros depuis le mois de mai, à renouveler tous les 6 mois.
04:21En sachant que la retraite en Ukraine, c'est 50 euros par mois.
04:23Oui, la retraite, pour les retraités, c'est très très difficile de payer.
04:30Et même pour les femmes, c'est difficile.
04:36Financieusement, c'est un coût.
04:38Et il y a des personnes en France qui disent que les Ukrainiens, ça coûte trop cher.
04:43Qu'est-ce que vous leur répondez à ces personnes ?
04:44Moi, je trouve qu'en Ukraine, il y a beaucoup de réfugiés ukrainiens.
04:49Mais quand je dis qu'ils travaillent, ils payent des impôts.
04:55Ils amènent des enfants qui sont super bien à l'école.
04:59Tout le monde déjà parle français.
05:00C'est les Français futurs.
05:02Et c'est les impôts futurs.
05:06Donc, les Ukrainiens, moi, je trouve qu'ils font leur job démographique en France.
05:12J'ai une question à vous poser avant que l'on se quitte.
05:15Est-ce que vous diriez, là où vous êtes, sur la Côte d'Azur, que c'est devenu une terre
05:19de refuge maintenant pour les Ukrainiens ?
05:21Oui.
05:22Moi, j'ai senti ça début 2022.
05:24Et je sens ici, le soutien, il est assez important.
05:28Et vous m'avez dit de façon, juste avant qu'on prenne l'antenne, vous aviez un message à faire
05:32passer aussi.
05:33On va en profiter pendant que vous êtes avec nous.
05:34Oui, juste 30 secondes, je voulais vous dire.
05:37Derrière chaque chiffre, il y a une famille, un enfant, une histoire.
05:42Notre association continue d'agir chaque jour pour que ce lien entre la France et l'Ukraine reste vivant.
05:48Et je remercie toutes les personnes qui, en France, nous soutiennent depuis le premier jour.
05:54C'est important de le préciser.
05:57C'est très important.
05:57Merci pour ces précisions.
05:59Merci pour ce message, Nathalia Dubosque.
06:00Je rappelle que vous êtes présidente de l'association Agir et soutenir l'Ukraine.
06:04On vous a proposé des reportages ce matin dans la matinale.
06:06Vous les retrouvez, ces reportages, sur ici.fr.
06:09Merci à vous.
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